ARMOISE — ARMSTRONG
aurone (artemisia abrotanum), Vartemisia judaica ou semen contra (sous-entendu vermes), et Vherbe de Saint-Jean ou armoise commune (artemisia vulgaris ). Cette dernitre est regardée comme tonique, stimulante et antispasmodique. Les vertus emménagogues donut Hippocrate et Dioscoride l’avaient douée sont encore reconnues de nos jours par quelques médecins, et personne n’ignore que cest un remede vulgaire pour provoquer I’écoulement des menstrues. La meilleure maniére de prescrire l’armoise dans ce eas est de la donner en lavements pour agir plas directement sur l’utérus. On l’'administre encore en lavements pour combattre l’hystérie et les convulsions épileptiformes.
ARMORIAL, registre ou catalogue des armoiries d’une ville, d’une province, d’un royaume, dessinées, peintes, ou seulement décrites. Les plus anciens armoriaux seraient sans contredit les registres des tournois et Jes croisades; mais authenticité de ces registres est fort suspecte. On conserve a la Bibliotheque Imperiale un armorial des barons et chevaliers francais qui prirent part a la premiere oroisade, en 1096. L’écriture de ce registre est du quatorsziéme siécle; s'il ne fait pas preuve que les personnages qui s’y trouvent ont tous été a la Terre Sainte, du moins il constate les armes que portaient du temps de l’écrivain les plus nobles familles de France. Du Moulin, a la suile de gon Histoire de Normandie, a aussi placé une liste armoriale de tous les nobles, chevaliers et barons qui accompagaérent en 1066 Guillaume le Batarda la conquéte de l’Angleterre. La liste peut étre exacte, mais les armoiries ont évidemment été ajoutées longtemps aprés; car on n’a pu recueillir par les sceaux et les monuments authentiques que quelques exemples d’armoiries suffisants pour en constater Yexistence dans les onziéme et douziéme siécles, et méme au dela, mais qui font voir qu’elles n’étaient pas encore registrées par centaines, comme on I’a imaginé depuis. {I existe en manuscrit deux armoriaux des chevaliers qui assistérent aux tournois de Chevancy et d’Huy, en 1285 et 1289, et un armorial des chevaliers qui furent présents a Rome, en 1312, au couronnement de l’empereur Henri V1. Un héraut d’armes, nommé Sécile, adressa son comportement d’armes a Alfonse, roi d’Aragon, avec la chapelle des hérauts du royaume de France, fondée en |’église de Saint-Antoine le Petit, 4 Paris , en 1306. Par les soins de ces hérauts, un enregistrement général des familles nobles et de leurs armoiries existait dans chaque province. Quelques-uns de ces registres ont été conservés; le plus grand nombre a été enlevé ou bralé durant les guerres contre les Anglais. Charles VIII rétablit ses matricules, et eréa un maréchal @armes le 17 juin 1487,
Les guerres civiles ayant interrompu les fonctions de cette charge et favorisé une foule dusurpations, Louis X{II, sur la demande dela noblesse assemblée aux états généraux tenus 4 Paris en 1614, institua la charge de juge général des armes et blasons de France, et en pourvut Francois de ‘Chevrier de Saint-Mauris , auquel succéda Pierre d’Hozier, en 1641. La famille de ce dernier a possédé cet office jusqu’a la révolution de 1790, et a publié un armorial général, ou , pour parler plus exactement,, un nobiliaire , en dix parties in f?, 1738-1768, ouvrage ov les d’Hozier ont fait preuve dune connaissance entiére de la matiére, mais en méme temps d’une condescendance aveugle pour beaucoup de familles , dont les titres primordiaux sont d’une fausseté notoirement connue. Un véritable armorial général fut dressé dans chaque province lors des recherches commencées sous Louis XIV (1666 ). Charles d’Hozier, fils de Pierre, fut appelé a ja vérification de toutes les armoiries portées sur ces catalogues. Jusque la ce n’était qu’une mesure d’ordre; mais les malheurs de la guerre et la détresse des finances suggérérent Vidée (1696) de faire ressource de toutes vanités bourgeoises et mercantiles du royaume. On ouvrit Houtique d’armoiries A vingt livres le brevet, avec injonction
a la noblesse, 4 la basoche, au commerce et 4 l'industrie de payer cette capitation d’espéce nouvelle et de faire inscrire leurs armes ou celles qu’on leur accorderait. On vit alors confondus péle-méle dans l'armorial général princes et cabaretiers, aubergistes et archevéques, maréchaux et apothicaires; cadrans bleus, moulins 4 vent, melons, pavés , avec les insignes des tournois et des croisades, Ce fut un véritable coup de feu pour le juge d’armes de France ; ne voulant pas souffrir une omission, une lacune dans ce monstrueux ouvrage , ou plutét dans les émoluments de sa place, il fabriqua de fausses armes pour tous les nobles qui refusérent de se jeter dans la mélée. L’armorial général fait partie des manuscrits de la Bibliothéque Inpériale ; chaque volume se divise en deux parties, les armes véritables, et les fausses, A la fin de chaque partie, d’Hozier avertit que l'une contient les armes qu’il a regues directement des familles ; l'autre, les armoiries qu’il a inventées pour ceux qui ont refusé de présenter les leurs,
Henri Simon, graveur de ’empereur, a publié en 1812 les deux premiers volumes in-f? d’un armorial général de Vempire frangais (gravure et texte). C’edt été un fort bel ouvrage; mais les événements poliliques en ont empéché la continuation. Laine.
ARMORIQUE, en gaulois Ar-mor-righ ou Ar-meierrigh, pays maritime. Ce nom n’appartenait pas a une province ou a un district particulier des Gaules ; il s’appliquait a toutes les peuplades maritimes. César, dans ses Commmentaires, dit que toutes les peuplades des Gaules riveraines de Océan sont appelées en commun armorigues. Pline rapporte que |’Aquitaine s’appelait autrefois Armorique; et én effet les deux noms avaient la mé:me signification, l’un em gaulois, l’autre en latin. La Notice de l’empire sous les successeurs de Théodose attribue au duc de l’Armorique les deux Aquitaines, c’est-a-dire les provinces entre les Pyrénées et la Loire; la seconde et troisiéme Lyonnaise, entre la Loire et la Seine, et la Sénonie entre la Seine et ?Yonne. Le due de l’Armorique était le chef de la marine et des flottes de le Garonne, de la Loire et de la Seine. II n’avail pas dans son commandement les cétes de l’ancien Artois et de la Flandre jusqu’au Rhin; cette partie formait un commandement séparé, sous le nom de Jractus Nervicanus , Cotes des Nerviens
La ligue armorique, dans toute son extension , combattit César dans la seconde campagne des Gaules, et occupa trois corps de son armée. Les plus obstinés de cette ligue furent les habitants du pays qui depuis porta le nom de Bretagne.
Au cinquiéme siécle, lorsque les Gaulois abandonnés par Rome, qui avait passé sous la domination des barbares, you- Jurent défendre leur liberté, la ligue armorique se trouya réduite aux peuples sifués entre la Loire et la Seine, vers ’Océan. L’ Aquitaine était envahie par les Goths; les cétes entre la Seine et le Rhin, occupées ou ravageées par les pirates et les brigands saxons et francs. Les Armoricains seuls défendirent leur indépendance, et surent se preserver des armes et des perfidies de Clovis. G*' G. pe Vaunoncourt.
ARMSTRONG (ArcuiBaLp), vulgairement conuu sous le nom d’Archy, bouffon du roi d’Ecosse Jacques VI, passa, aprés la mort de ce prince, au service de Parcheveque Laud, qui plus tard le congédia. Armstrong en congut un vif dépit, comme onen pent juger par un pamphlet qwil publia sous ce litre ; Archy ’s dream, sometimes Jester to his majestie, but exiled the courl by Canterburie’s malice. On rapporte de lui une foule de bons mots, de faceties et de calembours, mais qui traduits dans une autre langue perdraient toute espéce de sens. I] mournt en 1672.
ARMSTRONG (Joun)}, poéte et medecin, né en 1709, dans le comté de Roxburgh (Ecosse), fit ses études & Edimbourg, ot il fut regu docteur en médecine en 1732. Il alla ensuite s’établir 4 Londres; mais il ne parvint jainais a 8’y faire une productive clientéle: aussi, en 1741, accepta-t-il un engagement pour les Indes occidentales, en qualité de mé-
decin militaire. Revenu 4 Londres en 1749, il fut attaché a un des hdpitaux de cette capitale; puis, de 1760 a 1763, il accompagna l'armée anglaise en Allemagne. Son poéme didactique, The art of preserving health (Londres, 1744) lui assigne un rang honorable sur le Parnasse anglais ; les critiques du siécle dernier s’accordérent a en louer l’exposition et le style. On cite encore parmi ses poemes The iconomy of Love (Londres, 1739), dont certaines descriptions graveleuses faillirent compromettre le succés aux yeux des gens de goat; mais auteur l’épura plus tard. 11 fit aussi paraitre sous le pseudonyme de Launcelof TempLe des mélanges philosophiques intitulés Ske/ches , or essays ‘on various subjects (1758), et publia sous le titre de Miscellanies un recueil d’essais divers. Il mourut en 1779.
‘Son frére, Georges ArmsTRonc, néa Londres, au commencement du dix-huitidme siécle, fut médecin comme lui, et mourut A Londres en 1781. Il avait pris pour spécialité les maladies des enfants et les régles d’hygiéne qui leur sont plus spécialement applicables. Il a publié les résultats de ses observations sous le titre : Hssay on the Diseases most fatal te infants , avec cet appendice : Rules to be observed in the nursury of children, etc. ( Londres, 1767). Cet ouvrage a obtenu de nombreuses éditions.
Un autre médecin du méme nom, John Armstronc, né én 1784, a Ayres-Quay, comté de Durham, mort a Londres, en 1829, préconisa dans son pays les idées de Broussais.
ARMSTRONG (Sir Witutam), ingénieur civil anglais & qui Angleterre doit linvention d’un canon rayé auquel on a donné son nom (voyez ARTILLERIE), se chargeant par la culasse et chassant 4 de grandes portées des buulets crevx munis de fusées imaginées par le méme inventewr. Au commencement de 1858, un comité composé d’officie: s de marine et @artillerie porta, apres un examen de cin mois, un jugement favorable sur le canon, les projectiles et les fusées présentés par M. Armstrong. Le canon Armstrong @ servi avec succés dans la guerre de Chine, et son auteur, né pauvre, a été créé baronet. Il avait déja des ateliers a Elswick lorsque le gouvernement anglais mit |’immense établissement de Woolwich 4 sa disposition. Cet établissement fut bientot en état de fournir un millier de gros canons par an, tandis que celui d’Elswick en produit 650. L. L.
ARMURE (Art militaire ). On appelle ainsi ensemble des piéces d’armes destinées a garantir le corps des coups de Vennemi. Les armures des anciens n’étaient point continues ; elles consistaient en bandes de cuir, revétues de plaques de métal, ou en chainons formant des chemises ou cottes de mailles; il n’y avait guére que la cuirasse et le casque qui fussent formés de lames métalliques d’un seul morceau. Vers la chute de empire romain, les armures continues commencerent a étre en usage chez les peuples de ’0rient; mais , suivant quelques auteurs, elles ne furent employées en France que vers le temps de Louis le Jeune, qui parait étre le premier qui en ail fait asage parmi nous,
Liarmure continue était, & proprement parler, une sorte @habillement en fer ou acier, formé de plaques métalliques contournées suivant leur position, et formant une en veloppe tellement résistante, qu’il fallait souvent plusieurs hommes armés de haches pour tuer un chevalier désargonné et renversé par terre.
L’armure du chevalier se composait : 1° du heaume ; Gasque trés-lourd , embrassant le cou, et portant une visiére a grille et a coulisse servant a couvrir la figure; on bien de Tarmet, qui était une espéce de heaume plus léger que le précédent; 2° du hausse-co 1, desting a garantir la gorge; de lacuirasse; 4° des épauliéres ; 5° des brassards ; 6° des goussels , couvrant les aisselles; 7° des gantelets ; 8° des ¢anettes , couvrant le haut des hanches et des cuisses : 9° des cuissards ; 10° des genouilléres ; 11° des gréves, cou. vrant les jambes et portant les éperons ; 12° des yeuses , espéce de souliers en fer.