‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 206 sur 488 · BACCHANALES — BACCHUS · texte numérisé non relu

BACCHANALES — BACCHUS

rées et de la syngénésie polygamie superflue, dont les es. péces sont pour la plupart des arbrisseaux d’Afrique, d’Amérique ou des Indes orientales. On prend habituellement comme stomachique, au Pérou, Vinfusion théiforme des feuilles du baccharis ive folia. Une autre espéce, le sénecon en arbre de la Virginie (baccharis halimifolia ), est cultivée dans les jardins d’agrément. Les Brésiliens emploient pour dissiper et apaiser la douleur et la rougeur des yeux les feuilles pilées du baccharis brasiliana, qui ont Podeur du storax.

BACCILANTES, femmes vyouées 4 la cAlébration des mystéres de Bacchus, appelées aussi ménades, bassarides, thyades, mimallonides, edonides, éviades, éléides, noms dérivés de leur maniére de crier, ou de l’espéce de fureur dont elles étaient animées pendant le temps que duraient les bacchanales. On les a aussi nommées quelquefois Eleusinies, parce que 4 certains jours de lannée elles portaient la statue de Bacchus d’Athénes a Eleusis. Les premiéres bacchantes furent les nymphes qui avaient nourri Bacchus et les femmes qui le suivirent 4 la conquéte des Indes. On les représente demi-nues ou couvertes de peaux de tigre passées en écharpe, la téte couronnée de lierre, les yeux — égarés et lethyrse 4la main, poussant des cris et des hurle- — ments affreux, et répétant sans cesse des acclamations que l'on supposait adressées 4 Bacchus triomphant des géants et des Indiens, telles qu’Evohke et Io Bacche.

A Athénes, dans le principe, les bacchantes étaient choisies parmi les femmes les plus vénérées ; elles enseignaient aux jeunes filles la religion, la morale, les travaux domes- — tiques. Elles obéissaient 4 une reine, qui était élue parmi les matrones les plus recommandables. Mais lorsque le culte de Bacchus se fut répandu dans les autres cités de la Gréce, la sévérité publique commengaa se relacher peu a peu sur le choix des bacchantes. C’esta partir de 14 que nous les voyons courir au son des cymbales, des tambours et des clairons, la téte entourée de serpents vivants, déchirant de jeunes taureaux, mangeant leur chair crue, et faisant, & Vinstant ob elles touchent la terre dans leurs bonds irréguliers et convulsifs, jaillir des flots de lait, de miel et de vin. Les bacchantes sont quelquefois aussi représentées avec des vétements ou blanes ou peints de diverses couleurs , surtout de la couleur du raisin aa commencement de sa maturité. Ainsi que Bacchus, elles portaient eucore le cothurne, et se couronnaient de guirlandes de lierre, de smila (le liseron ou le convolyulus), de chéne, de sapin et de laurier, parce que ce dieu s’en était couronné au retour de son expédition des Indes. On dit aussi que les bacchants et les bacchantes, pour se déguiser, commencérent par se couvrir les joues di sang des victimes immolées 4 Bacchus; par la suite, ils y substituérent le jus de marier , le gros vin ou la lie.

BACCHIUS, nom dune mesure de troissyllabes composée d’une bréve et de deux longues, par exemple dchivi.

BACCHUS, en grec Baxyoc, Avévucos, appelé aussi, surfoul dans les mystéres, Jacchos, le dieu du vin, était fils de Zeus et deSémele, fille de Cadmus. Sémélé mourut avant la naissance de son fils, victime du perfide conseil que lui donna la jalouse Héré, et par suite duquel elle se laissa aller a adresser A Zeus la demande insensée de permettre qu'elle le contemplat sous ses véritables traits. Atin de conserver le fruit deleurs amours, 4 ce moment agé de six mois, Zeus le cacha dans sa hanche. Plus tard, il confia l'enfant aux soins Wino, swur de Sémelé, et a ceux de son époux Athamas; puis, Ino et Athamas ayant été rendus furieux par les maléfices de Héré, il ’envoya 4 Nysa, en Thrace, aux soins des nymphes. C'est 1d que Bacchus apprit l'art de cultiver la vigne et de préparer une liqueur enivrante avec le jus des raisins. Dans le but de communiquer sa découverte aux hommes, il parcourut un grand nombre de pays avec Siléne, son maitre, et en compagnie de nymphes couronnées de lierre et de feuilles de vigne, portant des batons entourés

BACCHUS — BACCLOCHI

de rubans et de pampres, appelés ¢Ayrses et provenant d’un arbrisseau appelé narthex (voyez Férute ). Cette expédition, suivant une tradition postérieure, s’étendit jusqu’a la Bactriane et Ala Médie, jusqu’a l’Egypte et a l’Inde, od Bacchus dressa, dit-on, des colonnes destinées a indiquer les

limites extrémes du monde oriental. On trouve une ville

appelée Nysa partout ou il porta ses pas dans ses lointaines expéditions. C’est de la sorte que le culte de ce dieu, qui était originaire de l’Orient, et que Mélampe introduisit en Gréce, se propagea dans presque toutes les parties du monde

alors connu; aussi le mythe de Bacchus a-t-il été diverse-

ment modifié par les différents peuples, ce qui l’a rendu Pun des plus confus et des plus difficiles 4 expliquer qui existent. Bacchus, d‘ailleurs, protégeait en méme temps les arbres fruitiers et les fruits en général. Son culte ayant été tellement répandu et la célébration de ses fétes étant accompagnée d’tiymnes, ilest tout naturel qu’il ait regu une foule de surnoms. C’est ainsi, par exemple, qu'il était appelé Lenzos par les Celtes, Bromios & cause du bruit dont son culte était entouré, Huios (en latin Aviws ), a cause du cri

— euoi poussé en son honneur dans différentes solennités, et

le couronné d’or & cause de ses brillants cheveux blonds. On se représentait ses expéditions comme analogues aux fétes célébrées en son honneur et dans lesquelles les ménades ou bacchantes erraient ¢a et 1&4 en proie 4 une feinte

fureur et passant la nuit sur des montagnes avec des torches,

Dans ses différentes expéditions, Bacchus eut a triompher de bon nombre de résistances, parce que beaucoup se refusaient a le reconnaitre pour dieu. C’est ainsi qu'il lui fallut lutter contre Lycurgue, roi des Edons, et 4 Thébes eontre Penthée, qui pour ce fait fut mis en piéces par sa

propre mére et par ses sceurs. Il rendit furieuses et méta-

morphosa en chauves-souris les filles de Mynias, pour les punir de s’¢tre refusées a célébrer les fétes qui lui étaient consacrées. Un jour qu’il se rendait dans |’ile de Naxos, les matelots tyrrhéniens voulurent |’enlever et le conduire en Italie ; et A cet effet ils le chargérent de chatnes. Mais elles se détachérent spontanément de son corps, en méme temps que le navire, qui se garnissait de lierre et de ceps de vigne, demeurait immobile au milieu de la mer. Il se métamorphosa alors lui-méme en lion; et a cette vue les matelots, saisis de terreur, se précipitérent dans la mer, ov ils furent changés en dauphins. Il récompensait au contraire ceux qui l’accueillaient avec bienveillance et respect, par exemple Midas. Au total, d’ailleurs, on remarque un grand fonds de douceur et de mansuétude dans le caractére de Bacchus ; et parmi les artistes, son type a méme quelque chose d’efféminé qui se rapproche de la femme. C’est plus particuliérement par la beauté de son front qu’il brille. Ses longs cheveux laineux sont ramassés en nceud derriére sa téte, et quelques boucles seulement retombent de chaque cdté sur ses épaules, Sa chevelure est couronnée d’un diadéme de feuilles de vigne et de lierre. Sa taille n’est ni déliée ni ramassée. D’ordinaire on le représente dans un état complet de nudité. Souvent une large palla lui pend négligemment autour du corps, ne couvrant qu'une partie de ses épaules et de ses hanches, mais souvent aussi la plus grande partie de son corps; parfois encore une peau de chevreuil est suspendue en travers sur sa poitrine. Il porte des sandales, mais plus fréquemment des cothurnes.

Le Bacchus barbu de l’Inde différe complétement de celuici, dont le type est essentiellement grec : il a quelque chose de plus digne, de plus majestueux, de plus royal. Il porte une tunique qui lui descend jusqu’aux pieds, et par-dessus un large et somptueux manteau. Comme guerrier il est vétu d’une courte tunique nouée par une ceinture autour des hanches, avec des cothurnes aux pieds. Une peau de panthére lui sert de bouclier. Il est aussi représenté quelquefois ayec de petites cornes. Quand on institua Jes mystéres d’Eleusis, on y rattacha son culte ; aussi figure-

t-il dans Pindare comme Jassesseur de Déméter. Enfin comme il était tenu pour dieu du soleil par les Ophiciens, il participait & Poracle de Delphes.

Le culte de Bacchus était célébré au milieu de fete enivrantes. Thébes, désignée aussi comme le lieu de naissance du dieu, en était le grand centre en Gréce, A Athénes le culte de Lenxos était le culte le plus anciennement établi, et on en retrouve des traces jusque dans i’époque mythologique. On lui offrait plus particulitrement en sacrifice des béliers, des chévres et des taureaux, ces derniers animaux parce qu’on le représentait lui-méme sous la forme d’un taureau. Voyez Ascouies, DionysiAques, HaLofes, Baccua- NALES, etc.

BACCILTYLIDE , poéte grec, nél’an 512 avant J.-C., a Ioulis, dans Vile de Céos , abandonna de bonne heure sa ville natale, et passa la plus grande partie de sa vie tantot

‘dans le Péloponnése, tantot en Sicile. Il était parent de Simonide et contemporain d’Eschyle et de Pindare. Hiéron de Syracuse, a la cour de qui il vécut de l’an 478 a l’an 466, faisait grand cas de lui. Ii ne nous reste qu’un trés-petit nombre de fragments des poémes, des dithyrambes et des odes tant érotiques que parthéniques qu’il avait composés en dialecte dorien, entre autres un dithyrambe et un hymne a la déesse de la Paix. Ses poémes se distinguent par la pureté et I’éclat du style, par la profondeur du sentiment et par une exposition gracieuse. On trouve ces fragments réunis dans l Anthologie de Jacob (t. I*), dans les Delectus Poesis Grecxe de Schneidewin (t. II) et dans les Poetx Lyrici Greci, de Bergk (Leipzig, 1843).

BACCIFERE (du latin bacca, baie, et fero, je porte). Ce mot se dit des plantes qui portent des baies.

BACCIO BANDINELLI. Voyez BAnpIneELtt.

BACCIO DELLA PORTA, Voy. Barto.omeo (Fra).

BACCIOCHI ( Feticgz PasQuate), de 1805 4 1814 prince de Lucques, Piombino, Massa-Carrara ef Garfagnana, était né en Corse, le 18 mai 1762, d’une famille noble, mais pauvre. Il entra au service, et était parvenu au grade d’oflicier, quand Bonaparte fut appelé au commandement en chef de V’armée d’ltalie. Aprés avoir épousé sa sceur Elisa, il passa colonel du 26° régiment d’infanterie légére , fut nommé plus tard président du collége électoral des Ardennes, sénateur en 1804, et recut en 1805 le titre de prince, la principauté de Lucques et de Piombino ayant été constituée en souveraineté en faveur de sa femme. Il ne porta jamais le titre de grand-duc de Toscane, quien 1808 avait été accordé a sa femme. A la chute de Napoléon il accompagna Elisa dans son exil, et vécut avec elle, son fils et sa fille, sous la surveillance du gouvernement autrichien. Aprés la mort d’Elisa il habita le plus souvent Bologne, oi il possédait un beau palais auquel il a donné son nom. Il mourut le 27 avril 1841, laissant une fortune évaluée a huit millions, et dont hérita son petit-fils.

Sa femme, Marie-Anne (qui se fit appeler plus tard Elisa) Bonaparte, née A Ajaccio, le 3 janvier 1777, avait été élevée au couvent noble de Saint-Cyr, et avait vécu avec sa mére a Marseille a I’époque de la révolution. D’aprés le désir de sa mére, mais sans l’assentiment de son frére Napoléon, elle épousa en 1797 Bacciochi, 4 Paris, od, a partir de 1799, eile vint résider auprés de son frére Lucien, qui lui inspira le gout des vers et des arts, et oli sa maison devint le rendez-vous des hommes les plus distingués en tout genre. Généreuse envers le talent, elle protégea particulitrement Chateaubriand et Fontanes, et ce fut a sa recommandation que Napoléon fit la fortune du second. Dans le sentiment de sa supériorité intellectuelle, elle tenait sor. maria distance. C’est elle seuie qui gouvernait ses principautés de Lucques et de Piombino; et quand en 1808 son frére la créa grande-duchesse de Toscane, elle se complut a jouer le réle dune reine. Lorsque cette Sémiramis de Lucques, comme on I’a surnommée, passait des troupes en

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.eyae, son mari remplissait auprés d’elle les fonctions d’aide de camp. Au reste, elle fit beaucoup de bien, quoiqu’elle ne fat pas toujours heureusement secondée par les fonctionnaires en qui elle avait placé sa confiance. En 1814 elle se retira A Bologne; mais l’année suivante elle dut aller s’établir en Autriche. D’abord elle vécut auprés de sa sceur Caroline, la veuve de Murat; puis avec sa famille a Trieste, ou elle prit le titre de comtesse de Compignano. Elle nourut dans sa terre de Villa-Vicentina, non loin de Trieste, le 7 aodt 1820. Elle fut enterrée dans un caveau de la chapelle qu'elle avait fait construire dans son palais.

Son fils, Frédéric-Napoléon Bacciocut, né a Codroipo, prés d’Udine, en 1810, mourut & Rome, le 7 avril 1833, des suites d’une chute de cheval.

Sa fille, Napoléone-Elisa Bacciocut, née le 3 juin 1806, qui ressemble, dit-on , d’une maniére frappante 4 Napoléon épousa en 1825 le comte Camerata, l'un des plus riches” gentils-hommes de la marche d’Ancone. Mais elle vit séparée de lui depuis 1830, dans les domaines qu'elle posséde en Illyrie. Cette jeune femme portait au duc de Reichstadt toute l’affection que sa mére avalt pour l’empereur. On assure quelle avait trouvé le moyen de tromper la surveillance qui entourait le prince 4 Scheenbrunn, et que, l’ayant décidé a partir avec elle, ils furent arrétés 4 peu de distance du palais. Elles’est rendue célébre par les nombreux procés de succession qu’elle a intenfés 4 ses quatre oncles. Aprés le rétablissement de l’empire, elle revint en France et se fixa dans le Morbihan, ou elle ne s’occupa plus que d’administrer le vaste domaine de Ker-el-Ouet, dont Napoléon IiI lui avait fait présent. Elle y est morte le 3 février 1869, léguant ses biens au prince impérial. — Son fils, Napo/éon Camerata, né en 1827, s’était bralé la cervelle en 1853 pour des motifs encore mal connus.

Son neveu, Félix Bacciocut, né en 1803, devint aprés 1852 premier chamnbellan de Napoléon III et surintendant des spectacles de la cour, et en 1863 surintendant général des théatres de l’Empire. Un décret du 5 mai 1866 {’appela au sénat. Il est mort 4 Paris le 23 septembre suivant.

BACH (Famiile). Le chef de cette race, Gui Bacu, était boulanger 4 Presbourg. Forcé de quitter cette ville vers le milieu du seiziéme siécle, A cause de la religion réformée, qu’il professait, il vint s’établir dans un village de Saxe- Gotha, appelé Wechmar, et, pour ne pas déroger, il s’y fit meunier. Aprés avoir fini son travail, ce meunier secouait sa farine, prenait une guifare et se délassait en chantant, Il communiqua ce goft a ses deux fils, commenga leur éducation musicale, et ces deux éléves du meunier de Wechmar s‘illustrérent et devinrent les chefs de cette immense famille de musiciens, qui se répandit dans la Thuringe, la Saxe et Ja Franconie pendant prés de deux siécles. Tous furent chanteurs de paroisse, organistes, ou musiciens de ville, ainsi qu’on les appelle en Allemagne. Devenus trop nombreux pour vivre rapprochés, ils s’étaient dispersés dans les différentes contrées dont je viens de parler; mais ils convinrent de se réunir une fois chaque année 4 jour fixe, afin de conserver entre eux un lien patriarcal. Erfurt, Eisenach, Arnstadt, furent les lieux chaisis tour a tour pour ces réunions musicales et fraternelles. Cet usage se perpétua jusqu’au milieu du dix-huitiéme sidcle, et l'on vit plusieurs fois jusqu’A cent vingt musiciens du nom de Bach, hommes, femmes et enfants, assister & cette fete annuelle. Leurs récréations consistaient alors uniquement en exercices de musique, Ils debutaient par un hymne religieux chanté en cheeur, prenaient ensuite pour themes des chansons populaires, ct les variaient en improvisant & quatre, A cing et a six voix. Ils donnaient le nom de quolibets & ces improvisations. Plusieurs personnes les ont considérées comme Porigine des opéras allemnands ; mais les quolibets sont beaucoup plus anciens que la premiére réunion des Bach, car le docteur Forkel en possédait une collection imprimée a

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