‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 120 sur 488 · ATTILA — ATTIQUE · texte numérisé non relu

ATTILA — ATTIQUE

Gépides et une partie des Franks se rangérent sous ses étendards. Quelques historiens affirment que son armée pouyait s’élever & 700,000 hommes. ‘

La puissance et les richesses des rois de la Perse l’attirérent dans ce pays; mais il fut battu dans les plaines de PArménie. Pour apaiser sa soif de pillage, il chercha un prétexte de rompre avec l’empire d’Orient, et il le trouva facilement. En 447 il traversa I'Illyrie , et ravagea toutes les provinces depuis la mer Noire jusqu’a |’Adriatique. L’empereur Théodose IL réunit une armée pour s’opposer aux invasions des barbares, mais la fortune se prononga contre lui dans trois bateilles sanglantes. Constantinople ne dut son salut qu’& ses murailles et 4 ignorance de l’ennemi dans Yart des sieges. La Thrace, la Macédoine et la Gréce devinrent la proie du vainqueur, qui détruisit soixante-dix yilles florissantes. Théodose dut implorer la merci d’Attila et acheter la paix au prix de ses trésors, Un des gens du chef des Huns, Edécon, se laissa gagner par l’eunuque Chrysaphius, et promit d’assassiner son maitre lorsque Varmée repasserait le Danube ; mais le coeur lui manqua au moment de l’exécution : il se jeta aux pieds d’ Attila, et lui ayoua son crime. On redoutait la vengeance du roi barbare, et Constantinople tremblait ; mais Attila se contenta de reprocher & Théodose sa perfidie et de lui demander la téte de Chrysaphius.

Attila tourna ensuite les yeux vers les Gaules. Il traversa le Rhin, Van 451, a la téte d’une armée immense, franchit la Moselle etla Seine. Metz est détruite avec vingt autres yilles. Troyes ne doit son salut qu’a l’intercession de ses pasteurs ; Lutéce est sauvée par l’intervention de sainte Geneviéve, au dire de la légende. Enfin, le Hun arrive sur les bords dela Loire, et campe devant Orléans. Encouragés par leur évéque Agnan ou Aninus, les habitants de cette ville soutinrent les premiéres attaques, et Attila fut contraint de lever le siége par Aétius, général des Romains, et Théodoric, roi des Visigoths. Il se replia sur la Champagne, et attendit ’ennemi dans la plaine ot s’éléve aujourd’hui Chalons-sar-Marne, et oi les deux armées en vinrent aux mains. Attila, parcourant les rangs de ses guerriers, leur rappela leurs exploits et leur témoigna sa joie de les conduire 4 une nouvelle victoire. Enflammés par ses discours et par sa présence, les Huns combattirent vaillamment; ils percérent les rangs des Romains et des Visigoths, et déja Attila regardait la victoire comme certaine, lorsque le fils de Théodoric, Thorismond, tomba sur eux du haut des collines voisines et en fit un tel carnage, pour venger la mort de son pére, qu’Attila, pressé de tous cotés, ne regagna qu’avec peine son camp. C’est la bataille la plus sanglavte qui ait jamais été livrée en Europe, si l’on en croit quelques historiens contemporains, qui disent que 160,000 morts restérent sur le champ de bataille. De retour dans son camp, Aitila fit réunir en monceau tout ce qui lui appartenait pour se briler avec ses trésors, le cas échéant; mais les vainqueurs se contentérent de leur triomphe, les Franks seuls le poursuivirent jusqu’é ce qu'il edt repassé le Rhin.

Malgré cet échec, Attila fut dés année suivante en état denvahir |’Italie, quand Valentinien III lui refusa la main @Honoria, sa sceur, aprés la lui avoir pourtant promise. En vain l’empereur essaya de le fléchir. A la téte d’une armée formidable , il prit et ruina Aquilée , Padoue, Vicence, Vérone, Bergame, et ravagea les plaines de la Lombardie. Les habitants de ces contrées cherchérent un refuge dans les Alpes, les Apennins et les lagunes de la mer Adriatique ob ils fondérent Venise. L’empereur n’ayant pas d’armée a opposer au roi des Huns, les Romains eurent recours aux larmes et aux priéres. Le pape Léon I* se rendit avec leurs députés dans le camp ennemi et réussit a conclure la paix. Attila retourna en Hongrie, et les Romains attribuérent leur délivrance 4 un miracle. Les anciennes chroniques racontent naivemment que le roi des Huns fut effrayé par les menaces

de saint Pierre et de saint Paul, légende qu’a illustrée }’art des Raphael et des Algarde.

Attila méditait une seconde invasion en Italie, lorsqu’il mourut l’année suivante, en 453, au moment oii il venait d’ajouter la belle Ildico A son nombreux harem. Le lendemain des noces , ses courtisans et ses guerriers , impatients de le féliciter, entrérent dans sa tente, et trouvérent Idico voilée et assise 4 cots du cadavre de son époux, qui avait succombé dans la nuit a une attaque d’apoplexie. On soupgonna sa nouvelle épouse d’avoir contribué a sa mort, et dans les deux cours de Rome et de Byzance la jeune Idico fut célébrée comme une autreJudith. La nouvelle de la mort dAttila répandit le deuil et la terreur dans Varmée. Son corps fut enfermé dans trois cercueils, l'un d’or, l'autre d’argent et le dernier de fer. Les prisonniers qui avaient creusé la tombe furent égorgés.

Jornandés nous peint le roi des Huns comme un homme court, cifforme, 4 grosse téte, A nez aplati, a larges épaules, traits qui rappeilent son origine mongo'e. II avait la démarche fiére, la voix forte et sonore. Les rois qui suivaient sa cour disaient qu’ils ne pouvaient supporter la majesté de ses regards.

Le chef des Huns mettait toute sa gloire a inspirer la terreur, ct ne cherchait pointa se distinguer par les dehors de la magnificence. Sa table était de bois, ainsi que ses coupes et ses plats; il se nourrissait de viande presque crue, et regardait le pain comme un a‘iment indigne des guerriers du Nord. Maitre de plusieurs royaumes, il n’eut jamais de capitale, et son palais n’était qu’une immense cabane ornée des dépouilles des vaincus. Cet affreux conquérant n’a laissé d’autres monuments de sa puissance que les ruines de cing cents villes. Son nom, a quinze siécles de distance, réveille encore en nous Comme un vague souvenir de superstitieux effroi. Attila sera toujours dans la mémoire des hommes le type hideux de la force brutale qui détruit pour détruire , comme le fer, qui dévore pour dévorer, comme le feu. Ce qui le caractérise le mieux, c’est ce cri sauvage qu’on lai attribue : Ow mou cheval a passé, Vherbe ne repousse plus:

ATTIQUE, une des huit provinces de la Gréce centrale ou Hellade proprement dite, avec Athénes pour capitale. Bornée au nord par la Béotie, 4 ouest par la Mégaride, au sud par le golfe Saronique, et 4 l’est par la mer Egée et Euripe, l’Attique formait une presqu’ile dent le noyau consisfaiten une branche du mont Cithéron courant a lest et au sud-est. Elle était divisée en plusieurs bourgs ou démes, au nombre de cent soixante-et-quatorze selon les anciens; mais les explorations modernes les plus minutieuses n’ont retrouvé Pemplacement que de quelques-uns. Liaridité du sol et le manque d'eau protégérent ce pays contre les invasions étrangeres. Les aborigetnes vivaient encore dans l'état sauvage , lorsque, 1550 ans av. J.-C., Cécrops y aborda avec une colonie venant de Sais 4 ’embouchure du Nil. I] adoucit leurs meurs , leur apprit 4 culliver l’olivier, A élever le bétail et ad semer diverses espéces de plantes. En méme temps il ordonna d’honorer les dieux et de leur sacrifier les fruits de la terre; il institua le mariage, et commanda d’enterrer les morts, Les habitants, au nombre d’environ vingt mille, furent divisés en quatre tribus, et il les engagea rapprocher leurs habitations et & les protéger par des clétures contre les attaques des voleurs, Telle fut l’origine d’Athénes, nominée alors Cécrcpie. :

Plus tard, onze autres villes s’élevérent encore dans |’Attique. Eles ne tardérent pas & entrer en guerre les unes contre les autres, Ce fut Thésée, dit-on, qui les décida a renoncer 4 leur indépendance et a se soumettre a Atlienes ou Cécropie, a qui il réserva le pouvoir de faire les lois. L’Attique partagea dés lors le sort d’Athénes jusqw’au regne de Vespasien, qui la réduisit en province romaine. Lors do partage de l’empire, elle écinit 4 l’empire d’Orient. En 396

i elle fut conquise et dévastée par Alaric.

Aujourd hui l’Attique forme avec la Béotie une nomarchie qui comptait, en 1861, 116,024 ames. Le sol, vraisemblablement par suite d’éruptions volcaniques, offre l’aspect bouleversé d’un pays de montagnes ; les monts et les collines s’y pressent, laissant a peine place a de petites plaines. Les plus importantes de ces montagnes sont le Pentélique (1110 métres), PH ymette (1025 métres ) et le petit Laurion (355 métres ), qui appartiennent a la péninsule, tandis que les monts Onéiques traversent Visthme de Corinthe. C’est autour d’Eleusis et d’Athénes, sur les bords des deux Céphises , que s’étendent les plus Jarges plaines. Les montagnes sont stériles; & leur base quelques plantations d’oliviers remplacent les foréts, qui sont rares; les flancs du Laurion n’offrent aucune trace de végétation, et sont couverts d’une ¢paisse couche de cailloux roulés. Du temps de Solon l’Attique était déja bien cultivée. Les vendanges et la moisson, dont les produits étaient abondants, se célébraient par de grandes fétes. Les habitants étaient célébres par la finesse de leur esprit; de la aussi Pexpression de sel attique, appliquée a tout ce qui porte le caractére de cette plaisanterie délicate et fine qui les distinguait (voyez At- TIcIsmE). Le mont Hymette donnait d’excellent miel, et le mont Laurion contenait de riches mines dont le produit était consacré 4 Ventretien de la flotte.

ATTIQUE (Architecture). C’est un petit ordre d’architecture qui sert pour couronner un grand ordre. On Pemploie & la décoration des étages peu élevés qui terminent ja partie supérieure d’une facade. Cet étage s’appelle attigue, parce que sa proportion imite celle des batiments pratiqués 4 Athénes, qui étaient d’une hauteur ‘médiocre, et sur lesquels on ne voyait point de toit. Le mot attique s’emploie en deux sens : ou par rapport a Pordre, ou par rapport 4 I’étage auquel on peut adapter cet ordre. On ne voit chez les anciens ordre attique employé qu’en pilastres ; il se trouve aussi appliqué aux massifs qui servent de couronnement aux ares de triomphe; il ne parait pas avoir eu dans l’antiquité de caractére spécial; vraisemblablement il empruntait toujours celui des ordres avec lesquels ilse trouvait placé. Il n’y a sur cet ordre aucune régle fixée par usage; et on peut dire qu’il n’est autre chose qu’un assemblage arbitraire des différents ornements de architecture, oui les principes des ordres ne sont point employés, et dont Yordonnance ne peut ¢tre réglée que par le goat delarchitecte.

L’étage attique ue fait, en général, avcun bon effet dans les édifices : traité en grand, il le dispute aux autres étages ; réduit & de moindres proportions, il ne présente qu’un hors-d’ceuvre , sans accord avec la masse générale, et il choque Peeil par le peu de saillie qu’on peut alors donner a Yentablement. C’est pourquoi la meilleure maniére d’employer Pattique comme étage est celle pratiquée en Italie; c’est-a-dire de le mettre toujours en retraite du grand entable 2nt qui termine I’édifice. Mais lorsqu’il entre dans la décoration du monument, et qu'il en partage aspect, comme 4 Véglise de Saint-Pierre et au Louvre, il n’est pas aisé de lui assigner des formes déterminées. Les croisées qu’on mé- Mage dans {’attique doivent étre carrées ou presque Carrées, comme sont celles du Palais-Royal. On pratique des attiques sans ordre el sans croisées; de ce deri ier genre sont ceux des arcs de triomphe et de plusieurs fontaines publiques. Ils servent pour y placer Vinscription. Alors ces attiques prennent le nom de architecture qui les regoit et dela diversité des formes qui les composent. A.-L. MILun.

ATTIS. Voyez Arys,

ATTITUDE. On entend par ce mot les diverses posilions que peut prendre le corps de Il’homme ou des animaux. Les unes sont naturelles, les autres accidentelles. On peut encore distinguer les attitudes en actives et en passives , suivant qu’elles exigent ou non le concours des muscles. Le coucher, oli le corps se trouve dans un repos parfait, est une attitude éminemment passive.

Page 1