‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 151 sur 488 · AURENG-ABAD — AURENG-ZEYB · texte numérisé non relu

AURENG-ABAD — AURENG-ZEYB

Jusqu’en 1818 les Mahrattes avaient possédé les trois quarts de la contrée; le reste appartenait au Nizam. Mais dans cette année, si fatale & leur puissance, la province passa sous l’autorité en partie médiate et en partie immédiate des Anglais. L’Aureng-Abad , aprés avoir pendant si longtemps servi de repaire aux dévastateurs de l’Hindoustan, est aujourd’hui l'une des provinces les plus tranquilles de ’empire indo-britannique.

AURENG~ZEYB fut le dernier souverain remarquable que produisit Pempire des Mogols en Hindoustan durant la seconde moitié du dix-septidme siécle. Son véritable nom était Mohammed ; mais son grand-pére lui donna le surnom d’Aureng-Zeyb, c’est-a-dire Pornement du tréne; quand il fut empereur, il prit celui de Mohi-£ddin, cest-a-dire le vivificateur de la religion, et plus tard celui d’Alem-Gir, ce qui veut dire le conquérant du monde.

Aureng-Zeyb était le troisiéme fils de Chah-Djehan, fils et successeur du célébre empereur Djehan-Gir, Il naquit le 22 octobre 1618, et m’avait pas encore dix ans quand, 4 la mort de Djehan-Gir, son pére monta sur le trone (février 1628). Aureng-Zeyb aspira dés ses premiéres années au trone des Mogols; mais il eut adresse de déguiser ses ambitieux desseins sous un faux air de piété et de dévotion. C’est a vingt ans que commenga sa vie militaire; il s’y consacra bientot tout entier. Aprés une expédition que la tranquillité de VPempire avait permis & Chah-Djehan contre contre le Dekkan, il fut nommé gouverneur de la pro conquise de Kandisch, et y fonda une magnifique cité , qu’il appela de son nom Aureng-Abad. Deux ans apres, la province de Kaboul fut ravagée par Jes Ouzbeks; Aureng- Zeyb marcha contre eux, et, apres une lutte longue et désespérée, réussit A soumettre leur khan. Mais ni lui ni son frére ainé Dara-Schekouh ne purent reprendre la ville de Kandahar, dont le chalh de Perse Abbas s’élait emparé pendant Vabsence de Parmée mogole. A l'instigation de l’émir Djemlah, ofticier au service du roi de Golconde, Aureng-Zeyb recommenga la guerre dans le Dekkan ; il s’était déja emparé @Hyder-Abad par surprise et assiégeait la ville de Golconde, quand arrivérent des ordres de la cour impériale d’Agra, contenant les conditions de la paix offerte au rajah vaincu. L’émir Djemlah fut appelé a Agra, et Chah-Djehan lui conféra la dignité de vizir. Joint A lui, Aureng-Zeyb fit une expédition contre le rajah de Bedjapour, qui aprés la défaite de ses armées fut obligé de subir les plus dures conditions,

Aprés ces événements (a la fin de l'année 1656) Chah- Djehan, alors 4gé de plus de soixante ans, tomba dangereusement malade; son fils ainé, Dara-Schekouh ( né en 1615), profitant de l’éloignement de ses fréres, relégua son pére dans Vintérieur du harem, et prit dans ses mains les rénes du gouvernement. Son frére Soudjah (né en 1616), qui était a peu prés de son Age, prit le premier les armes contre lui; mais il fut complétement battu en 1658. Quant a Aureng- Zeyb, sous prétexte d’assurer le tréne a son plus jeune frére, Mourad-Baksch (né en 1624), qui se trouvait alors dans la ville d’Ahmed-Abad en Goudjerate, il invita a venir le rejoindre avec ses forces dans Oudjéin, capitale de Malouah. Mourad-Baksch se rendit a cette invitation, et les troupes réunies des deux fréres rencontrérent et défirent les forces de Dara-Schekouh prés d’Oudjéin, et une seconde fois prés @’Agra. Dara-Schekouh s’enfuit a Lahore, et Aureng-Zeyb s’étant préalablement saisi de son frére Mourad-Baksch, qu'il jeta dans une prison d’Agra, fut proclamé empereur dans les jardins d’Izz-Abad, prés de Delhi, le 20 juillet, et suivant d’autres le 2 aodt 1658. Son pére Chah-Djehan avait

@ méme temps recouvré la santé; mais Aureng ne fit pas

cesser sa captivité, et lui fit quitter Delhi pour Agra, oii il mourut, a lage de soixante-quatre ans, par le poison, a ce que l’on a cru, le 2 janvier 1666.

Quoique Aureng-Zeyb et été proclamé empereur, Soudjah, son frére, tenait encore dans le Bengale, et faisait les plus

grands efforts pour s’assurer la victoire; mais défait en phusieurs rencontres , n’ayant plus aucun moyen de résistance, il battit en retraite sur Decca dans le pays d’Ascham, d’oh il passa auprés du rajah d’Aracan, qui, perfide par crainte et par avarice, lemprisonna et le traita cruellement. Pendant ce temps Dara-Schekouh était revenu de Lahore, et, ayant gagné le gouverneur de Goudjerate, marchait sur Delhi, lorsqu’il fut mis en déroute par Aureng-Zeyb prés d’Adjmire. Il s’enfuit sur les bords de Indus; mais il fut livré 4 son frére, et recut la mort 4 Khizr-Abad, prés de Delhi, le 28 aout 1659. Son fils Soliman-Schekouh, accueilli d’abord favorablement par le rajah de Serinagour, dans les montagnes du nord, fut ensuite livré par lui 4 ’empereur, qui le confina dans la forteresse de Goualior (14 janvier 1661 ).

Aprés tant de crimes politiques, dont on lit avec peine l’apologie dans la relation du voyageur Bernier, qui fut son médecin pendant huit ans, Aureng-Zeyb se fit alors proclamer une seconde fois 4 Delhi, et ordonna qu’a l’avenir ke commencement de son régne ne daterait que du jour de son couronnement, le 15 juin 1659. Délivré de toute inquiétude et déharrassé de ses rivaux, i] déploya de grands talents et une rare prudence dans l’adininistration, et son régne

| fut pacifique et tranquille. Toujours actifet toujours vigilant, il s’occupa sans relache et simultanément de Vorganisation et de Padministration de son empire. On doit rendre hommage aux mesures pleines de sagesse et d’habileté par lesquelles il réussit 4 prévenir et 4 adoucir la famine qui eut lieu la troisitme année de son régne.

L’émir Djemlah avait été nommé gouverneur du Bengale; sa popularité excita les ombrages d’Aureng-Zeyb, qui, dans le but de le detourner des projets ambitieux qu’il aurait pu former, le désigna pour commander une expédition contre le roi d’Ascham. Les armes de !’émir Djemlah furent victorieuses ; mais ses troupes eurent a souffrir d’une dyssenterie épidémique, dont il fut lui-méme la victime.

Sur ces entrefaites, le tréne d’Aureng-Zeyb courut un grave danger, 4 cause de l’ineptie d’un secrétaire, qui, en écrivant au chah de Perse, Abbas, ne lui avait pas donné plus de titres qu’au khan des Ouzbeks. Chah-Abbas vit dans cette négligence une insulte préméditée, et déclara la guerre. Elle aurait pu devenir fatale 4 Aureng-Zeyb, et le chah de Perse s’avancait déja sur l’Inde avec une armée, quand la mort l’arréta.

En méme temps un nouvel ennemi pour le tréne d’Aureng-Zeyb surgit en la personne de Sevadji, fondateur de la puissance des Mahrattes, qui, arrété au milieu de ses premiers exploits , se soumit a l’empereur, mais se révolta bientét, parce qu’on Vavait traité ignominieusement; il frappa monnaie a son nom, attaqua et pilla Surate, ainsi que quelques autres possessions mogoles, et rendit tributaires les rois de Golconde et de Bedjapour. En 1677 il entra dans le territoire de Golconde avec 40,000 chevaux, et plaga des gouverneurs mahrattes dans les villes et dans les forteresses. Quand i! mourut en 1682, sa domination s’étendait sur un territoirede 400 milles de long et de 120 milles de large.

Les hostilités entre les Mahrattes et les Mogols continuérent sous son fils Sambadji, qui excita la colére et le ressentiment d’Aureng-Zeyb en donnant refuge au prince Akbar, un des fils cadets de l’empereur, qui s’était révolté contre son pére. En 1687 Aureng-Zeyb conduisit une armée dans le Dekkan, contraignit les villes d’Hyder-Abad, Bedjapour, Golconde, a se rendre, et étendit sa domination jusqu’aux limites du Karnatik. Sambadji fut fait prisonnier, et subit une mort cruelle. Son frére Rama se jeta dans le fort de Djinji, et fit une résistance désespérée, qui retarda depuis Pannée 1692 jusqu’en 1700 la réduction du Karnatik. La conquéte du Dekkan et la soumission des Mahrattes continuérent d’occuper toute Vattention d’Aureng-Zeyb pendant les derniéres années de sa vie. Les troupes impériales avaient facilement raison des forces mahrattes quand elles les ren-

contraient en rase campagne; mais les Mahrattes évitaient adroitement toute bataille rangée. Ils gagnaient avec rapidité les montagnes au moindre danger, infestaient de leurs excursions et de leurs brigandages les provinces voisines, et dis- ‘paraissaient chaque fois que s’avangait une armée mogo'e. La politique jalouse d’Aureng-Zeyb s’opposait a ce qu’il conliat le commandement de ses troupes ou le gouvernement de ses provinces 4 des officiers habiles et expérimentés : aussi se passa-t-il bien des années avant qu'il pot réduire ces montagnards, qui ravagérent et dévastérent impunément toute la contrée jusqu’é la rividre Nerbudda. Au milieu de ces luttes, Aureng-Zeyb mourut, & Ahmednagor, dans la province de Daulat-Abad, le 21 janvier 1707. Sa mort termina la période la plus brillante de la puissance mogole dans Vinde. Il eut cing fils : Mohammed, Mohammed-Mozim, Azem , Akbar et Cambaksch. Mohammed-Mozim ( surnommé Schah-Alem et Kotb-Eddin-Bahadour-Chah ) fut proclamé son successeur. Contemporain de Louis XIV, auquel on peut le Comparer pour sa longévité, pour la durée et Péclat de son régne, Aureng-Zeyb, comme lui, protégea les savants et les gens de lettres, encouragea l’instruction publique en fondant des universités, des colléges, des bibliothéques publiques. Il entretenait des correspondances littéraires dans les pays étrangers, et il écrivait lui-méme ses ordonnances et ses dépéches , remarquables par leur élégance et leur précision. Dans toute )’étendue de son empire, il fit percer des routes et construire des karavansérais, des ponts, des hospices, des mosquées, ot la solidité ’emportait sur la magnificence. Il établit une garantie des propriétés territoriales, encouragea l’agriculture et le commerce , simplifia les formes de la justice, surveilla les arréts des tribunaux, écouta les réclamations des plaideurs, révoqua les juges ineptes et prévaricateurs , et fit punir comme crime ‘capital les tentatives faites pour lés corrompre.

Zé\é pour le maintién dés préceptes de la religion, il s’occupa de [a réforme des meurs, prohiba sévérement l’usage du vin, poursuivit les musiciennes et les danseuses nommInées bayadéres, dont le nombre s’était prodigieusement “augmenté sous le régne du voluptueux Chah-Djehan; il les forga de renoncer & leur scandaleuse profession ou de Vexercer secrétement. Il donnait lui-méme exemple de la tempérance. Pendant quelques années, soit par véritable dévotion, soit pour expier ses crimes, il ne véeut que d@herbages, de fruits crus ou confits, et de pain d’orge ou de millet. Suivant le précepte du Coran, qu’il faut vivre des produits de son travail, il faisaitdes bonnets, qu’il vendait ou qu'il donnait aux grands de sa cour, en échange de leurs riches présents. Son costume était de la plus grande simplicité. Sa robe en toile peinte, sa ceinture et son turban ne valaient pas en tout plus de 15 roupies ( 45 fr. ). Malgré cette modestie apparente, il tenait beaucoup a son titre de conquérant du monde, et il avait adopté pour enseigne un globe d’or, que lon portait devant lui; mais, pour montrer qu'il ne possédait que les trois quarts de la terre, il déchirait un coin de toutes les feuilles de papier employées a 8a correspondance. Sans cesse livré aux so’ 38 diy gouvernement, il ne dormait que deux heures, couché sur une peau de tigre, et passait le reste de la nuit a prier i a lire le Coran. Son armée était de 5 & 600 mille hommes, ef ses revenus allaient 4 800 millions. — I] recut des ambassades de Turquie, de Perse, du schérif de la Mecque, des rois d’Yémen et d’Ethiopie, des khans ouzbeks de Bokhara et de Balkh. C’est a lui que furent députés, par le ministre Colbert, les premiers agents de la compagnie frangaise des Indes, D’autres voyageurs, Bernier, Thévenot, Tavernier, Owington, Gemelli Carreri, Valentyn, etc., visitérent sa cour ou diverses parties de ses Etats, et nous en ont laissé les relations les plus curieuses.

AUREULE. C’est le nom que l’on donne au cercle ou a‘la couronne de lumiére dont les peintres et les sculpteurs

AURENG-ZEYB — AURILLAC ont orné la téte des personnages d'une origine céleste. Ce <

not vient du latin aureola, couronne d'or : et en effet les *

peintres grecs du temps de la Renaissance, et ceux d'Halie jusqu’au quinziéme siécle, ont eu l'habitude de dorer cette partie dans leurs tableaux. Le pere Sirmond, jésuite, prétend que cette coutume est empruntee aux paiens, qui environnaient de rayons la téte de leurs dieux.

Liaurcole ne fut d’abord donnée qu’a Jésus-Christ, puis ensuite a la Vierge, aux apdtres et aux anges. Dés le cinquiéme siécle elle devint Vattribut de tous les saintset saintes, et lon en gratifia méme l’agneau, la colombe et les animaux symboliques des évangélistes. Lorsque les peintres, au lieu de placer de simples portraits dans leurs tableaux, ont cherché a donner a leurs personnages mystiques une expression de noblesse ou de componction qu’ils puisuient dans leur imagination, cet usage a diminué insensiblemeut. Par un décret de 1625, les images seules des saints canonisés peuvent étre exposées dans les temples la téle enviruunée dune auyéole,

AURES (Djebel), 'Aurasius mons des Romains, massif montagneux de |’Algérie, dans le sud de la province de Constantine ; il a plus de 600 kil. de tour, et son principal sommet, le Chellia, 2,300 métres d’élévation. Le sol, d'une merveilleuse fecondite, est cultivé jusqu’a de trésgrandes hauteurs. Suivant Procope, les Numides y avaient pratiqué tout un systeme de canaux dirrigation, L’Aurés est habité par des tribus berbéres, qui ont pour centre Ngaous, au nord de Batna.

AURICULAIRE, auricularis , d’auricula, oreille, se dit de ce qui appartient a Voreille, particuligrementd Voreille externe : conduit auriculaire, muscles auriculaires, artéres et veines auriculaires, Les vers avriculaires, OU ceux qui se rencontrent quelquefois dans les o villes, sont ordinairement des larves de mouches; les maladies auriculaires sont celles qui affectent l’organe de louie.

Le doigt auriculaireest lepetit doigt ou cinquidme doigt de la main, ainsi nommé parce que sa petilesse le rend plus propre que les autres a étre introduit dans Voreille,

La confession auriculaire est celle qui est faite a Voreille dun prétre, Voyez Conression,

Un éémoin auriculaire est celui qui a entendu de ses propres oreilles les choses dont i] dépose.

AURICULE, en anatomie, ie pavillon de loreille; en botanique, cet appendice lobé et arrondi qu’on observe & la base de plusieurs feuilles ou de certains pétioles.

En conchyliologie, c'est un genre de mollusques gastéropodes, dont la plus belle espece est l'oreille de Midas, qui vient des Moluques. f

AURIGNY. Voyez Ines Nonmannes. :

AURILLAC, ville de France, chef-lieu du département du Cantal, ancienne capitale de la haute Auvergne, & 554 kil. sud de Paris, peupléede 9,772 habitants. Sivge d'un tribunal de premiére instance «d'un tribunal de commerce, chefelieu du 28¢ arrondissrsment forestier, qui compread les départements du Cantal, de la Corréze et de la Haute- Vienne, Aurillac possdde encore une société d'agricule ture, arts et commerce, une bibliothéque publique de 7,000 volumes, un collége et une jolie salle de spectacle, La ville est située a l’extrémité d'une vallée arrosée par la Jordane : elle est bien batie; les rues mal percées, mais larges et propres ; lesroutes de Clermont, de Rodez, de Saint-Flour et de Tulle y forment autant d’avenues. Entin, au bas dela ville se trouve une belle promenade appelée le Gravier ou cours Monthyon. Aurillac compte plusieurs monuments remarquables, entre autres le chateau de Saint-Etienne , ancienne résidence des comtes d’Auvergne ; l'église Saint-Géraud, labbaye des Bénédictins, hdtel de ville, Uhdpital, "hospice des aliénés, la colonne de Monthyon , etc. Cette ville a élevé une statue au pape Silvestre Il, qu'elle avu naltre,

AURILLAC — AURORE BOREALE

Les habitants d’Aurillac s’oceupent de |’amélioration de la race chevaline; ils ont un dépét d’étalons, et tous les ans, au mois de juin, des courses, qui jouissent dune grande réputation dans 1+ mili, ont lieu dans un hippo frome situé a 1 kilométre de la ville L'industr’e y est aclive; on y remarque des fabriques de papier, de dentelle, de tapisserie, d’orfévrerie et de chaulronnerie, des tanneries, des corroieries, des teintureries, des brasseries, Son principal commerce consiste en chevaux, mulets, bestiiux, toile, chanvre, laines et fromage. II s’y tient plusieurs foires.

L’origine d’Aurillac est peu connue; fondée par Aurélien selon les uns, elle ne date selon les autres que du neuviéme siécle, époque of saint Géraud construisit un monastére sur emplacement qu'elle occupe aujourd'hui, Cette abbaye, qui était evenue une des plus riches du royaume, fut sécularisée par Pie IV, en 1561; et on y établit une école, qui fut aux dixiéme et onz'eine siécles une des plus célébres de la France. La ville, soumise d’abord aux abbés qui s’étaient arrogé le titre de comtes dAurillac, se gouverna ensuite librement; ses habitants nommaient leurs magistrats, qui s’appelaient consuls. Cette adininistration ayant été renversée pendant les guerres de religion, Auriilac regut un gouverneur enyoyé par le roi. Ses fortifications ont été demantelées a Ja méme ¢poque.

AUROCIHUS. Voyes Boeur.

AURONE., Voyes Citnonecce.

AURORE. Pour Vastronome, l’'aurore est cette lnmiére faible qui commence A colorer Patmospheére lorsque le soleil n’est plus qu’a 18e au-dessous de Vhorizon, et qui continue en augmentant jusqu’au lever de cet astre. Voyes CrépuscuLe

Les Grees, qui divinisérent tous les phénoménes célestes , ont fait de laurore une déesse qui, de ses doigts de rose, ouvrait les portes de Orient. Fille de Titan et de la Terre, elle précédait le lever du soleil, sur un char atte'é de aeux chevaux dont Homére nous a conservé les noms. De son union avec Astraeus, roi d’Arcadie, naquirent les Vents et les Astres. Devenue ensuite éperdument amoureuse du jeune Tithon , elle lenleva, l'épousa, et eut de ce nouvel hymen deux fils, Memnon et Hermation, qui régnérent, Pun sur VEthiopie, Pautre sur une partie de l’Asie. La mort de ces princes est encore tellement sensible a leur mére, que la rosée qui serépand chaque matin sur les fleurs n’est autre chose que fes larmes de l’Aurore. Aurore avait obtenu de Jupiter limmortalité de Tithon; mais elle oublia de demander qu’il ne vieillft pas, et bientdt le fils de Laomédon devint si caduc qu'il souhaita d’étre changé en cigale. Aurore aima ensuite Céphale, qui fut insensible a toutes ses séductions.

Les modernes, ayant apergu un point blane sur Vhorizon 4 Vendroit du ciel ou Ie soleil doit paraitre, ont poétisé

.. ce feu pale et doux qui précéde l’aurore

sous le nom d’aube. Depuis, l'aube matinale partage avec Aurore au teint vermeil Vencens des poétes descriptifs.

AURORE. Ona donné ce noma une ile des Nouvel les-Héhbrides et & plusieurs villes des Etats-Unis.

AURORE BOREALE. Pendant longtemps ce météore, n’ayant été observé que dans le voisinage du pdle nord, regut le nom d’aurore boréale. Mais Von sait aujourd’hui que des phénoménes analogues se produisent dans les régions antarctiques : il serait donc rationnel de dire aurore polaire.

« Si Vaurore boréale doit parattre, dit M. Pouillet, on commence, aprés la chute du jour, a distinguer une lueur confuse vers le nord; bientot des jets de lumiere s’élevent audessus de ‘horizon, larges, diffus, irréguliers ; on remarque, en général, qu'ils tendent vers le zénith. Aprés ces apparences trés-vari¢es, qui sont comme le prélude du phenoméne, on voit a de grandes distances deux vastes colonnes de feu, Vune & Voccident, autre a Porient , qui montent lentement au-cessus de I’horizon, et parviennent & une

grande hauteur; pendant qu’elles s’élévent avec des vitesses in¢gales et variah'es, elles changent sans cesse de couleur et @aspect ; des traits de feu plus vifs ou plus sombres en sillonnent la longueur, ou les enveloppent tortueusement; leur éclat passe du jaune au vert foncé ou au pourpre étincelant. Enufin les sommets de ces deux colonnes éblouissantes s’inclinent, se penchent l'un vers l'autre, et se réunis« sent pour former un arc ou plutét ane votte de feu d'une immense étendue. Quand Vare est formné, il se soutient majestueusement dans le ciel pendant des heures en iéres. L’es~ pace qu'il renferme est en general assez sombre, mais d’instant en instant il est traverse par des iueurs diffuses et diversement colorées. Au contraire, dans Vare lui-méme on voit incessamment des vraits de feu dun vif éclat qui s’élancent au dehors, sillonnent le ciel verticalement comme des fusées étincelantes, passent au dela du zénith, et vont se concentrer dans un petit espace a peu prés circulaire , que Von nomme Ja couronne de laurore boréale. Dés quela couronne est furmée, le phénomene est complet, Vaurore a déployé dans le ciel tous les plis de sa robe de feu, on peut la contempler dans toute sa majesté. Aprés quelques heures, ou d'autres fois aprés quelques instants , la lumiére s’affaiblit peu a peu, les fusées ou les jets deviennent moins vifs et moins fréquents, la couronne s’efface, l'are devient languissant, et enfin l’on n’apergoit plus que des lueurs incertaines qui se déplacent lentement et qui s’éteignent. Telle est, au rapport des voyageurs, Vapparence de l’aurore boréale quand elle se montre dans sa plus grande magnificence ; mais, soit que l'état du ciel ou les circonstances atmosphériques ne soient pas toujours favorables, soit que les conditions elles-méimes qui déterminent le phenoméne ne soient pas toujours satisfaites en méme temps, il arrive trés-rarement que I’on puisse observer une aurore boréale compléte, méme dans les régions septentrionales. »

L’aurore boréale se passe dans l’atmosphére , puisqu’elle est einportée avec elle dans le mouvement de rotation du globe. Dfférentes explications ont été proposées relativement a la formation de ce metéore; celles de Franklin, de Mairan, d’Euler, ont eté abandonnées, Aujourd’liui on pense qu'il y a une liaison intime entre les causes de l’aurore boréale et celles du magnetisme terrestre. En effet, outre la correspondance remarquée entre Vapparition de laurore boréale ef les mouvements irréguliers de Vaiguille, et qui sont d’autant plus sensibles que l’aurore boréale parait plus active et plus répandue , on a reconnu: 1° que les arcs concentriques reposent sur des points également éloignés du méridien magnétique ; 2% que le point le plus élevé de chaque arc se trouve dans ce méridien; 3° que le point ot les rayons lumineuy partis de horizon se réunissent est précisément celui vers lequel se dirige laiguille aimantée, suspendue par son centre de gravité. Il n’est pas nécessaire que l’aurore boréale soit visible dans un lieu pour que la boussole y soit agitée. M. Arago a Paris, M. Kupfer a Kazan, onf observé une agitation pareille le 13 novembre 1825. A la méme époque, une aurore boréale était visible dans le nord de ’Ecosse, tandis qu'on ne lapercevait ni de Paris ni de Kazan. De plus, on sail que dés qu’un courant électrique quelconque est interrompu, il y a production d'une série d'étincelles; il y a dégagement de lumiére entre les deux extrémités du conducteur. Telle est done sans doute la cause premiére des aurores boréales, dont l’apparition est toujours liée a des variations extraordinaires de laiguille aimantée : preuve manifeste de linterruption du courant, Nous ne voyons point directement la lumiére émise : elle arrive aluil de chaque spectateur sous un angle déterminé, aprés avoir subi une ou plusieurs réfractions entre des couches de densités differentes, & la maniére de celle qui produit les illusions du mirage sur des sables bralants ; et c'est ce qui donne au phénoméne, comme a celui de l’arc-en- Cics, la constance de toutes ses phases diverses.

M. de la Rive a donné de ces phénoménes une nouvelle -néorie ou il démontre que s‘ils sont dirigés par le magnétisme, ils sont produits par V’électricité. Quelques grandes aurores boréales ont été observées a Paris, entre autres celles d’aodt 1859 et de septembre 1870.

AURUNCES, Aurunci, peuples de Vancienne Italie, dans la Campanie, sur les bords de la mer, entre les Volsques et les Campaniens, dont la capitale était Suessa Aurunca, aujourd’hui Sezza, ville épiscopale située sur une éminence prés des marais Pontins, 4 35 kilemétres ouestsud-ouest de Frosinone, et qui a 6,000 habitants. Ce peuple avail probablement la méme origine que les Ausones.

AUSCULTATION (du latin ausculto, j’écoute). Ce mot désigne, dans le langage médical, une méthode d’investigation qui est basée sur ta connaissance des bruits que Vorganisme en fonction produit, soit dans l'état sain, soit dans l'état de maladie; elle comprend |’étude de tous les bruits qui peuvent étre percus a distance ou par Voreille immédiatement appliquée sur la région du corps qui résonne, ou encore par lintermédiaire d’instruments destinés 4 conduire le son; elle apprécie leur valeur, qu’ils soient naturels ou artificiellement produits. On doit 4 Laennee la vonnaissance de ce moyen puissant de diagnostic, et c’est lui qui en a développé les résultats les plus importants.

Les recherches d’auscultation peuvent se faire a l’aide de Papplication immédiate de loreille sur l’organe que l’on explore, ou bien a l’aide d’un instrument que !’on interpose entre loreille et ’organe interrogé : dela la distinction d’auscultation médiate et dauscultation immédiate. Laennec, qui avait fail toutes ses premiéres recherches a Vaide de Yauscultation médiate, n’etait pas partisan de l’application immédiate de Voreille sur les parois de la poitrine; mais Vexpérience a prouvé depuis qu'il s’était exagéré les avantages de l’instrument qu’il avait inventé et nommé s ¢é t hoscope; le plus souvent les médecins pratiquent aujourd’hui Yauscultation seulement 4 l’aide de Voreille, pour reconaaitre par l'étude des bruits des poumons ou du cceur les diverses maladies dont ces organes peuvent étre affectés On fait aussi, mais rarement, l’application de auscultation au diagnostic des fractures, a l'étude des maladies du larynx, au diagnostic des calculs vésicaux, ou a celui de la grossesse, Quant a lapplication de V’auscujtation aux phénomeénes de la circulation artérielle, elle est toute récente.

AUSONE. Decius, ou Decimus Manus Ausonius, poéte latin du quatriéme siécle, naquit 4 Burdigala (Bordeaux ), vers Pan 309, de Julius Ausonius, qui jouissait de la faveur de ’empereur Valentinien, et qui, aprés avoir été son médecin, était devenu préfet de l'illyrie. Il fit ses études sous la direction de maitres distingués des écoles de Bordeaux et de Toulouse, suivit quelque temps le barreau avec assez d’éclat, et devint enfin titulaire de la chaire d’éloquence de Bordeaux. Valentinien, sur le bruit de son mérite, lui confia l'éducation de son fils Gratien, et le récompensa de ses soins en le nommant successivement comte de l’empire, questeur et préfet du prétoire. Quelques années plus tard (379 ), son éléve reconnaissant, étani monté sur le tréne, lui conféra la dignité de consul dans les Gaules. L’époque de sa mort n’est point certaine ; quelques critiques la fixent 4 Vannée 394,

On n'est pas d’accord non plus sur le mérite d’Ausone comme poéte : les uns lont loué et les autres l’ont blamé avec la méme persistance. On ne peut nier qu'il n’edt beaucoup Wesprit et des connaissances varies ; mais, d’un autre coté , 8a versification manque de facililé, son style est dur, et sa latinité méme est moins pure que celle de Claudien, qui vécut peu de temps aprés lui. Il n’a écrit qu’un seul ouvrage en prose, le Pancgyriqgue de Gratien, Quelques personnes, s’appuyant sur une fausse interprétation de sa seizieme épitre, croient qu'il avait, en outre, composé une Aistoire qui commengait & la fondation de Rome et se ter-

AURORE BOREALE — AUSTERLITZ

minait 4 son consulat, une chronique de Cornelius Nepos et une traduction des Fables d’Esope; en tous cas, ces ouvrages en prose auraient été perdus. On distingue parmi ses poésies son poéme de la Moselle, ou les naturalistes ont remarqué une description des poissons qui habitent ce fleuye, aussi exacte, dit-on, que l'homme le plus instruit pourrait la faire aujourd’hui; le Crucifiement de Amour, description agréable et piquante d’un tableau qu’on Yoyait a Tréves ; les Parentales, petites piéces touchantes et pleines de sensibilité , espéces de tableaux d’intérieur consacrés A la louange de sa propre famille; enfin, des églogues , des idyl les et quelques épigrammes, entre autres celle-ci sur Didon:

Infelix Dido, nullo bene nupta marito!

Hoc moriente fugis , hoc fugiente peris,

dont Voltaire nous a laissé une agréable traduction.

La piéce intitulée Cento nuptialis est un véritable tour de force. Elle ne se compose que de vers de Virgile, pris dans un sens obscéne qu’ils n’ont pas dans Yoriginal.

La premiére édition d’Ausone, et la plus rare, est celle qui a été faite 4 Venise en 1742 (in-fol.). L’abbé Jaubert a publié en frangais une traduction estimée des poésies d’Ausone.

AUSONES, ancien peuple de la péninsule italique, qui occupait la plus grande partie de la Campanie entre le Vulturne et Je Silarus, excepté les territoires de Cumes et de Naples. Les Grecs avaient étendu le nom d’Ausonie a toute I'Italie; il est fréquemment employé par les poétes dans ce sens.

Les Ausones paraissent “tre une branche de la grande nation opique ou osque. Niebuhr prétend que le mot Ausones est la forme grecque du mot Awruni, nom de ce peuple dans sa langue; d’ou on a formé Padjectif Aurunici, et par abréviation Awrwnci. Les Ausones et les Aurunci sont donc, suivant lui, le méme peuple. Suessa Aurunca, pres du Liris, se trouvait au centre du pays qu’ils habitaient. Cales (Tite- Live, VIII, 16), Ausona, Minturnes et Vescia (1X, 25) étaient leurs principales cités. Tite-Live (VIII, 15, 16) semble dire que les Aurunci de Suessa et les Ausones de Calés étaient deux peuples différents : les premiers ennemis , les seconds alliés des Romains,

AUSONIE. Voyez Avusones.

En astronomie Ausonie est une petite planéte de notresystéme solaire, dont la révolution annuelle est de 1,356 jours; elle a éfé découverte, le 10 février 1861, & Naples, par M. de Gasparis.

AUSPICES. Voyez Avucones.

AUSSIERE. Voyez Core.

AUSTER, vent du midi chez les Latins; c’est le Notos des Grecs. Les premiers, selon quelques étymologistes, auraient tiré auster de haurire, puiser de l'eau. Ce nom pourrait bien venir aussi de alliance hybride du grec abe , souffier, enflammer, et du latin ¢erra, Quant a nofos , son étymologie est certaine, voric signifiant dans Vidiome des Hellénes humidité. Ce vent prend sa moitenr des mers du Sud, qu'il traverse. Le pére de la médecine le qualifie ainsi dans un de ses aphorismes: « Le vent du midi (motos) émousse louie, apporte la pesanteur de téte , Pindolence, la lenteur, Vaffaissement du corps. » La tour des Vents & Athénes le représente imberbe, avec un front juvénile : comme le Verseau du zodiaque, il tient & sa main une ume inclinée, d’ou des ondes s’épanchent. Les mythes disent ce vent fils du Titan Astrée et d’Héridée, la mére des astres. Denne-Baron,

AUSTERLITZ, en morave Slawkow, ville des Etats autrichiens, & 17 kilom, sud-est de Brinn, sur la Littawa, avec une population de prés de 3,000 habitants, dont 500 juifs, une fabrication active de lainages et d’amidon, et Je chateau des princes de Kaunitz-Rittberg, Tun des

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