‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 164 sur 488 · AUTRICHE — AUTRUCHE · texte numérisé non relu

AUTRICHE — AUTRUCHE

conseil, aprés examen du budget; la minorilé demnanda seulement une représentation convenable de la population dans la commune, les dittes provinciales et le Conseil de l’empire. Le concordat et la liberté des cultes, la liberté de la presse et des langues amenérent de nouvelles discussions. Enfin, le 27 septembre, la session du conseil renforcé fut close.

Vis-a-vis des complications nouvelles qui surgissaient en Italie, l’empereur d’Autriche s’était rapproché de la Prusse ; il avait eu une entrevue avec le régent de Prusse 4 Teplitz le 19 juillet 1860. Un rendez-vous fut pris avec l’empereur de Russie 4 Varsovie pour le mois d’octobre ; mais tout cela n’aboulit pas; et ?Autriche resta spectatrice tranquille des événements qui s’accomplissaient contre sa politique en Italie. Les ministres Anglais lui donnérentméme en plein parlement le conseil d’abandonner Venise. Le 20 octobre, jour méme du départ de l’empereur pour Varsovie, parut le diplome impérial pour le réglement de l’organisation politique intérieure de la monarchie, Cet acte annongait le rétablissement des diétes provinciales et la réorganisation du Conseil de empire. La Hongrie vit renattre une partie de ses institutions, ses affaires furent confiées 4 un grand chancelier résidant a Vienne, et ses intéréts défendus par un ministre sans portefeuille. La chancellerie de Transylvanie fut aussi rétablie. Les ministéres de Vintérieur, de la justice, de l’instruction publique et des cultes furent supprimés et leurs attributions passérent aux autorités nationales de Hongrie et de Transylvanie, et pour les autres pays au comte Goluchowski, nommé ministre d’Etat. Il était créé un ministére de la guerre confié au comte Degenfeld. Le baron de Mecsery remplaca le baron Thierry a la police. Le général Benedek était renvoyé en Italie. D’autres statuts provinciaux parurent encore, et M. deSchmerling futappelé au ministére d’Etat le 15 décembre. Le 5 janvier 1861 une ordonnance relative aux élections pour les didtes provinciales fut publiée. Tous les statuts provincianx furent promulgués le 27 mars, contre-signés par M. de Schmerling. Dés le mois de mai les diétes et le Conseil étaient réunis. Le Conseil de empire n’a pas pu rassembler tous ses membres. Les pays qui prétendent a l’autonomie nationale n’y ont pas envoyé de représentants. La diéte de Hongrie ne s’est assemblée que pour réclamer sa nationalité. Le gouvernement autrichien a da la dissoudre. Il montre, il est vrai, beaucoup de modération et le Conseil de Vempire a manifesté beaucoup de dévouement, mais on ne peut guére espérer que le gouvernement reussisse 4 accomplir unification de tant d’Etats différents que la diplomatie aréunis sous un seul sceptre et qui réclament contre leur absorption. Venise veut s’unir a Italie, la Croatie veut étre indépendante, et la Hongrie ne paye l’impdt que sous la pression des baionnettes. En attendant, la publicité des débats a été rendue aux corps municipaux. Le budget de 1862 a été présenté au Conseil de |’empire , ainsi qu’un projet de réglement des rapports de la banque nationale avec le gouvernement, un projet de loi sur la situation de l’église catholique a l’égard de la loi communale, une nouvelle organisation judiciaire, un projet de loi sur la presse, un code de commerce, un projet de loi supprimant le taux légal de Pintérét de l’argent , etc. Aprés avoir voté une adresse & l’empereur, le Conseil de l’empire a discuté une loi sur V’inviolabilité de ses membres; un membre a fait adopter une proposition pour l’entiére liberté de Vindustrie. Mais l’empereur a dd remplacer le chancelierde Hongrie de Vay et le ministre Szecsen, par le comte Forgach et le comte Esterhazy, et la diéte hongroise s’est retirée en protestant, sans avoir voté le budget, __L. Louver, ]

AUTRUCHE (Séruthio camelus, Linné). Genre d’oiseaux appartenant A l’ordre des échassiers. Ils se distinguent par les caractéres suivants ; leurs ailes, revétues seulement de plumes laches et flexibles, ne peuvent leur fournir un instrument de yol, mais elles sont trés-propres a

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aceélérer leur course; les plumes de leurs ailes, qui n’ont que des tiges minces, et dont les barbes, quoique garnies de barbules, ne s’accrochent point ensemble, comme dans les autres oiseaux, leur forment, sur les cétés du corps, des espéces de panaches d’une élégance extréme; leur bec est déprimé horizontalement et de longueur médiocre; leur langue est courte et arrondie; leur ceil grand, avec des paupitres garnies de cils; leurs jambes et leurs tarses sont trds-élevés; ils ont un énorme jabot et des intestins volumineux ; ce sont les seuls oiseaux qui urinent.

Aujourd’hui que les dinornis et les xepiornis ne se rencontrent plus qu’d l’état fossile, autruche est le plus grand de tous les oiseaux ; c’est aussi l'un des plus célébres et des plus anciennement célébres, car il en est question plus d’une fois dans Ancien Testament, en particulier dans le Deutéronome, ou Moise interdit sa chair aux Hébreux. L’autruche atteint quelquefois deux métres de hauteur, et peut peser jusqu’a 140 kilogrammes. Elle a la téte fort petite, chauve et calleuse a sa partie supérieure, garnie inférieurement de poils clair-semés, blancs et brillants; le bec droit, court et déprimé; Vorifice de ’organe de louie découvert et garni A |’intérieur de poils ; les yeux grands et vifs ; un cou mince, long d’un métre environ, et dont la peau, d’une couleur chair livide, n’est recouverte que de poils blancs et peu abondants; des ailes hors de proportion avec le corps, et qui, outre leurs plumes flexibles et ondoyantes, présentent chacune deux piquants semblables 4 ceux du porcépic; une queue garnie de pennes dont la structure est la méme que celle des ailes; des jambes recouvertes d’une peau épaisse et ridée; des pieds vigoureux , garnis de grosses écailles; deux doigts seulement dirigés en avant, formés chacun de trois phalanges, joints 4 leur base par une forte membrane, et dont lexterne est plus court que l’autre et privé dongle; tout le corps enfin, sauf les cuisses et le dessous des ailes, qui sont nus, recouvert d’une espéce de plumage qui semble tenir le milieu entre le poil des mammiféres et le vétement des oiseaux, étant formé de plumes toutes de méme espéce, qui n’ont pour barbes que des filets détachés, sans consistance et sans adhérence réciproque. Le plumage dans le male est noir, mélé de gris et de blanc; les grandes plumes des ailes et celles de la queue sont blanches ; la femelle est brune ou d’un gris cendré partout ot le male est d’un noir éclatant, et elle n’a de plumes noires qu’a la queue et aux ailes. Les jeunes sont d’un gris cendré la premiére année; ils ont aussi des plumes sur le cou, la téte et les cuisses; mais elles tombent bientét pour ne plus revenir.

Telle est ’autruche, oiseau terrestre, mais conservant en quelque sorte sur la terre le principal attribut de sa classe, puisque par la vitesse de sa course il l’emporte sur tous les autres animaux. Elle court en élevant ses ailes, et alors, dit Job, elle défie le cheval et le cavalier ( deridet eguum et ascensorem ejus ). Par Pélévation de ses jambes et la longueur de son cou, aussi bien que par les lieux qu’elle habite, elle rappelle naturellement le chameau : aussi les Orientaux lappellent-ils, dans toutes leurs langues, l’oiseauchameau. Elle a pour séjour les contrées les plus arides de la terre, les sables et les solitudes de l’Arabie et du reste de lAfrique, ov elle vit souvent par troupes; elle a louie fine et la vue percante, mais les sens du gout et de lodorat sont chez elle extrémement obtus : aussi dévore-t-elle avidement et sans choix tout ce qu’elle rencontre, non-seulement des herbes et des matiéres animales, mais aussi des pierres et des substances métalliques, telles que du fer, du cuivre et du plomb. Elle fait rarement entendre sa voix, que les uns comparent & un gémissement, d’autres au rugissement du fion, mais moins fort et moins prolongé. Le cri du male est dailleurs plus fort que celui de la femelle. Ce sont des animaux peu intelligents et fort doux, qui n’attaquent jamais, et ne se défendent guére que par la fuite. Parmi Jes voya-

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