‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 165 sur 488 · AUTUN · texte numérisé non relu

AUTUN

geurs, les uns disent qu’ils vivent par paires, comme les pigeons ; les autres assurent qu’un male a plusieurs femelles, comme nos coqs. Ce qu'il y a de certain, c’est quils sont fort lascifs, ont un accouplement plus prolongé que les autres oiseaux, et pondent des ceufs pesant prés de trois livres, que dans les pays les plus brdlants ils se bornent a exposer dans le sable, 4 la chaleur du soleil, mais qu’ils couvent dans les contrées plus tempérées, et qu’ils surveillent et défendent partout avec courage.

Les Romains estimaient beaucoup la chair de l’autruche, et Pon trouvait autrefois dans }’Arabie des peuplades qui s’en nourrissaient, et que l’on nommait a cause de cela struthiophages. Les Arabes de nos jours s’en abstiennent , comme les Hébreux , et pour une raison semblable; mais ils recherchent beaucoup la graisse de cet oiseau, dont ils se servent pour appréter leurs mets et pour se frictionner le corps dans les cas de rhumatisme et autres maladies. Ils chassent l’autruche a cheval, en tournant autour d’elle pendant plusieurs heures, jusqu’a ce qu’ils parviennent a couper sa course.

L’autruche s’apprivoise assez facilement; on peut Ja dompter, au point de la monter comme un cheval, ainsi que nous avons yu faire a Hippodrome. Tout le monde sait quel usage on fait de ses grandes pennes : la préparation des plumes d’autruche est une branche assez importante du commerce parisien.

On a découvert récemment 4a Madagascar les débris d’ceufs et d’ossements fossiles d’un oiseau gigantesque , auquel le nom d’apiornis a été donné par M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, qui considére cet oiseau comme trésyoisin du genre autruche. DEMEZIL.

AUTRUCHE D’AMERIQUE. Voyez Nannov.

AUTUN, ville de France, chef-lieu d’arrondissement

du département de Sadne-et-Loire, située sur la rive gauche de l’Arroux, peuplée de 12,389 habitants , siége d’un évéché suffragant de Lyon, et dont le diocése comprend le département de Sadne-et-Loire. Cette ville posséde un tribunal de commerce, un collége, une bibliothéque publique de 12,000 volumes, un musée de peinture et un cabinet d’antiguités , de physique et d’histoire naturelle. Elle a des fabriques de tapis de pied, des tanneries, des mégisseries, une imprimerie. Le commerce consiste en bois, chanvre, che= vaux et bestiaux. Les monuments les plus remarquables sont : la cathédrale, d’architecture gothique, qui date du onziéme siécle, et que l’on cite pour son aiguille, son cheeur et son portail; l’église Saint-Martin, batie par la reine Brunehaut, et renfermant son tombeau, etc. Autun est une station du chemin de fer de Nevers a Chagny.

On trouve & Autun des antiquités d’époques et de civilisations diverses ; la période gauloise y est représentée par quelques vestiges des anciennes murailles formées de pierres de taille juxtaposées sans ciment, mais si parfaitement adhérentes que chaque pan de mur semble étre taillé dans le roc. Outre de nombreux morceaux de corniches, de frises, d’entablements, des parties de basereliefs, des statues mutilées, on y voit deux portes deconstruction romaine assez bien conservées : la porte Saint-André et la porte d’Arroux, sorte d’arcs de triomphe avec deux grandes arches pour le passage des voitures et deux petites pour les piétons, surmontées d’une galerie d’ordre corinthien et richement ornées. On découvre aussi les traces d’un tnéatre et celles d’un vaste amphithédtre dont on voyait encore en 1700 les gradins, les escaliers et les portiques. Il en a été tiré depuis, comme d’une véritable carriére, une si grande quantité de pierres et de moellons, que c’est A peine s'il subsiste aujourdhui quelques vestiges de ce monument, Enfin, on trouve & Autun beaucoup de restes d-édifices chrétiens attribués 4 la reine Brunehaut. En dehore des muss existent aussi quelques restes de la naumachie €@ de V’aqueduc qui servait 4 y conduire les eaux. Non Join

de la ville, au milieu d’un ancien cimeti¢re appelé Champdes-Urnes, on voit un monument funébre nommé Pyramide de Couart. Elle est formée d’un blocage de pierres liées avec du ciment; sa hauteur est encore aujourd’hui de 6 métres environ, malgré les nombreuses mutilations opérées par le temps et par les hommes. Quelques antiquaires voient dans ce singulier monument le tombeau du chef -éduen Divitiac. Mentionnons en outre dans les environs plusieurs autres ruines, par exemple celles d’un temple magnifique qu’on croit avoir été dédié a Janus.

L’origine d’Autun se perd dans la nuit des temps. Cette ville existait bien longtemps avant la conquéte romaine. {était la capitale des Eduens. Elle se nommait Bibracte ; et sous le régne d’Auguste elle prit le nom d’Augustodunum, d’ou est venu Autun, et plus tard sous Constantin celui de Flavia A2duorum. Elle faisait partie de la premiére Lyonnaise. Elle fut comblée de priviléges par les Romains; ses habitants jouissaient du droit de bourgeoisie a Rome. Il s’y établit des écoles célébres, qui y attiraient un grand concours de jeunes gens, et elle devint la capitale d’une grande partie de la Gaule. Détruite sous Tibére, a la suite de la révolte de Sacrovir, assiégée et prise d’assaut par Tetricus, Vancienne cité des Eduens fut a plusieurs reprises saccagée par les barbares. Au cinquiéme siécle, Attila et les Bourguignons la brolérent; elle fut encore pillée au huitiéme par les Sarrasins et au neuviéme par les Normands. Durant le moyen age elle acquit quelque importance, 4 cause de son siége épiscopal et par les conciles qui y furent tenus, entre autres par celui de 1094, qui excommunia Philippe Iet. En 1379 elle fut incendiée par Jes Anglais; elle fut assiégée sous la Ligue par le maréchal d’Aumont. Dans la guerre de 1870, Autun vit sous ses murs se livrer le combat du 30 novembre entre les Prussiens et Garibaldi a la téte de quelques milliers de volontaires: V’action ful acharnée et se termina par la retraite de \’ennemi,

AUVERGNE, province de France bornée au nord par le Bourbonnais et le Berry, au sud par le Rouergue et le Gévaudan, a lest par le Vélay et le Forez, & Vouest par le Limousin, la Marche et le Quercy, d’une superficie de A,388,218 hectares. Elle se divisait en haute et en basse Auvergne. Celle-ci, qu’on appelait encore Limagne, était célébre par la douceur de son climat. La capitale de l’Auvergne élait Clermont; cette province est aujourd’hui comprise dans les départements du Cantal, de la Haute- Loire et du Puy-de-Dome.

Avant la conquéte romaine son territoire était occupé par un peuple fameux entre les peuples de la Gaule-Celtique, les Arvernes. Six cents ans avant \’ére chrétienne, ils formaient déja un corps considérable, car on les trouve parmi ces nombreuses colonies de Gaulois qui, sous la conduite de Bellovése et de Sigovése, neveux d’Ambigat, roi de toutes les Gaules, allérent former des établissements dans la Lombardie, la Bohéme, la Frise et la Westphalie. En 541 de Rome ( 213 avant J.-C.), les Arvernes fournirent un corps de troupes et des subsides & Asdrubal, lorsque ce général carthaginois marcha en Italie au secours d’Annibal, son frére. La domination de ces peuples s’étendait alors d’un cdté depuis la Loire jusqu’é la Méditerranée, y compris Narbonne, jusqu’aux confins de Marseille, et de Pautre depuis les Pyrénées jusqu’a l’Océan et au Rhin,

Les Eduens pouvaient seuls leur disputer la prépondérance dans les Gaules. Posidonius et Strabon donnent des détails curieux sur la magnificence de Luerius ( Louerios ou Louernios suivant Athénée), l'un de leurs rois, qui vivait au sixiéme sitcle de l’ére romaine. Ils le représentent dans certaines solennités monté sur un char d'argent, répandant 4 pleines mains des piéces d’or et d'argent. L’an 121 avant J.-C., les Arvernes, commandés par leur roi Betultus, furent défaits en bataille rangée par Je consul Fabius

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