‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 267 sur 488 · BALISE — BALISTIQUE · texte numérisé non relu

BALISE — BALISTIQUE

fondée en 1798, doii son origine au drvit qu°ont les Anglaise) naires des régions intertropicales , sont doués des couleurs

de couper du bois de campéche et d’acajou sur Ja cole orientale du Yucatan, au sud de Rio-Honda.

BALISIER. Les caractéres généraux de ce genre de plantes, de la famille des amomées, sont un calice supére, coloré, souvent A six divisions irréguliéres, avec une étamine insérée & la base du calice, un style a stigmate simple ou partagé , une capsule a trois loges, fleurs avec spathe. Les espéces les plus connues sont : le balisier de V'Inde (canna indica), le balisier a feuilles étroites de YAmérique équinoxiale, le balisier glauque de Amérique méridionale, le balisier gigantesque de VInde, et le balisier flasque de la Caroline méridionale. Ces plantes figurent trés-bien dans des plates-bandes, mais elles craignent le -froid : il faut les semer sur couches, et leur donner au moins Porangerie pendant V’hiver dans les provinces du Nord. Bien abritées et garnies de paille, elles passent Vhiver en pleine terre dans nos provinces méridionales.

Les racines du balisier de ’ Inde , improprement appelé canne d’ Inde, sont composées de gros nceuds de tubercules ‘fibreux et chevelus , d’ou partent quelques tiges , hautes de prés de deux métres, enveloppées de feuilles qui forment Wabord des cornets bien roulés, et qui peu a peu se déploient et ont souvent 50 centimétres de longueur sur 16 4 21 de large : elles sont rayées de plusieurs nervures trans- -versales qui partent de la nervure médiane. Ses fleurs oc- cupent le sommet des tiges; elles sont d’un beau rouge; cha- -cune d’elles est un tuyau découpé profondément en cing ou

six piéces inégales. Le calice présente 4 sa base un em- -bryon qui devenu fruit contient dans ses trois cellules -membraneuses des semences brunes, rondes, dures, grosses comme de petits pois, et dont on fait des chapelets. BALISTE (Art militaire), de Ba)d«w, lancer. Cet ins- trument de jet des anciens, nommé aussi scorpion, se com- | posait de deux écheveaux, de quatre chapiteaux, de deux bras ou styles, d’un canal, etc. Pour en comprendre le mécanisme, il faut imaginer deux écheveaux tendus verticalement a quelque distance lun de l’autre, et chacun de ces écheveaux traversé par une tige horizontale; les deux extrémités les ' .

plus éloignées de ces tiges étaient jointes par une corde qui complétait le mécanisme de Varc.

Pour monter Ja baliste , on saisissaitla corde par le milieu avec un croc, ou de toute autre maniére aisée a concevoir, et, au moyen de leviers, de treuils peut-étre, on bandait les deux écheveaux 4 la fois; on plagait le trait ou Ja pierre dans le canal; on pointait, on lachait la détente, et le coup partait. Les Romains des premiers siécles de notre ére, qui faisaient un trés-fréquent usage de ces machines, les avaient montées sur des roues et avaient adopté pour ainsi dire un certain nombre de calibres; de telle facon que, la grosseur de la corde une fois fixée, toutes les dimensions des diverses piéces de la machine s’en déduisaient. Remarquons que les cordes en chanvre dont nous faisons usage ne seraient pas propres a produire une grande force d’impulsion et se désorganiseraient par la torsion. Aussi Jes Romains employaient-ils pour la fabrication de ces cordes, dont l'art svest perdu faute d’application , des nerfs, des crins ou des cheveux. Cela nous fait comprendre pourquoi l’antiquité vit quelquefois dans les villes assiégées les femmes couper leur cheyelure pour la faire servir 4 prolonger la défense. Le moyen age étant parvenu a fabriquer des bandes d’acier, on en forma les bras des ares, et on remplaca I’élasticité de torsion des cordes par lélasticité de Vacier & la flexion. Le mécanisme de ces nouvelles machines, beaucoup moins compliqué que celui des anciennes, conduisit 4 'arbaléte. Chaque légion romaine trainait avec elle cinquante-cing balistes et dix onagres ou catapultes. Chaque baliste était servie par douze hommes.

BALISTE (Ichthyologic). Ces poissons, dont on connait environ une trentaine d’especes, presque toutes origi- DICT. DE LA CONVERS, — T. I.

les plus vives. Le nom de baliste leur a été donné par Artédi, A cause d’un aiguillon qui arme leur dorsale et que l’animal , lorsqu’il est menacé, redresse avec vivacité pour frapper l’ennemi qui l’attaque. La dorsale des halistes est encore munie de deux aiguillons plus petits. Ces poissons se font encore remarquer par un bassin toujours saillant et hérissé d’épines qu’on a regardées comme les rayons rudimentaires des nageoires ventrales. La queve de certaines espéces est dégarnie d’épines, tandis que chez d’autres elle est armée de plusieurs rangées d’aiguillons recourbés en avant, et dont le nombre varie de deux & quinze.

BALISTIQUE (du grec Ba)dew, lancer). Ce mot répond aux termes grecs acontismologie et catapultique, ou art de tirer la catapulte ; il exprime une des branches de art militaire.

La balistique est originaire de l’Asie; elle est l’'appréciation du mouvement des corps pesants lancés en lair; d’abord elle était l'art de faire jouer les machines de guerre , maintenant elle embrasse les armes pyrobalistiques de l’artillerie et de l’infanterie; elle calcule les lignes des trajectoires, lc tir des bouches a feu , l’effet des projectiles, la mesure de Vangle qu’en ces opérations l’axe des tubes forme avec horizon ; elle évalue la portée , en la supputant sur la distance connue du but, sur le poids de la charge de l’arme 4 feu, sur la proportion et la pesanteur des mobiles, et méme sur la disposition de l’atmosphére et la mesure des couches d’air ; elle applique l'étude des cibles et l’expérience des feux, et régle sur ces données la cyclodiatomie. Posséder la balistique, c’est donc tirer avec justesse , en variant a volonté les effets de l’'arme mise en jeu. Cette étude est surtouf une des parties de Vartillerie considérée comme science.

La balistique des Romains était de peu d’effet ; aussi n’en attendaient-ils qu’un faible secours : de la opinion que les camps retranchés faisaient seuls la sireté des armées. Le moyen age s’aidait 4 peine aussi de la balistique, hormis pour Pattaque ou la défense des chateaux : on regardait alors les armes blanches comme les plus sires, et la cavalerie comme le fond et ame de l’armée. La balistique n’a done exercé pendant longtemps qu’une médiocre influence sur les formes militaires et les intéréts sociaux. Tant que cette science a été incertaine et bornée, le soldat n’a tiré son principal mérite que de sa force physique, et la guerre s’est renfermée dans des combats corps 4 corps. La tactique, en se perfectionnant , y a substitué les combats en ordre profond; les armes de jet, en se perfectionnant 4 leur tour, ont amené Yordre déployé.

Du moment que la balistique rend plus mobiles ses engins, étend les portées et foudroie a ’improviste, la castramétation perd de son importance, les peuples s’émancipent, V’infanterie obtient la préférence sur les troupes a cheval , les armes défensives passent de mode, la cavalerie n’est plus que secondaire, !’espacement et l’amincissement des lignes de bataille deviennent un besoin senti, les efforts de la vigueur brute ne décident plus du succés : l’habileté du général, l’a-propos de son coup d’eil, la rapidité de exécution et le courage d’esprit sont les arbitres de la victoire.

Les recherches et les combinaisons auxquelles les anciens se seraient livrés touchant la balistique propre aux armes qui leur étaient familiéres nous sont mal connues. On ne saurait nier cependant que sur quelques points , et A quelques €poques , la balistique n’ait été savante, méme dans le moyen age : on en retrouve la preuve dans la fabrication des catapultes et de tant d’étonnantes machines de guerre alors en usage; on demeure convaincu de leurs prodigieux effets quand on songe aux difficultés de l’extraction, du transport, du jet de ces mobiles énormes qui, comme le dit Daru en parlant des milices italiennes, semblent appartenir a la guerre des géants.

Depuis Invention de Vartillerie, Tartaglia se livra, le pretier, & des expériences de balistique ; Galilée en fit un des objets de ses études; Blondel s’en occupa plus spécialement, tandis qu’en Angleterre Halley, et en Allemagne Herbestein, rivaliserent d’efforts. Newton appliqua 4 des démonstrations décisives le sceau de son génie; mais il restait encore des découvertes a faire, et les recherches des Bernoulli, développées par Euler, rendirent classique une partie de cette science. Maupertuis en traita dans un mémoire savant et succinct. Robins, qui marche a leur suite, se montra enrichi de tout le savoir de ses devanciers, et il excita de nouveau Yémulation d’Euler, par qui il fut savamment commenté. Lambert ajouta par ses travaux a la masse des connaissances acquises. Les problémes de la balistique exercérent ensuite Lombard et Tempelhoff. Bezout composa ses L/éments de Balistique Wapres les expériences faites en 1770 4 La Fére. MM. Allaise, Billy, Boudrot, Puissant, ont cherché a approfondir cette science en en simplifiant étude. La balistique @infanterie a occupé Guibert, Deligne, Mauvillon. Enfin , Lagrange a traité le probléme fondamental de la balistique , et plusieurs formules relatives au mouvement des boulets dans Vintérieur des canons ont été extraites de ses manuscrits par Poisson, et insérées dans le 21° cahier du Journal de lV’ Ecole Polytechnique. Gl BARDIN.

Cette science a pris une importance nouvelle depuis les récentes inventions de l’artillerie.

BALIVAGE. C’est l’action de marquer les arbres dont on veut faire des baliveaux.

BALIVEAU. On appelle‘ainsi, en termes d’eaux et foréts , les jeunes arbres choisis et réservés lors de la coupe @un bois, et que lon destine a croitre en haute futaie. Les baliveaux qui sont du méme age que le taillis, c’est-a-dire yenus de semence en méme temps que lui, s’appellent baliveauxz de Vdge; ceux de deux ou trois ages, baliveaux modernes , et ceux de plus de trois ages, baliveaux anciens. On doit les choisir, autant qu’il se peut , dans l’ordre suivant : le chéne, le hétre, le fréne, le chataignier, le bouleau, le tremble, etc. Les baliveaux de l’dge doivent étre choisis parmi les sujets de brin oude semence, et toujours parmi les arbres les plus sains et de la plus belle venue. Les baliveauz modernes sont pris parmi les baliveaux de Page réservés lors de la coupe précédente, et Yon doit s’attacher particuliérement & ne conserver que les arbres les plus vigoureux et qui présentent les plus belles proportions, en rejetant tous ceux qui sont rabougris ou couronnés. Les baliveaux anciens sont choisis parmi les modernes qui ont atteint trois Ages, et ce choix doit toujours se porter sur les arbres les plus gros et les mieux venants.

La composition des réserves et l’espacement convenable des baliveaux sur la surface du bois sont les deux points les plus importants de Part du forestier.

[ Les régles ordinaires de la coupe des bois établissent qu'il sera laissé 25 baliveaux par demi-hectare, C’est lespérance de la futaie; mais ils trompent souvent cette destination. Ces arbres, demeurés seuls dans le désert, ébranchés et décontenancés, prennent d’abord un air de privilégi¢s ridicules, dont le temps ne tarde pas a les punir,

L’auteur de Ja Métromanie, youlant caractériser un riche campagnard pédantesquement fier de sa position sociale, lui donne le nom comique de Baliveau, On croit voir tout de suite un personnage plus haut que les autres , maigre et dominateur. On dit que lorsque Baptiste ainé jouait ce rdle entre quelques acteurs de taille moyenne , l’analogie de cette image était parfaite.

Privés de V’abri de leurs frdves, ct arrachés a l’égalité protectrice , souvent les baliveaux périssent sous Veffort de la gelée, ou bien ils sont renyersés par les vents, Passés a Pétat d’orphelins , non-seulement ils souffrent, et les quelques glands qu’ils peuvent donner, tombés au hasard , ne réussissent point; mais sous leur ormbrage ils font pourrir

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