BALLET
pen de mots; c’est ce qu’on appelle ballet-opéra : tels étaient ; les Eléments, les Amours des Dieux , ? Europe galante, etc. Ce genre de spectacle n’est plus en usage.
Quelquefois Paction du drame est interrompue , 4 chaque acte, par un ballet qui a une action particuliére, mais dont les personnages sont pris dans le sujet de la piéce : tels sont le ballet des Tailleurs et celui des Marmitons dans le Bourgeois Gentil-homme. Ces sortes de ballets se nomment intermédes.
On appelle ballet d’action une pantomime servant a plusieurs actes, dont le sujet est héroique, comme dans les ballets de Psyché, de Télémaque, de Pdris, de Médée ; noble, comme dans le ballet de Mirza, ou comique, comme dans da Dansomanie, la Chercheuse Wesprit. Le compositeur est A peu prés soumis aux mémes régles que le poéte pour l’invention et la conduite de son plan, qu’il doit d’ailleurs faire servir au développement de son art. Il emploie des airs composés exprés ou des airs qu'il adapte; parmi ceux-ci, il en choisit quelquefois de trés-connus, qui rappellent aussitdt des paroles expliquant la situation de l’acteur : c’est ce qu’on appelle des airs parlanis.
A.-L. MILLIN ( de !’Institut ),
Le premier ballet régulier dont il est fait mention lors de la renaissance des lettres fut offert, dans Tortone , en 1489, 4 Galéas, duc de Milan, qui venait d’épouser Isabelle d’Ara-
gon. C’étaient & cette époque plaisirs royaux. Les ballets |
poétiques, tels que la Nuit, les Saisons, les Ages ; les ballets allégoriques et moraux, tels que les Plaisirs troublés, la Curiositd, leur succédent. On fait aussi des ballets de fantaisie, des Postures, Bicétre, les Cris de Paris, etc. La division de toutes ces compositions chorégraphiques était en cing actes; chacun présentait trois, six, neuf et méme douze entrées. Ce fut Catherine de Médicis qui, en 1581, donna au Louvre le premier ballet exécuté en France, lequel fut annoncé sous le titre de Grand Ballet de Circé et ses nymphes, de la composition de Baltasarini , dit Beaujoyeux , paroles de Renaud et de Baillif. Il cota la somme exorbitante de trois millions six cent mille livres. Plus de quatre-vingts ballets furent représentés a la cour de Henri IV, et le grave Sully, qui en était ’ordonnateur, s’y montra maintes fois exécutant les pas que la sceur du roi lui avait appris. La cour de Louis XIII étant fort triste, le duc de Nemours inventa, pour l’égayer, des ballets qui devaient étre d’assez mauvais gout, a en juger par le titre de Yun d’eux, ou Louis XIII figura : le ballet de Maitre Galimatias , pour le grand bal de la douairiére de Billebahaut et de son fanfan de Sotteville. Richelieu rendit aux ballets leur gravité et leur ennui; en 1641, on vit danser 4 la cour deux grands ballets : le Temple de la Gloire et la Prospérité des armes de France. Ces productions, tirées de la Fable, ne furent remarquables que par leur faste.
Mazarin fit danser Louis XIV en public dans le ballet de la Prospérité des Armes de France. La continuité des spectacles de la cour, Vopéra que Mazarin avait introduit A Paris en 1645, formérent peu 4 peu le godt des Francais , et le ballet suivit les progrés des autres compositions dramatiques. Cassandre, ballet dont Benserade avait fait les récits, fut le premier dans lequel on vit danser Louis XIV, alors 4gé de treize ans; on l’exécuta le 26 février 1651. Ce monarque s’occupa des plaisirs de ses sujets, les régala de ses ronds de jambe , de ses entrechats , jusqu’en 1669. On représenta a la salle de la rue Guénégaud le Triomphe des Dames, comédie de T. Corneille , dont le ballet du Jeu de Piquet est un des intermédes. On dansa sur le thédtre de Académie royale de Musique dés son ouverture. La danse n’y fut qu’en sous-ordre pendant quelque temps ; les roles de femmes dans le ballet étaient remplis par des hommes travestis et masqués. Le premier ballet ou les femmes se montrérent avait pour titre Ze Triomphe
de Amour; on ne pouvait mieux choisir le titre. Lulli n’avait pourtant que quatre. danseuses ; il langa bravement sur la scéne mesdemoiselles Lafontaine, Roland , Lepeintre et Fernon; leur succés fut prodigieux. Les ballets de ce temps n’¢taient que des opéras coupés de maniére a4 donner un peu plus de développement a la danse. Lulli réforma le ballet en introduisant la danse légéie, que |’on traitait auparavant de baladinage. Les danseurs ne parsissaient sur le théatre qu’avec un masque ; les femmes n’avaient pas voulu perdre une partie de Jeurs avantages en se couvrant la figure.
Louis XIV fonda en 1661 l’Académie de Danse, qui tenait ses séances dans un cabaret ayant pour enseigne /’ £pée de Bois. Galant du Désert , maitre a danser de la reine, présidait cette académie. C’est la Camargo qui battit les premiers entrechats en 1730, et elle ne les battit qu’a quatre. Trente ans plus tard, M''* Lany , excellente danseuse , les battit 4 six ; ensuite on les battit & huif. On a vu un danseur les frotter 4 seize en avant. La pirouette ne s’est montrée sur notre grand théatre qu’en 1766 : elle y fut apportée de Stuttgard, par Ferville et M''® Heinel. Quinault disposait avec art les fétes et les divertissements de ses opéras; Lamotte et ses contemporains prirent ensuite une autre route, et le mauvais godt du siécle de Louis XV porta sa funeste influence sur les ballets.
Noverre parut; il retrouva l’art de la pantomime , et
| donna les premiers modéles du ballet d’action tel que nous
le possédons, modéles que Maximilien Gardel, Dauberval et Gardel jeune surent perfectionner. Le 13 juin 1763, on représenta Isméne et Isménias , dans lequel plusieurs seénes de Médée et Jason, ballet-pantomime, sont intercalées. Ce fragment fut ensuite ajouté a Hypermnestre; on ne gotta les cuvres de Noverre que quand il vint en France pour y faire exécuter ses ouvrages. Maximilien Gardel avait quitté le masque; ses camarades l’imiterent bient6t; les choristes dansants l’ont conservé pourtant jusqu’en 1785. ,
La famille Vestris, originaire de Florence, a régné prés dun siécle sur notre empire dansant. Ga¢tan Vestris parut en 1748 a Opéra, quil n’a quitté qu’en 1800; il avait quatre fréres qui suivaient Ja méme carriére. Son fils Auguste, virtuose du plus grand talent, se fit admirer dans la pantomime et l’exécution des pas. Il debuta a l’Opéra le 25 aott 1772, dans la Cinguantaine, et s'est retiré le 27 septembre 1816 par U’Enfant prodigue. On compte parmi ses éléves Perrot et Taglioni. Dans les compositions de Gardel, on distingue Télémaque, Psyché, Achille a Scyros, Pdris, la Dansomanie, Paul et Virginie, l’ En- Sant prodigue. Noverre donna quelques ballets 4 Milan, et sa maniére se propagea dans toute l'Italie. Rosni, Clerico, Franchi, Mazzarelli, Angiolini, Gianini, formés par Noverre , ouvrirent la carriére aux fameux Vigano et Gioia. M''®* Guimard, Allard, Heinel, Lany, et, plus tard, M™* Gardel, Chevigny, Clotilde, Delille, Pérignon, Gosselin, Fanny Bias, Bigottini, Chameroy, brillérent sur notre grande scéne lyrique, ot l’on applaudit suecessivement A. Vestris, Beaupré, Branchu, Nivelon, Lepicq, Laborie, Deshayes; Henry, Didelot; Beaulieu, Saint- Amand, Duport.. 9) |
Les danseurs de l’Qpéra figurent a la fete que Robespierre dédie a!’Etre-Supréme ; et plusieurs pidces révolutionnaires, telles que ’'Offrande a la Liberté, ballet; la Réunion du 10 aowt, opéra en cing actes, sont représeni¢es du temps de la république. Dans la Rosiére républicaine , A. Vestris, en sans-culotte, dansait un pas de trois avec deux religieuses, représentées par M™*S Pérignon et Adeline.
Albert, Coulon , Barrez, Paul , surnommé !’Acrien, madame Montessu, sa scour, M™* Legallois, Brocard, Vigneron, Anatole, Lacroix, Noblet, Julia, Dupont, Buron, Leroux, Louisa, Roland, Perceval, Mimi-Dupuis, Athalie, figu:
rérent A leur tour a POpera, la plupart dans des rdles principaux. M'* Marie Taglioni débuta sur ce théatre le 23 iuillet 1827, dans le Sicilien, avec le plus grand succés; elle termina ses représentations le 10 aodt suivant par de Carnaval de Venise. Revenue a Paris lannée suivar.te, elle reparut le 30 avril dans les Bayadeéres , et joua ensuite le rdle principal dans le ballet de Psyché; on ’engagea pour quinze ans a dater du 1° mai 1829. Perrot, jeune danseur d’une prodigieuse légéreté, et M''* Duvernay sont venus plus tard.
Depuis Gardel, M. Milon a composé Pygmalion, Héro et Léandre, Ulysse, les Noces de Gamache, U Epreuve villageoise, Clary. C’est & Dauberval que nous devous la Fille mal gardée. Les Amours de Vénus, Pygmutlion et la Double féte firent la réputation de Coindé. Didelot, auteur de Flore et Zéphire, de Cendrilion , s'est montré le digne éléve de Dauberval. Antoine et Cléopdtre, la Somnambule de M. Aumer, Almaviva, les Filets de Vulcain, de M. Blache, sont des ouvrages dignes d’étre remarqués. Aline, Joconde et beaucoup d’autres ballets composés avec des livrets d’opéras ont été suivis de la Somnambule, Manon Lescaut, Vv Orgie, dont M. Scribe a donné les programmes. C’est A Adolphe Nourrit que nous devons celui de la Sylphide, ballet composé par M. Taglioni, et dans lequel M''* Marie, sa fille, s’est signalée. Le Dieu et la Bayadére, opéra-ballet, a été écrit pour cette virtuose ravissanie. Un pas de naiade qu’elle dansait dans la Belle au bois dormant a fait le succés de ce ballet. Le ballet des Nonnes dans l’opéra de Robert-le - Diable est dun trés-bel effet. Castit-Buaze.
Au milieu de toutes nos révolutions le ballet est resté un honneur. Qw’il nous suffise de citer dans la derniére période le Diable boiteux, la Peri, Paquita, la Fille demarbre, la Filleule des Fées, le Violon du Diable, la Vivandiére , etc., et parmi les chorégraphes , les danseurs et les danseuses , Coralli, Mazilier, Perrot, Petipa, Saint-Léon, M™e* Fanny Essler, Carlotta Grisi, Fanny Cerrito, Plunkett, Ferraris, Rosati, Emma Livry , Bozacchi, etc.
BALLON, vessie enflée d’air et recouverte de peau , dont se sert pour jouer, en se la renyoyant avec le poing, ou avec le bras couvert d’un brassard, ou avec le pied. Le partner, placé & distance, la renvoie de méme, aprés son premier bond; et l’adresse des joueurs n’est en défaut que lorsqwils ne parviennent pas a l’atteindre pour la repousser. Il faut, pour cet exercice, de grands emplacements, tels que ceux dont les amateurs se sont emparés a Paris dans les Champs-Elysées.
Dans les laboratoires , on nomme ballon un vase de verre de forme sphérique, destiné & recevoir des gaz et des fluides.
BALLON AEROSTATIQUE. Voyez Aénostar.
BALLOTTAGE. On appelle ainsi , dans le mécanisme des élections, un tour de scrutin qui décide lequel l’emportera de deux compétiteurs qui ont eu le plus de voix dans un scrutin précédent. 1] arrive en effet souvent que les partis restant divisés, et les voix se perdant sur un cerfain nombre de candidats, une élection resterait nulle si ’on s’en tenait ala majorité absolue. Pour en finir alors, ou on se contente de la majorité relative, ou bien on procéde a un scrutin de ballottage, dans lequel on ne peut porter valablement que les noms qui ont eu le plus de voix jusque la. C’était ainsi qu’on procédait pour les élections des députés sous la monarchie constitutionnelle : aprés deux tours de scrutin sans résultat, on procédait a un scrutin de ballottage. Les électeurs qui voulaient continuer A voter élaient obligés d’abandonner leurs choix particuliers