‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 203 sur 488 · BABYLONIE — BAC · texte numérisé non relu

BABYLONIE — BAC

le royaume des Juifs, sous Hiskias (an 588), et en transporta dans la Babylonie les habitants , réduits en servitude. Les Phéniciens se soumirent volontairement a lui, 4 l’exception de la ville de Tyr, dont il ne put s’emparer 4 la suite d'un siége opinidtre. Aprés une expédition heureuse en Egypte, Nabuchodonosor II s’appliqua avec le plus grand soin a embellir la capitale de ses Etats; et il est permis d'admettre qu'une grande partie des constructions qu’on fait remonter a l’époque la plus reculée, et qu’on attribue plus particulitrement & Sémiramis, furent son ouvrage. A 8a mort, arrivée en ’an 562, le nouvel empire de Babylone s’écroula avec autant de rapidité qu’il s’était élevé, et sous Nabonedus (Nabounita, dans les inscriptions cunéiformes ; dans Hérodote, Labynetos), qui s’était ligué avec Crésus, roi de Lydie, contre la Perse, il tomba au pouvoir de C yrus (539). Mais la Babylonie, réduite a P’état de province perse, essaya maintes fois ensuite de recouyrer son indépendance.

C’est ainsi que dans la grande inscription de Bisoutoun Darius 1** raconte qu’aprés son avenement au tréne un certain Naditabira se donna 4 Babylone pour Nabuchodonosor fils de Nabounita, et gagna tout le peuple & sa cause, mais que lui, Darius, le battit. Toutefois, il lui fallut entreprendre le siége de la ville rebelle, dans laquelle Pusurpateur trouya la mort. A partir de ce moment les monuments achéménidiques font mention de la Babylonie comme d’une satrapie perse sous la dénomination de Babirus. Lors de la chute de l’empire des Perses , la Babylonie passa sous la domination d@ Alexandre le Grand, qui mourut l’an 323, dans sa capitale ; aprés quoi Séleucus 1**, 4 qui elle avait été promise dans l’assemblée de Triparadisos tenue en 321, dut | combattre Antigone pour en devenir maitre, en l’an 312. Elle fut enlevée par les Parthes aux souverains de la Syrie vers lan 140 avant J.-C., et n’obéit que par intervalles aux Romains : sous Trajan, l’an 114 de notre ére ; sous Septime $¢vére, |’an 199, etsous Julien, l’an 363. Quand les successeurs de Mahomet eurent mis fin, en l’an 650, al’empire des Sassanides , la Babylonie, ot de Vannée 762 a année 766 fut fondée Bagdad, devint le siége des khalifes jusqu’en | 1258. A partir de année 1638, époque ou les Tures lenlevérent pour la seconde fois aux Persans, elle est restée sous la domination turque, et forme les pachaliks de Bag-

dad et de Bassora.

La civilisation ayatt pris d’assez larges développements parmi les anciens Babyloniens, de méme que chez les Assyriens. La constitution politique était aussi despotique que Pexigeait et le comportait une population serrée, voluptueuse et efféminée. On trouve dans Hérodote quelques vagues renseignements sur administration des satrapies. 1] parait que lorganisation de la justice y était divisée en trois grandes cours. Liindustrie et le commerce y avaient pris le plus merveilleux essor. Le commerce se faisait plus particulitrement a lest avec la Bactriane, la Perse et la Médie, peut-¢tre par carayanes jusque dans l’Inde, et par mer, au ‘moyen du golfe Persique, jusqu’en Arabie; dans ces derniers temps il a encore conservé les mémes voies d’écoulement et d’approvisionnement, L’Angleterre y est venue trafiquer dés le seiziéme siécle, sous le régne de la reine Eysa- | beth; mais de nos jours Bagdad, située plus au sud, a complétement- supplanté J’antique Babylone et Ktésiphon. La Babylonie se distingue par ses teintureries, par ses manufactures de tissus et de broderies , et surtout par Ja fabrication de précieux tapis représentant les figures les plus bizarres d’animaux et des arabesques semblables 4 ceux qu’on retrouve encore sur les monuments de Ninive. Le commerce amena linvention des poids et mesures; et la prospérité s’accrut si généralement que la Babylonie put acquitter sans peine avec l’Assyrie un tribut annuel de 1060 talents. Mais ceci méme témoigne peu favorablement du caractére national des Babyloniens, qui se rendirent en effet

tristement fameux par leur mollesse, leur immoralité et leurs débauches.

Leur religion avait beaucoup d’affinité avec le culte des Phéniciens (consultez Munter, de la Religion des Babyloniens, Copenhague, 1827). L’adoration des forces de la nature, qui se manifestent plus particuliérement dans les grands astres et dans la fécondité de la terre, formait le fond de leurs croyances. A ce systéme religieux présidait Baal, idole adorée dans toute la vallée de Chanaan et de la Mésopotamie, qui représentait d’une maniére générale les forces de la nature, abstraction faite de toute idée morale, et qui s’identifiait particuliérement avec le soleil. Aprés lui venait comme complément femelle Baaltis (la Mattresse), la terre suseeptible de conception, et une foule de pratiques immorales se rattachaient 4 son culte. Elle apparait surtout sous la dénomination de Melyta, Mylitta (de méme qu’en Assyrie), cest-d-dire qui fait enfanter. ll serait assez difficile de bien préciser les traits qui la différenciaient d’Ascbloreth (1’Astarté des Grecs), divinité yenant immédiatement aprés elle. L’enseignement et la religion étaient réservés A la caste des Chaldéens, laquelle n’avait d’ailleurs rien d’héréditaire et se recrutait au contraire le plus généralement dans les rangs du peuple, puisque le prophéte étranger Daniel y fut lui-méme admis. Elle s’occupait en outre d’astronomie et @astrologie, et on la voit dés les temps les plus reculés se consacrer 4 des observations astronomiques et a Vhistoire des rois tenue par ordre chronologique. C’était la tréscertainement un travail collectif, attendu qu'il n’est jamais question d’un nom particulier, mais toujours, au contraire, dela dénomination collective de Chaldéens. Aprés la chute de l’empire de Babylonie, leur influence et leur considération diminuérent naturellement beaucoup; c’est peut-étre a cette circonstance qu’il faut attribuer la propagation de l’astrologie en Occident, ot on la trouve dés lan 400 avant J.-C. répandue parmi les Grecs, avec cette mention que c’est IA une science provenant des Chaldéens. Il est évident qu’ils ne laissaient pas que d’avoir fait des progrés aussi réels quwimportants dans l’étude des sciences. (Consultez Ideler, de V Astronomie des Chaldéens. ) Les renseignements manquent pour porter un jugement bien précis sur leur plastique, dont, al’exception de quelques cylindres et pierres taillées, il n’existe aucun monument de quelque importance. “eur architecture, au contraire, était des plus remarquables, au rapport des anciens, et comme on peut encore en juger aujourd’hui d’aprés les ruines qui en existent. Voyez BABYLONE.

BAC, sorte de bateau plat qui sert au passage des riviéres, a V’aide d’une corde joignant les deux rives. Le bac est assez grand pour recevoir des charrettes tout attelées ei du bétail. Sa forme est celle d’un carré Jong; ses extrémités sont garnies d’une espéce de fablier qui s’abaisse sur chaque rivage et facilite l’'accés du bac aux voitures et aux bestiaux.

Les bacs étaient autrefois des entreprises particuliéres , appartenant 4 quelque chatelain qui se chargeait de passer ses vassaux moyennant un droit de péage, qu'il haussait ou baissait & volonté. L’Assemblée constituante, en supprimant les droits seigneuriaux, maintint une réserve spéciale pour ceux des bacs, mais accorda en méme temps a tout particulier le droit d’en construire en concurrence avec ceux existants. Le mauvais entretien des agrés, la non-fixité du droit, amenérent mille accidents et mille abus, auxquels le gouvernement du Directoire jugea nécessaire de remédier. Les lois sur l’émigration avaient mis le domaine public dans la propriété du plus grand nombre des bacs, au lieu et place des anciens seigneurs; la loi du 6 frimaire an VII déposséda, moyennant indemnité , toutes les entreprises particulidres , ei depuis cette époque le gouvernement est resté en possession du monopole de cette industrie. Un particulier ne peut établir un bac que pour son service personnel; il n’en peut tirer aucun lucre; il a besoin d’une autorisation venue des bureaux de la préfecture: bien entendu qu'il ne doit géner en

tien la navigation, et qu’il faut qu'il y ait nécessilé reconnue. Chane passage de rivicre est maintenant la propriété @une commune, aprés toutefois qu'elle a obtenn du gouverne ment la faveur de l'établir Le decret porte le tarif du dro de péage que la commune est autorisée & exiger. La commune alors met ce droit en fermage, pour un bail de six ou neuf ans, aux mains d’un particulier qui contracte engagement de fournir le bac et les agrés nécessaires. Quand ce matériel exige une mise de fonds trop considérable, le fermier obtient pour indemnité un bail de douze et méme de dix-huitans. Si le passage offre trop peu de bénéfice, la commune fait les frais du matériel, et trouve un abonnataire qui s’engage 4 rendre une somme de... par année, ou bien elle exploite & son profit ou perte par l’entremise d’un préposé. Le décret qui autorise le passage porte, et les clauses du bail répétent , quelle sera la grandeur du bac, le systéme des agrés, le nombre des charrettes, des tétes de bétail ou tétes d’homme qu'il pourra contesir au plus; combien de mariniers seront employés pour le desservir ; sil doit marcher escorté sans cesse d’un batelet & sa remorque, ou surveillé par d’autres batelets stationnaires le long des deux rives; précaution utile pour certains passages dangereux , et déterminée d’aprés le rapport des ingénieurs des ponts et chaussées. La surveillance pour l’exécution de ces clauses appartient aux maires des communes. Ils doivent informer le sous-préfet des accidents ou événements imprévus, pour qu’il provoque une visite extraordinaire; veiller & ce que les bateliers n’exigent pas des droits plus forts que ceux portés au tarif, ou les poursuivre devant le tribunal de police municipale, et demander la destitution des préposés ou fermiers qui se conduiraient avec négligence.

Le mot bac s’applique encore, mais dans le vieux langage et daus certaines professions, 4 des cuviers en bois.

Saint-GERMAIN.

BAC (Tufopore), avocat, ancien représentant du peuple, est né a Limoges, en 1808. Recu avocat en 1830, il se fit inscrire au barreau de sa ville natale, et, s’il faut en croire le Corsaire, i\ était vers 1837 un des collaborateurs de | £urope monarchique , journal rival de la Quotidienne et de la Gazette de France. Quoi qu’il en soit, ce fut le proces de M™* Lafarge qui fit sortir son nom de l’obscurité. Le talent dont il fit preuve dans cette mystérieuse affaire réussit a jeter du doute sur la culpabilité de sa cliente, sinon dans |’esprit des juges, au moins dans les idées de plus d’un lecteur. Ensuite M. Bac se livra avec ardeur a la défense de la presse, poursuivie par le pouvoir. « On m’avait annoncé un avocat, disait un magistrat qui avait eu a le cormbattre comme membre du parquet dans une affaire politique ; j'ai rencontré un orateur auquel rien de ce qui touche aux grandes questions de la philosophie, de la morale et du droit public n'est étranger. » L’éloge était grand; M. Bac le méritait, par l'étude consciencieuse qu'il tit toute sa vie des doctr'nes philosophiques. A une imagination brillante il joint en effet une rare application aux matiéres abstraites. Sa voix est en outre pleine et sonore, et une forte constitution iui permet de soutenir sans fatigue de longs débats.

A la révolution de Février il accepta les fonctions de commissaire du gouvernement provisoire pour le département de la Haute-Vienne. Nommé dans ce département alAsseinblée constituante, il y fit partie du comité des affaires étrangeéres, et siégea Ala Montagne. Il prit plusieurs fois la parole, notamment pour défendre son ami Louis Blanc; mais il ne justifia pas comme orateur parlementaire les espérances qu’avait fait concevoir le succés de ses plaidoiries au barreau. En 1849 M. Bac fut réélu le deuxiéme dans le departement de la Haute-Vienne, et le seiziéine dans le département de la Seine. Il opta pour le premier. Toujours assis sur Jes mémes bancs, M. Bac défendil ses principes avec plus d’énergie que de bonheur, Quoique son noin figurAt sur ie manifeste du 13 juin 1849, il put continuer & sié-

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