‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 266 sur 488 · BALFE · texte numérisé non relu

BALFE

servent a enlever le gras de la baleine; 3° des pirogues avec lesquelles on chasse les baleines ; 4° des fourneaux et des chaudiéres dans lesquelles on convertil en huile le gras du poisson; 5° des piéces ou fits destinés 4 recevoir l’huile fondue et a ¢tre arrimés dans la cale.

Les pirogues baleiniéres sont des embarcations longues , légéres, terminées en pointe devant et derriére, et réunissant toutes les conditions nécessaires pour marcher le plus possible 4 Vaviron et se manceuvrer avec la plus grande facilité. Chaque baleinier porte, suspendues sur son pont et sur ses cétés, le nombre de pirogues proportionné a son tonnage et a la force numérique de son ¢quipage. Chaque pirogue est armée ordinairement de six hommes. Un de ces hommes gouverne l’embarcation avec un aviron ; c’est le chef de pirogue ; un autre se place sur Pavant : c’est le harponneur; les autres canoliers nagent dans la pirogue.

Les instruments avec lesquels les baleiniers piquent et tuent le poisson sont, comme nous lavons dit, le harpon et la lance. Le harpon est une arme en fer trés-malléable, de trois pieds de longueur environ, et de lépaisseur d’un doigt. I] est terminé par une pointe triangulaire dela forme du piquant d'une fléche. Un long manche en bois, sur lequel on amarre la ligne qui est cweillie dans ’embarcation , sert 4 donner au harponneur ta facilité nécessaire pour lancer ce trait dans le lard de la baleine. Souvent il arrive que la baleine, en fuyant avec le dard qu’elle a regu dans une des parties du corps, tourne sur elle-méme avec une telle force que le harpon dont elle cherche inutilement a se débarrasser se tord sur lui-méme comme un tire-bouchon. Mais la qualité ductile du fer dont cet instrument est composé est si bien approprice & Pusage qu’on en fait, que les harpons ainsi contournés servent presque toujours plusieurs fois, pourvu qu’ils soient bien confectionnés. Quoiqu’on dise — lancer le harpon sur la baleine, il arrive toujours que le harponneur enfonce dewx harpons dans la baleine pour mieux assurer sur elle la position de la ligne au moyen de laquelle ’'embarcation doit se tenir amarrée au cétacé.

Les lieux de péche que fréquentent plus particuliérement les baleiniers sont les cétes du Brésil, le cap Horn, les tles Malouines, les cétes de Patagonie, celles du Chili et du Pérou, la céte d'Afrique, les parages a l’ouest du cap de Bonne-Espérance et les baies qui avoisinent ce cap. Un baleinier d’une capacité ordinaire qui ne double pas le cap Horn met, terme moyen, un an dans ses voyages; celui qui double le cap Horn emploie de dix-huit mois 4 deux ans pour terminer ses voyages. Ed. Coxpiéire.

Aujourd’hui Ja rareté des baleines emporte jusqu’aux glaces australes les navires qui vont a leur rechercbe. Depuis 1857 on a construit des baleiniers 4 vapeur.

BALEINOPTERE (de balewna, baleine, et de xrépov, nageoire), sorte de baleine ayant une nageoire dorsalc. P

BALFE (Micner-Wituam), chanteur et compositeur distingué, naquit le 15 mai 1808, 4 Dublin, od il regut de son pére et de Horn les premiers éléments de son art. Le jeune Balfe, on le devine a la facilité singuliére dont ses productions ultérieures ont fait preuve , commenga par étre un enfant célébre. A sept ans il jouait en public un concerto de Viotti avec le plus grand succés, et 4 seize ans il débutait 4 Londres, au théatre de Drury-Lane, dans le réle du mauvais chasseur, du Freyschutz. Quelque temps aprés, le chef d’orchestre ayant quitté le théatre, Michel Balfe le remplagaii @ lage ob d’autres s’estimaient heureux d’étre enrdlés sous son commandement : passant ainsi avec un égal bonheur de la scéne au pupitre , commie il avait jadis laissé les concertos de Viotti pour les opéras de Weber,

En 1825 le chef d’orchestre sent encore une nouvelle faculté se développer en lui. Aprés avoir été, commie instrumentiste et chanteur, l’interpréte de la pensée des autres, il aspire A produire la sienne. J] part pour Rome, et Pannée

suivante écrit la musique du ballet de La Peyrouse, pour la Scala. Revenant a la scéne par un caprice d’artiste, il débute, en 1827, a notre Théatre-Italien, sous le nom de Balf, dans l'emploi de Pellegrini. C’était le beau temps des Sontag, des Malibran; malgré ce redoutable entourage, on se rappelle le succes éclatant qu’il y obtint dans les réles de Figaro, Dandini du Podesta, D. Giovanni, etc.

Balfe quitta Paris et la scéne au milieu de son triomphe , pour se livrer peu de temps aprés, et exclusivement, a la composition (1829). Alors se succédérent avec rapidité a Palerme, Paris, Milan, ses opéras : J Rivali (1830); un Avvertimento (1832); Enrico IV (1834); & Londres, VAssedio di La Rochelle (1835); Manon Lescaut, pour madame Malibran, qui obtint un succés de vogue ( 1836) ; J. Grey (1837); la Dame voilée et Falstaff (1838); Jeanne d’Arc (1839); Keolanthe (1840); la Gypsy (1844). Depuis 1843 il a tenté deux fois, et toujours avec le méme succes, notre deuxiéme scéne lyrique : le Puits d’ Amour et les Quatre Fils Aymon sont venus justifier sa réputation aux yeux des Parisiens. Néanmoins, en 1846, PEtoile de Séville , jouée par Gardoni et madame Stoltz au Grand Opéra de Paris, n’eut aucun succés, malgré sa riche mise en scéne. Le Muldtre, représenté a Berlin en 1848, n’intéressa pas davantage ie public.

La musique dramatique de Balfe se recommande par la clarté et Vabondance des motifs, leur bonne disposition pour la voix, l’entrain et la verve; son orchestration spirituelle enrichit sans appesantir, qualités qui le rangent parmi tes disciples de Paér et de Rossini, dont il a regu les conseils. Mais ce compositeur est essentiellement imitateur, et c’est surtout notre Auber dont il semble avoir cherché a s’assimiler la maniére. Aprés avoir dirigé Porchestre de V’Opéra italien, il alla résider en Allemagne, et revint a Londres en 1855. Le meilleur ouvrage qu’il fit jouer a cette époque est Satanella (1859), en trois actes. Balfe est mort 4 Londres en 1870, laissant deux filles , mariées l'une & un banquier prussien, l’autre 4 un prince russe.

BALFROUSCH ou BALFOURUSCH, c’est-a-dire liew de marché , importante place de commerce de la province de Masanderan, en Perse, située sur le Baboul ou Bawoul, riviére navigable, qu’on y traverse sur un pont de huit a dix arches, dans une contrée marécageuse , malsaine en été, au milieu d’une forét entremélée de champs et de jardins. Les données varient beaucoup sur le chiffre de sa population, que les uns n’évaluaient qu’a 25,000 habitants, et d’autres & 70,000 et méme & 200,000. Quoique les meeurs de cette population soient rudes et grossiéres, elle n’en contribue pas moins a répandre Vesprit de paix et de travail parmi les hordes errantes du voisinage. Dix caravansérails et grands bazars, presque aussi beaux que ceux d’Ispahan, servent aux relations du commerce. Au commencement du dixseptiéme siécle il n’y avait encore la qu’un village; l’heureuse situation de Balfrousch et les franchises commerciales qui lui furent accordées ont rapidement augmenté son importance. Une route trés-sdre, latérale au Baboul, relie cette ville & Meschhed-i-sar, grand centre commercial de la province de Masanderan, qui n’en est loignée que de douze lieues, et ot se trouve concentré le commerce russe dans la mer Caspienne.,

BALGUERIE ( Famille ). Nom d’une honorable maison de commerce de Bordeaux , que recommandent particuliérement les souvenirs laissés par son chef, Balguerie-Stuttenburg. Sa carriére avait commencé au temps ou tout renaissait en France a la suite de nos désastres révolutionnaires, Instruit et doué de cette sagacité vive et sQre qui constitue surtout esprit des affaires, i] acquit promptement la confiance de divers négociants chez lesquels il fut d’abord occupé, jusqu’au moment ot son association avec M. Sarget lo plaga lui-méme au rang de ceux dont il n’avait été jusque-la que le commis. Les succes de la nouvelle maison dont il

BALFE — BALISE était ’ame furent rapides, et dés les premidres années dela

Restauration on le voit en mesure de pouvoir se mettre a la téte d’importantes entreprises d’utilité publique. Balguerie avait compris la puissance de l'association 4 l’époque ob cette puissance était encore en quelque sorte a créer en

France. En 1817 il forma une compagnie pour l’'achévement —

du pont de Bordeaux, conception grandiose de Napoléon,

qui fut ainsi promptement réalisée, grace au concours des —

capitaux bordelais. Il ne sortit plus dés lors de la voie dans laquelle il était entré, et s’occupa sans relache de déyelopper dans cette partie de la France l’industrie manufacturiére, qu’il appelait en aide a la riche industrie agricole dont elle est en possession depuis des siécles. Toutes les créations destinées & faire de sa ville natale une sorte de métropole du sud-ouest du royaume furent activement secondées par Balguerie, qui en méme temps ne négligeait rien de ce qui pouvait ajouter 4 ses débouchés commerciaux , et armait lui-méme des navires pour explorer les parages, peu fréquentés par notre marine marchande, des mers de la Chine. Vers 1820, sa pensée se tourna sur une partie de sa contrée bien digne d’intérét 4 beaucoup d’égards ; la Compagnie pour exploitation des landes bordelaises se forma sous ses auspices; il était peut-étre 4 la veille de voir ses efforts récompensés par le succés, quand il fut emporté dans Ia force de age. Il mourut & Bagnéres le {9 aodt 1825. Il était né 4 Bordeaux en 1799. P.-A, Durav.

RAL, ile d’origine voleanique, située 4 peu de distance de Pextrémité orientale de Java, et nommée aussi a cause de cela la petite Java. Elie a une superficie de 5,775 kilométres carrés et une pupulation de 800,000 habitants, dont les uns professent le brahmanisme et les autres le bouddhisme, religions qui étaient aussi celles de la grande Jaya avant-que lislamisme s’y introduisit. Les sectateurs de Brahma observent également ici la division par castes, et possédent une grande partie des livres sacrés des Hindous. Aujourd’hui qu’il est défendu dans I’Inde aux veuves de se briler en l’honneur de leur époux défunt, Pile de Bali est le seul endroit ot de semblables sacrifices aient encore lieu. Lile est gouvernée par huit radjahs, formant entre eux une espéce de confédération, et qui depuis longtemps reconnaissent la suzeraineté des Hollandais. Dans les dix années qui viennent de s’écouler, ils ont & diverses reprises cherché a se soustraire 4 la domination de Batavia; aussi les Hollandais ont-ils été obligés d’envoyer contre eux des expéditions en 1843 et 1847. Aprés de nombreux engagements, il a été conclu entre les parties belligérantes, en 1848, un traité de paix aux termes duquel les différents princes de Pile ont pris Pobiigation d’acquitter un tribut fixe.

BALI, baie située a l’ouest de Madagascar.

BALIOL. Voyes BatLievt.

BALISE ( Navigation), marque placée a l’entrée des ports et havres pour indiquer aux batiments le passage le plus sir. La balise est quelquefois un mat, mi-planté dans Yeau a lentrée des canaux ou étangs qui bordent la mer. Le plus souvent la balise se compose de tonneaux attachés ensemble a une chaine de fer, dont les extrémités sont retenues au fond de l’eau par de grosses pierres.

Les pécheurs appellent aussi balise une bouée qui indique la position d’un filet par fond.

Le garde surveillant espace de terrain que les propriétaires riverains sont obligés de laisser libre sur les bords des fleuves et riviéres pour le halage, s’appelle baliseur.

BALISE, ville de l’Amérique anglaise, chef-lieu d’une colonie du méme nom, sur la presqu’ile de Yucatan et sur le fleuve de Balise, a son embouchure dans la baie de Honduras. Latitude nord, 17° 30’; longitude ouest, 90° 35’; 500 maisons environ ; bon port, centre de tout le commerce extérieur de la colonie, entrepdt du commerce anglais avec les Etats confédérés de Goatemala. Aux environs est le fort George, principale station militaire de la colonie. Balise,

Page 1