‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 205 sur 488 · BACCARA — BACCHANALES · texte numérisé non relu

BACCARA — BACCHANALES

mencant par sa droite, puis une seconde carte a fous. Chacun regarde son jeu, et s'il se trouve un joueur dont les deux cartes forment les points de neuf ou dix-neuf, huit ou dix-huit, il abat son jeu, et tous en font autant. Le banquier ramasse les enjeux placés devant les pontes qui ont un point dont le chiffre des unités est plus petit que dans son jeu; il perd avec les pontes qui sont dans le cas contraire ; il fait coup nul lorsqu’il y a égalité. ‘

Si, les deux cartes données, personne n’a neuf ou dixneuf, huit ou dix-huit , le banquier offre une carte a qui la veut, et il s’en donne une & iui-méme, s'il le juge a propos : cette troisitme carte se donne & découvert. On compte alors comme dans le cas précédent : seulement, celui qui a recu une troisidme carte qui fait dépasser a son Jeu le point de vingt-neuf, créve.

BACCARAT, ville de France, département de la Meurthe, située sur la riviére qui donne son nom au département, au pied d'une colline escarpée et dans le voisinage @une forét considérable. Au milieu du siécle dernier ce n’était encore qu’un bourg sans importance. Expilly évalue le nombre des familles qui Phabitaient alors 4 cent dix-sept, Aujourd’hui sa population compte 4,763 ames; elle doit cet accroissement a sa cristallerie, la plus remarquable de France, occupant plus de mille ouvriers et produisant annuellement environ 1,500,000 fr. de cristaux bruts. Voyez CrisTaL.

Baccarat posstde encore des fabriques de toile de coton. Il s’y fait un commerce de bois de construction , de charronnage et de merrain, de planches et de charbon de bois.

BACCHANALES. Ces fétes, qui réveillent toutes les idées de désordre et de débauche, étaient originaires de VEgypte, pays fertile en superstitions. Les Egyptiens célébraient les bienfaits d’Osiris, auteur de la fécondité, adoré chez les Grecs sous les noms de Dionysos ou de Bacchus. Le premier culte qu’on lui rendit fut sans doute plus simple et plus pur que celui dont on Phonora plus tard. On retracait dans la plupart de ces fétes tes malheurs d’Osiris, ses guerres contre Typhon, l’ennemi de tout bien, et la mutilation affreuse qu'il souffrit de la part de ce tyran. Ce n’étail @abord qu’une allégcrie aux mystéres de la nature et a cette lutte continuelle du bien et du mal qui parait Pagiter ; mais peu a peu on s’éloigna du sens de Vallégorie, ou plutot on la présenta au peuple sous les images les plus grossiéres, et le peuple dut croire que la débauche était le culte le plus agréable a sa divinité.

Lors de la eélébration des bacchanales , la sage Egypte paraissait transportée de folie; les hommes et les femmes, déguisés en satires, armés de thyrses ou de javelines couvertes de feuilles de vigne, agitant des sistres et des tympanons, couraient confusément en poussant des cris et des hurlements. Les femmes, précédées d’un joueur de fldte, portaient en triomphe des statues d’une coudée de haut, représentant Osiris ou Bacchus. La partie du corps d’Osiris que Typhon lui avait fait perdre et qu’il n’avait pu retrouver était d'une grandeur démesurée; on Ja connaissait sous le nom de phallus. Ces indécentes marionnettes se mouvaient avec des {fils ou des cordes. Le jour de la féte de Bacchus, chacun immoiait un pourceau devant sa porte a Iheure du repas; on le donnait ensuite 4 emporter a celui qui J’avait vendu. Le reste de l'année, les Egyptiens avaient les porcs en horreur.

De l’Egypte les bacchanales passérent dans la Gréce avec toute leur licence. Ce nouveau culte y porta le trouble et

scandale; Melampus, fils d’Amythaon, de retour de ses

oyages, le fit connaitre aux Hellénes 1400 ans avant J.-C. Le peuple, avide de plaisirs, en favorisa l’établissement ; mais les chefs des différents Etats virent avec peine un culte qui autorisait toutes sortes de débauches. Les ministres des anciens dieux craignirent aussi que la gaieté et la licence des bacchanales ne fissent déserter leurs temples et ne leur enlevasseni leurs adorateurs et leurs richesses. Mais une religion qui offrait de tels plaisirs devait triompher chez

HT. DE Ls CONVERS. — T. Il.

les Grecs; Bacchus l’emporta donc, et les obstacles quayaient rencontrés les bacchanales ne servirent \qu’a leur donner plus d’éclat. Partout on célébra Bacchus et ses victoires, partout les montagnes et les foréts retentirent aes cris d’io , io Bacche, io triumphe, évan évohé. A \a voix de leur dieu, les bacchants, déguisés en satyres, en faunes et en ityres, parcouraient furieux les campagnes, effrayaient les habitants par leurs hurlements, par leurs courses, par le bruit éclatant de leurs fldtes et de leurs trompettes ; les bacchantes, transformées en thyades, en ménades , en bassarides, les cheveux épars, se livraient a tous les transports du diew qui les agitait. Malheur au prince ou au sage qui voulait s’opposer a leurs fanatiques empor: tements! Ces thyrses, qui ne devaient servir qu’aux plai sirs, devenaient dans leur main des armes terribles. Agavé, mére de Penthée, et ses sceurs, déchirent sur le Cithéron ce malheureux prince qui a essayé d’arréter leur licence, Lycurgue, qui a aussi fait de vains efforts pour diminuer les désordres que ces fétes causaient dans ses Etats, éprouve le méme sort, 4 Nysse, de la part des bacchantes ; Orphée est la victime de celles de Thrace. On célébrait les bacchaales 4 Athénes au mois de novembre, et l’on y attachaitassez @importance pour compter par bacchanales comme on comptait par archontes. C’était méme un de ces magistrats qui en réglait ordonnance et qui les présidait. Elles n’en étaient pas pour cela moins licencieuses. On célébrait en Gréce plusieurs fétes de Bacchus, qu’il ne faut pas confondre avec les dionysiaques ou mystéres de ce dieu; dans lesquels régnait plus d’ordre et de décence , quoiqu’on y fit encore bien des folies.

Si les bacchanales portérent le trouble en Egypte et en Gréce, elles ne produisirent pas des effets moins funestes en Italie On ne sait pas précisément a quelle époque elles s’y introduisirent, mais il parait que les Etrusques et les colonies grecques du midi de cette contrée , la Campanie surtout, les recurent les premiers. Bacchus était une des principales divinités de la Campanie; il y était adoré sous le nom d’Hébon. On lui dennait la figure d’un boeuf a face humaine, souvenir des femmes éléennes, qui, dans leurg bacchanales, le nommaient le fils de la génisse, et Vinyoquaient en le priant de venir les trouver avec son pied de boeuf. De la Campanie les bacchanales se propagérent et vinrent a Rome, ou elles furent accueillies avec avidité. Célebrées d’abord par quelques femmes débauchées , elles ne tardérent pas 4 conquérir de nombreux prosélytes. Leurs assemblées nocturnes et secrétes devinrent lécole de tous les vices et des crimes les plus honteux. Le mal alla toujours croissant, et parut menacer le repos de |’Etat. Il était d’autant plus dangereux qu’on en ignorait encore la source. Ce fut au hasard qu’on en dut la découverte. Tite-Live (tiv. 39) entre a ce sujet dans les détails les plus intéres sants.

Les bacchanales avaient parsemé Rome de mouvements désordonnés et de crimes secrets. On découvrait chaque jour des assassinats , des viols, de faux testaments, de fausses signatures ; le silence de la nuit était troublé par des cris confus , par des hurlements , par le bruit des instruments; tout ce bruit, sous prétexte d’honorer les dieux , servait a voiler des crimes et a étouffer les cris des coupables et des victimes. Le sénat, effrayé de ces désordres et craignant quils ne couvrissent quelque conjuration , ordonna au consui Posthumius de faire des recherches qui pussent l’éclairer et ramener la tranquillité. Le hasard les ‘ui procura par Pentremise d’un jeune homme, nommé Gbutius, et surtout de sa maitresse, la courtisane Hispala Fecenia. On apprit d’elle que dans ces assemblées il n’y avait sorte de crimes auxquels on ne se livrat dans les ténébres de la nuit ; que ceux quis'y refusaient y étaient forcés , ou qu’on les immolait, de crainte quils ne trahissent les mystéres; qu’au

i restes le nombre des initiés de tous les ordres de l’Etat

était si considérable qu’ils formaient pour ainsi dire un peuple.

Posthumius, tous ces renseignements recueillis, vint faire immédiatement son rapport au sénat, On fut glacé d’horreur en apprenant ces odieux détails ; chaque sénateur crai- Nait que quelqu’un de sa famille ne fot au nombre des ini- 4s Les consuls eurent ordre de poursuivre laffaire des bacchanales avec toute la rigueur qu'elle méritait. Posthumius courut ensuite au Forum, monta 4 la tribune aux harangues, et, dans un discours énergique, exposa au peuple le péril ose trouvait la république, si l’on n’apportait pas un prompt reméde au mal, si J’on n’étouffait pas, avant qu’elle edt acquis plus de force, cette conjuration contre Pordre public. On lut ensuite le sénatus-consulte qui, accordant des récompenses a ceux qui avaient découvert les bacchanales, statuait des peines contre ceux qui favoriseraient, recéleraient les initiés, ou achéteraient leurs biens pour leur donner les moyens de se soustraire aux recherches. On faisait monter le nombre des bacchants, hommes et femmes, a plus de sept mille. Il y en eut beaucoup d’arrétés; d’autres, pour échappera la honte du supplice, se donnérent la mort. Les quatre principaux chefs subirent la peine de leurs crimes. La terreur s’était répandue dans Rome; un grand nombre de personnes s’en étaient éloignées. On se hata de terminer cette affaire. Les initiés plu- {Ot séduits que coupables, et qui n’avaient pas encore commis les crimes auxquels ils s’étaient engagés par des serments exécrables, furent emprisonnés. Ceux qui furent conyaincus de meurtres, de fausses signatures, de débauches honteuses, perdirent la vie. Il y°eut beaucoup de femmes exécutées dans leurs familles, pour leur éviter la honte d’un supplice public, Les bacchanales furent abolies dans toute Vitalie; mais on ne détruisit pas le culte de Bacchus. Seulement ceux qui youlurent l’honorer furent obligés de se présenter au préteur, qui en faisait la demande au sénat, ou Cevaient se trouver au moins cent sénateurs. I] ne fut permis de réunir que cing personnes au sacrifice secret qu’on offrait 4 ce dieu ; on défendit a ces iniliés d’avoir des prétres et de mettre en commun des sommes d’argent pour célébrer des fétes. Le sénat décréta en outre que Fecenia et OEbutius receyraient chacun du trésor cent mille sesterces en récompense du service qu’ils avaient rendu a )’Etat. On accorda a Fecenia, qui n’élait qu’affranchie, tous les droits de citoyenne; il fut déclaré quelle pouvait se marier 4 un homme libre, et que ce mariage ne le ferait pas déroger.

Ce sénatus-consulte, de l’an de Rome 568, fut sans doute enyoyé dans toute l’italie pour y notifier les ordres du sénat. Longtemps on ne le connut que par ce qu’en rapporte Tite-Live; mais en 1640 Jean-Baptiste Cigala fut assez heureux pour le trouver dans des fouilles faites 4 Tiriolo, dans la Calabre ultérieure, parmi d'autres antiquités. Il est gravé sur une table de bronze d’un pied carré environ. Vienne le posséde maintenant. Un savant Napolitain, Matthieu Egizio, a composé, en 1729, sur ce sénatus-consulte un ouvrage plein d’érudition.

L'Italie fut longtemps délivrée du scandale de ces fétes ; mais sur les derniers temps de la république et sous les empereurs elles reprirent fayeur. Velléius. Paterculus rapporte qu’A n toine les célébra, Ce triumvir aimait 4 prendre le nom de Liber Pater ou de Bacchus ; one vit plus d'une fois couronné de lierre, chaussé du cothurne et tenant un thyrse, imiter dans Alexandrie la pompe du dieu vainqueur de VInde, et promener dans son char la reine Cléopatre comme une autre Ariane. Messaline, entourée de femmes perdues de débauche et vétues de la nébride et de la pardalide, sacrifiait A Bacchus, On peut se figurer la licence qui devait régner dans des fetes que présidait cette princesse, devenue courtisane banale. Th. Devbare,

BACCHANTE ou BACCHARIDE (baccharis ), genre ‘le la famille des synanthérées corymbiféres, tribu des asté-

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