J.-J. VIREY
ATHENAGORE, philosophe platonicien, qui embrassa ia religion chrétienne, était, dit-on, originaire d’Athénes, et professa A Alexandrie. I] est connu parmi les plus anciens apologistes par sa Legatio pro Christianis , apologie écrite en grec, qu’il adressa, vers 177, 4 ’empereur Marc-Auréle. Dans cet opuscule, quia été publié par Lindner ( Langensalza, 1774), Athénagore justifie les chrétiens des accusations que les paiens faisaient courir sur leur compte. II prouve par des arguments dignes d’un esprit philosophique,
et dans un style clair et concis, que ses coreligionnaires n’é taient coupables ni d’athéisme, ni d’inceste, ni d’anthropophagie. Nous avons aussi de lui un traité sur la Résurrection des morts (Louvain, 1531), qui n’est pas sans importance encore aujourd’hui pour la théologie philosophique. Leroman de Théagéne et Chariclée, qu’on lui a longtemps attribué 4 tort, lui est postérieur de douze siécles.
ATHENE. Voyez Minenve,
ATHENEE, temple école, dont le nom est dérivé WAthéné ou Minerve, a laquelle il était consaeré, ou d’Athénes, qui possédait un lieu de réunion pour les poétes et
les orateurs. Vers l’an 140 de J.-C., ’empereur Adrien fonda, sur le Capitole de Rome, un Afhénée ot étaient logés et nourris des savants , des orateurs et des poeies, qui y tenaient école, et ot le public était admis, pour assister a des lectures et & des exercices oratoires. Cette institution se maintint jusqu’au cinquiéme siecle de notre ére.
Le nom d’Athénée aurait done pu étre donné d’abord aux établissements publics scientifiques et littéraires. En France, la plupart portérent primitivement d’antres noms, tels que musées , lycées ; et ce ne fut qu’en 1803 que la dénomination de lycée ayant été exclusivement réservée a toutes les écoles centrales de Paris et des départements, fut interdite aux sociétés littéraires , qui prirent celui d’A¢hénée. ll y en avait alors trois a Paris, le lycée Républicain, le lycée des Arts, et le lycée des Etrangers.
C’est en 1781 que Pildtre de Rozier fonda le premier de ces établissements, sous le nom de Musée. Dans cette institution on devait s’occuper, non de systemes philosophiques, non de discussions subtiles, non de questions abstruses, de controverses et de métaphysique, mais de questions litféraires, de questions de gout, et des principes du beau en matiére d’ceuvres d’esprit. La passion de Pilatre pour les ascensions aérostatiques et sa fin déplorable, en 1785, nuisirent aux progrés du Musée, quoiqu’il fat établi au Palais- Royal, autorisé par Louis XVI et protégé parson frére puiné, Monsieur, dont il portait le nom. On fut obligé de vendre la bibliothéque et les instruments de physique et de chimie ; mais bientdt il se releva sous les auspices de Montmorin et de Montesquiou, s’installa rue de Valois (un moment rue du 24 Février), et prit le nom de Lycée de Paris, puis celui de Lycée républicain. C’est la que Fourcroy, Chaptal , Monge, Cuvier, firent des cours scientifiques; Marmontel et Garat, des cours dhistoire, ef Lemercier, Ginguené et surtout Laharpe, des cours de littérature, qui eurent beaucoup de vogue, notamment celui du dernier, dont le succés durable s’est perpétué par des éditions multipliées de ses lecons, sous le titre de Lycée. Cet établissement prit le nom d’ Athénée républicain, puis d’Athénée de Paris, et aprés la Restauration celui d’Afhénée royal, quil a conseryvé apres 1830, mais il brilla moins sous ce nom que sous ses noms précédents. Dans les derniéres années de son existence, ce n’était plus qu'un cercle ot on lisait, on causait, on se rafraichissait, et ot. cependant deux ou trois fois année M. de Castellane, le vieux Mécéne des bas-bleus de cette époque, venait encore troner, pour la plus grande gloire des lettres, dans une académie en jupons.
Le Lycée des Arts, depuis Athénée des arts de Paris, qu’it ne faut pas confondre avecle précédent, fut concu par Des audrais, colonel du génie, qui fut le fondateur de cette société savante, dont l'inauguration eut liew , au mois d’aodt 1792, dans le Cirque qui était alors au milieu du jardin du Palais- Royal. Une députation de vingt-quatre membres del’Assem
blée législative assista 4 la cérémonie. Pendant les orages de la république , le Lycée ranima !’émulation, enflamma le génie , encouragea le talent par des hommages publics, des couronnes, des médailles, des mentions honorahies , et contribua puissamment 4 réorganiser |’enseignement des sciences et des arts, et & en appliquer les ressources aux besoins de l’Etat. L’ Institut, les principales sociétés savantes,
les écoles centrales, n’existaient pas encore. Lavoisier, Vieqd’Azyr, Lalande, Condorcet, Parmentier, Berthollet, Darcet, Fourcroy, Millin, Sue, Daubenton, Thouin, Vauquelin, Sedaine, Lesueur, Sicard , Dalayrac, Desforges, etc. , cuopérérent a la fondation d’une société qui, par des cours publics et gratuits , pouvait tendre 4 la conservation et au perfectionnement des arts utiles. La Terreur n’effraya point les membres du Lycée; et Lavoisier, trois jours avant sa mort, recevait dans sa prison une couronne apportée par une députation de cette société, qui en 1796 célébrait une pompe funébre en mémoire de cette illustre victime, et proclamait le respect dd aux morts. A la méme époque un discours de son président, Mulot, couronné par I’Institut, provogiua ’établissement de administration des pompes funébres. Plusieurs autres personnages distingués s’aflili¢rent successivement au Lycée des Arts : Boissy d’Anglas, Chaptal, Francois de Neufchateau, Porlalis pére, Talleyrand-Périgord, Cuvier, etc.
Aprés l'incendie du cirque du Palais-Royal, en décembre 1799, le Lycée, dont le fondateur se trouvait ruiné (il est mort en 1832, général de brigade, sans fortune, agé de quatrevingt-douze ans) fut transféré & POratoire , ot il siégea jusqu’a ce que ce local edt été consacré au culte réformé. I! fut alors, en 1803, accueilli dans une des salles de l’hétel-deville de Paris, ou il tient encore ses séances, et ce fut 1a qu'il prit le nom d@’Athénée des Arts.
L’Alhénée des Etrunyers porta d’abord le nom de Lycée Marbeuf, parce qu’il fut inauguré, en 1798, dans les magnifiques salons de l’hdtel de ce nom, rue du Faubourg- Saint-Honoré, ou il tint ses séances pendant deux ou trois ans. On y faisait des lectures publiques et des cours de sciences et de belles lettres. On y donnait surtout des bals et des concerts trés-brillants. Lorsque Phdétel Marbceuf et surtout son jardin , cédés a des entrepreneurs de fétes publiques, prirent le nom d’/dalie, le Lycée des Etrangers passa 4 l'hotel Thélusson, rue de Provence; mais Napoléon ayant cédé cet hétel 4 son beau-frére Murat, grand maréchal de empire, le Lycée, alors Athénée des Etrangers, fut transféré dans la rue Neuve-Saint-Eustache, od il se trouvait encore en 1825. Quoique l’on edt continué a y faire des lectures agréables, la musique et la danse y avaient le pas sur la science ;: aussi ne tarda-t-il point 4 disparaitre.
ATHENEE, rhéteur gree et grammairien , contemporain de Marc-Auréle et de Commode, natif de Naucratis en Egypte, et qui vivait vers la fin du deuxiéme et au commencement du troisiéme sitcle, est connu par un ouvrage en quinze livres, intitulé le Banquet des Sophistes ( Déipnosophistes ), trésor d’érudition , qui a valu & son auteur le surnom de Varron grec, et qui est un recueil précieux de documents et de connaissances historiques, critiques et philosophiques. I] nous est parvenu en entier, a l'exception des deux premiers livres, dont nous n’avons qu’un abrégé fait au cinquiéme ou sixiéme siécle. On ne saurait reprocher a ce trésor a’érndition qu’un style un peu lourd et un peu uniforme. Voici quel en est le sujet.
Vingt et un artistes ou littérateurs, parmi lesquels on compte des musiciens, des poétes, des grammairiens , des philosophes , des médecins et des jurisconsultes, sont réunis dans une féte donnée par un riche Romain, nommé Laurentius. Dans leur conversation , dans les digressions nombreuses auxquelles ils se livrent, il est question de tout ce qui dans les usages des Grecs pouvait embellir un banquet : aliments, vins , parfums, guirlandes, couronnes de fleurs, vases, jeux , rien n’est oublié. Les interlocuteurs citent au dela de sept cents auteurs, et nous font connaltre des fragments de deux mille cing cents ouvrages, presque tous perdus,
La premiére édition d’A¢hénée est sortie des presses d’Alde (Venise, 1514, in-fol.); Casaubon en a donné une accompagnée d'un excellent commentaire (1597, in-fol. ); la meilleure est celle de M. Schweighzeuser (Strasbourg, 1801-1807,
ATHENEE — ATHENES
in-8°). L’abbé de Marolles et Lefebyre de Villebrune ont tous deux traduit Athénée.
Il y a eu plusieurs autres personnages de ce nom, parmi lesquels nous citerons un médecin né en Cilicie, vers Pan 9 de l’ére chrétienne, et dont Galien fait mention : il n’admettait point le feu , la terre , ’eau et lair comme éléments, 4 mais il réservait ce nom aux qualités premiéres de ces corps, et en consacrait un cinquiéme sous le nom de pneuma (on esprit), dont les maniéres d’étre déterminaient tous les — mouvements en état de santé ou de maladie. — Citons encore un mathématicien gree , né vers l’an 210 ayant Jésus-Christ, lequel a laissé un ¢raité sur les Machines de guerre, qui se trouve dans le recueil intitulé : Mathematici veteres (Paris, 1693, Imp. Roy., in-fol.); — et un philosophe péripatéticien, natif de Séleucie, qui mourut enscveli sous les ruines de sa maison.
ATILENEES, féte que les Athéniens célébraient en l'honneur de Minerve. Erichthonius, troisiéme roi d’athénes,
lavait instituée ; Thésée ayant rassernblé les douze bourgades de }’Attique pour en former une ville, la féte célébrée par
tous les peuples réunis prit lenom de Panathénées,
ATHENES, ancienne capitale du royaume, puis de la — république du méme nom , aujourd'hui capitale du royaume de Gréce. Cette ville célébre, foyer de la civilisation pen- — dant plusieurs siécles , comptait a ’époque la plus florissante de son histoire 21,000 citoyens libres, chiffre qut : permet de porter sa population a plus de 200,000 Ames. — Elle fut, dit-on, batie par Cécrops, l’an 1550 ay. J.-C., et recut d’abord le nom de Cecrepia, qui plus tard fut réseryé a la citadelle. Ce fut sous le régne d’Erichthonius qu'elle prit celui d’Athénes, en Phonneur d’Athéné ou Minerve.
L’ancienne Athénes était batie sur le sommet d’un roc, au — milieu d’une yaste et belle plaine qui se couvrit d’habitations — a mesure que la population augmenta. De 1a venait la dis- |
tinction entre l’Acropole ou haute ville, et la Catapole ou basse ville. La ville s’étendait sur le rivage du golfe Saronique , en face de la céte orientale du Péloponnése, et était baignée par deux ruisseaux , le Céphise au nord, et I’Ilissus au midi. Elle était peu éloignée de la mer, sur laquelle se fondait principalement sa puissance. Les trois ports, de Phalére , le plus rapproché de la ville, de Munychie, le plus éloigné, et du Pirée, le plus commode et l’entrepdt le plus considérable du commerce hellénique, étaient situés au sud-ouest. A Pouest s’étendait Vile de Salamine; au — nord-ouest on trouvait El eusis;au nord, Phylé et Décélie, au nord-est Marathon, et au sud le mont Hy mette. Sur les cdtes s’élevaient de magnifiques édifices qui rivalisaient avec ceux de la ville. Les murailles qui joignaient Athénes a ses ports étaient en pierres de taille et si larges que des chars pouvaient y passer.
L’Acropole renfermait les chefs-d’ceuvre dont les Athéniens étaient le plus léyitimement fiers ; mais aucun n’était comparable au Parthenon ou temple de Minerve. Ce merveil- Jeux éditice, dont les ruines font encore l’admiration du monde, détruit par les Perses, fut rebati plus magnifique par Périclés, l’an 444 av. J.-C. Ce temple renfermait le chefd'euvre de la sculpture, la statue de Minerve par Phidias, On entrait au Parthénon par les Propylées, construits en marbre blanc. Cet éditice était situé sur le cété septentrional de I’Acropole , tout prés de I'Krechthéon, également en marbre blanc. Sous ce dernier nom on comprenait dewx temples consacrés l'un a Pallas, l'autre A Neptune, et un autre batiment remarquable, appelé Pandrosion. Dans voisinage du temple de Minerye on voyait aussi l’olivier consacré a cette déesse. Sur la partie antérieure de P’Acropole s’élevait le thédtre de Bacchus, prés de l’église actuelle de Panagia Spiliotissa , ainsi que l'Odéon, le premier destiné A des représentations theatrales proprement dites, le second A des concerts. Ce dernier se faisait remarquer par sa magnificence, De li une rue, le Zripodos, conduisait a0
ATHENES
nord vers le Prytanée; plus loin, au nord-ouest, s’¢levait V’Anakéion , temple des Dioscures , & cOté duquel s’étendait une place d’ou l’on apercevait le temple de Pan et d’Apollon dans une grotte de PAcropole. Un large escalier de marbre conduisait a travers les Propylées dans la citadelle Cécropia.
Le temple d’Apollon Pythien était situé dans le quar-
tier de Cinné, vers le Musée. Sur la place, derriére Pangle sud-est de la citadelle, s’élevaient le Panthéon, achevé par Adrien ; 'aquedue , commencé par le méme empereur et ferminé par Antonin, et le Didascalion. Au sud de la ¢i- ~ tadelle on admirait le vieux temple commencé par Pisistrate, la maison de Cimon, 'Amazonéion , temple bati par Thésée en mémoire de sa victoire sur les Amazones, et le ganctuaire d’Hercule Menysés. C’est dans le quartier septentrional de la ville, nommé Mélité, que Thémistocle et » Phocion avaient leurs demeures.
La basse ville offrait aussi de magnifiques édifices , comme le Pecile, galerie o l'on dressait les statues historiques , la Tour des Vents @Andronicus Kyrrhestés et plusieurs monuments d’hommes célébres.
Deux chefs-d’euvre d’architecture se trouvaient hors des murs, le temple de Thésée et celui de Jupiter Olympien, l'un au nord, lautre au sud. Le premier, d’ordre dorique et semblable au Parthénon, présentait sur ses métopes les exploits de Thésée, parfaitement sculptés. Le second, d’ordre ionique , surpassait tous les autres édifices d’Athénes en magnificence et en beauté. Il avait coité des ' sommes énormes. On lavait successivement agrandi et embelli jusqu’au régne de Pempereur Adrien, qui l’'acheva. Environ 120 colonnes cannelées , de 16 mét. 80 centim. de haut et de 1 mét. 70 de diamétre, en décoraient l’extérieur. Lenceinte avait prés de 4 kilom. de périphérie; c’est la qu’était la célébre statue de Jupiter Olympien en or et ivoire, due au ciseau de Phidias.
Outre ces chefs-d’ceuvre de Vart, la ville d’Athenes renfermait encore d’autres lieux et d’autres monuments dont le souvenir ne s’effacera pas, tels que la célélre Académie, ou Platon enseigna, située a environ trois kilométres au nord de la ville et faisant partie du champ Céramique; le Lycée, au dela de Vllissus, de autre coté de ta ville, ou Aristote fonda I’école péripatéticienne ; la colline de ’A- ) réopage ou siégeait ce célébre tribunal; le Prytanée, ou » palais du sénat; le Pnyx, ot se tenaient les assemblées du peuple, etc.
Deux mille ans de guerres et de dévastations ont passé | sur cette magnifique cité, qui a été soumise tour a tour par | des nations civilisées et par des peuples barbares, et ce- | pendant ses ruines sont encore aujourd'hui un objet d’é- } tonnement et d’admiration. Une partie considérable de Y’Acropole existe encore. Les Turcs lont entourée de larges murs irréguliers, pour la construction desquels ils ont employé les débris des anciennes murailles , ou surabondent des fragments de colonnes antiques. L’aile droite des Pro- | pylées formait un temple de la Victoire. Ce temple fut en- | tiérement détruit, en 1656, par explosion d'un magasin 4 poudre. De Vaile gauche il reste encore six colonnes, et entre elles de hautes arcades. Ces colonnes, cachées a moitié par le mur que les Turcs ont construit, sont en marbre blanc comme de la neige et du travail le plus délicat. Chacune se compose de trois ou quatre morceaux joints avec tunt d’art qu’on n’y remarque aucune soudure, bien qu’elles soient exposées aux injures de lair, Du Parthénon, dont les Turcs avaient fait une mosquée, il existe encore huit colonnes a l’orient et plusieurs péristyles sur les cotés. Il ne s‘est conservé du tympan, qui représentait le combat de Neptune et de Minerve a propos d’Athénes, que la téte d’un cheval marin et deux figures de femmes sans téte; mais ces débris suffisent pour faire admirer la scrupuleuse vérité ef la beauté surprenante de cette composition, Le
combat des Cenfaures et des Lapithes a moins souffert. De toutes les statues dont cet édifice était orné, il ne reste plus que celle d’Adrien. Quelque ruiné qu'il soit, ce monumnent conserve une indicible expression de grandeur et de majesté. I s’est conservé aussi de beaux restes de I'Erechthéon, temple de Neptune Erechthée; on doit citer surtout les caryatides qui forment deux arcades.
Les deux thédtres présentent 4 peine assez de débris pour qu’on puisse en déterminer la position et juger de leur énorme étendue. L’aréne est convertie aujourd’hui en un champ cultivé. La ville elle-méme n’offre aucun monument comparable 4 ceux dont nous venons de parler, ni pour la grandeur ni pour la beauté, Prés dune église consacrée a la Vierge Marie, trois belles colonnes d’ordre corinthien sont restées debout portant une architrave. On les regarde, sans raison, comme un débris du temple de Jupiter Olympien. La Tour des Vents est parfaitement conservée. Elle est de forme octogone et d'un travail excellent. Sur chacune de ses faces est sculptée en relief la figure d'un des principaux vents. Elle doit sa conservation a cette circonstance, qu’elle servait de mosquée a un ordre de derviches. De tous les monuments4levés & des hommes célébres, monuments si nombreux qu’ils formaient comme une rue, il n’en reste plus qu’un seul, celui de Lysicrate, qui consiste en un piédestal, un péristyle rond et une coupole @ordre corinthien. L’emplacement du magnifique gymnase construit par Ptolémée ne se reconnait plus qu’a quelques pans de murs. Des cent vingt colonnes du temple de Jupiter Olympien, seize sont encore debout; mais toutes les statues ont péri. On découvre ¢a et la, en partie enfouis sous terre, quelques débris de piédestaux et quelques fragments d’inscriptions.
Le temple de Thésée, au contraire, est presque entiérement conservé; mais beaucoup de ses parties datent d’une époque récente. Les sculptures extérieures sont généralement dégradées; celles qui ornent la frise a l’intérieur sont en bon état: elles représentent les exploits de Thésée. Sur la colline ot. ’Aréopage tenait ses séances on voit encore des degrés taillés dans le roc, ainsi que les siéges des juges, et en face ceux des parties. La colline est aujourd’hui un cimetiére ture couvert de tombeaux. Le Pnyx, non loin de l’Aréopage, n’a presque pas souffert; on distingue encore la tribune aux harangues taillée dans le roc, les siéges des secrétaires , et aux deux extrémités ceux des magistrats chargés de commander le silence et de proclamer le résultat des votes. On remarque également les niches ott ceux qui sollicitaient une faveur du peuple déposaient leurs présents. On reconnait aussi la lice qu’Hérode Atticus avait construite en marbre blanc, et qui servaift aux exercices gymnastiques; mais la place du Lycée n’est plus reconnaissable qu’a la quantité de pierres dont elle est jonchée. Une maison moderne avec son jardin occupe emplacement de Académie. Le Pirée n’a presque rien conservé de son ancien éclat; on n’y trouve plus que quelques débris de colonnes semés ¢a et 1a. Il en est de méme de Phalére et de Munychie.
Leake établit d’une maniére fort vraisemblable que du temps de Pausanias il existait encore a Athénes beaucoup de monuments datant de la période des guerres persiques, la courte occupation de cette ville par les Perses n’ayant donné a Xerxés le temps de ruiner que les fortifications et les principaux édifices publics. Tandis que Thémnistocle , en relevant la ville, eut plutét en vue Vutile, Cimon suivit son got pour la magnificence, et consacra sa fortune a embellissement d’Athénes; mais il était réservé a Périclés de les surpasser l'un et Vautre. Cependant ce qu’il avait entrepris grace aux tributs des autres Etats ne put étre achevé dans la suite. Chaque fois que l’administration des revenus de la république tombait entre des mains sages, Athénes voyait reparaitre son ancienne
splendeur; et bientdt T’influence de la civilisation, dont elle était le foyer, rayonna jusque chez des peuples qui étaient restés en dehors de la confédération grecque.
L’Attique ne formait pas une ile. Dés que les ressources naturelles de la grande et fertile Macédoine eurent été développées par un souverain énergique et éclairé, les intéréts contraires d’une foule de petites républiques ne purent longtemps opposer une digue aux armées bien disciplinées d’un peuple belliqueux , conduit par un prince actif et ambitieux. La destruction des murailles du Pirée par Sylla acheya de ruiner la marine athénienne, et entraina PEtat dans sa chute. Caressée par les triumvirs, fayorisée par Adrien, qui aimait les arts, Athénes, il est vrai, jeta quelques lueurs encore sous les Antonins. La splendeur de ses huit ou dix siécles de gloire brilla méme un instant a tous les yeux; les monuments de Périclés rivalistrent avec des édifices plus modernes, et Plutarque s’étonnait que les chefs-d’ceuvre d’Ictinos, de Ménésiclés et de Phidias , élevés avec une si merveilleuse rapidité , eussent défié les Ages et conservé toute leur fraicheur et leur éclat.
Par respect pour une religion sceur de la leur, et afin de s’attacher un peuple plus civilisé qu’eux , les Romains respectérent les temples et les chefs-d’ceuvre qu’ils renfermaient, se bornant A lever des impdéts, tandis qu’en Sicile, ou l’influence de Carthage et des Phéniciens s’était fait sentir de bonne heure, ils semparaient des trésors mémes des sanctuaires. Ce fut plutét du temps de Pausanias que des tableaux furent emportés 4 |’étranger. Les larcins en grand des amateurs, les embellissements de Constantinople & une époque ow les architectes semblaient impuissants 4 créer, le zéle des chrétiens, les invasions des barbares, dépouillérent peu & peu Athénes des chefsd’ceuvre qu’ayaient respectés les empereurs. Il est cependant permis de croire que le colosse d’Athéné Promachos existait encore aprés le régne d’Alaric.
Ce fut vers 420 que le paganisme fut complétement extirpé d’Athénes. Aprés la fermeture des écoles des philosophes par Justinien, le souvenir méme des mythes se perdit. Le Parthénon devint l’église de la Panagia, et Thésée céda la place a saint Georges. L’industrie résistait encore ; mais Roger de Sicile lui porta un coup affreux en emmenant les ouvriers en soie. Enfin en 1456 Athénes tomba entre les mains d’Omar. Pour comble d’ignominie, la ville de Minerve obtint le privilége, envié dans \’Orient, d’étre administrée par un eunuque noir, comme apanage du harem. Le Parthénon fut converti en mosquée, et a l’angle occidental de l’Acropole on entreprit des travaux de fortifications rendus nécessaires par la découyerte de la poudre.
Il parait que ce fut seulement en 1687, lors du siége d’Athénes par l’amiral vénitien Morosini, que le temple de la Victoire non ailée fut détruit. On en conserve toutefois de magnifiques débris dans le Musée Britannique. Voici du reste comme on raconte l’éyénement : « Aprés la prise de la citadelle, le 29 septembre, les Vénifiens voulurent emporter chez eux comme trophée le quadrige de la Victoire, qui était placé sur le fronton occidental du Parthénon; mais en l’enlevant ils laisstrent tomher le groupe, qui fut réduit en poussiére. » Dés le 8 ayril 1688 Athénes rentra sous le pouvoir des Tures, malgré les supplications des habitants, qui redoutaient de cruelles vengeances, De savants voyageurs ont depuis visité fréquemment cette ville, et nous devons 4 leurs descriptions et 4 leurs dessins la connaissance de quelques monuments aujourd’hui en ruine. Il serait injuste d’accuser les Turcs seuls de la destruction de tant de débris respectables. Pendant des siécles les Grees ont eu la coutume @employer d@’anciens matériaux pour leurs constructions. Dans ces derniers temps le gouvernement grec a rendu une loi qui preserit non-seulement de veiller & la conservation des monuments existants, mais de faire de nouyelles fouilles pour en découvrir d’anciens,
ATHENES
L’origine des Athéniens remontait aux premiers temps dela Gréce. Ce peuple s’était formé, sans doute, du mélange des Pélasges, les plus anciens habitants de cette contrée, avec les Ioniens, qui vinrents’y réfugier , aprés avoir été chassés de ’Achaie. L’amour de la gloire et de la liberté, le gofit le plus vif pour les plaisirs, le luxe et les beauxarts, une grande mobilité d’esprit, la douceur des mceurs ef la politesse des maniéres , étaient les traits distinctifs du caractére national des Athéniens, auxquels on peut reprocher, dun autre c6té, leur inconstance, leur ingratitude, souvent méme de la cruauté. Chez eux la faveur était toujours yoisine de la disgrace, et l’on ne parvenait a la gloire que par le sacrifice du repos et du bonheur. Le général qui avait le mieux combattu , le magistrat qui avait le plus habilement administré, devenaient un objet d’envie : l’exil, la prison ou la mort étaient presque toujours la récompense des belles actions ( voyez OstRacismeE ). Et toutefois il n’est aucun peuple au monde qui puisse se glorifier d’avoir produit dans un si court espace de temps un aussi grand nombre @hommes célébres dans la guerre, les sciences, les lettres el les arts. ”
Les Athéniens apportaient beaucoup de soin a l'éducation de leurs enfants. On appelait gymnase et palestre le lieu ou on les exercait. Ils s’appliquaient surtout 4 I’étude de la langue ; aussi le grec d’Athénes ayait-il la supériorité sur les autres dialectes de la Gréce, Atel point queles écrivains des autres parties de 'Hellénie abandonnérent leur dialecte pour celui des Athéniens ( voyez ATTicisMe ). Aucun peuple de la Gréce, d’ailleurs, ne fut plus occupé que les Athéniens du culte des dieux : chaque jour de l’année était marqué par quelque fete. Les plus solennelles étaient les Bacchanales, ou fétes de Bacchus, les Panathénées, ou féles de Minerve, et les mystéres d’Eleusis, en honneur de Cérés. On dit aussi qu’ils avaient un temple dédié au Dieu inconnu, Deo ignoto, que Von a prétendu étre le Dieu des chrétiens. .
Selon la tradition, c’est Thésée qui jeta les fondements de la puissance d’Athénes, en forgant les autres Etats de VAttique sur lesquels il régnait & se soumettre & elle et a la regarder comme leur capitale. C’est encore lui, dit-on, qui établit la grande fte populaire des Panathénées, qui publia les premieres lois, qui veilla avec le plus de sollicitude amaintenir la division du peuple en trois classes, les grands, les agriculteurs et les ouvriers, attribuant a la premiere le privilége de garder les choses sacrées et d’expliquer les lois. Il embellit, en outre, et agrandit la ville, et peupla les campagnes en y attirant des étrangers. Gouvernée par des rois jusqu’a Codrus, qui chercha et trouva la mort dans un combat, I’an 1068 avant J.-C., Athénes abolit alors la royauté, et donna le pouvoir supréme a un archonte a vie. En 752 avant J.-C. la durée de l’archontat fut réduite a dix ans ; soixante-dix ans plus tard, 683 av. J.-C., elle fut réduife & une année seulement, et au lieu d’un seul, neuf archontes furent mis a la téte de l’Etat ( voyes ARcnonte). O’est archonte Dracon quidonnaa Athénes sa premire législation ; mais la sévérité de ses lois. révolta les esprits. L’an 594 avant J.-C., Solon établit une législation plus douce et une constitution plus rationnelle. La forme du gouvernement était démocratique, et un sénat de quatre cents membres, élus par les tribus, devait exercer le pouvoir au nom du peuple. Celui-ci était divisé en quatre classes, selon la fortune de chacun, Aux trois premigres cevaient appartenir tous les emplois ; la quatrisme ne prenait part qu’a la confection des lois dans les assemblees générales. Mais cette constitution était trop artificielle pour subsister.
Pisistrate, homme doué de talent, d’audace et d’ambition, se mit A la téte des classes panvres, et usurpa le poll voir, Son gouvernement fut glorieux et bienfaisant; néanmoins ses fils Hipparque et Hippias ne surent pas S¢ maintenir au rang oi il s’était élevé ; le premier fut assas-
ATHENES
siné et le second chassé. D’autres abus se manifestérent plus tard, et Clisthéne, également ami du peuple, chercha a y remédier au moyen de quelques modifications dans la législation de Solon. 11 divisa le peuple en dix classes, et porta le nombre des sénateurs 4 cinq cents. C’est alors que s’ouvrit la brillante période des guerres contre les Perses, oii Athénes se couvrit de gloire. Miltiade battit les Perses a Marathon ; Thémistocle anéantit leur flotte 4 Salamine. La liberté de la Gréce sortit @une lutte qui semblait devoir la détruire , et elle remplit d’enthousiasme la nation entiére. Les droits du peuple furent étendus; les archontes et d’autres magistrats furent choisis sans distinction dans toutes les classes.
L’intervalle qui s’étend depuis les guerres persiques jus-
qu’a Alexandre, de 500 4 336 avant J.-C., est l’époque la plus importante et la plus remarquable du développement de la constitution athénienne. Cimon et Périclés, vers 444 avant J.-C., porférent 4 son comble la gloire de leur patrie; mais le dernier déposa aussi dans son sein le germe de la corruption et de la décadence. C’est sous son gouverhement que commenca la guerre du P é6loponnése, qui se termina par la prise d’Athénes. Les vaincus durent accepter des Lacédémoniens vainqueurs des conditions trés-humiliantes; toutefois, ’Etat conserva Vombre de son existence. Trente tyrans furent établis pour gouverner l’Attique , et sous la protection de la garnison lacédémonienne ils se livrérent & toutes sortes d’actes arbitraires et de cruautés. Aprés huit mois de terreur, la tyrannie fut renversée par Thrasybule qui rétablit la liberté et ’'ancienne constitution un peu ainéliorée. Athénes reprit son rang parmi les Etats de la Gréce, et alliée aux Thébains elle fit avec succés la guerre aux Spartiates. Mais cette prospérité dura peu.
Un ennemi dangereux se levait au nord, c’était Phitippe de Macédoine. Les Athéniens s’étant déclarés contre lui dans la guerre de Phocide, Philippe Jeur enleva plusieurs colonies. Les Grecs coururent aux armes; mais la bataille de Chéronée, 338 avant J.-C., fut le tombeau de leur liberté, et Athénes, comme d’autres Etats de la Gréce, tomba sous la dépendance du Macédonien. En vain, aprés la mort d’Alexandre, les Athéniens tentérent-ils de reconquérir leur liberté ; ils durent recevoir une garnison étrangére dans le port de Munychie. Antipater exclut de administration de|’Etat tous les citoyens qui ne possédaient pas une fortune de 2,000 drachmes. Peu de temps aprés Cassandre s’empara d’Athénes, qni, malgré les conseils de Phocion, s’était rangée parmi ses ennemis. II y rétablit Poligarchie, et nomma pour gouverneur Démétrius de Phalére, qui pendant dix ans en remplit honorablement les fonctions; mais les Athéniens, qui le haissaient parce qu’ils ne l’avaient pas choisi, appelérent a leur secours Démétrius Poliorcéte, qui prit la ville et rétablit Pancienne constitution, ce qui lui valut de la part des Athéniens les témoignages de la reconnaissance la plus exagérée. Mais bientot ce peuple inconstant changea de dispositions 4 son égard; et au retour de ses expéditions il se vit refuser l’entrée de la ville. 1 la prit de force, pardonna aux habitants, et leur laissa la liberté, se contentant de mettre des garnisons dans les ports de Munychie et du Pirée. Plus tard les Athéniens réussirent 4 les chasser , et ils recouvrérent pour quelque temps leur indépendance. Vaincus de nouveau par Antigone Gonaias, ils restérent sous le joug macédonien jusau’a leur entrée dans la Ligue Achéenne, Plus tard encore ils se joignirent aux Romains contre Philippe, et conservérent leur liberté; mais s’étant alliés avec Mithridate, ils attirérent sur eux la vengeance de Rome. Sylla prit Athénes, et ne lui laissa qu’une ombre de liberté, qu’elle perdit méme sous Vespasien. Enfin, au temps des Croisades elle forma une baronnie séparée. Voyes ATUENES (Baronnie d’ ).
L’édit de Justinien qui abolit ses écoles, en 529, acheva de lui enlever le peu @attrait qui lui restait encore. Elle avait déja cruellement souffert en 253 et 258 de Vinvasion des Goths, de la dévastation complete de son territoire par Alaric, en 396, et successivement des ravages des autres bar bares du Nord, Depuis, souvent inquiétée par les barbares
nomades du moyen Age, elle fut prise et saccagée par les Normands de Sicile, en 1145.
Jusqu’a Vépoque de la révolution, en 1821, Athenes, appelée par les Turcs Athiniah ou Sétines, était une ville dune médiocre importance, siége dun archevéeque grec et Wun voivode tare , indépendant du pacha de |’Eubée. Les terres étaient en grande partie au pouvoir de Tures de distinction; les archontes grecs n’en possédaient qu’une portion relativement faible. La principale branche d’industrie consistait dans l’agriculture et l'éducation des bestiaux. On né trouvait guére de fabriques que dans la ville et aux environs. Athénes elle-méme était entiérement batie dans le style turc, la plupart des maisons en bois, les rues tortueuses. De plus, elle était entourée dun mur de cing métres de haut 4 peine sur soixante-cing centimetres d’épaisseur, éleyé en 1772, contre les incursions des brigands albanais. La guerre de l’indépendance commenga au mois de mars 1821. Dés le mois de juin de Vannée suivante, les Turcs éyacuérent Athénes et |’Acropole, qui resiérent au pouvoir des Grecs pendant quatre ans. On organisa une administration; on fonda des écoles, ef on établit méme une imprimerie, que le colonel Stanhope apporta d’Angleterre. Mais au mois d’aott 1826 les Turcs reprirent la place, et, aprés une défense désespérée, lAcropole succomba a son tour au mois de juin 1827. Athénes n’était plus qu’un monceau de ruines; et elle resta dans cet état de désolation jusqu’a ce que la conférence de Londres eut décidé, le 3 février 1830, Vadjonction de l’Attique ala Gréce. Beaucoup de Grecs et d’Européens s’y établirent, surtout apres la prise de possession par les Bavarois , le 20 mars ( 1¢" avril) 1833. Le roi Othon y transporta sa résidence de Nauplie, le 13 décembre 1834, Des édifices publics , des maiscns particuliéres s’élevérent avec rapidité ; des rues droites et larges furent percées a travers les décombres; enfin, au mois de mars 1836 on posa la premiére pierre du palais du roi. A Ja téte de administration municipale est le préfet de I’ Attique (dvovx ths ), placé immédiatement sous les ordres du ministre de l’intérieur. Les affaires de la ville sont adminis-~ trées par un maire (éju.apyoc), assisté de plusieurs adjoints et d’un conseil municipal élus par la commune (d7y.0¢ "AOnvatev ). Les écoles sont objet de soins tout particuliers On a fondé, outre d’autres établissements , un gymnase et une université, qui compte aujourd’hui trente-six professeurs ordinaires et extraordinaires et environ cing cents éludiants. Athénes posséde, en outre, une bibliothéque publique, un musée royal d’antiquités , un hétel des monnaies, un théatre, une imprimerie nationale avec lithographie; plusieurs journaux y sont publiés. Le baron de Sina y a fondé une Académie des sciences. Des fouilles , pasmi. lesquelles il faut citer celles de M. Beulé dans l’Acropole, font découvrir chaque jour des richesses archéologiques.
Chef-lieu du diocése de l’Altique , au confluent de deux ruisseaux, I’[lissos et le Képhisos, & 7 kilom. de l’embouchure de ce dernier dans le golfe d’Egine, elle comptait une population de 41 298 en 1861, dont les deux tiers Grecs , et le reste composé d’Européens de toutes nations. C’est le siége de l’Aréopage (dpetos mé&yos), tribunal supréme; d’un Ephétéion (égetetov ), ou cour criminelle et d’appel civil; et Wun tribunal de premiére instance ( xpwtod:xetov ).
Athenes est le centre d’un commerce d’importation assez considérable ; ses exportations consistent, comme autrefois, en fruits excellents, olives, et figues, en cire et miel renommés del’Hymette, et en huile, laine et soie. Son port, entrepot du commerce le plus riche de Ja Gréce au temps de sa
Splendeur, et auyuel on a restitué son ancien nom de Pirée, en est éloigné de 7 hilométres. I] a des communication~ avec les ports importants de la Méditerranée. Pendant la guerre d’Orient i) a été occupé par les troupes allices,
ATHENES (Baronnie, Duche d’ ). Lorsque aprés la seaonde prise de Constantinople par les Frangais, les diverses parties de Pempire grec furent réparties entre les conquérants francs, le marquis Boniface de Montlerrat, qui avait eu jusqu’a Vélection a empire de Baudouin, comte de Flandre, le commandement supréme de Varmée, obtint @abord pour son lot les provinces asiatiques, qu’il céda presque immédiatement contre celles d'Europe qui s’étendent du mont Hémus en descendant au midi, parce qu’elles le rapprochaient de son beau-frére, le roi de Hongrie. Beaucoup de chefs frances s'étaient ralli¢s a l'armée lombarde. Au nombre des plus distingués était Eudes ou Othon de la Roche, en Franche-Comté, Réunia son ami Jacques d’Avesnes, il devanga la marche de armée de Boniface, et avec les gens de sa seigneurie s’empara de la Béotie et de lAttique, tandis que Jacques d’Avesnes s’étaplissait dans Vile d’Eubée. Othon de la Roche était déja installé, dés 1205, dans la baronnie de Thebes et d’Athénes , quand Geoffroi de Villehardoin et Guillaume de Champlitte entreprirent la conquéte de la Morée. Bonitace de Montferrat leur ayant cédé la suzeraineté des terres situées au midi des Thermopyles, dans les Cyclades et les fles Toniennes, le baron d’Athénes et de Thebes, Othon de la Roche, passa par la sous la suzeraineté des princes d’Achaie, et les aida dans toutes leurs expéditions. Son pére, Pons de la Roche, étant mort en Franche-Comté, Othon, qui avait fait venir prés de lui, 4 Athdnes, son neveu Guy et les fréres et swurs de Guy, pour donner un établissement en Gréce a ces enfants de son frére Pons, laissa 4 Guy sa baronnie d’Athénes et de Théhes, et retourna dans sa seigneurie de Franche-Comté,
Guy, resté en possession de la baronnie d’Athénes et de Thébes, dans laquelle il avait déja obtenu quelques sousfiefs dés 1208, démembra ensuite cette seigneurie en faveur de sa swur Bonne, veuve du roi de Salonique, le jeune Démnétrias de Montferrat, a laquelle i} donna en dot, a l'occasion de son mariage avec Nicolas, chatelain de Saint- Omer, la mo‘tié de la baronnie de Thébes. Guy prit une part active aux événements qui se passérent en Morée pendant la vie de Geoffroi I’ de Villehardoin et celle de son fils ainé, tous deux princes d’Achate ; il obtint d’eux usage du droit régalien de frapper monnaie, et ne songea pas a se dérober aux liens qui le rattachaient a ces princes par un serment de suprématie féodale. Mais quand, a la mort de Geollroi If, son frére cadet, Guillaume de Villehardoin, devenu prince d’Achaie, eut sommé tous ses grands vassaux de lui préter hommage, Guy crut l'occasion favorable puur se rendre indépendant, et, se liant avec quelques-uns des seigneurs les plus puissants, il refusa Phonimage. Guillaume de Villehardoin n‘était pas homme a rien céder de ses droits, Il Jeva une armée pour avoir raison des recalcitrants; ceux-ci en firent autant de leur c6té, Les seigneurs rebelles furent battus sur Je mont Karydi, entre Mégare et le Cithéron, et se réfugiérent & Thebes, ot ils furent assiégés et sounis, Guy de la Roche, le plus redoutable de tous, regut ordre de Guillaume de Villehardoin d’aller en France se soumettre A Varbitrage de saint Louis.
Crtait au commencement de Pannée 1248; saint Louis se préparait & Vexpedition d’Eygypte. Une réconciliation entre tous les chefs chrétiens était necessaire pour les réunir dans une inimitié commune contre les mahométans, Saint Louis montra beaucoup de bienveillance au baron d’Athénes, et déclara qu'il n’avait pas encouru ta confiscation par sa révolte, puisquil avail pas encore preté serinent, et que on exil present avait servi @expiation asa faute. A cette occasion, Guy ayant fait valoir que ses prédévesseurs dans
ATHENES
la seigneurie d'Athénes avaient possédé un titre de seigneurie trés-élevé, i] obtint de saint Louis la faveur d’échanger son titre de grand sire (imegas kyr) contre celui de duc, que les seigneursde cette baronnie franque ont porté depuis, et qu’on retrouve sur toutes leurs monnaies a partiv de Guy.
Guy revint donc en Grace, et y régna paisiblement ainsi que ses successeurs jusqu’a Gautier de Brienne, époque ott le duché d’Athénes fut envahi par les Catalans survenus de Sicile sous prétexte de servir d’auxiliaires 4 Andronic Paléologue. Une bataille fut livrée, et Gautier de Brienne, victime de son trop dardeur, tomba roide mort prés des marais du lac Copais. Sa veuve déchue, Jeanne de Chatillon, se réfugia en France avec son fils.
Celui-ci ne fut pas plus tot en état de manier les armes qu’il songea 4 reconquérir son duché; mais, aprés de grands succes, i] échoua dans cette entreprise, devint en France connétable du royaume, et mourut en 1336, en combattant a Poitiers, sans laisser d’enfants. Son neveu Sohier, ayant voulu faire valoir ses droits, fut décapité. Son fis Gautier d’Enghien prit, aprés sa mort, le titre de duc d’Athénes, mais ne fit aucune tentative pour reconquérir ses Etats, et mourut 4 Gand, en l’an 1381. En lui s’éteignit le titre de duc d’Athénes.
Pendant que les derniers ducs titulaires abandonnaient ainsi leurs domaines de Gréce, en se contentant de se parer d’un vain titre, les Catalans, établis 4 Athénes depuis 1310, continuaient & s’y maintenir; mais leurs chefs ne furent regardés que comme des lieutenants du roi de Sicile, et ce furent les rois de Sicile qui prirent pour eux le titre de ducs d’Athénes et de Néopatras, et l’ajoutérent aux autres titres de leurs seigneuries.
Les Catalans avaient cependant de rudes chocs a soutenir dans la Gallo-Gréce. Un Florentin, Nicolas Acciaiuoli, chambellan de limpératrice Catherine de Valois, réunissant des forces imposantes dans !a contrée, Pavait fait reconnaitre princesse d’Achaie, et avait obtenu pour lui-méme fa baronnie de Corinthe. Unde ses neveux, Nerio, avait, en outre, par la faveur de son oncle, usurpé quelques seigneuries; Pan 1394 il fut créé duc d’Athénes par une patente du roi de Naples. 1] mourut en 1394, et fut enterré dans P’église Sainte- Marie d’Athenes, a laquelle il avait fait donation de la ville méine, Oulre deux filles légitimes, il laissait un batard, nommé Antoine, qui, mécontent de sa part, voulut s’en faire une plus large. La répubiique de Vegise, désignée par Nério comme executrice testamentaire et non comme légataire, chercha vainement a l'arréter dans lexécution de ses desseins; elle ne put Pempécher de s’emparer du duché d’Athénes, qu’il continua & posséder jusqu’a sa mort, arrivée en 1435.
Le duché tomba plus tard entre les mains de Franco, fils d’Antoine, qui se trouvait a la cour de Mahomet II, et recueillit le fruit d'une honteuse intimité avec ce sultan en recevant lautorisation d’aller occuper le duché d’Athénes. Il jouit bien peu de temps de cette seigneurie. Réduit d’abord a celle de Thebes, il devint aisément suspect & des conquérants qui voulaient le perdre pour s’enrichir de ses dépouilles. 1) fut assassiné par Zagan, lieutenant de Mahomet Il, et le duché d’Athénes fut réuni, en 1462, aux autres possessions des Tures, Bucuon,
ATHUENES (Ecole d’). Athénes compta dans son sein de nombreuses écoles scientifiques et ph'losoph'ques, que Raphaél réunit dans une admirable fresque qu'on appelle I'Ecole d’Athénes, Cependant on a particulitrement donné ce nom d’Ecole d’Athénes a VEcole néoplatonicienne, qui continua dans cette ville lenseignement d’Alexandrie. « L’école d’Alexandrie, dit M. Jules Simon, va se perdre dans Vécole d’Athones, qui en est la fille légitime. » En effet, lorsque les successeurs directs de Jamblique, vaincus avee Julien, s‘effactrent et disparurent en quelque sorte de I'histoire, Vécole d’Athenes releva un moment les destinées dé
ATHLNES — ATHOS
Véclectisme. Pendant cette courte période, dela mort de Julien ala fermeture des écoles (en 529), Athénes remplaca Alexandrie et Pergame. Mais comment |’école d’Athénes se rattache-t elle & celle d’Alexandrie? Suidas, qui nous a donné l’ordre de succession entre les maitres de Pécole ‘d’Athénes : Plutarque (fils de Nestorius), Syrianus, Proclus, Marinus, ne nous dit pas quel était le maitre de Plutarque, et ce renseignement ne se trouve nulle part. Quoi qu’il en soit, les rapports des deux écoles sont nombreux et évidents : exposition des doctrines de Proclus fera ressortir les dilfSrences «ui les séparent (voyes NEOPLATONISME ).
ATHENES (Ecole francaise d’). Voyes EcoLe FRAN- GAISE D’ATHENES.
ATHENODORE, né a Tarse en Cilicie, était un partisan de la philosophie stoicienne , qui vivait 4 Rome vers Pépoque ot naquit Jésus-Christ. Il donna des legons a Auguste; mais aucun de ses ouvrages n’est parvenu jusqu’a nous. C’est lui qui conseillait & cet empereur de ne jamais se laisser aller au premier emportement de la colére sans préalablement réciter les vingt-quatre lettres de l’alphabet grec. Auguste, a sa priére, diminua Jes impdéts que payait ja ville de Tarse. Il lui confia I’éducation du jeune Claude, qui fut depuis empereur et répondit si mal aux soins de son vertueux maitre. Athénodore mourut al’Age de quatre-vingtdeux ans, dans sa ville natale, ot il s’était retiré.
On be doit pas le confondre avec un autre ATHENODORE, aussi né a Tarse, qui fut conservateur de la bibliotheque de Pergame , et qui eut pour disciple Caton d’Utique.
ATHERINES. Voyes Casasson.
ATUINEES , féte en Vhonneur de Minerve , célébrée par les Libyens. Ce nom est, a peu de chose prés , le méme que celui @A¢éhénées, qu’on donnait aux fetes de Minerve A Athénes. Les aihinées des Libyens se célébraient auprés du lac Triton, sur les bords duquel Minerve avait aidé Persée a vaincre la Gorgone Méduse, dont elle porta dans Ja suite la téte sur son égide. Hérodote dit que dans cette fete les filles du pays paraissaient armées de pierres et de batons; qu’elles se battaient ensemble, que celles qui périssaient de leurs blessures étaient soupgonnées d’avoir perdu leur honneur, et que celle quise distinguait parmi ies autres montait sur un char armé a la greeque et faisait le four du lac , accompagnée de ses rivales,
ATHLETE (en grec d0nt%c, mot qui vient d’&)¢w , je lutte). On nommait ainsi ceux qui combattaient dans les joutes de la Gréce , et parmi lesquels figuraient les jeunes gens qui se livraient aux exercices gymnastiques, pour se rendre propres au métier des armes. Dans le sens étroit da mot, on appelait athlétes ceux qui faisaient leur principale occupation de la gymnastique, du pugilat et d’autres exercices , afin de se mettre en état de combattre publiquement dans Jes jeux a occasion des fétes et des réjouissances nationales; leur maniére de vivre était appropriée a leur état : ils étaient sobres, tempérants, et s’abstenaient des plaisirs de Yamour. Avant deles admettre dans Ja corporation on s’informait avec soin de leur naissance , de leur nom et de leurs meeurs ; un héraut les nommait a haute voix, et sommait tous ceux qui avaient quelque chose & leur reprocher d’en faire Ja déclaration. Aprés cette disposition préalable, lathléte prétait serment d’observer les lois de la lutte, et il était admis a concourir.
Les couples étaient tirés au sort; le vainqueur n’était pas seulement récompensé par les applaudissements de |’assembiée, mais encore par des couronnes et des statues ; on le portait en triomphe; son nom était inserit sur des tables publiques et désignait les olympiades , les poétes chantaient ses louanges ; il jonissait aussi de certains priviléges, recevait une rétribution annuelle, et avait la place d’honneur dans les réjouissances publiques. Sa ville natale lui décerfait des honneurs particuliers; car tous ses concitoyens avaient part a sa gloire.
Les athlétes combattaient nus, aprés s’étre frottés d’huile et de poussiére. Les diverses sortes d’exercices ou de combats étaient la lutte, le pancrace , le pugilat, le ceste, la palestre, les courses i pied et en char. Plusieurs monuments nous sont restés qui représentent des athlétes. [| y a dans la villa Albani une belle statue de marbre noir offrant un athléte qui tient un flacon Whuile dont il vase frotter pour se préparer au Combat. Sur un camée du cabinet de la Bibliothéque imperiale, provenant du comte de Caylus, on voit Néron dans un quadrige en athléte. Dans le jardin des Tuileries est unjoli groupe de deux lutteurs copié par Maynier d’aprés le groupe antique de la galerie de Florence. On regarde ces lutteurs comme deux des fils de Niobé, et ils sont ainsl qualifiés dans une estampe de 1557 En effet, ils ont été trouveésdans le méme lieu que les autres figurés appartenant ace célébre groupe, et ils n’out pas les oreilles brisées comme les ont d’ordinaire les statues des athlétes et des pancratiastes ; les poétes racontent que les fils de Niobé se livraient a des evercices gymnastiques quand ils furent percés par les flOches @Apollon.
ATHOCIENS, hérétiques du treiziéme siécle, qui niaient Vimmortalité de l’dme et soutenaient ’égalitéde tous les péchés, a la maniére des anciens stouiciens.
AT HOME. Ces deux mots anglais, qui veulent dire @ la maison, ches soi, sont le titre sous lequel sont demeurées célébres , dans histoire de l'art dramatique en Angleterre, les représentations satiriques que donna le fameux comique Mathews , en 1834 , peu de temps avant sa mort, sur le théatre de ’Opéra de Londres et dans la salle d’Adelphi. 11 paraissait seul en scéne pendant toute la soirée, comme sil eit été chez lui, at home. Le talent satirique et dramatique quil y déployait était vraiment extraordinaire ; et on ne pouvait se lasser d’admirer la diversilé des caractéres qu’il représentait devant le public, sans autre secours que la voix, !e geste, la tenue et le costume. Plus tard, Yates, son ingénieux disciple, lassista dans ces représentations , et lui aussi réussit en peu d’années a se faire par 1a une fortune considérable.
ATHOR ou ATHYR, et mieux Heé-Her (demeure de Dieu ), nom d'une divinité égyptienne qui, dans le systéme mythologique des Egyptiens , appartenait au second ordre de dieux, et qu’on appelait fille de Ra (le Soleil ). Les Grees identitiaient Athor avec leur Aphrod‘te. La vache était som type; aussi est-elle ordinairement représentee sur les monuments avec une téte de vache, portant entre ses cornes le disque du soleil. Lors méme qu’on la représente sous la forme humaine, les cornes et le soleil ne lui manquent jamais. Athor est aussi représentée comme une vache arrivant de derriére la montagne, ou sous la forme d’un oiseau a visage humain, avec les corues de vache etle disque du Soleil, etc, Dans les plus anciens monuments elle porte déja trés-souvent sur la téte comme ornement un temple. De la proviennent les chapiteaux a téte d’Athor des construclions datant de l’époque des Ptolémées , et que l'on prend a tort pour des téfes d'Isis. En tous cas Athor avait a lori gine une signification cosmogonique ; plus tard on lui donna le nom de « maitresse de la danse et du rire »; et en signe de joie eile tient ala main les lacs d’amour et Je tambourin, Ce sont surtout des reines et des fil’es de roi qui sont représentées sous ses fraits. Athor jouissaif dun culte extramement répandu, et avait des temples dans toutes les parties de l’Egypte. Cependant, son principal sanctuaire, du moing a une époque postérieure, se trouvait 4 Denderah Cette déesse donnait aussi son nom au troisitme mois de Pannée égyptienne.
ATIIOS (Mont ), appelé ordinairement Hagion-Oros pat les Grecs. el Monfe-Santo par les Laliens , chatne de inon tagnes de 35 kilométres de long sur 11 & 12 de large, qui s’avance en maniére de presqu’ile dans la mer Evée, en partant de la Chersonese thrace, entre le golfe Strymoni et le
golfe Singiti, et se rattache au continent par un isthme ayant de 2 4 3 kilometres de largeur. La tradition dérive le nom de ces montagnes d’Athos, fils de Poséidon, ou du géant Athos, qui les avait jetées 4 la téle des dieux. Le point le plus élevé de cette presqwile, qui abonde en sites beaux et sains, est situé au sud-est; il atteint une altitude de 1,966 métres au-dessus du niveau de la mer, Dans lantiquité on y comptait un grand nombre de vyilles, entre autres Dion, Olophyxos, Thyssos, Cléones et Acrothoon. Au moyen Age elle se couvrit de monastéres, dont vingt-et-un subsistent encore de nos jours, sans parler dune foule d’ermitages et de chapelles. Les plus grands de ces monastéres sont ceux d’Jvoron et d’Hagia-Laura, et le plus riche celui de Vatopxdi, Ils sont habités en totalité par cing ou six mille moines de toutes les nations, formant une espéce de république monacale, sous la souveraineté des Turcs, auxquels ils payent ua tribut annuel d’environ 80,000 francs. Le gouvernement est exercé par le protaton, assemblée a laquelle chaque couvent envoie un ¢pistate ou igumen investi de ses pleins pouvoirs pendant quatre ans, et qui ¢élit chaque année une commission chargée de ladministration des revenus et de la distribution dela justice. Le protaton siége 4 Caryzs, bourg principal de la presquile, ot l'on compte un millier d’habitants. Il y réside aussi, pour représenter le gouvernement ture, un aga ayant sous ses ordres douze janissaires.
Les moines du mont Athos, astreints a la régle de Saint- Basile, celle qui domine généralement en Orient, vivent dans Vascétisme le plus sévére; ils ne se nourrissent que de légumes, de fruits et de poissons , s’occupent d’agriculture, d’horticulture et d’apiculture, et confectionnent pour leur propre usage et aussi pour éfre vendus des amulettes , des crucifix, des chapelets, des statuettes de saints,etc., cn bois ou en corne. D’informes images de saints, des vues des monastéres, etc., sont aussi imprimées dans une petite typographie existant a Caryas. Les hommes seuls sont admis aux espéces de foires qui se tiennent dans ce bourg. On ne permet pas a une seule femme de mettre les pieds dans la presqu’ile; les animaux femelles n’y sont méme pas tolérés. Les nombreux pélerinages dont le mont Athos est objet forment la plus productive source du revenu des moines. La tradition veut que les trésors et la couronne des empereurs grecs soient demeurés enfouis au mont Athos. Tandis que de nosjours on rencontre a peine dans chacun de ces couvents deux ou trois moines possédant quelque instruction, ef que Vagriculture, comme tout le reste, y estdans un état fort arriéré, cette ile élait au moyen age le centre de la science grecque; cest la que Vat christo-byzantin jetait son éclat le plus vif. Les bibliotié-
ques, presque chaque couyent en posséde une , sont aban- |
données et désertes. Outre deslivres imprimés du plus grand prix, on y trouve une foule de manuserits précieux, qui ont récemment 6lé examinés par M. Minas, et photographiés par M. Sevastianof. I! y a la fort peu & glaner sous le rapport de la littérature classique, mais beaucoup pour tout ce qui a trait a ia Bible et aux Péres. Les manuscrits on langue géorgienne (& Ivoron) et surtout en vieille langue slave ou bulgare (par exemple 4 Dochéiron), ont une haute importance. Il y existe aussi tout un riche trésor de chartes, Les couvents , toujours entourés d’une haute muraille et dans lesquels on n’a accés que par une seule porte, ont A Pextérieur l'air de masses irréguliéres ; ils sont cependant du méme style que l’église Saint-Marc a Venise, et renferment presque tous des sculptures sur bois de prix et de trés-heaux travaux d’orfévrerie. On y trouve aussi un grand nombre de peintures et de fresyues, qui fournissent une preuve authentiquedel’immuable style christo-byzantin, II faut surtout mentionner les peintures d’Hagia-Laura et de Vatopadi, qui sont fort anciennes et qu’on attribue un certain Michel Panselinos. Comme ont démontré les recherches de Choiseul-Gonffier , de Hunt, de Leake, de Fe\emerayer, de