ATLAS
situé prés des sources de ’Oued-Erbeg et de la Malouia, et ctont une partie considérable est toujours couverte de neige. Aly-bey évalue & plus de 4,400 métres au-dessus du niveau dela mer Ja hautcur des principaux sommets ; mais Graberg de Hemsce pense que le mont Hentet atteint une plus grande élévation, qu'il dépasse 5,000 métres, et que la chaine en cet endroit n'est pas inférieure en hauteur aux Alpes mémes. La chaine qui longe la Méditerranée, et que l'on appelle communément petit Atlas, est beaucoup moins élevée. Un peu plus a lest, elle s’abaisse encore davantage.
On sait que la chaine principale, au point od elle entre dans le desert d’Angad, forme la ligne de séparation des eaux qui se rendent dans Vocéan Atlantique et de celles qui coulent au nord et au sud vers la mer Méditerranée ou le Sahara. Quant au petit Atlas, il ne forme réellement aucun partage des eaux ; les principales riviéres qui se jettent dans la Méditerranée viennent du sud de la principale chaine et semblent avoir forcé le passage | travers la chaine paralléle.
De toutes les chaines latérales la mieux connue est celle qu’on peut considérer comme la continuation occidentale de l’Atlas inférieur. Elle se sépare vraisemblablement de la rangée principale 1a ot elle entre dans le désert d’Angad, et se prolonge dans la direction des cétes de la Méditerranée 4 une distance d’environ trois myriamétres, et méme moins. Elle se termine en face de Gibraltar par le cap de Ceuta, auquel les naturels donnent le nom de Djebel Dazout ( montagne des Singes ) et par le cap Spartel. On croit que cette chaine nes’éléve guére au dela de 900 métres au-dessus du niveau de la mer dans ses plus hautes parties; et c'est la seule qui traverse immense contrée 4 louest de la rangée principale.
Les nombreuses ramifications situées au midi de lAtlas inférieur, et qui couvrent le pays s’étendant de Ja jusqu’au Grand-Désert, sont encore imparfaitement connues en ce qui est de leur élévation , de leur étendue et des embranchements qui les relient les unes aux autres. On peut croire que les plus septentrionales de ces chaines , celles dans lesquelles prennent leur source les riviéres les plus importantes (le Chélif, la Seybouse, la Medjerda), et qui renferment les montagnes de Zackar, sont les plus élevées, et qu’elles s’abaissent aux approches du Sahara.
Un embranchement qui se sépare de la chaine principale et s’étend vers le Sahara se dirige au sud-ouest et se termine au cap Noun. Il divise le pays aux approches des riviéres Souse et Oue.-Mella, qui vont se jeter dans I’océan Atlantique, aprés avoir pris leur source dans la région arrosée par la riviére Draha , laquelle va se perdre dans les sables du Sahara. Cet embranchement est a peu prés inconnu; mais il est probable gu‘il n’a qu’une médiocre élévation.
L’Atlas offre plusieurs passages, dont les plus célébres sont, 4 louest, le Bebaouan, qui méne a Tarodant, dans VEtat de Maroc; a l’est, le Biban, ou Porte de Fer, détilé étroit et dangereux qui conduit d’Alger 4 Constantine.
Les montagnes de |’Atlas ont encore été insuffisamment explorées. Cependant nos expéditions militaires en ont déja sillonné une partie. Un jour viendra sans doute ou notre civilisation forcera ce sauvage rempart, et permettra de compléter l'histoire naturelle de ces contrées. En attendant on peut voir, a l'article ALGERIE(t. 1°, p. 309-310 ), ce que l’on sait de sa constitution géologique et des produiis qu’on y trouve. Voyez en outre SaneL, TELL, KABYLIE.
Le nom d’Afélas apparait dans les ouvrages des premiers écrivains grecs, lesquels savaient qu’il existait une région montagneuse dans Ia partie nord-ouest du continent africain. Mais l’Atlas d’Hérodote est plutot une montagne isolée qu'un groupe de montagnes. Eschyle, dans son Prométhée, en représente les dimensions comme restreintes et circulaires, et dit qu’il est d'une élévation telle que l’ceil ne peut } pas en découvrir les sommets, attendu que jamais les nuages ne les abandonnent, pas plus ’hiver que |’¢té. I] ajoute en- DICT, DE LA CONVERS, — T. II.
core que les naturels croient que cette montagne est le pilier qui supporte le ciel.
Les écrivains postérieurs , 4 partir surtout de Polybe, donnent toujours le nom d’Atlas 4 la chaine de montagnes qui s’étend depuis Vile de Cerné (prés du cap de Ger actuel) dans la direction du nord-est a travers la Mauritanie Tingitane. Suivant Pline et Strabon, le nom des habitants indigénes de ces montagnes ¢tait Duri. Ptolémée distingue le Grand Atlas du Petit Atlas, chaine qui court au nord,
Il ne parait pas que les anciens géographes aient eu une connaissance bier compléte de l’Atlas. Toutefois il est & présumer que les Romains en savaient encore plus que noug a cet égard, puisqu’ils avaient colonisé beaucoup de parties de la contrée occupée par ces montagnes et leurs ramifications. Autant qu’on peut le présumer des documents que nous poss¢dons, ils ne donnaient le nom d’Atlas qu’a la partie occidentale et la plus élevée; et il ne parait pas quwils aient étendu cette dénomination aux plateaux de lest autant que nous Je faisons avjourd’hui.
Le consul Suetonius Paulinus, contemperain de Pline, est le premier Romain qui ait franchi l’Atlas.
Les derniers prolongements du grand Atlas ont été décrits comme aboutissant 4 Ceuta, les Septem fratres ou Sept fréres de Pline et de Strabon. Le géographe grec semble faire commencer les montagnes de |’Atlas 4 Cotes, aujourd’hui cap Spartel, pour se continuer le long de l’océan Atlantique.
Pline dit que les Grecs avaient donné le nom d’Ampelusia (pays des vignes) a la pointe de terre que l’on nomme aujourd’hui cap Spartel.
Strabon ne donne aucun nom 4 la chaine de montagnes s’étendant a l’est et dans lintérieur depuis Cotes jusqu’é Syrtes; mais il la décrit, ainsi que ies chaines qui lui sont paralléles, comme ayant été habitée d’abord par les Maurusit ou Maures, et a ’intérieur par les Getwli ou Gétules.
ATLAS ( Librairie), recueil de cartes terrestres ou célestes. Gérard Mercator passe pour avoir été le premier qui au seiziéme siécle ait employé ce ferme de l’ancienne mythologie pour désigner une collection semblable, parce que le frontispice représentait Atlas portant le monde sur ses épaules. Faute d’un autre titre aussi court, les géographes adoptérent Vinnovation de Mercator ; et actuellement le mot Atlas sert 4 désigner non-seulement une collection de cartes géographiques, mais aussi un recueil de yues, de pians, etc. Toutes les planches réunies d’un ouyrage pren« nent le titre d’Atlas, qu’on donne méme & des collections: de tableaux historiques, généalogiques, etc. Le grand format employé pour les Atlas a recu lui-méme dans la librairie et les arts le nom d’atlantique. Peu de voyages importants paraissent aujourd’hui sans l’accompagnement obligé d’un atlas. On a beaucoup parlé de l’Aélas historique de Lesage, ceuvre du comte de Las Cases, compagnon d’exil de Napoléon & Sainte-Héléne, compilation trop vantée naguére, et déja presque entiérement oubliée.
ATLAS ( Anatomie), nom qu’on a donné a la premiére vertébre du cou , parce qu’elle supporte la téte, comme le géant Atlas supportait la sphére céleste, suivant la fable. L’atlas a la forme d’un anneau dont les cétés seraient un peu renforcés; il est formé antérieurement par un petit arc comprimé, convexe et tuberculeux en avant, et muni a sa partie supérieure d’une facette arrondie et concave qui facilite son articulation avec l’apophyse odontoide de l’ axis. Liatlas est formé postérieurement par un arc osseux, plus grand que celui dont nous venons de parler, arrondi et tuberculeux a sa partie antérieure, mais qui par-devant est creusé d’un sillon pour le passage de l’artére vertébrale. Le trou vertébral de l’atlas est fort grand, et recoit en avant Papophyse odontoide, et en arritre la moelle épiniére. Les apophyses articulaires supérieures sont concaves, ovalaires, inclinées en dedans, et s’articulent avec loccipital ; les inférieures sont presque planes, également inclinées en de-
dans, ef en rapport avec l’axis; les apophyses transversales sont trés-longues et terminées en pointe : le trou dont elles sont percées a leur base est fort grand. Le développement de l’atlas a lieu par cing points d’ossification : un pour l’are antérieur, deux pour le postérieur, et un pour chacune de ses parties latérales.
ATMIDOMETRE, ATMIDOSCOPE. YVoyez Art- MOMETRE. |
ATMOMETRE (du grec &tp.0¢ , exhalaison, et ».étp0v, mesure). C’est un instrument au moyen duquel on évalue la quantité d’un liquide quelconque qui a passé a l'état de vapeur dans un temps donné. Tous les liquides sans exception, depuis l’éther, qui est un des plus Iégers, jusqu’au mercure, qui est le plus lourd, passent en vapeurs dans Yatmosphére sion les Jaisse un temps suffisant dans des yases découverts. Tout vase de forme prismatique ou cylindrique peut donc servir d’atmométre. Supposons un tube de verre bien calibré 4 Vintérieur, divisé en parties égales dans toute son étendue; on remplira ce tube d’eau aprés avoir bouché un de ses orifices, et on le suspendra verticalement dans un lieu dont la température soit constante et air libre et calme. Il est évident que si dans une heure, par exemple, l’eau baisse d’une division, elle descendra de deux, de trois divisions, dans des espaces de temps doubles, triples...; mais il est bien entendu que l’instrument ne pourra donner des indications réguliéres qu’autant que les circonstances seront de tous points invariablement les mémes. Il est facile de concevoir d’autres instruments de ce genre. Par exemple, au lieu de diviser le tube en parties égales, on pourrait le suspendre 4 un peson a ressort, dont Vaiguille indiquerait les quantités de liquide évaporées. Voyez EvAporation.
Sous le nom d’atmidométre (du grec dtutéoc, génitif @&tyd¢), M. Babinet a imaginé un nouvel instrument qui offre quelques avantages. C’est un vase ou caisse circulaire a bords droits que l’on remplit d’eau, et dont on fixe le niveau par un tuyau additionnel, garni d’un robinet qui laisse écouler toute V’eau qui surpasse le haut du tuyau qui porte le robinet. — Supposons l’atmidométre réglé : on laisse l’évaporation s’opérer a V’ordinaire, par exemple, pendant cing jours; au bout de ce temps, le robinet étant fermé, on verse dans le vase une quantité déterminée dau ; supposons que ce soit un litre, qui, d’aprés la surface soumise a l’évaporation, représente une couche d’eau de dix millimétres de hauteur. Le vase ainsi se trouve plein audessus du sommet du tuyau de dégagement. On ouvre alors le robinet, et la quantité d’eau qui s’échappe, étant retranchée du litre quia été versé, donne la mesure de ’évaporation.
M. Babinet a encore inyenté un autre instrument, l’a¢midoscope (de cxonéw, j’examine) : c’est un instrument ae comparaison, qui ne donne, comme les hygrométies, que des indications de plus et de moins. I] se compose d’un vase poreux qui laisse échapper d’autant plus de l’eau qu’il contient que lair est plus sec, plus agité, et la température plus éleyée. Un siphon de verre renversé est adapté a l’appareil, et, le tout étant rempli d’eau, l’évaporation se manifeste par ’abaissement du liquide dans la branche ouverte du siphon, 3
ATMOSPHERE ( du grec &tyd¢, vapeur, et de apatpa., sphére ). Ce nom, donné dans le principe & la masse d’air qui entoure notre globe, a été ¢tendu par les découvertes successives de la science aux fluides qui présentent la méme disposition & ’égard de certaines planétes.
Atmosphere terrestre. Les propriétés physiques et la composition chimique de lair qui constitue notre atmosphére ont été examinées a Varticle Am ; V'influence de lair sur la vie organique a été savamment établie; nous ne reviendrons pas sur ces différents points. Nous remarquerons seulement que ’atmosphére n’est pas exclusivement com-