ARMOISE
de gré ou de force & raison de vingt francs le brevet , et Pon aura une idée du désordre et de l’avilissement ou sont tombées ces anciennes marques d’illustration militaire.
Nous terminerons cette notice par la nomenclature des diverses sortes d’armoiries. Celles de famille se distinguent : 1° en parlantes, c’est a-dire faisant allusion au nom, comme le créquier de la maison de Créquy, les chabots ( poissons ) de lamaison de Chabot, ete. : il y a des familles illustres dont les armoiries offrent des allusions fort plaisantes ; 2° positives, celles qui different des précédentes, et qui comprennent toutes les armoiries primordiales , historiques et traditionnelles ; 3° arbitraires, celles que les familles changent par fantaisie et sans motif raisonnable : cette espéce est trés-nombreuse; 4° 4 enqguerre, celles qui, violant les régles du blason, donnent lieu de s’enquérir du molif de cette dérogation aux principes ; 5° pures ou pleines, celles qui ne sont chargées d’aucunes brisures, et qui sont telles que les ainés d'une famille ies ont toujours portées ; 6° brisées, celles des cadets, différenciées par l’addition dune brisure ou de quelque meuble étranger et distinct; 7° charaées, celles ou Von a ajouté quelque piéce en commémoration d’une alliance illustre, dune action éclatante; 8° enfin diffamées, celles dont on avait retranché quelque piéce, en totalité ou en partie. On en cite un exemple mémorable : une querelle sanglante s’était élevée entre les enfants de deux lits de Marguerite, comtesse de Flandre , les d’Avesnes et les Dampierre. Le roi saint Louis, choisi pour arbitre et juge de ce différend, condamna les d’Avesnes, pour avoir parlé outrageusement de leur mére, a porter désormais le lion de leurs armes avec la langue et les griffes coupées. Les armes de possession indiquent la réunion de divers états, divers domaines étrangers dans les mains dune méme famille. Telles étaient les armes de Navarre, adjointes & V’écu de France. Celles de prétention sont innombrables en Allemagne, et rares en France. Les armes de substitution sont celles qui remplacent exclusivement les armoiries paternelles. Les armes @’alliances ou d’obligation sont celles que les familles ajoutent aux leurs en écartelures, soit pour se faire honneur de quelque grande alliance, soit en exécution d’une convention expresse. Celles de concession sont les plus honorables et les plus rares, Les armes de patronage sont, par exemple, celles des villes qui portent en chef de leur sceau les armes de leur souverain. Enfin les armes de communautés sont celles des chapitres, universités, académies et corporations d’artisans et de marchands. Ces derniéres étaient plutdt des sceaux que de véritables armoiries. Il n’en fut pas de méme des communautés religieuses. Elles faisaient marcher leurs yassaux a la guerre sous leurs banniéres armori¢ées.
Les armoiries ne sont pas un indice certain de noblesse, et la similitude de deux écussons ne peut pas toujours fonder une présomption d’identité d’origine entre plusieurs familles. La dissemblance des armoiries n'est pas non plus un indice positif de la différence des familles, les concessions et surtout les substitutions ayant fréquemment changé ou modifié les arines de deux fréres ou de Jeur descendance. Enfin, on ne peut rien conjecturer de la noblesse d’une famille sur la simple notion de ses armes, attendu que la plus illustre race a souvent |’écu le plus insignifiant. Cependant Pexpérience a démontré que généralement Jes armes les plus nobles sont les plus simples, c’est-a-dire les moins chargées. Laing.
ARMOISE (corruption du nom scientifique artemisia). Le nom d’artemisia fut donné par Linné & un genre de la famille des composées , formé de plantes vivaces , croissant spontanément dans les lieux stériles, et fleurissant en juin et juillet. Nous avons déja décrit une des principales especes , Vabsinthe; elle peut servir de type pour les autres, dont les plus importantes sont les éragon ou serpentine ( artemisia dracunculus ), lacitronelle ou