‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 150 sur 488 · AUMONT — AUNE · texte numérisé non relu

AUMONT — AUNE

Henni-Emmery , né en 1785, mort en 1848, éfait le pére du chef actuel de la famille , Louts-Mante-Josepa, né en 1809.

AUMUCE, ou AUMUSSE. II est assez probab’e que ce mot a la méme origine qu’armeé. Quelques auteurs cependant le font venir de lallemand miitse, qui signifie habillement de téte. C’était la fourrure que les chanoines portaient autrefois sur la téte, et qu’ils mettent aujourd’hui sur le bras L'aumuce a été longtemps non-seulement un vétement réservé aux gens d’église, mais porté aussi par lez laiques. Pendant plusieurs siécles on ne s’est couvert la téte en France que d’aumuces et de chaperons. Le chaperon éta‘t a la mode dés le temps des Mérovingiens’; on le fourra, sous Charlemagne, d’hermine ou de menu-vair. Le siécle suivant, on en fit tout entiers de peaux; ces derniers se nommeérent aumuces, et ceux qui étaient d’étoffe retinrent le nom de chaperons; les aumuces étaient moins communes. On commenca sous Charles ¥ a abattre sur les épaules ’aumuce et le chaperon, et a se couvrir d’un bonnet. Dans un registre de la chambre des comptes on trouve un article de trente-six sous employés pour fourrer Paumuce du roi. La couronne se mettait sur l’'aumuce. L’aumuce des chanoines n’était d’abord qu’un bonnet de peau d’agneau avec son poil, et la chape se mettait par-dessus, On fit descendre ensuite le bonnet sur les épaules, puis jusque sur les reins; mais comme la chape et cette peau étaient trés-incommodes pendant les chaleurs, on en vint successivement & mettre Pune et l'autre sur les évaules, puis sur le bras.

AUNE (du latin wna, en grec d\evn, un des os du bras, le cubifus ). Cette ancienne mesure a singuliérement varié de longueur, comiy.e la coudée, le pied : chaque peuple, chaque ville a eu son aune. Avant l’adoption du systéme métrique, l'aune de Paris avait 3 pieds 7 pouces et 8 lignes; elle valait donc 1 métre 2 décimétres environ, et plus exactement 1 métre 1884. Elle se divisait en demies, quarts , huitiémes, etc. ; tiers, sixiémes, etc.

Longueurs des aunes de quelques villes @’Europe, éevaluées en metres.

Amsterdam (aune courante) 0,6903 Hollande 0,6754 Anvers (aune d’ordonnance) 0,f824 Londres {p. toiles) 0,9063 Autriche (Haute ) 0,7998 Id, ‘p. laines) 0,6996 Berlin 0,6667 Madrid 0,5708 Copenhague 0,6227 Munich 0,8343 Dantzig 0.5740 Stockholm 0,5946 Dresde 0.5653 =“ Vienne 0,7762 Dublin 0.9153 = Pétersbourg 0,6672 Francfort sur-le-Mein 0,5612

AUNE ou AULNE (alnus). Ce genre d’arbres appartient a la famille des bétulacées. L’aune acquiert une taille élevée, et croit rapidement dans les terres humides; cependant il ne refuse aucun terrain. I] convient prés des ruisseaux, sur les bords desquels il sert utilement a maintenir le sol par le grand nombre de ses racines. On le multiplie facilement, et de toutes les maniéres; on emploie le plus souvent des boutures, soit en enfongant en terre des trongons de branche, soit en couchant et en recouvrant une branche enti¢re de trois 4 quatre métres de long , dont on se contente de raccourcir les rameaux A douze ou quinze centimetres; il en sort bientét une infinité de rejetons que lon peut sé parer a la fin de l'année, Si l'on emplo’e le mode des semis, on doit mettre Ja graine en terre aussitét qu'elle est récoltée , ou la conserver dans un licu frais et humide jusqu’au printemps; on ne la recouvrira que légérement; et si le printemps est humide, la réussite est assurée, Le jeune plant n’exige ensuite que les soins ordinaires , et Von pourra se dispenser de le recéper, soin que l'on doit prendre pour les boutures et marcottes, La croissance rapide de l’aune

t de le couper en taillis tous les huit a dix ans,

Cet arbre fournit des perches que leur longueur rend

propres & divers emplois. Le bois de l’aune est léger et me

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pourrit pas dans l’eau, ce qui le rend d’n bon usage pour la confection des fascines destinées a former des encaissements. Les ébénistes et les tourneurs en font beaucoup de cas, parce qu'il se lisse et offre une coupe nette sous le ciseau. On en fait des sabots, des échelles, des écha- Jas, etc. Lorsqu’il est sec, il prend une teinte rougeatre, d'un rose pale tirant sur le jaune. I\ sert surtout a chauffer le four. Le bois des racines est agréablement veiné. Le charbon de Paune, qui est de bonne qualité, entre dans la composition de la poudre a canon. L’ecorce de cet arbre peut étre employée en guise de tan. Macérée avec de la Vieille ferraille pendant plusieurs jours, elle produit une couleur noire utile aux teinturiers et aux chapeliers , et qui sert a colorer les filets, la corne et les os destinés aux ouvrages de coutellerie. Cette écorce est aussi employée en médecine comme astringente et lonique. On compte deux ou trois especes d’aunes et plusieurs variétés.

AUNEE (inu/a), genre nombreux de la famille des composés, et dont la plus intéressante espice est launée officin: lv, belle plante d’un metre de haut, qui croit dans les lieux humides, d’une saveur amére et aromatique; les vétérinaires en font un grant usage a l’extérieur

AUNIS ( Alnisium, Tractus Alnetensis ), petite province ie France, bornée an nord par le Poitou, a Vest et au sud par la Saintonge, et al’onest par lOcéan. D’une superlic'e de 151,871 hectares, elle est comprise aujourd hui dans le départementde la Charente-Inférieure et celui des Denx-Sévres Ce pays, renommé pour ses sau neries, était habité du temps de César par une partie des Santones. Sous Honorius il faisait partie de ta seconde | journée placa sur la téte du vainqueur la couronne de Bre- Aquitaine. De la domination des Romains, l’Aunis passa | tagne. Duguesclin, qui combattait pour le comte de Blois, sous celle des Visigoths. Les Francs s’en rendirent maitres |. fut fait prisonnier a la fin de l’action. en 507, par la victoire de Vouillé. Depuis ce temps le AURE (Famille vb’). Une branche cadette des comtes sort de ce pays fut étroitement lié a celui de la Sain- | d’Aragon, ayant regu en apanage la ville et seigneurie d’Aure, tonge. Au dixiéme siécle la terre d’Aunis était possédée | donna naissance, dit-on , a la premiére race des vicomtes de par les maisons de Mauléon et de Chatelaillon, sur lesquelles | ce nom.Elle paralt s’étre éteinte vers 1130, époque ot Ber- Pusurpa , en 1130, Guillaume VIII (X), comte de Poitiers et | trande, fille et héritiére de Sanche de Garcie, vicomte duc d’Aquitaine. L?Aunis reprit son rang parmi les provinces | d’Aure , 6pousa un putné des comtes de Conmminges. La pos~ lorsque , ayant enfin secoué le joug des Anglais, il sedonna | {érité isene de cette alliance forma la seconde maison d’Aures ala France, en 1371. Les principales villes de l’Aunis étaient | Elle s'est divisée en plusieurs branches : celle des vicomtes La Rochelle et Rochefort; les fles d’Aix, de Ré et | d‘Aster, seule aujourd’hui existante, prit le nometles armes

1848, il partitau mois d’avril comme ministre plénipotenliaire & Constantinople, poste qu’il conserva jusqu’au commencement de 1851. Il fut alors nommé ambassadeur a Londres, ou i] eut M. Walewski pour successeur, et en juillet & Madrid, ot M. Turgot le remplacaen avril 1853. Il avait été créé sénateur le 8 mars, Il passa dans le cadre de réserve Vannée suivante, et mourut le 27avril 1857. Il a publié en 1823. avec M. Perrot, un A/las dela France. L. L.

AURA. Voyez Carnante.

AURANTIACEES, famille de plantes dicotylédones polypétales hypogynes, composées d’arbres ou d’arbrisseaux, citronniers, orangers, limoniers, etc., dont le bois est ferme et compacte. Leurs feuilles sont alternes et criblées de points transparents, dus 4 la présence d’utricules remplis d’huile volatile, qui s’observent aussi sur les diverses parties de la fleur et du fruit, et qui communiquent a Ja plante une odeur ordinairement agréable. Les fleurs naissent des aisselles ou aux sommités des rameaux ; elles sont réguliéres , axillaires ou terminales, solitaires ou réunies en corymbes et en grappes, de couleur blanche, rouge ou jaune, La pulpe du fruit est toujours plus ou moins acide.

AURAY, petite ville de France, dans le Morbihean, a 8 kilometres de Lorient , avec 4,441 habitants, prés de laquelle se trouve l’église Sainte-Anne, si célébre par ses pélerinages , ses neuvaines, ses pardons et ses cures merveilleuses. Le 29 septembre 1364, le comte Jean de Montfort remporta sous ses murs une victoire compléte sur son come pélit-ur Charles, comte de Blois, quiy perditla vie. Cette

d’Oléron en faisaient aussi partie. de l’ancienne maison de Gramont en Navarre au seizieme AUNOY (Comtesse p’). Voyez AULNoy. siécle. — Un comte p’Aure, écuyer en chef de l’école de AUPICK (Jacques ), né le 28 fivrier 1789, A Gravelizes, | Saumur, est mort le 7 avril 1863.

fut éleve 4 partir de 1807 aux écoles militaires de La Fléche AUREDLIEN, empereur romain. L. Domrrivus AURELIA-

et de Saint Cyr, et entra en 1809 dans un régiment d’in- | nus naquit vers l’an 220, dans le territoire de Sirmium, fanterie avec le grade de sous-lientenant. A partir de ce mo- | en Illyrie, d’un métayer du riche sénateur Aurelius. I] entra

- ment il tit toutes les campagnes de Vempire, en passant suc- | de bonne heure dans la carriére des armes, et passa par

cessivement par tons les grades. En 1815, a la bataille de | tous les grades de la milice. Les soldats, pour le distinguer Ligny , 90 il remplissait les fonctions de capitaine adjndant- | a’un autre officier qui portait le méme nom que lui, Pavaient

| Inajor, il fut griévement blessé. A la seconde Restauration, | surnommé Manus ad ferrum (la main a Pépée). Sa force

licencié en septembre 1815, il rentradés 1817 dans les rangs | et sen courage étaienttels, qu’i] tuaenun jour quarante-huit de l’armée, devint aide de camp de divers généranx, fit | Sarmates, et que dans la suite le nombre des ennemis qui

| partie du corps d’état-major, et prit part a la campagne de | perirent de sa main s’éleva jusqu’é neuf cent cinquante,

1823 en Espagne, attaché av général de Hohenlohe Chef | L’empereur Valentinien le nomma inspecteur des camps, et de bataillon le 24 septembre 1823, il fit partie de l’expé- | le chargea d’y rétablir la discipline; il lui donna ensuite le dition d’Alger en 1830, devint lientenant-colonel ie 2 oc. | consulat, et lui fit épouser la fille d’un riche sénateur, Ulpius tobre, ef rentraen France en 1831. Nommé colonel en 1834, | Crinitus, descendant de Trajan. Sous le régne de Claude IT, il remplit a diverses reprises les fonctions de chef d'état- | Aurélien le seconda contre Auréole, et dans la guerre contre major dans les camps de manwuvres établis 4 Compiégue, | les Goths il eut le commandement de la cavalerie ; ses vice et fut attaché en laméme qualité 4 partir de 1836 4 la pre- | toires lui valurent le surnom de Gothique.

miére division militaire. Promu au grade de maréchal de Quand l’empereur mourut, il désigna Aurélien pour som camp en 1839, il fut ’année suivante appelé au commanide- | successeur, et les Iégions d’lllyrie confirmérent ce choix, ment de lune des brigades d'infanterie de la garnison de | Quintilius, frére de Claude, prit la pourpre dans Aquilée; Paris; en 1841 il remplaca le général Miot dans le com- | mais il la résigna volontairement , et se donna la mort aprés mandement de |’école d’application d’état-major, et en 1842 | dix-sept jours derégne, pour ne pas tomber au pouvoir de il devint commandant de la place de Paris et du département | son rival. Délivré de tout embarras intérieur, Aurélien tourna

dela Seine. Promu en avril 1847 au grade de lieutenant | ses efforts contre les Suéves et les Sarmates, et les contraignit général. i) fut nommé an mois de novembre commandant | a repasser le Danube; en méme temps il retira les troupes de \’Fcole polytechnique. Aprés la révolution de février ' romaines de la Dacie, rapprochant ainsi les frontiéres de

Yempire par l’abandon d’une province trop éloignée pour étre facilement défendue. Sur ces entrefaites, une invasion d’Alemans , de Marcomans et de quelques tribus germaines le rappela dans le nord de VItalie. Aprés une alternative de succés et de revers, aprés avoir essuyé une grande déaite & Plaisance, !’empereur tailla en piéces les barbares ur les bords du Métaure et auprés de Pavie.

De retour 4 Rome, il chatia avec la plus grande vigueur es auteurs d’une sédition, et entoura la ville d’une enceinte qui prit son nom. Il marcha ensuite contre Tetricus, qui avait pris la pourpre dans les Gaules et 4 qui la Bretagne et lEspagne obéissaient. L’usurpateur, fatigué de sa puissance précaire, entra en accommodement avec Aurélien, se laissa battre par lui, et se rendit de bonne grace.

En 272, Aurélien entreprit l’expédition qui a le plus illustré son régne, en allant combattre Zénobie, reine de Palmyre. Deux combats livrés & Antioche et & Emése décidérent du sort de la guerre; Zénobie tomba au pouvoir de Yempereur. Elle rejeta sa longue résistance sur son conseiller, Longin, qui fut mis 4 mort. Le supplice de ce philosophe est une tache aussi bien pour Zénobie que pour Aurélien. Pendant ce temps Probus avait soumis I’Egypte;

Aurélien retournait en Europe, quand il apprit que les ha-.

bitants de Palmyre s’étaient révoltés et avaient massacré | garnison romaine. Aussitot il revint sur ses pas, et avant que les réyoltés eussent pu se mettre en défense la ville était en son pouvoir. Il tira une vengeance terrible de cette rébellion en abandonnant Palmyre pendant trois jours & la fureur de ses soldats. Aprés cette exécution, il fit reconstruire plus magnifique le temple du Soleil, astre qu’il honorait particuliérement.

Il passa ensuite en Egypte, ot l’appelait une nouvelle révolte. Firmus, marchand, qui avait acquis une immense fortune dans le commerce de l’Inde, s’était fait proclamer empereur. Aurélien triompha sans peine de V’insurrection, et en fit périr publiquement l’auteur. Ayant ainsi délivré l’empire des usurpateurs et rendu au monde romain ses anciennes limites, il revint 4 Rome, oi il célébra ses victoires par un triomphe d'une magnificence extraordinaire. On en trouve les détails dans Vopiscus.

L’empereur visita ensuite la Gaule et |’Illyrie, et se prépara & marcher contre les Perses pour venger la défaite de Valérien. Il était déja prés de Byzance, quand il fut assassiné par la trahison d’un de ses secrélaires, nommé ! thée, qu’il soupconnait de concussion et qu’il avait menacé de sa justice. Mnesthée contrefit l’écriture de lempereur, et fit voir aux principaux officiers une liste de proscription ot leurs noms se trouvaient joints au sien. La rigueur excessive qu’avait souvent déployée l’empereur les rendit crédules; ils le tuérent (janvier 275). Cependant la mort d’Aurélien ne resta pas sans vengeance; ses meurtriers reconnurent qu’on les avait trompés : ils livreérent Mnesthée aux bétes féroces, et evérent un monument expiatoire au lieu of l’empereur avait 6té assassiné ; mais ces regrets ne les sauvérent pas du ressentiment des soldats ou de Ja justice de Tacite et ’e Probus,

Aurélien était un général habile avec toutes les qualités d’un soldat; on lui a reproché une rigueur qui allait parfois jusqu’a la cruauté, et cependant il laissa vivre en paix Tétricus et Zénobie. On disait de lui qu’il était bon médecin, mais qu’il tirait trop de sang. II fit de continuels efforts pour réformer les mceurs. Aprés avoir traité les chrétiens avec douceur au commencement de son régne, il avait rendu contre eux des édits terribles ; mais il mourut avant leur publication.

AURELIUS VICTOR ( Sextvs ) , historien romain du quatrié‘me siécle de Pére chrétienne, était né en Afrique, dans une condition infime. Vempereur Julien, qui fit sa connaissance vers l’an 360, & Sirmium, et plus tard Théodose le Grand, I’élevdrent aux plus hautes dignités. 1 fut d’abord préfet de Pannonie, en 361, puis préfet & Rome, et, en 369,

AURELIEN — AURENG-ABAD

partagea le consulat avec Valentinien. On a sous son nom ; 1° Origo Gentis Romane, a Jano ad Constantium, ouvrage dont un court fragment, s’arrétant a la premiére année de la fondation de Rome, est seul parvenu jusqu’a nous, et que quelques savants modernes considérent comme une compilation faite au quinziéme siécle; 2° De Viris Illustribus Rome, attribué par les uns 4 Cornelius Nepos, par d’autres A Pline le jeune et & Suétone; 3° De Cwsaribus , rapide abrégé de l'histoire de Rome depuis le régne d’Auguste jusqu’a celui de Julien, composé avec plus de soin et écrit d’un style plus pur que les précédents; 4° De vitd et moribus Imperatorum Romanorum Epitome, extrait qui va jusqu’a Théodose , et dont le véritable auteur fut un autre Aurelius Victor, contemporain d’Orose, dit Victor Junior ou Victorinus. La premiére édition d’Aurelius Victor est celle qui fut faite en 1579, 4 Anvers, par Schott. Parmi les éditions postérieures , nous citerons celles d’Arntzenius (Amsterdain, 1733), de Gruner ( Coblentz, 1757) et de Schreeter (2 vol.; Leipzig, 1829-31).

AURENG-ABAD, ville du tréne ou d’Aureng- Zeyb, est le nom que recut de cet empereur mogol la ville de Gurkah ou Kerkih , dont Je séjour lui parut si agréable, qu'il la fit agrandir et embellir, vers an 1686, et y fixa sa

résidence. Aureng-Abad devint alors la capitale de la pro-

vince de ce nom, et méme de tout le Dekkan dans |’Inde, et elle conserva ce titre lorsque Nizam-el-Moulouk s’y fut afte indépendant. Aprés sa mort, en 1748, ses fils s’étant uté le tréne qu'il avait fondé , les Frangais entrérent en vainqueurs, le ii juin 1753, dans Aureng-Abad, y établirenf Salabet-Djenk & la place de son frére, Ghazy-Eddin, qui venait d’y meurir, et le firent reconnaitre nabab du Dekkan, Ses successeurs y résidérent d’abord; mais elle déchut bientét de son ancienne splendeur. Aureng-Abad céda la prééminence 4 Hyder-Abad, ou les Nizam établirent leur cour. Elle passa ensuite sous la domination des Mahrattes du Pounah, et depuis la destruction de leur empire par les Anglais cette ville est le chef-lieu d’une des provinces qui dépendent de la présidence du Bengale.

Elle est située & 290 kilom. est-nord-est de Bombay, sur le Kowlah, & 35 kilom. de son embouchure dans le Godavery. Sa population est évaluée 4 60,000 4mes; on y voit un beau bazar, de plus de 2 kilom. de long. Elle est encore entourée de murs, mais inanimée et en partie déserte. Ses principaux édifices, ses mosquées, ses aqueducs tombent en ruines ainsi que le vaste palais d’Aureng-Zeib , le mausolée de ce prince et celui qu’il éleva 4 l'une de ses femmes. Les eaux stagnantes et les marais qui se sont formés aux environs en rendent le climat insalubre. De toutes les cités de ’'Inde, Aureng-Abad est celle ot les eaux sont le plus abondantes. Chaque maison a sa source, sa piéce d’eau et jusqu’a sa fontaine jaillissante.

La situation de cette ville, entre le Bengale, le Delhi, Bombay et Hyder-Abad, est des plus favorables. A 22 kilom. au nord-ouest, par dela la forteresse de Daulat-Abad et de la merveilleuse grotte d’Ellora, est situé, sur un délicieux plateau, le bourg de Rosah, le Montpellier ou la Nice de Inde, renommé pour lair pur qu’on y respire et les perspectives dont on y jouit.

La province dont Aureng-Abad est le chef-lieu, et qui s’appelait autrefois Almenadgar et Daulat-Abad , s’étend entre le 18° et le 21° de latitude septentrionale, et a pour limites au nord Goudjerate , Kandich et Berar, au sud Bidschapour et Bider, a est Bérar et Hyder-Abad, & ouest l’océan Indien. C'est un pays montagneux, qui offrait aux Mahrattes qui y sont établis un grand nombre de repaires et de points fortifiés naturels. A Pest des Ghattes s’étend un plateau qui appartiont aux hautes régions du Dekkan, et dont la hauteur moyenne au-dessus du niveau de la mer est de G00 métres, Le climat en est excellent et favorable ala culture de tous les fruits de P Europe.

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