‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 119 sur 488 · ATTALE — ATTENTAT · texte numérisé non relu

ATTALE — ATTENTAT

mort duquel il passa comme bistrion au service d’Ataulf, qui le chargea, en 414, des préparatifs de son mariage avee Placiche, tille de Théodose, dont il chanta l’épithalame. Puis, furieux de voir qu’Honorius osait lui refuser la paix, il fit reprendre a Attale le titre d’empereur ; mais le prince goth étant mort, Constance, général romaia, surprit, en 416, Attale abandonné, et le livra & Honorius , qui lui fit couper les doigts de la main droite et ’envoya mourir obscurément dans Vile de Lipari.

A'TTAMAN ou HETMAN. C’est le titre que prend le chef supréme ou général en chef des Kosaks. On le fait dériver du vieux mot allemand hed, signifiant chef. Lorsque les Kosaks étaient encore sous la domination polonaise , en 1576, le roi Etienne Bathory placa a leur téte un chef supréme, qui prit le titre d’attaman, et auquel il donna comme insignes de sa dignité un étendard, un baton de commandement et un sceau. Aujourd’hui encore ’at/aman des Kosaks se fait suivre partout de ces insignes. Il est élu par les Kosaks; mais son élection a besoin, pour étre yalable, de la confirmation de l’empereur de Russie.

Quand, en 1655, les Kosaks passérent sous la demination russe , ils conservérent leur antique organisation ; mais lorsqu’en 1708 l’altaman Mazeppa embrassa le parti de Charles XII, dans l’intention de s’unir ensuite de nouveau a la Pologne, le czar Pierre le Grand diminua considérablement leurs priviléges. Pendant longtemps la dignilé d’attaman resta vacante, ef, en 1750, le comte Rasummowsky en ayant été revétu, recut, au lieu des anciens domaines et des droits de douane qui y étaient attachés, une pension annuelle de 50,000 roubles, L’impératrice Catherine abolit complétement la dignité d’atlaman des Kosaks de VUkraine, ef la remplaca par un conseil de régence composé de huit membres, Les autres Kosaks ont conservé leur attaman ; mais les priviléges attachés autrefois a ce titre ont été singuliérement limités (voyez Kosaks).

ATTAQUE (Medecine). Voyez Accks. -

ATTAQUE DE NERFS. Voyes Hysténie.

ATTAQUE ET DEFENSE DES PLACES, Voy. SIkGE.

ATTENTAT. Toute atteinte portée aux droits d’autrui, dans sa personne ou dans ses biens , est un atten‘at. Ce terme, qui comprend généralement tous les crimes et tous les délits, s’applique plus spécialement, en droit criminel, d’une part aux fentatives dirigées contre la streté de I’Etat, et d’autre part a celles qui sont dirigées contre les bonnes moeurs.

La plupart des constitutions dont on a doté la France depuis la premiere révolution , la constitution de 1791, celle

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| de juin 1793, celle du 5 fructidor an in, celle de fri-

maire an yill, le sénatus-consulte organique du 28 floréal an xu, traitérent en détail de la poursuite et du jugement des crimes attentatoires ala sdreté générale de l’Etat, et constituérent juges des divers crimes et attentats qui peuvent étre dirigés contre PEtat ou ses représentants, soit le jury, soit une haute cour, qui s’appela nationale ou impériale. La charte de 1814, remaniée en 1830, contenait un article ainsi congu: « La chambre des pairs connait des crimes. de haute trahison et des attentats a la sireté de l’Etat, qui seront définis par la loi. » Cette loi ne fut jamais faite : ce qui. n’empécha pas la chambre des pairs de la Restauration et, & son exemple, la pairie de 1830 de connaitre de tous les attentats qui depuis le crime de Louyel ont menacé Vordre politique. Les lois de septembre 1835 étendirent la qualification d’attentat a certains délits de presse; c’était un moyen de livrer la presse ala cour des pairs, malgré la charte, qui lui assurait la juridiction du jury, Cette extension abusive souleva les plus vives réclamations; mais le gouvernement constitutionnel ne fit jamais usage de ce droit, Aux termes de l’article 94 de Ja constitution de 1848, une haute cour de justice jugeait

ATTENTAT — ATTERBOM

sans appel ni retvurs en cassation toutes personnes prévenues de crimes, attentats ou complots contre la streté intérieure ou extézieure de Etat, que l’Assemblée Nationale renvoyait devant elle. La constitution de 182 y ajouta les attentats contre ’empereur, qui saisissa’! la haute cour.

Le Code pénal énw dre sous !a rubrique d’attentats aux meurs ; outrage public 8 la pudeur, le viol ou tout autre attentat a la pudeur avec violence, l’excitation habitueile A ladébauche, Vadultéreetlabigamie. *

ATTENTION. L’adtention a été accordée 4 Phomme dans une large mesure, qui était a la fois la conséquence de son admi’able organisation et une condition nécessaire de sa liberté. Cette faculté est en nous d’une telle énergie, que l’Ame humaine s’y révéle dans toute la sublimité de son origine.

La réflexion trouve son berceau dans la perception , née elle-méme de la sensation ; et lorsque lame s’y attache, ce quia lieu ou par un pur effet de sa yolonté, ou par toute autre cause occasionnelle, telie que la crainte, espoir, ou une réminiscence, elle devient l’a¢/ention, que nous ne distinguerons pas, comme Locke, de la contention d’esprit , celle-ci n’étant réellement qu’une attention prolongée.

Tous les hommes, mais dans des degrés différents , sont susceptibles d’attention. L’habitude chez queiques-uns fortifie cette faculté; il en est, au contraire, qui par négligence, ou par suite de légéreté, proménent leur pensée sans Varréter nulle part, se rendent incapables de méditation , et annulent le libre exercice de leur volonté, faute de fui permettre de s’éclairer par un jugement fondé sur des motifs. N’attendez de ceux-la rien de grand dans les arts, dans les lettres, dans les sciences et dans les hautes spéculations de la politique ou de la philosophie.

Prenez, au contraire, a leur point de départ tous les génies qui en passant sur la terre y ont laissé une trace lumineuse , vous verrez que l'aééention, résultat en eux @une yolonté forte, a été leur premiére qualité; ils n’ont jamais perdu de vue l'objet de leurs méditations ; sans cesse, ils en ont été préoccupés. Plus d’une fois on les a yus immoler 4 un futur bonheur le bien-étre de la vie présente; et les voluptés terrestres, maigré leur ardent aiguillon, ont été par eux foulées aux pieds comme indignes d’une sage poursuite.

Maintenant, parcourez de vos regards le vaste champ des connaissances humaines , étudiez les monuments que les anciens 4ges ont Iégués au votre. Arrétez-vous devant la statue de Newton, et demandez-lui comment il a rencontré le beau systéme de la gravitation des corps célestes ; il vous répondra : « En y pensant toujours. » Priez le Pline francais de vous donner une définition du génie, il vous dira : « C’est la patience dans l’attention. » Remontez dans les siécles écoulés, et allez jusqu’a Pythagore, pour vous enquérir de Ja source ot ce philosophe a puisé sa sublime notion de Pimmortalité de Padme; vous le trouverez assis pensif devant un papillon, devenu pour lui l’embléme de cette auguste vérité. Archiméde se fera tuer sur un calcul de mécanique entrepris pour la défense de Syracuse.

Liattention , bien définie, sera donc un des plus beaux caractéres de notre humanité. I] n’est pas un étre de notre espéce chez lequel cette faculté n’existe a un degré suffisant pour que d’un examen éclairé ne puisse sortir, a son avantage, une détermination équitable et légitime. Admis au banquet de la vie, a peine a-t-il porté la coupe a ses léyres , qwil apprend a réprouver le mal eta choisir le bien. On ne saurait donc trop user des moyens sages , mais modéés, pour acccutumer les enfants a fixer leur affention sur des objets de morale pratique, ou méme sur les accidents de la vie ordinaire.

. KERATRY, ancien pair de France,

ATTENUANTES (Circonstances). Les circonstances at{Cnuantes , admises autretois en matiére correctionnelle ,

ont élé introduites dans le domaine des cours dassises par la loi de 1832, qui a modifié le Code Pénal. Cette réforme importante avait été réclamée par un savant criminaliste, Carnot, dans son commentaire sur le Code Pénal., M. Cottu avait émis un yoeu semblable dans son Traité de V Administration de la Justice en Angleterre. Leffet de cette mesure a été de diminuer le nombre des acquittements, trop souvent scandaleux , et qui ne provenaient que de la répugnance des jurés a voir appliquer une peine trop forte, C’est la le coté favorable que présente cette innovation.

On appelle ainsi les faits favorables 4 un accusé, tout ce qui peut lui mériter quelque indulgence. En matiére criminelle Pappréciation des circonstances atténuantes appartient au jury, en matiére correctionvelle au juge; leurs décisions ne sont pas motivées. Quand le jury les a admises, la peine de mort est remplacée par celle des travaux forcés a perpétuité ou celle des travaux forcés 4 temps. Si la peine est celle des travaux forcés a perpétuité, la cour applique la peine des travaux forcés 4 temps ou celle de la réclusion ; si la peine est celle de la déportation, la cour applique celle de la détention ou du bannissement; si la peine est celle des travaux forcés a temps, Ja cour applique la réclusion ou méme l’emprisonnement simple, sans toutefois pouvoir en réduire la durée au-dessous de deux ans. Enfin, si la peine est celle dela réclusion, de la détention, du bannissement ou de la dégradation civique, l’emprisonnement correctionnel sera prononcé,, et il ne peurra durer moins d’un an.

Dans tous les cas oti le code prononce le maximum de Ja peine, la cour apnliquera le minimum ou méme la peine inférieure.

Quant aux tribunaux correctionnels , ils peuvent, méme en cas de récidive, réduire l’emprisonnement méme au-dessous de six jours, et l’amende méme au-dessous de 16 fr., prononcer séparément l’une ou Pautre de ces peines, et substituer l’amende a l’emprisonnement sans qu’en aucun cas elle puisse étre au-dessous des peines de simple police.

ATTERBOM (Pierre-DaniEL-AMEDEE) , poéte suédois, chef de la nouvelle école, naquit en 1790, a Asbo, village d’Ostrogothie. Etant encore a l’université d’Upsal, il fonda, sous le nom d’ Alliance de l’ Aurore, une société de critique et de littérature dont le but était d’affranchir la littérature suédoise du pédantisme académique, ainsi que de limitation servile et maniérée des formes de !’esprit francais, pour la ramener aux inspirations du génie national. L’ Alliance fonda en 1810 un journal ayant pour titre Je Phosphore, qui trouva bientét un violent contradicteur dans le Polyphéme, fondé par Askeloef et par Hammarskceld. Parmi les productions les plus remarquables d’Atterbom, nous citerons Xénies, poésie fugitive; la Ligue des Rimeurs, drame tongouse ; l’Opinion de la nouvelle Ecole sur UV Académie suédoise et sur le bon gout ; Almanach poétique de Suéde ; d’excellents articles de critique dans le Svensk Literatur tidning ; les Iles Fortunées ; un recueil intitulé : Skrifter, et contenant des études sur Vhistoire et la philosophie; Samlade Dikter, poésies mélées, d’une tendance toute lyrique; les Fastes et les Revers suédois, contenant des appréciations sur Swedenborg et Ehrensweerd. II a aussi participé a la rédaction de quelques recueils , comme la Svea, la Skandia, le Mimer, ete.

Atterbom occupa successivement des chaires @’histoire, de philosophie, de logique et de métaphysique et enfin d’est!iétique 4 l’université d’Upsal. Il avait donné des lecons de langue et de littérature allemandes au prince Oscar, qui régna depuis. En 1839 il fut appelé a Académie suédoise. I! est mort 4 Upsal le 21 juillet 1855.

Comme poéte, Atterbom alliait toujours une grande harmonie de style & une rare profondeur de pensées; on reproche toutefois a ses premiéres poésies, et notamment a ses Iles Fortunées, des inversions forcées et heaucoup @archaismes. Malgré tous ses avantages, Atterbom n'est

point devenu pepulaire. Comme philosophe, il se rattache & cette école de théosophes qui voudrait faire concorder les spéeulations de la science avec les données du christiae. *

ATTERRAGE. En marine, c’est l’arrivée a la vue de la terre, la connaissance que |’on en prend pour assurer la route qu’on a suivie dans le cours d’une navigation. Les points les plus avancés ou les plus remarquables des cdtes servent aux atterrages, lorsque leur position est bien indiquée sur les cartes. Dans un voyage de découvertes, si une terre nouvelle est rencontrée, on a soin d’en dessiner quelques vues pour ‘donner aux navigateurs les moyens de la reconnaitre; ces vues sont aussi trés-commodes pour les aéterrages , et il est 4 désirer que Jes cartes hydrographiques en soient bien accompagnées. Si l’on ne signalait qu’un petit nombre de points trés-visibles sur une grande étendue de cotes, on imposerait aux marins la nécessité d’aller en vue de quelqu’un de ces points , et de revenir ensuite au lieu de leur destination. Mais 4 mesure que la science de la navigation sera plus répandue, ainsi que les instruments dont elle fait usage, la route des vaisseaux sera calculée avec plus d'exactitude, et Yon évitera quelques détours auxquels les atterrages donnent lieu. Ferry.

ATTERRISSEMENT. Quoique la loi, d’accord avec la géologie , semble regarder l’atterrissement comme synonyme de l’alZuvion, il existe cependant en droit une différence essentielle entre ces deux choses. Ona vu déja que l’alluvion s’entend des accroissemenis qui se forment successivement et imperceptiblement aux fonds riverains d'un fleuve ou d’une riviére. On désigne plus spécialement, au contraire, par le mot atterrissement le terrain qu’enléve et transporte, sans le dénaturer, un fleuve ou une riviére navigable ou non. Les alluvions proprement dites profitent au propriétaire du fonds auquel elles s’unissent. Il en est autrement des atterrissements. Celui dont I’héritage a été diminué par suite d’un atterrissement a le droit de revendiquer la partie enlevée; mais il doit former sa demande dans l'année, sous peine de déchéance. Ces principes ont été consacrés par l'art. 559 du Code Civil. E. pe Cuaprot,

ATTICISME, délicatesse de langage, finesse de godt particuliére aux Athéniens. « On applique, par extension, dit Académie, au style de tout écrivain qui joint l’élégance a Ja purete. »

Ce mot s’est d’abord entendu d’une forme de langage particulitre au dialecte attique ou des Athéniens. Quintilien nous apprend, en effet, qu’il existait deux sortes de style, l’asiatique et Vattique : celui-ci serré, pur et plein ; celui-la, au contraire, vide et gonflé; l'un m’ayant rien de superflu, lautre manquant de justesse et de raison ; et il attribue le premier aux villes de l’Asie, qui, avides de connaitre le grec et ne s’étant pas donné le temps de l’étudier a fond avant de le pratiquer, avaieut altéré cette belle langue. D’aprés l’autorité de cet orateur et celle de Cicéron, il faudrait conclure que les Grecs entendaient par atticisme une facgon de parler concise et serrée, mais cependant un peu froide, séche et dénuée de mouvement oratoire, ce qui s’expliquerait par les anciennes lois d’Athénes, qui proscrivaient en quelque sorte l’éloquence. Ils ajoutent que Lysias avait affaibli le style attiquea force de le polir ; qu’Hypéride lui avait donné un agrément et une douceur qu’il n’avait pas; qu’avec Démétrius de Phaleére il était devenu plus fleuri; que sous Hégésias, enfin, on l’avait vu tomber dans une frivoiité, dans une recherche de paroles non moins contraire au godt qu’ la raison. Plutarque, offrant Phocion , que Démosthéne appelait la cognée de ses discours, comme un modéle d’atticisme, vient A V’appui de cette opinion.

Suivant Moréri, aéticisme se dit d’une certaine raillerie ugréable et polie, d’une certaine politesse fine et galante, yui était en usage parmi les Athéniens : lepidus jocus, li-

ATTERBOM — ATTILA

beralis urbanitas. La Bruyére semble comprendre par atticismel’a-propos dans les pensécs, la convenance dans les expressions, joints 4 une certaine familiarité, 4 une certaine fleur d’esprit, & un certain talent de plaire, qui semblent surtout l’apanage des classes élevées de la société. L’atticisme, en effet, suppose toujours l’élégance des mozurs, et, pour nous servir de l’excellente définition de M. Tissot, nous dirons qu’appliqué aux écrivains le mot atticisme « exprime un mélange de la pureté, de la délicatesse des Grees, et de Yurbanité des Romains , avec le gout et la politesse des modernes ».

ATTICUS (Titus Pompontus ), chevalier romain, un des citoyens les plus nobles et les plus désintéressés de la ville éternelle, naquit en 109 ay. J.-C., peu d’années avant Cicéron, Lexcellente éducation qu'il recut éveilla de bonne heure en lui un rare enthousiasme pour la science, et cet enthousiasme s’accrut encore par un séjour de plusieurs années a Athénes , ow il se rendit l’an 88 avant J.-C., pendant les guerres civiles de Marius et de Sylla, et ot il apprit 4 parler le grec aussi correctement que le latin : d’ow lui vint le surnom d’Aéficus, sous lequel il est connu dans Vhistoire. Pendant son séjour dans cette ville, il rendit de si grands services aux Athéniens qu’ils lui érigérent des statues.

Rappelé par Sylla l’an 65, il retourna dans sa patrie, ou il vécut entouré d’un cercle d’amis , parmi lesquels on distinguait Hortensius, Pompée, César, Brutus, et surtout Cicéron. Agrippa rechercha son alliance et épousa sa fille Attica Pomponia ; Auguste fianga sa petite-fille 4 Tibére, qui devait lui succéder. Sa vie entiére, consacrée en grande partie au culte des belles lettres, fut un long enchainement d’actions généreuses. I] vécut heureux et comblé de richesses jusqu’a soixante-dix-sept ans, oi, atteint d’une maladie cruelle et incurable, il se laissa mourir de faim, an 32 ay. J.-C.

Quoiqu’il edt constamment refusé toute espéce d’emploi, Atticus ne laissa pas que d’exercer une influence considérable sur la marche des affaires publiques par ses liaisons avec les hommes d’Etat les plus distingués de son temps et les chefs des différents partis. Les anciens parlent avec éloge de ses Annales, histoire universelle qui comprenait un espace de sept cents ans. Il avait aussi composé les généalogies des plus illustres familles de Rome, avait écrit en grec les éyénements du consulat de Cicéron, et s’était essayé également dans la poésie. I] n’est rien resté de tous ces ouvrages, Outre les seize livres de lettres de Cicéron & Atticus , nous devons 4 Cornélius Nepos une biographie intéressante de ce personnage célébre.

ATTILA, roi des Huns, appelé dans les Nibelungen et dans les traditions héroiques allemandes Bisel, c’est-adire fleuve ou torrent, était fils de Mandras, Mundiuque ou Munzuque, et succéda a son oncle Roas, l’an 434 de notre ére, avec son frére Bléda. A la téte des barbares qui s’étaient établis dans la Hongrie et la Scythie, ces princes forcérent & deux reprises le faible Théodose II d'acheter une paix honteuse, et en peu de temps ils se firent redouter de tous les peuples de l'Europe et de l’Asie. Les Huns eux-mémes regardaient Attila comme le plus intrépide de leurs guerriers et le plus habile de leurs chefs. Leur respect pour lui se changea bient6t en une crainte superstitieuse. Attila prétendit avoir trouvé le glaive du Dieu protecteur de sa nation ; et fier de la possession de cette arme, qui rehaussait sa puissance, il songea 4 soumettre toute la terre.’ Jamais il ne prit lui-méme, cependant, le surnom de Fiéat de Dieu , comme le prétendent a. tort tous les historiens modernes. II fit assassiner son frére, l’an 444; et, ayant déclaré qu'il avait agi en cela par une inspiration divine, ce fratricide fut célébré comme une victoire. Resté seu! chef d'un peuple belliqueux, et n’écoutant que son ambition sans bornes, il étendit en peu de temps sa domination sur toute la Germanie et Ja Scythie; Orient et l'Occident devinrent ses tributaires. Les Vandales, ses alliés, les Ostrogoths , les

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