‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 184 sur 488 · AVICULAIRE · texte numérisé non relu

AVICULAIRE

libris, les oiseaux-mouches, les petits lézards, qu'elle a toujours soin de saisir par la nuque, Cornme si elle avait ob servé que c’est bien l’endroit par ot ils peuvent étre plus aisément mis 4 mort, Ses fortes machoires paraissent verser quelque venin dans les plaies qu’elles font, et que l'on regarde en effet comme beaucoup plus dangereuses que Jeur seule profondeur ne semble le faire supposer. ;

La mygale aviculaire enveloppe dans une coque de soie blanche des ceufs, au nombre de dix-huit cents & deux mille, et cette fécondité , jointe a la ténacité de sa vie, aurait bientot couvert le pays de cette espéce hideuse et nuisible, si la natnre ne lui avait donné dans Jes fourmis rouges des ennemis actifs et innombrables, qui détruisent la plus grande partie des petits 4 mesure qu’ils éclesent.

AVICULE. Voyez Aronpe.

AVIENUS (Rorus Festus), poéte et géographe latin, né a Volsinium, en Etrurie, quoique quelques auteurs le fassent originaire d’Espagne, vivait 4 Rome vers la fin du quatriéme sidcle , et était paien et non chrétien, comme on Ya prétendu. On yoit tout de suite par-la qu'il régne beaucoup d’incertitude a son sujet. Un fait certain, c’est qu’il fut deux fois proconsul, et qu’il eut beaucoup d’enfants de sa femme Placidie. Les ouvrages qu’on posséde aujourd’ hui sous son norm consistent en un poéme de 1394 vers, intitulé Descriptio Orbis Terrx, ou Situs Orbis, métaphrase du poéme grec de Denys de Périégéte; une description en 703 vers iambiques des cétes de Ja Méditerranée, intitulée Ora Marilima; wne paraphrase des Phénoménes d’Aratus, en 1325 vers, Aratea Phenomena; une paraphrase des Pronostics du méme, en 552 hexamétres, Arafea Prognostica ; trois petits poémes, dont l’un est adressé & Flavius Mirmeccius, pour lui demander quelques grenades de ses vergers d’Afrique , afin de guérir d’une maladie de bile et d’indigestion; l'autre, De Cantu Sirenum, renferme le récit d’Ulysse et des allusions aux filles d’Achéloiis; le troisiéme enfin, Ad amicos de agro, contientle récit de la journée a lacampagne. Ces ceuvres diverses ont été traduites en francais par Despois, en 1843. La premiére édition d’Aviénus parut a Venise, en 1488. Il en fut publié une nouvelle a Madrid, en 1634; Maittaire la comprit dans ses Opera Poetarum latinorwm (Londres, 1713. La meilleure édition est celle

qu’en a donnée Wernsdorff, dans ses Poetex latini minores.

AVIGNON, ville de France, chef-lieu du département deVaucluse, 4729kilométres de Paris, sur la rive gauche du Rhone, et traversée en outre par deux bras de la Sorgue. Sa population s’éléve & 36,427 habitants. Siége d’un archevéché, ayant pour suffragants les évéchés, de Nimes, Valence, Viviers et Montpellier, et dont le diocése comprend le département de Vancluse, cette ville posséde un tribunal de premiére instance, un tribunal de commerce, un conseil de prud’hommes, un entrepét des douanes, un lycée, un séminaire, un conservatoire, une bibliothéque publique de 45,000 vo- Jumes, un musée d'antiquités et de tableaux, un musée @hisfoire naturelle, un joli théAtre, un mont-de-piété, ete. C’est une station de chemin de fer de Lyon la Méditerranée.

Avignon est bien bati, quoique ses rues soient étroites et mal percées ; les murailles, flanquées de tours et ornées de créneaux, sont entourées d’élégants boulevards. Les quais sont magnifiques. I] reste encore quatre arches du pont de pierre de Saint-Benezet, qui en avait vingt-cing avant d’étre renversé par l'inondation de 1669. Avignon a encore été inondé en 1856. Parmi ses édifices on cite : |’ancien palais archiépiscopal ; le palais des Papes, immense édifice remarquable par la masse irréguliére de ses constructions gothiques et par la hauteur et |’épaisseur de ses tours, qui sert aujourd’hui de caserne et renferme, comme autrefois, l’arsenal et les prisons ; I’église métropolitaine de Notre-Dame des Dons, oi se trouvent les tombeaux des papes Jean XXII et Benoit XII, et celui du brave Crillon; Photel de ville, d’assez mauvais godt, surmonté d’une

— AVIGNON 297 tour au haut de laquelle est une horloge antique ot !’on voit deux grandes figures mobiles, dont |'une frappe les heures. Avignon a élevé une statue & Althen et une a Crillon,

L'industrie est florissante & Avignon: on y trouve des fabriques importantes d’étoffes de soie, florence, taffetas, marceline, foulard, velours, etc.; des filatures de soie et de coton ; des teintureries; des funderies de cuivre, plomb et zinc, et de caractéres d’imprimerie, et surtout de trésnombreux moulins 4 garance et & sumac. Centre de la culture de la garance, Avignon récolte encore de trés-bons Vins rouges ordinaires; il s’y fa:t un commerce trés-actif en produits manufacturés, grains et bestiaux.

Avignon fut fondé au sixiéme siécle avant J.-C. par les Phocéens de Marseille. Cette cité fut la capitale des Cavares ou Cavariens jusqu’a la conquéle des Gaules par Jules César, et s'attacha dés lors 4 la fortune et aux intéréts de Ja république romaine ; aussi fut-elle comptée parmi les villes latines et méme parmi les colonies romaines, et ses habitants jouirent-ils des titres et des droits de citoyens romains. Comprise sous le régne d’Auguste dans la Gaule Narbonnaise, et ‘par l’empereur Adrien dans la seconde Viennoise, elle fut conquise par les Bourguignons vers le milieu du cinquiéme siécle; et Gondebaud, l’un de leurs rois, poursuivi par Clovis, y soutint, ’an 500, un siége mémorable. Aprés étre tombée 4 plusieurs reprises au pouvvir des Ostrogoths, Avignon fut incorporée a la monarchie des Francs par Thierry, roi d’Austrasie. Charles Martel en chassa deux fois les Sarrasins. Soumise aux rois carlovingiens jusqu’en 880, elle fit ensuite partie des royaumes de Provence, de Bourgogne Transjurane et d’Arles, puis du comté de Provence. En 1125 elle fut partagée entre le comte de Barcelone et celui de Toulouse. La partie qui échut a ce dernier fut appelée depuis marquisat de Provence, et mal a propos confondue avec le Comtat Venaissin, qui n’en était qu’une portion. L’autre moitié, qui fut le partage du comte de Bare celone, forma le nouveau comté de Provence. Le comte de Barcelone céda quelque temps aprés le marquisat de Provence au comte de Forcalquier; mais cette souveraineté partagée était si faible, qu’Avignon formait sous l’autorité de ses magistrats municipaux une sorte de république, et elle conserva son indépendance jusqu’a la mort du dernier comte de Toulouse, en 1249, quoiqu’elle eft été prise vingttrois ans auparavant par Louis VIII, dans sa guerre contre Raimond -Béranger IV, comte de Toulouse. En 1251 Avignon se soumit aux deux fréres de saint Louis, Alphonse, comte de Poitiers, héritier du comté de Tonlouse, et Charles [** d’Anjou, roi de Naples, époux de I’héritiére du comté de Provence. La moilié de la ville aprés la mort d’Alphonse échut a son neveu Philippe le Hardi, et plus tard a Philippe le Bel, fils de celui-ci, qui la céda a Charles II, comte de Provence.

Le pape Clément V, Frangais de naissance, avait promis a Philippe le Bel qu’il résiderait en France: il vint, en 1309, s’établir a Avignon, sous le bon plaisir de Charles IJ, qui ne prévoyait pas que ces nouveaux hdtes s’empareraient de la retraite quil leur accordait. Cing autres papes, Jean XXII, Benoit XII, Clément YI, Innocent VI, Urbain V et Grégoire XI, résidérent a Avignon jusqu’en 1377, époque ou ce dernier transporta de nouveau le siége pontifical 4 Rome. Cette période fut la plus brillante de Vhistoire d’Avignon, que Clément VI acheta moyennant 80,000 florins d’or de la reine Jeanne de Sicile, comtesse de Provence. La cour des papes était trés-brillante ; des souverains venaienf Ja visiter ou s’y faire couronner ; on y recevait des ambassades des contrées les plus lointaines. C’est la que Pétrarque vit la belle Laure, qu’il immortalisa par ses chants. An témoignage du poéte, rien n’égalait Je luxe et la magnificence d’Avignon que la corruption et la dépravation, qui étaient alors effrénées dans cette ville. Pendant le grand schisme les deux papes élus successivement par les cardinaux frangais y résidérent. Quand il fut ee le

saint-siége continua & faire gouverner le comtat par un légat. Dés lors ce pays fut un continuel embarras pour la France. C’était un refuge ouvert a tous les banqueroutiers et a tous les malfaiteurs. Mécontent de la cour de Rome, jouis XIV fit saisir Avignon de 1663 A 1667, et de 1689 4 690. Louis XV le prit en 1768, et ne le rendit qu’en 1774. En 1789, notre révolution eut son contre-coup a Avinon ; on ycréaune municipalité populaire, une garde nationale; et bientét une collision éclata entre le parti francais et celui du pape. Ce dernier fut vaincu. Carpentras et quelques autres communes du haut comtat, influencées par la faction ultramontaine, ayant persisté A vouloir rester sous le régime sacerdotal, quelques milliers de bandits, se qualifiant armée des braves brigands de Vaucluse, et commandés par Jourdan Coupe-Téte , Duprat, Mainvielle, Rovére, etc., dévastérent le pays, sous prétexte dele purger de la présence des papistes. Le 14 septembre 1791 la ville d’Avignon fut réunie A la France par décret de Assemblée nationale, et en 1793 elle devint le chef-lieu du département de Vaucluse, formé du comtat Venaissin et de quelques parties des départements de la Dréme et des Bouches-du-Rhdne. Mais 4 la Restauration le parti prétre reprit le dessus, les papistes devinrent légitimistes; et nulle part la réaction de 1815 ne se souilla de plus dexcés. C’est 1a que le maréchal Brune fut lachement assassiné dans une auberge.

Il s’est tenu 4 Avignon une dizaine de conciles depuis Yan 1080 jusqu’en 1594. Les plus remarquables sont ceux de 1209 contre les Albigeois, de 1282 contre les usuriers, de 1326 contre les empoisonneurs et les sorciers, enfin celui de 1457, ot Von traita de la croisade projetée par Calixte III contre les Turcs, qui venaient de prendre Constantinople. is

AVILA (Don Louis p’), né & Placencia, dans!’Estramadure, vers le commencement du seiziéme siécle, est connu comme un des historiens les plus distingués qu’ait produits l’Espagne. Sa supériorité en ce genre tient sans doute 4 la part active qu'il prit lui-méme aux affaires et aux événements qu’il a racontés. I se fit remarquer en effet comme homme de guerre et comme homme d’Etat, devint ambassadeur de Charles-Quint auprés des papes Paul IV et Pie IV, et fut chargé de presser les opérations du concile de Trente. Aprés avoir accompagné Vempereur en Afrique, puis en Allemagne, pendant la guerre qu’il faisait aux protestants, il composa une relation de cette guerre, sous le titre de Commentaire de la guerre d’Allemagne faite par Charles V, pendant les années 1546 et 1547 (Madrid, 1549). Cette histoire, qui est fort estimée, a été traduite en latin, en franzais , en italien et en allemand. Charles-Quint en faisait grand cas, et s’estimait plus heureux qu’Alexandre d’avoir eu un tel historien. Ce prince avait nommé Louis d’Avila grand-maitre de l’ordre d’Alcantara.

Jean v’AVILA, né au diocese de Toléde , en 1502, mort en 1569, surnommeé |’apotre de l’Andalousie, a été le maitre de sainte Thérése, Ses écrits ont été traduits en frangais par Arnauld d’Andilly (Paris, 1673).

AVILA, ville et province d’Espagne, dans la Vieille- Castille. La province est montagneuse et coupée de vallées fertiles; on y cultive le blé, le lin, le piment, le marier et la vigne, et les fabriques fournissent au commerce de beaux draps, du papier, des toiles et de la poterie. Sa superficie est de 7,722 kil. carrés, et sa population de 168,773 ames. — Quant a la ville, peuplée de 6,419 habitants, située sur le chemin de fer du Nord, elle posséde une belle cathédrale et quelques manufactures, Son université, qui datait du quinziéme siécle, a été supprimée en 1807. C’est dans ses murs qu’en 1465 les nobles se réunirent pour déposer le roi Henri IV, et qu’en 1520 Juan Padilla organisa la ligue des communes. Avila est la patrie de sainte Thérdse.

AVIRON. L’aviron s’appelle également rame; seulement le premier mot est d'une application plus générale

Page 1