BANDE — BANDELLO
fasce , le chevron, etc. Le landgrave de Hesse porte : d’azur au lion bandé Wargent et de gueules de huit piéces. On Ye dit aussi des bandeaux qui sont sur les tétes des figures du blason. Quand le baton ne touche pas les bords de ’écu, on Pappelle péri en bandes. Les bandes, les barres et les fasces représentent, dit-on, les écharpes que les dames donnaient aux chevaliers dans les fournois. Les bandes qui sont dans les armoiries de plusieurs familles viennent de ce que leurs ancétres, dans les divisions des maisons d’Orléans et de Bourgogne , avaient pris part pour les premiers , dont les partisans portaient des bandes ou des écharpes blanches.
En termes de marine, bande signifie cdte. On dit, par exemple : nous naviguons & deux degrés de la ligne de la bande du Nord... La déclinaison de Vaiguille est 1a de tant de degrés de la bande du Sud, etc. La bande est aussi l’inclinaison dun vaisseau , de quelque cause qu’elle provienne ; donner la bande, c’est incliner un vaisseau sur un cété. On donne la demi-bande aux yaisseaux dont on veut visiter une partie de la caréne pour la nettoyer, réparer une voie deau, etc. Passer @ la bande, cest garnir les haubans et les vergues de matelots pour saluer de la voix. Les bandes de ris sont des bandes de toile transversales que Yon coud sur Pavant d’une voile pour renforcer la toile dans laquelle on perce les ceils destinés 4 recevoir les garcettes de ris. Enfin, larguer en bande, c’est ouvrir les mains et laisser entiérement aller un cordage sur lequel on faisait force, etc.
En termes de billard , la bande est le bord de la table sur laquelle on joue. La bande est haute de deux ou trois pouces. On dit col/ée sous bande, ou simplement collée, en parlant d’une bille qui touche a la bande et qui s’y arréte.
Enfin le mot bande signifie généralement une troupe de plusieurs personnes associées pour un méme dessein; on a dit autrefois une dande de comédiens ; on appelait la grande bande des violons du roi, les 24 violons qui la composaient. On dit encore une bande de factieux, de séditieux, d’égyptiens , de bohémiens , de voleurs. De la on a dit faire bande & part , pour dire se séparer dune troupe, d’un parti avec lequel on avait des intelligences et des rapports.
BANDE NOIRE. On appela ainsi, lors de notre premiére révolution, les associations de capitalistes et d’hommes versés dans tous les détails de Ja construction qui achetérent les biens ecclésiastiques confisqués comme propriétés nationales, les domaines appartenant aux émigrés et les batiments rendus inutiles par !a suppression des fidéicommis et des majorats. Cette qualification déshonorante fut appliquée a ces associations , parce qu’elles cominirent alors de véritables actes de yandalisme en démolissant une foule @édifices vénérabies par leur antiquité, sans se soucier des souvenirs historiques qu’ils rappelaient non plus que des cuvres d’art qu’ils constituaient, uniquement pour en revendre les matériaux et le sol méme divisé en petits lotissements. Les mémes spéculations se produisirent en Allemagne a l’égard des églises et monastéres sécularisés aux fermes de la paix de Lunéville.
BANDEAU. Ce mot a presque la méme acception générale que le mot bande. Le bandeau en effet est un morceau de linge, de toile, d’étoffe, en forme de bande plus ou moins large, qu’on met autour du front, ou autour de la téte , comme vétement , comme ornement ou comme parure.
Le bandeau des religieuses est une bande de toile que les religieuses portent sur le front, pour signifier qu’elles ferment volontairement les yeux, afin de ne plus voir Jes folies du monde, auquel elles ont renoncé. Autrefois, les veuves étaient astreintes 4 porter ce bandeau. On mettait aussi un bandeau dans le sacrement de la confirmation.
On appelle le diadéme un bandeau royal, parce que la marque de la royauté était autrefois un bandeau, que les rois portaient sur le front.
La Fortune et Amour sont représentés avec un bandeau sur les yeux, parce que la premiére est aveugle dans la distribution de ses richesses, qu'elle accorde an hasard et sans distinction , et que les amants ne voient point les défauts de la personne qu’ils aiment. On met aussi un bandeau aux figures qui représentent la Justice, pour indiquer que les juges ne doivent connaltre ni favoriser personne, et quwils sont appelés a rendre également la justice 4 tous. De la on a dit figurément qu’un homme a un bandeau sur les yeux, pour dire qu’il est aveugle d’esprit, qu'il est préoccupé de quelque passion qui l’empéche de voir les choses telles qu’elles sunt. L’amour-propre, en ce sens, est comme un bandeau épais qui nous empéche W@apercevoir nos défauts.
En termes d’architecture, le bandeau est une plate-bande unie que l’on pratique autour des croisées et arcades d’un batiment. Le bandeau différe des chambranles en ce que ceux-ci sont ornés de moulures, et que le premier, d’ordinaire, n’en a point.
BANDELETTE, petite bande avec laquelle on lie ou lon bande quelque chose. Les victimes chez les paiens étaient ornées de handelettes. Les pontifes se couvraient aussi la téte de bandelettes, qu’on appelait sacrées, pour faire des sacrifices ou des priéres publiques dans [es cérémonies extraordinaires. Les dames romaines se coiffaient avec des bandelettes ; c’était une marque de pudeur et de chasteté, que les courtisanes n’osaient porter; on lit en effet ce vers dans Ovide :
Este procul, vitte tenues, insigne pudoris,
En architecture, onappelle bandelettes une petite moulure plate qui a autant de saillie que de hauteur, comme celle qui couronne larchitecture toscane ou dorique. On connalt encore la bandelet¢e sous le nom de ¢énie, du latin tenia, qui dans Vitruve a la méme signification.
BANDELLO (Marreo), poéte italien, né vers l’an 1480, a Castel-Nuovo en Piémont, fut d’abord moine dominicain. Puis, son oncle étant devenu général do cet ordre, en 1501, il ’'accompagna dans divers voyages, et eut ainsi occasion de mener un genre de vie plus libre, grace auquel il put plus tard se livrer a l'étude des sciences et des lettres, a Rome ainsi qu’a Naples. En 1525, aprés la bataille de Pavie, les Espagnols l’expulsérent, comme partisan des Frangais, de Milan, oa il donnait des lecons a Lucretia, fille de Pirro Gonzaga. Il se retirad’abord auprés de Louis Gonzaga, puis auprés de Cesare Fregoso, qui était entré au service de France, et dans J'intimité duquel il vécut alors longtemps, tant dans les camps que dans diflérentes cours d’{talie. En tous lieux, il sut se taire bien venir des plus grands seigneurs et des plus nobles dames. Amené en France par Francois I‘, il vécut, aprés la mort de Fregoso, son protecteur, 4 Agen, dans sa famille, et fut nommé évéque de cette ville en 1550. Mais il ne tarda pas a abandonner Pac'ministration de sun diocése a l’évéque de Grasse, pour pouvoir achever ses Nouvelles, qu’il fit effectivement paraitre en italien (3 volumes, Lucques, 1554). Ii y ajouta encore un 4° volume, qui parut a Lyon en 1573, ap.és 8a mort, arrivée vraisemblablement vers 1562. Camillo Franceschini en donna une nouvelle édition & Venise, en 1566. Boistuau ef Belleforest en ont donné une imitation. C’est la qu’on trouve pour la premiére fois Phistoire de Roméo et Juliette, la comtesse de Savoie, etc,
On a en outre de Bandeilo Cante X/ celle lodi della S. Lucrezta Gonzaga di Ganzuela e del vero amore, col tempio di pudicizia ( Agen, 1545), et deux autres poemes qui sont de peu d’importance. D’autres poémes, qui existent en manuscrit a Turin, furent publiés par Costa en 1816, sous le titre de Rime di Matleo Bandello. \\ est loin d’égaler Boccace ; mais Pharmonie concise de ses périodes, un¢ narration rapide et une simplicité naturelle font lire ses
Nouvelles. Le contenu n’en est pas toujours conforme aux lois de la pudeur, et méme il mérite ce reproche encore plus que Boccace; car il se complatt volontiers aux tableaux et aux descriptions obscénes, et n’épargne ni la couleur ni les développements pour les rendre plus sensibles 4 Vimagination.
BANDERALI (Davin), célébre professeur de chant au Conservatoire de Paris, naquit 4 Polazzo, Je 15 janvier 1793. Dés l’age de quatorze ans, et étant encore a Lodi, chez son pire, homme d'affaires d’une riche famille italienne , il fit preuve de dispositions mélodiques si précoces et si remarquables, qu’on le laissa se livrer 4 l’étude de la musique, dans laquelle, a l’aide d’une voix expressive et pure, il se fit bientét distinguer. Aussi, 4 peine 4gé de dixhuit ans, parut-il avec succés sur les grandes scénes de Vitalie, ef notamment, pendant sept ans, au thédtre de ta Scala. ll avait vingt-trois ans lorsque Napoléon , comme roi d’Stalie, l’attacha a la chapelle du vice-roi 4 Milan, et ce fut en cette qualité que Banderali fit le voyage de Moscou avec les chanteurs d’élite que l’empereur y avait appelés. Revenu en Italie, il était en 1822 professeur au Conservatoire de Milan.
A cette époque , le mouvement donné au systéme musical dramatique par Jes chefs-d’ceeuvre de Rossini tendait a s'implanter en France. Le grand maestro nous prometiait bien une suite d’euvres nouvelles, composées exprés pour notre scéne; mais il y mettait une condition, c’était que l’Académie Royale de Musique lui livrerait des instruments, cest-a-dire des voix propres 4 exécuter ses ceuvres. La chose n’était pas facile. Cependant M. Lenormand, inspecteur des beaux-arts, fut envoyé en Italie, avec la mission d’attirer et d’attacher au Conservatoire de Paris le professeur David Banderali, qui consentit 4 se rendre en France.
A partir de ce moment Yart de la vocalisation put répondre aux ceuvres nouvelles du nouveau systéme lyrique, et s'infiltra peu A peu dans l’exécution de l’opéra comique et jusque dans les plus minces émanations de l’inspiration musicale ; scénes, romances, vaudevilles, etc., etc. C’est de la classe de Banderali que sont sortis les artistes dont nos diverses scénes et celles de l’étranger se sont successivement enrichies, La décoration de la Légion d’Honneur yint un peu tard récompenser tant de travaux utiles. Banderali est mort le 13 juin 1849, a Paris.
BANDEROLE (mot dérivé de italien banderola, diminutif de banda), petite enseigne, petit étendard en forme de guidon, plus tong que large, dont Vusage est trés-varié, et que lon employait jadis surtout comme ornement des mats de vaisseau (voyes FLAmME). Autrefois, dans les armées de terre, les banderoles servaient de distinction & une petite troupe, et étaient subordonnées aux banniéres. Les argonlets et les stradiots avaient, au lieu de cornette, une longue banderole attachée a une longue lance. L’enseigne des archers 4 cheval était en banderole. Melzo nous montre en Espagne les capitaines des compagnies de lances portant une banderole ou flamme a leur lance. C’était ainsi 4 la fois le signe de {a compagnie et celui de son chef.
D’autres banderoles étaient celles des chevaliers du moyen Age, composées d’une bande ‘longue et peu large qui s’attachait et flottait prés du fer de la lance. Par caprice ou par imitation, les croisés frangais, les officiers d’armes , les hérauts d’armes, ornérent leur pique, leur lance, leur pertuisane de banderoles de toutes formes. Dans le neuviéme siécle il y en avait & trois fanons ou découpures. Dans la maison militaire de Charles VI on en retrouve de carrées et d’autres finissant en deux pointes. Lacurne témoigne qu’il a été de mode que la couleur ou les armoiries des banderoles répendissent aux autres parties coloriées ou armoriées de V’armure, Nos compagnies d’ordonnance portaient la banderole , et l’usage en régnait encore parmi