‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 169 sur 488 · AVAL — AVANCEMENT MILITAIRE · texte numérisé non relu

AVAL — AVANCEMENT MILITAIRE

payement par le souscripteur. Ordinairement celui qui donne son aval au bas d’une lettre de change fait précéder sa signature de ces mots : pour aval. Cependant on regarde aussi comme une signature donnée pour aval celle qui n’est précédée d’aucune suscription. Pour ne pas inspirer de défiance sur la solvabilité du tireur, de Paccepteur ou de Yendosseur, l’aval se donne le plus souvent par acte séparé sous signature privée ou devant notaire, soit qu’il s’agisse de garantir telle lettre de change en tout ou en partie, soit que Von veuille cautionner celles qu’une personne pourrait tirer en vertu d’un crédit ouvert. L’aval devient alors un acte de cautionnement complet, qui doit contenir toutes les stipulations nécessaires.

Ainsi par sa nature et son but l’aval est une garantie commerciale, et celui qui le donne s’oblige dans les mémes conditions que la partie qu’il garantit, c’est-d-dire commercialement e¢ par corps, a moins qu’iln’y ait convention contraire (Code de Commerce, art. 142). Ce mode d’obligation différe de la souscription du billet en ce que Je donneur d’ayal n’est pas le principal obligé ; de Pendossement, en ce que Ia garantie qu’il procure peut ¢tre fournie par acte séparé, et que les délais du recours du porteur sont supprimés et sans valeur pour le donneur d’aval. Il différe encore en oe qu'il peut garantir tout aussi bien un endosseur qu’un souscripteur. Si c’est le souscripteur, le donneur d’aval sera engagé comme le souscripteur ; si c’est Pendosseur, il sera obligé comme Vendosseur. C’est donc un point important pour le donneur d’aval de bien expliquer et préciser comment et jusqu’a quelle concurrence il entend s’obliger ; car lorsque Yaval est mis 4 cété d'un endossement sans autre explication, on juge qu’il s’étend aussi bien au souscripteur qu’a Vendosseur. L’action a laquelle aval donne ouverture se prescrit, comme toutes celles relatives aux lettres de change ou billets 4 ordre, par le laps de cing ans.

AVAL, AMONT. Ces termes s’appliquent a des positions relatives dans le cours d’un fleuve, d’une riviére, etc. : Yaval suit la pente des eaux ; ’a@moné remonte contre leur cours. Ce dernier mot est dérivé de ad montem, tandis que le terme aval est tiré de ad vallem.

AVALANCHES, chutes de masses considérables de neige qui se détachent du haut des montagnes et tombent dans les vallées, entrainant ou brisant ce qui se trouve sur leur passage , et causant encore plus de désastres aux lieux ou elles s’arrétent. Ces phénomeénes sont fréquents et terribles dans les Alpes, ou ils ont été l’objet de savantes observations. C’est donc aux nombreux écrits sur ces montagnes que nous devons la connaissance de ces faits, des circonstances qui les accompagnent, ef de celles qui les ont devancés et préparés.

En hiver, lorsque nos habitations sont couvertes de neige, nous-ayons quelquefois sous les yeux des avalanches en miniature. La neige, s’accumulant sur le bord des toits, déborde en surplomb jusqu’é ce que son poids la détache; quelquefois une masse neigeuse se met 4 glisser le long d’un toit fortement incliné, grossit dans le irajet qu’elle fait sur la pente, et tombe avec fracas, si la hauteur de sa chute est assez grande. En substituant la pente roide d’une montagne ala petite superficie d’un toit, et un escarpement de plusieurs centaines de métres aux murs d’un édifice, on concevra facilement ce que le prodigieux accroissement des causes doit epérer sur la grandeur de l’effet. On ne sera pas surpris en apprenant qu’une masse de neige, aprés avoir parcouru quelques kilométres sur les flancs d’une haute montagne, est parvenue jusqu’au fond d’une gorge, oii des habitations ont été ensevelies, oi le torrent subitement arrété par une digue a couvert de ses eaux un vaste terrain. Tels sont effectivement les désastres qu’entrainent trop souvent les avalanches.

Les causes de ces éboulements de neige peuvent étre trésdifférentes et méme directement opposées: mais les effets

varient aussi, suivant Ja nature des forces qui les prcduisent, Lorsque le froid est médiocre, les molécules neigeuses adhérent entre elles, et peuvent former des masses assez compactes qui agissent par leur poids, entrainent des arbres et méme des rochers; mais si la température est au-dessous de 20 degrés Réaumur, ce qui n’est pas rare dans les Alpes pendant l’hiver, la neige devient pulvérulente, et dés qu'elle est mise en mouvement, ce n’est plus qu’une poussiére incapable d’agir par sa masse, mais qui expose le voyageur a d’autres dangers. Les vents impétueux qui soufflent trés-souvent dans les régions montagneuses soulévent ces neiges incohérentes, et achévent de les pulvériser ; livrées alors aux moindres agitations de lair, on les v voit flotter, méme par un temps calme en apparence; et si un ouragan vient les bouleverser, elles forment des tourbillons trés-redoutables, qui font périr plus d’hommes que la chute des grandes masses. Quelques voyageurs ont aussi donné le nom d’avalanches a ces tourbillons de neige , en dépit du sens étymologique de ce mot. En les rapportant a leur origine, on les assimilera plutét aux ouragans de sable dans les immenses déserts de l’Afrique et de l’Asie centrale, quoique le malheureux enseveli sous les neiges des Alpes y périsse de froid, au lieu que les sables d’Afrique, d’une sécheresse brilante, menacent le voyageur d’une mort encore plus douloureuse.

On pense généralement dans les Alpes que la chute des avalanches peut étre déterminée par des causes trés-légéres, des ébranlements a peine sensibles , des bruits de voix, le tintement d’une clochette. L’imminence et la grandeur du péril expliquent assez les exagérations de la peur, et font excuser les précautions qu’elle inspire. Avant de s’engager dans les lieuwx exposés aux avalanches, on s’efforce de mettre Pair en mouvement, afin de faire tomber les masses qui tiennent le moins : les détonations d’armes a feu se font alors entendre; mais dés qu’on se met en marche, un rigoureux silence est observé, et les sonnettes des mulets sont étoupées. On ne cite pourtant aucun fait qui prouve que cette prudence n’est pas poussée trop loin. Ferry.

AVALLON, ville de France, chef-lieu d’arrondissement du département de !Yonne, sur le Cousin, dans une riante vallée. Elle est peuplée de 6,070 habitants, et posséde un collége. Ses rues sont larges et bien baties. Les batiments gui méritent une attention particuliére sont l’hdpital, la salle de spectacle et l’église. Il s’y fait un commerce important de bois de chauffage, de grains et de vins; une fabrication de draps, papier, cuirs et moutarde. Ses environs sont agréables et fertiles; on y récolte un des meilleurs vins de la Bourgogne. Le vin d’Avallon est souvent pris pour du vin de Beaune. — Cette ville est fort ancienne ; elle existait dés le temps des Romains, et s’appelait Aballo. Les rois carlovingiens la citent dans leurs capitulaires comme une des mei!leures forteresses de la Bourgogne. Elle fut prise et démantelée sous le roi Robert.

AVALOS. Voyez Pescara (Marquis de).

AVANCEMENT MILITAIRE. C’est un sentiment ineffacable dans le coeur de Phomme que celui qui le porte a s’élever; chacun yeut toujours obtenir pour la fin de sa carriére, soit un bien-étre qu'il n’avait pas quand il y est entré, soit un emploi ou des honneurs qui satisfassent son ambition. S’il y a un état ol ce sentiment puisse se justifier, c’est bien celui des armes, carriére toute de vocation et dabnégation, oi chaque jour on sacrifie sa santé, son temps et sa liberté. Chez les Grecs, chez les Romains, ou les armées n’étaient pas permanentes, il ne pouvait y avoir de régles bien certaines d’avancement; au début de la campagne les chefs étaient désignés, et pendant sa durée on avancail suivant son mérite. « Cependant l’art qui régle l’avancement, dit le général Bardin, avait été approfondi aux beaux temps de la milice des Grecs et des Romains, comer le démontrent Polybe, Végece, Xénophon. Dans les légions

romaines le premier des centurionsn’arrivait & ce rang qu’a- » ras avoir successivement exercé le commandement sur les ingt-neuf centuries inférieures a la sienne. »

Dans le moyen age, cette époque du chaos de l’art militaire, ou la chevalerie faisait la force des armées, ou les seigneurs menaient a leur suite une troupe informe de vassaux, ot les capitaines étaient possesseurs de leurs bandes, chacun était ce qu’il pouvait étre et s’élevait suivant son mérite, son audace et sa fortune. Sous Louis XIV on était sous-lieutenant d’infanterie en sortant des cadets, sous-lieutenant de cavalerie en sortant des mousquetaires ; dans |’infanterie on arrivait 4 l'ancienneté au grade de capitaine; mais dans la cavalerie, o l'on achetait les capitaineries , ce grade était presque exclusivement réservé a la noblesse; cependant quelques emplois, tels que ceux de porte-drapeau, de major, de lieutenant-colonel, étaient réservés aux officiers de fortune.

En Prusse, sous Frédéric IJ, les grades appartenaient a la noblesse ; mais comme chacun était libre de prendre le titre qui lui convenait, cette disposition était illusoire, et tout homme de talent pouvait arriver aux plus hautes fonctions militaires : pour étre officier, il fallait avoir servi trois ans , soit comme porte-enseigne, soit comme fourrier; c’étaient 1a les deux échelons exclusivement réservés 4 ceux qui désiraient devenir officiers ; les propositions étaient faites par le commandant du régiment, approuvées par le général commandant la subdivision et examinées par le roi, qui décidait ; en temps de paix on n’avangait qu’a l’ancienneté, mais chacun avait chance d’arriver au grade de capitaine, grade alors assez rétribué et assez honoré pour contenter une ambition ordinaire.

« En France, dit encore Je général Bardin, le siécle philosophique, placé entre deux grandes phases militaires, n’emprunte et ne légue aux temps de gloire qui le précédent et le suivent aucune amélioration dans le systeéme de l’avancement. De Louis XIV a Louis XVI on ne trouve que des abus ¢touffant les essais louables et les intentions sages. »

Enfin, sous la République, on essaya de divers modes d’ayancement : ce fut d’abord a l’ancienneté; mais les résultats n’en ayant pas été satisfaisants, les commissaires du comité de salut public aux armées nommérent aux grades sous leur responsabilité ; pour exciter l’émulation, on essaya de Yélection pour les grades subalternes dans la proportion dun tiers Al’ancienneté sur deux tiers au choix ; s’agissait-il de nommer un sous-lieutenant, les sous-officiers présentaient une liste de candidats sur laquelle les sous-lieutenants en choisissaient trois, sur lesquels trois sous-lieutenants en désignaient un pour l'emploi vacant; ce systeéme a donné dans les premiers temps quelques bons officiers. Sous Empire, un grand nombre de décrets et de décisions réglaient le mode d’avancement; mais comme par suite de |’état permanent de guerre ils ne furent presque jamais suivis, nous n’entrerons dans aucun détail a ce sujet.

Tout mode d’avancement doit, pour ¢étre juste, veiller aux intéréts de l’ Etat comme a ceux des individus. Accorder tout a l’ancienneté, c’est offrir la chance de tout obtenir sans avoir rien mérité, c’est anéantir |’émulation, c’est étouffer les talents, c’est exposer la sireté de I’Etat en ne donnant a l’'armée que des chefs que leur grand 4ge rend impropres a la guerre ; c’est ce qui arriva en 1806 a |’armée prussienne, dont tous les généraux étaient plus que septuagénaires, et dont la plupart des officiers avaient de cinquante a soixante ans. Accorder tout au choix, c’est ouvrir la porte A l’intrigue et a toutes les prétentions, c’est oublier le mérite modeste et jeter le dégott de l'état militaire dans l’armée. Cependant, comment concilier les droits de l’'ancienneté avec ceux du mérite et comment constater le mérite? Plusieurs gouvernements ont semblé reculer devant la solution de ce problame et préférer abandonner les grades a !'ancienneté, En France, la loi du 14 avril 1832, cherchant a assurer les droits

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