‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 148 sur 488 · AUMALE · texte numérisé non relu

AUMALE

les ordres du général Baraguay-d’Hilliers. A la suite de cettg campagne le jeune prince se trouva indisposé. On dut songer a le renvoyer en France; mais en méme temps on lui prépara une sorte d’ovation, qui faillit lui devenir funeste. Le 17° léger avait beaucoup souffert en Afrique; il ne restait plus que quelques glorieux lambeaux a la hampe du drapeau haché par les balles arabes. On imagina de faire rentrer le jeune fils du roi & la téte de ce régiment, dont le colonel devint général. Le duc d’Aumale prit sa place, et débarqua en France. Des réceptions brillantes furent organisées dans toutes les villes que parcourut le régiment, et le duc vit méler son nom 4 tous les exploits de nos soldats, Ses deux fréres ainés allérent au-devant de lui aux portes de la capitale , et le 13 septembre ils rentrérent 4 Paris , ou ils essuyérent un coup de pistolet que leur tira Quénisset, mais qui n’atteignit que le cheval du lieutenant-colonel,

Pendant une année entiére le duc d’Aumale resta avec son régiment 4 Courbevoie, complétant son instruction dans les loisirs que lui laissait son commandement. Promu en octobre 1842 au grade de maréchal de camp, il se rembarqua & Brest, et retourna en Afrique en passant par Lisbonne et Gibraltar. Jusqu’en 1843 il commanda la subdivision de Médéah, et se signala par de hardis coups de main; il exécuta de vigoureuses razzias, et fit enfin prisonnier un kalifat de ’émir. Bientot une occasion brillante s’offrit & son jeune courage. On apprit que ’émir Abd-el- Kader tenait son dépdt de réguliers , sa famille et son trésor sur la limite du Petit-Désert. Une grande opération fut décidée dans le but d’envelopper l’armée de |’émir. Le prince fut chargé de conduire & Boghar un approvisionnement considérable, et de réunir les contingents armés de sa province. Aprés avoir rempli ces ordres, il s’ayentura au dela de Boghar le 10 mai 1843, avec 1,300 hommes d’infanterie et 600 cavaliers, et ne tarda pas a savoir que la smalah d’Abd-el-Kader était réunie dans les environs de Goudjilab, prés de la source d’Ain-Taguin. L’infanterie avancait trop lentement : le jeune duc la laisse en arriére, et avec une heureuse témérité s’élance a la téte de ses cavaliers A la recherche du camp de I’émir. Epouvantées par la masse d’hommes qu'il faut combattre, les tribus alliées engagent le prince 4 attendre son infanterie : « Personne de ma race n’a jamais reculé, » répond le duc avec plus de hardiesse peut-étre que de vérité; et il donne le signal du combat. Un grand nombre de prisonniers, quatre drapeaux et un butin immense furent le prix de sa victoire.

Le duc d’Aumale recut au mois d’octobre le grade de lieutenant général. Peu de temps aprés le commandement de la province de Constantine lui fut donné.

Le 25 novembre 1844, il épousa Marie-Caroline-Augusle de Bourbon, fille du prince de Salerne , née le 26 avril 1822, dont il a eu plusieurs enfants; deux sont morts jeunes, un troisiéme, Louis-Philippe, prince de Condé, né a Paris le 15 novembre 1845, est mort de la fidvre typhoide a Sydney en septembre 1866; et le seul vivant aujour- @hui est Frangois, duc pe Guise (titre qui avait déja été donné a deux de ses fréres), né le 5 janvier 1854 a Twickenham (Angleterre). La duchesse d’Aumale mourut dans cette résidence le 7 décembre 1869.

Depuis longtemps le maréchal Bugeaud imposait ses volontés au ministére, qui lui avait sacrifis le maréchal Soult. Cependant on se brouilla sur la question des camp: agricoles que voulait organiser le duc d’Isly, et le 11 septembre 1847 le roi nomma gouverncur général de lAlgérie son trés-cher et trés-aimé fils le duc d’Aumale.

Cette nomination fut assez bien accueillie en Afrique. Le prince devait, disait-on, y mener un grand train; sa fortune personnelle, qu’il tenait du prince de Condé, dont il avait été le filleul et l'héritier, fortune que son pere avait fait profiter pendant sa jeunesse, mais dont il ne lui avait jamais laissé le libre usage, pouvait en effet alimenter une sorte é¢

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