BABYLONE — BABYLONIE
trée a Vabri des inondations en y construisant un gran nombre de canaux et de digues, ef en y creusant plusieu lacs artificiels; travaux immenses, qui pour la plupart so; aujourd’hui en ruines. Le canal le plus important était cel qu’on connait encore sous le nom du Nahr-el-Melik , nest évidemment autre que le canal royal construit dés la plus haute antiquité pour relier les deux grands fleuves, et qui subsistait encore au septiéme siécle de notre ére, soigneusement entretenu par les empereurs romains , jusqu’a ce que les Mahométans s’emparassent dela Babylonie. Grace A une culture perfectionnée, qui en avait fait un vaste jardin, le sol, naturellement fertile, de ce pays donnait d’abondantes récoltes, surtout en froment, orge et dattes. Toutefois , le manque darbres et de pierres y était encore plus sensible qu’en Assyrie. On dut dés lors utiliser pour les constructions les couches épaisses d’argile qui y abondent; cette’ matiére premiére , séchée au soleil ou cuite dans des fours, fournit des briques qui dans les ruines aujourd’hui existantes résistent encore parfaitement aux intempéries de Yair. Le bitume, dont le pays posséde des sources inépuisables, était employé en guise de mortier.
Dans cette heureuse vallée la civilisation prit d’assez rapides développements pour former lun des Etats les plus anciens dont fassent mention les annales de l’humanité. Comme lont péremptoirement démontré de nos jours les recherches de Anglais Rawlinson sur !’écriture cun¢iforme , ce furent les Babyloniens , peuple d’origine essentielkement sémilique, et plus spécialement de race araméenne, qui fondérent empire d’Assyrie. Les traditions mosaiques désignent comme créateur de cet Etat le Couchite Nimroud ou Nemrod (dénomination qui, en raison de toute la composition du catalogue des mots de la langue de ce peuple, semblerait indiquer une invasion venue du midi). A une époque postérieure les Grecs en attribuérent l’origine au dieu Baal ou Bel. Quoique les observations astronomiques réguliéres et les annales de cet empire remontent jusqu’a l'année 1903 avant Alexandre le Grand, et que Bérose, Vhistorien sacerdotal de la Babylonie, ainsi qne d’anciens chronulogistes, nous aient conservé de longues séries de dynasties babyloniennes , toute l'histoire de cette contrée est entourée d’incertitude et d@obscurité, A une vieille dynastie de quatre-vingt-six rois succédent deux dynasties médes de huit et de onze rois, puis une dynastie chaldéenne de quarante-neuf souyerains, neuf souyverains arabes, et enfin la reine Sémiramis. Ce qu'il y a de plus clair, c’est que empire d’Assyrie, fondé plus tard, et qui fut le résultat d’un démembrement de la Babylonie , finit par gagner une prépondérance marquée ef par assujettir l'Etat qui lui avait donné naissance.
La migration des Chaldéens, peuple yenu du septentrion, qu’on peut a bon droit comparer aux anciens Kourdes, migration qui eut lieu dés une époque extr¢émement reculée , et non pas seulement au septidme sidcle avant notre ére, exerca une influence décisive sur Vhistoire intérieure de la Babylonie; elle explique parfaitement au point de vue ethnographique les rapports existant entre les Babyloniens et les mages de la Perse. Les Chaldéens donnérent leur nom 4 la caste sacerdotale babylonienne , dépositaire des sciences et de la civilisation, de méme quiils y fondérent une nouvelle dynastie, dont le chef fut Nabopolassar ou Nabuchodonosor I. La Babylonie, depuis longtemps administrée par des gouverneurs assyviens, et qui nN sous Sannachérib avait essayé de se réyolter, devint alors tout & coup, mais pour peu de temps, un pays libre et conquérant, Nabopolassar se ligua avec le roi méde Cyaxarés pour renverser l'empire d’ Ass yrie. Son fils Nabuchodonosor II battit d’abord le roi d’Egypte Necho a Cireisium (Karchemisch), sur les bords de /Euphrate, Pan 604 ayant notre ére, et anéantit ainsi la domination égyptienne en Asie. Il assujettit ensuite Joachim, roi de Juda, et, a la suite de révyoltes réilérées , détruisit Jérusalem en méme temps que