‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 194 sur 488 · AXIOME — AYALA · texte numérisé non relu

AXIOME — AYALA

haut, et qui dans V’inscription précitée fait acte de paganisine, Frumentius et Adésius, les deux apdtres de l'Abyssinie , 5 vinrent précher PEvangile, et un grand nombre de prétres chrétiens y émigrérent d'Egypte. La religion nouvelle se répandit rapidement dans le pays. Frumentius fut le premier évéque d’Axum, et on construisit en sun honneur la ville de Fremona. Les nombreuses églises en pierre qu’aujour@’ hui encore on rencontre disséminées sur toute la surface de I’Abyssinie, dont larchitecture fut l’qeuvre de prétres égyptiens, et dont quelques-unes présentent les proportions les plus imposantes, datent de cette époque, de méme que les couvents et les ermitages les plus célébres de l’Abyssinie.

Le royaume d’Axum faisait par Adulé un commerce des plus actifsavec l’Arabie et l’Inde; il fut le dernier rempart du christianisme, et a ce titre, & partir surtout du sixiéme siécle, protégea les chrétiens en Arabie, ou il se trouva l’antagoniste naturel du mahométisme. Les luttes qu’il engagea contre cette nouvelle religion furent la cause de sa ruine. Les rois d’Axum perdirent successivement toutes leurs possessions en Arabie avec le littoral entier de la mer Rouge et dugolfe d’Aden, Toutes communications entre eux et le reste du monde se trouvérent dés lors coupées, et des guerres incessantes ne firent que les affaiblir davantage, jusqu’au moment o0 les discordes intestines auxquelles le royaume était en proie finirent par en amener la complete dissolution.

AY. Voyez Ai.

AYACUCHO, l'un des onze départements dont se compose la republiquedu Pérou dans Amérique du Sud, est situé entre les Cordilléres orientales et occidentales des Andes, et compte une population de 160,000 habitants, sur une superficie de 865 myriamétres carrés. Il a pour chef-lieu Ayacucho (lancienne Guamanga), ville de 16,000 ames, fondée en 1539 par Pizarre et qui contient une vingtaine déxlises, Ce cé,artement emprunte sa denomination a la plaine d’Ayacucho, située au nord et qui est bor: ée par le Condor-Cangui, montagne abrupte, et par la grande route deL maa Ayacucho. Ceite p.aine est célébre par la sanglante bataiile qui y fut livrée le 9 décembre 1824, et dans laquelle le géneral Sucre remporta sur le vice-roi espagnol La Serna une victoire compléte, qui décida de l’indépen ance du Pérou: Bolivar décerna a cette occasion au vainqueur le titre de grand-maréchal d’Ayacucho. Les Espagnols désiznent cette localite sous |e num de Puerta de los Muer/os (la Fondriere des Morts).

Depuis cette époque on a appelé Ayacuchos en Espagne les genrraux en activité qui avaient été précédemment employés en Amérique ; et cette qualification a passé a la faction politique dont ils sont devenus les chefs. Sous la régence d’Espartero on traitait d’Ayacuchos, ou encore d’Anglo- Ayacuchos, les hommes appartenant a son parti militaire , parti qwappuyait Angleterre.

AYALA (Lopez be), chancelier de Castille, florissait pendant la seconde moitié du quatorziéme siécle II est Pauteur de Ja célébre Chronique de Pedro, ou Pierre le Cruel, que PEspagne oppose avec un juste orgueil 4 notre Froissard, contemporain d’Ayala et son rival. Le biographe de Pierre le Cruel, comme la plupart des grands historiens de Vantiquité, n’a raconté que des choses qu’il a vues. Ecrivain, homme d’Etat et guerrier, il s’est trouvé aux deux grandes batailles of , sous le regne de Pierre, s’est deux fois joué le tréne de Castille entre lui et son frére et rival Henri de Transtamare, roi depuis, sous le nom de Henri II. Aussi dans cette lutte sanglante, ot il fallait prendre un parti, ne doit-on pas attendre du chroniqueur une grande impartialité : il combat pour son roi Henri 11 de la plume et de l'épée, et, avocat impitoyable, il traduit devant le tribunal de Phisto're, avec une désespérante fidélité, fous les crimes de son adversaire. La fortune a prononcé contre Pierre le Cruel, mais, fit-il mort sur le tréne, histoire ent porté contre lui la méme sentence. Les chroniqueurs étrangers,

et Froissard surtout, qui a raconté en détail toute cette guerre , francaise autant qu’espagnole, sont d’accord sur ce point avec le chroniqueur castillan. Aussi la critique doit-elle faire justice de la fable absurde qui veut que la chronique d’Ayala soit complétement faussée par la haine et l’esprit de parti, et que la vérifé réside seule dans une chronique manuscrite de Juan de Castro, évéque de Jaen, chronique portée en Angleterre 4 l'infante Constanza , fille de Pierre le Cruel , et qui serait passée plus tard aux mains de l’historiographe Carvajal, sans que jamais personne ait entendu parler depuis ni d’elle ni de son auteur.

Quant a la Chronique d’Ayala, on est frappé, en la lisant, de cette manitre ferme et candide & la fois de présenter les faits, sans réflexions, sans commentaires, mais de fagon néanmoins faire naitre dans l'esprit du lecteur cette pensée muette que l’auteur indique sans l’exprimer; espéce de partialité d’autant plus dangereuse qu’elle est plus cachée, et qu’on se méfie moins de Vhistorien, qui raconte sans conclure, et améne le blame sans le prononcer lui-méme.

Ayala, aprés avoir occupé les hautes fonctions de chancelier 4 la cour de Henri If, mourut en laissant aprés lui une mémoire honorée, et son nom est resté celui d'une des premiéres familles de la Castille. | Rosseeuw-Saint-HILaine.

AYA-PANA (eupatorium ayapana), plante du Brésil, dont toutes les parties sont aromatiques et légérement stimulantes. Sa tige est droite, trés-rameuse, d’un brun foncé, haute d’un métre et de la grosseur d’une plume a écrire; ses feuilles, presque sessiles, lancéolées, trésentiéres et releyées de trois nervures, sont opposées dans la partie inférieure de la tige et des rameaux, et alternes dans la partie supérieure ; ses fleurs , d’un pourpre vif, sont disposées en corymbes terminaux. Cette plante croft au Brésil , et parait douée de propriétés sudorifiques.

L’aya-pana, dont les fewilles fournissent une infusion qui s€ rapproche du thé, a passé autrefois pour une véritable panacée, complétement dédaignée aujourd’hui. D’aprés Cadet-Gassicourt, ’aya-pana renferme de l’acide gallique et un peu d’acide benzoique.

AYE-AYE. Voyez Creromys.

AYECHA, aussi nommée par tes Arabes Nabijah Choumeirah, ce qui veut dire la prophélesse rousse, a cause de la couleur de ses cheveux, était fille d@/Abou- Bekr, et fut la troisitme femme de Mahomet, qui l’épousa aprés sa fuite de la Mecque, en reconnaissance du service qu’il avait regu de son pére en cette occasion. Ce fut celle de ses femmes pour laquelle Mahomet eut le plus de tendresse. 1l la fit instruire dans toutes les sciences cultivées alors parmi les Arabes, et ses progrés y furent rapides. Elle apprit la jurisprudence , ’¢loquence , la musique et tous les arts qui pouvaient rehausser |’éclat de ses charmes. Cependant elle ne demeura point a l’abri de mauvais propos qui eussent pu faire douter de sa vertu; mais Mahomet, qui savait & quoi s’en tenir 4 cet égard, ou que peut-¢tre sa passion aveuglait, composa le 24° chapitre de son Koran expres pour l’absoudre de toutes les accusations répandues par Ja malignité publique, déclarant au nom de Dieu qu’a Yayenir toute parole prononcée pour attaquer Yhonneur d’Ayécha serait une calomnie digne de chatiments éternels. Ce fut dans ses bras qu’expira le prophéte.

Aprés la mort de Mahomet, sa veuve, Ayécha, se déclara contre le parti d’Ali, le combattit les armes a la main, et fit bannir sa famille. Elle devint pour les musulmans lobjet d'un profond respect, et recut d’eux le titre de prophétesse et de mére des fiddles. Il arrivait fréquemment qu’on la consultat sur Vinterprétation A donner a quelques passages obscurs du Koran, et toujours ses décisions, accueillies comme autant de lois, étaient inscrites dans Ja Sounnah. Elle suryécut de quarante-huit ans au fondateur de Vislamisme , et mourut A l’age de soixante-sept ans, I'an 678, sous le khalifat de Moaviah. Ses restes reposent A Médine,

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