AULU GELLE — AUMALE
AULU-GELLE, Aulus Gellius , ou suivant quelques manuscrits Age/dius, sans doute par omission du point apres Vinitiale du préenom, était né vers le temps ou Trajan paryint a l’empire, et mourut sous le régne de Mare-Auréle Il recut & Rome sa premiére éducation, et ful nommé un des centumvits ou jurés des affaires civiles aprés son retour de la Gréce , ou il éta't allé, suivant la coultume, étudier la philosophie dans des écoles d’Athénes, tl eut: pour maitres Phavorin, Hérode Atticus, Taurus et Pérésrin, celui méme a qui Lucien décocha les traits de sa verve satirique, La, pour tromper ennui des longues soirées Phiver, il commenga ses Nui/s Alfigues. Ce sont les extraits de ses lectures quolidiennes et de ses entretiens avec les savants, confiés au papier, soit pour aider sa mémoire et les consulter au besoin, soit pour servir a ses enfants. Ces extraits, divisés en vingt livres, dont le huiliéme est perdu avec une partie du sixiéme, n'y sont pas classés par ordre de matires , mais jetés sans aucun plan, suivant que le hasard lui a offert quelque chose a noter dans la variété de ses lectures et de ses conversations. Ainsi, pour ciler en exemple cing chapitres du livre neuviéme, on y voit marcher péleméle pliysique, philosuphie, morale, litterature, histoire, observations grammaticales.
Malgré ce défaut de méthode, Vouvrage d’Aulu-Gelle est un monument précieux, ol Pon trouve ces recherches curieuses sur les antiquités et la grammaire, des points d’érudition discutés, des fragments d’ouvrages perdus, et les opinions de que!ques philosophes contemporains. Au reste, Autu-Gelle a prété le sujet du Philosophe scythe a notre La Fontaine, et Pauteur eloquent d’£mile a puisé peut-étre d@’heureuses inspirations dans le premier chapitre du livre douzieme, of Phavorin exhorte une jeune mére a nourrir elleméme son nouveau né, Saint Augustin appelle Pauteur des Nuits Alliques un homme d’un grand savoir et dune élocution fort élégante; néanmoins, on lui reproche avec raison un style trés-négligé, souvent incorrect et chargé de locutions vicieuses. Aulu-Gelle fut imprime pour la premiére fois a Venise, en 1509, par les soins de Beroald; mais la plus estimee de plusieurs éditions est cetle de Leyde, publice en 1668, avec les commentaires d’Antoine Thysius et de Jacques Loisel. On dot a M. Victor Verger une traduction fran- ¢aise des Nuits d’Aulu-Gelle, avec le texte en regard, quia paru a Paris en 1820. M. Jacquinet Jes a retraduites en 1843.
AULX, pluriel dail.
AUMALE ( Alba Mala, Aumalcum ; en anglais Albemarie ), ville de la haute Normandie, située sur le penchant dune colline, bornée par une prairie qu’arrose la Bresle. Elle fait actuellement partie du département de la Seine Interieure, et est distante de 25 hilométres a Vest de Nenfchatel. Cette ville, dont la population n’est que de 2,003 habitants, est-uriout remarquable par le rang distingue quele a tenu dans l'histoire teodale.
A la fin du dixiéme siécle ce n’était encore qu’une grande |
terre, dans laque!le un seigneur nomme Gucrinfroi fit batir un chateau fort, of il fonda plus tard ( vers 1027) Vabbaye d’Auxy. fl parait qu’en mourant ce seigneur avait laisse la terre d’Aumale a leglise de Rouen. L’archevéque Jean de Bayeux, du consentement de son chap‘tre, en fit don a Eupes de Champagne, fils d’Etienne I], commte de Champagne , et neyeu du comte Thibaut Hl, qui avait frustre de la succession paternelle. Eudes, qui avait epouse la s@ur uterine de Guillaume le Batard, Adélaide de Conteville , accompagna ce prince dans son expédition d’Angieterre, et regut Pinvestiture du comté d’Holderness dans l'Yorkshire; en outre, sa terre d’Aumale fut érigee en comte relevant du duché de Norinandie Aprés la mort de son beau-frére et pendant les guerresqui éclatérent entre ses successeurs, il 08a aspirer au trone méime de son bienfaiteur pour son fils Etienne de Champagne (1095) La conjuration qu‘il trama avec Robert de Mowbray et d’aulres seigneurs anglais et normands
fut découverte, et punie pour Eudes par une étroite prison oui il termina ses jours. Le comte Eriexne, son fils, apres avoir trahi deux fois le roi Henri I*' d’Angleterre, vit son chateau d’Aumale livré aux flammes par le monarque anglais, et, a exemple de tous ceux de son temps, grands et petits , qui faisaient des sottises dans leur pays, il alla chercher une noble et pieuse distraction a la Terre-Sainte : il y mourut la méme année,
Guittaume 1°", troisitme comte d’Aumale et d’Holderness, fils et successeur du précédent , recut le comté d’York en récompense de la victoire dite de ’Etendard , qu'il remporta, en 1136, contre David, roi d’Ecosse. Mais la réputation guerri¢re qu'il s’était acquise sévanouit par sa fuite honteuse a la bataille de Lincoln, le 2 février 1141 (vieux style ). Havoise , comtesse d’Aumale et d’Holderness, 8a fille unique et son héritiére en 1180, fut mariée quatre fois. Mais Philippe-Auguste s’étant emparé d’Aumale, il investit de cette seigneurie un de ses chevaliers, Simon de Dammartin. Quant aux héritiers d’Havoise, ils continuérent a porter en Angleterre le titre honorifique de comtes d’A /bemare, titre dont furent revétus aprés eux plusieurs seigneurs anglais.
Simon de Dammartin imita envers Philippe-Auguste la conduite qu’Eudes, premier comte d’Aumale avait tenue envers Guillaume, duc de Normandie. On le vita Bouvines combattre contre son bienfaiteur. Proscrit pendant seize ans, il obtint son rappel en 1230, et fut l’un des grands de France qui, en 1235, protestérent auprés du pape Grégvire 1X contre les entreprises des prélats de France sur la juridiction civile.
Jeanne de Dammartin, fille ainée de Simon, réunit de son chef, en 1239, le comté d’Aumale et celui de Ponthieu du chef de sa mére. Elle était mariée depuis un an a Ferdinand I[l, roi de Castille. La nouvelle maison d’Aumale, issue de cette union, conserva ce comté jusqu’en 1342, ol un mariage de l’héritiére du comté le fit passer & la maison d'Harcourt. Une extinction des males le transmit en 1476 a René If, duc de Lorraine, petit-fils de Marie, derniére héritiére des d’Harcourt.
Ciauve 1° de Lorraine, duc de Guise, cinquiéme fils de René, fut en 1508 son successeur au comté d’Aumale, que le roi Henri If érigea en duché-pairie, en récompense de ses services.
Ciaupe II de Lorraine, né le i* aout 1526, troisiéme fils de Claude 1°", d’abord marquis de Mayenne, puis duc d’Aumale et pair de France en 1547, succéda a son pere dans la charge de grand veneur. En 1550 Henri II le nomma gouverneur de Bourgogne. En 1552 le duc d’Aumale vola au secours de Metz, assiégé par Charles-Quint, et fut fait prisonnier dans un combat par le margrave de Brandebourg, aprés avoir été blessé de trois coups de pistolet et avoir eu un cheval tué sous lui. Remis en liberté en 1553, il donna de nouvelles preuves de sa valeur a la prise de Marienhourg, au combat de Renty, puis en Piémont, ou il prit d’assaut la villede Vulpiano, le 19 septembre 1553. Il marcha au secours du pape Paul IV, atlaqué par le duc d’Albe (1556), revint en France aprés la journée de Saint-Quentin, ét assista a Ja reprise de Calais (1558), aux batailles de Dreux (1562), de Saint-Denis (1567) et de Moncontour (1569). Ce prince, emporté par le ressentiment du meurtre du duc de Guis-, son frére ainé, qu'il imputait a Pamiral de Coligny, fut le plus ardent promoteur du massacre des religionnaires a la Saint-Barthélemy. Soit remords, soit générosité, on vit le méme jour d’Aumale s'empresser de soustraire au carnage un grand nombre de calvinistes désignés A la proscription. I] accompagna l'année suivante le duc d’Anjou au siége de La Rochelle, et y fut tué d’un coup de canon, le 14 mars 1573. Il eut entre autres enfants Charles, dont nous allons parler, et Claude de Lorraine, dit le chevalier d’Aumale, celébre dans Vhistoire de la Ligue, qui fut tué
en voulant surprendre Henri IV a Saint-Denis, le 3 janvier 1591.
Cuarves de Lorraine, duc d’Aumale, né le 25 janvier 1556 (v.st.), fut un des plus illustres et des plus fermes soutiens de Ja Ligue, ceuvre de sa famille. Il présida avec le duc de Guise VPassemblée d’Orcamp ( 1586 ), od l’on résolut de prendre les armes sans attendre les ordres du roi, pour intercepter le secours que les protestants d’Allemagne amenaient 4 ceux de France. Au mois de décembre, il s’empara de la ville de Doullens. Aprés le meurtre du duc de Guise et du cardinal de Lorraine , le duc de Mayenne et le duc d’Aumale héritérent de leur popularité. Nommé gouverneur de Paris par les Seize, en 1589, le duc d’Aumale n’épargna rien pour y attiser le feu du fanatisme; il assista en personne aux pri¢res publiques et aux processions que le peuple faisait jour et nuit pour demander au ciel Pextinction de la race des Valois. 11 échoua au siége de Senlis, ou le duc de Longueville lui enleva son artillerie et ses bagages (17 mai), au combat d’Arques, et 4 la bataille @ivry , ou il commandait Paile gauche des ligueurs ( 14 mars 1590). Mais, s’étant jeté dans Paris, il forga Henri IV d’en lever le siége. Battu par Biron le 8 aodt 1591, puis chassé d@Amiens par les habitants en 1594, le duc d’Aumale, voyant le parti de la Ligue presque entiérement anéanti, aima mieux traiter avec les Espagnols que d’imiter exemple de Mayenne. Le parlement de Paris, 4 la requéte du procureur général, le déclara criminel de lése-majesté, et il fut écartelé en effigie le 24 juiet 1595. Henri IV désapprouva cette condamnation, et défendit qu’on procédat a la confiscation prononcée par le méme arrét. Le duc d’Aumale, quoique comblé d’égards et de considération 4 Ja cour @’Espagne, témoigna de vifs regrets d’avoir porté les armes contre sa patrie, et mourut 4 Bruxelles en 1631.
Anne de Lorraine, sa filleunique, avait eu en dot le duché d’Aumale lors de son mariage (1618) avec Henri de Savoie, duc de Nemours. Les duchés d’Aumale et de Nemours passérent successivement 4 Louis (1638 ) et Charles-Amédée de Savoie (1641), fils de la duchesse Aune et du duc Henri I*". Leurs successeurs furent Henrill de Savoie, en 1652, mort sans enfants en 1659, et Marie-Jeanne de Savoie, sa sceur, enfants de Charles-Amédée. Celle-ci, morte en 1724, avait vendu le duché d’Aumalea Louis-Auguste de Bourbon, duc du Maine, prince légitimé de France. Par la petite-fille de ce prince, Adélaide de Bourbon-Penthiévre, mariée 4 Louis-Philippe- Joseph, duc d’Orléans, le duché d’Aumale passa 8 la branche cadette des Bourbons. LAINE.
AUMALE, commune algérienne de |’arrondissement d Alger, sur la lisiére dela Kabylie, posséde 4,600 habitants ; 1,800 Européens et 2,800 indigénes. On y exploite des carriéres de pierres 4 batir et de porphyre feldspathique ; auprés se tronvent des foréts de chénes-liéges et de chénes verts, de pins et de lentisques. Z.
AUMALE (Henri-Evcene-Puicipre-Lovuis ORLEANS, due pv’) , quatriéme fils de Louis-P hilippe et de la reine Marie-Aimélie, est néa Paris, le 16 janvier 1822. Comme ses fréres, le jeune prince suivit les cours du collége Henri IV, et obiint plusieurs succés universitaires. En 1839 son pére le fit entrer dans le 4° de ligne avec Je grade de capitaine , et il fit ses débuts au camp de Fontainebleau. Plus tard une * école de tir ayant été organisée a Vincennes, on la mit sous sa direction, ou plutot sous son patronage. En 1840 il accompagna comme officier d’ordonnance son frére le duc d’Orléans pendant Pexpédition de Médéah, et il se distingna au combat de l’Affroun, a la prise du téniah de Mouzaia et au combat meurtrier du bois des Oliviers.
Nommé en 1841 commandant du 1* bataillon du 2)¢ léger 4 Paris, le duc d’Aumale retourna en Afrique au printemps, fil une seconde campagne sous les ordres du général Bugeaud, comme lieutenant-colonel du 24° réviment de ligne ; puis il commanda une colonne détachée sous