AVIGNON — AVIS
chez les marins. On peut considérer un ayiron comme un levier de seconde espéce, dont un bout est plat et se nomme pale ou pelle ; l'autre bout est le bras: il commence a la poignée et finit sur le bord du bateau. On emploie I’aviron pour faire marcher les canots, chaloupes et autres em barcations, lorsque le défaut de vent ne leur permet pa: Waller 4 la voile. La puissance est a la main du rameur, l¢ point d’appui est dans l’eau, sur Ja pale, et la résistance sur le bord du bateau. L’eau cédant sous leffort de la rame, i! en résulte une diminution de l’effort sur la résistance; plus le bras de l’aviron est court par rapport a la pale , plus le rameur se fatigue, et moins il produit d’effet sur le bateau. Ordinairement la pale a le double du bras, en y comprenant la poignée. Le centre de l’effort sur l'eau se trouve généralement a une distance de la résistance égale a une fois et demie la longueur du bras. L’aviron en pointe est seul pat bane de rameur. Les avirons sont couples quand il y en a deux sur le méme bance, de sorte que les deux rameurs sont assis l'un auprés de l’autre.
L’aviron, en grand usage dans l’enfance de la navigation, a été remplacé par la combinaison de voiles mises en action contre la puissance du vent. Pourtant, plus approprié 4 des exigences particuliéres de construction, l’aviron resta exclusivement en usage pour certaines embarcations de guerre. Ainsi, les galéres, par exemple, depuis les Tyriensjusqu’au dix-huitiéme siécle, époque de leur abandon, conseryérent l’aviron comme unique moyen de locomotion. De nos jours on embarque aussi 4 bord des yaisseaux et frégates quelques grands avirons nommés avirons de galére; ils seryent dans les calmes, ou lorsque le vaisseau est désemparé, ’ le faire tourner d’un cété ou de Vautre; on les emploie aussi au méme usage d défaut de gouvernail. Les avirons de galére dun vaisseau de soixante-quatorze canons doiventayoir enyiron quinze métres de longueur.
AVIS (Ordre de SAINT-BENOIT pb’). Plusieurs gentilshormmes portugais s’étant associés, au milieu du douziéme siévle, pour concourir 4 l’expulsion des infidéles qui occupaient Jes principales provinces de leur patrie , adoptérent , en 1162, une constitution a la fois militaire et religieuse. Ils firent voeu d@ consacrer leur fortune et leur vie a cette guerre sainte, et embrassérent la régle de Citeaux. Ayant successivement enlevé aux Maures les places de Mafra et d’Evora , Alphonse premier, roi de Portugal, leur en fit don. Plus tard (1181), ils recurent sur la frontiére des terres assez étendues, ou ils fondérent un chateau, qu’ils appelérent d’4vis (de l’oiseau, de laigle ), en souvenir de deux aigles qu’ils virent planer sur leur t¢te au moment ow ils en prenaient possession. De 1a les noms de Nowvelle-Milice, ordre d’ Evora, ordre d’Avis, successivement portés par ces chevaliers. Le pape Innocent III confirma leur institution en 1204. Les avantages qu’ils continuérent d’obtenir contre les infidéles, dont ils hdtérent puissamment l’expulsion de la Péninsule hispanique, élevérent leur ordre & une haute consid ration sous les successeurs @’Alphonse. Une foule de princes et de seigneurs accrurent considérablement son domaine par de riches donations. La plus considérable fut celle de D. Rodrigue Garcias de Aza, grand maitre de Calatrava, qui, du consentement de ses chevaliers , apporta 4 l’ordre d@’Avis tous les biens que le sien possédait en Portugal. Les chevaliers d’Avis, en reconnaissance, se réunirent (1213) a Yordre de Calatrava, etse soumirent & sa régle et & ses statuts.
Cette réunion subsista jusqu’en 1385; a cette époque Jean I®*, fils naturel de Pierre le Sévére, ayant affermi sur sa téte la couronne de Portugal par la vietoire d’ Aljubarota surle roi deCastille, qui la lui disputait comme gendre de Ferdinand, fils légitime de Pierre I*, sépara ordre d’Avis, dont il était grand prieur, de celui de Calatrava, Cette désunion occasionna de grands troubles dans les deux milices ; les souverainsméme y prirent part, Le concile de Bale (1431),