EUROPE
ALLEMAGNE, — Autricne. Banque nationale Autrichienne, & Vienne. Dés année {703 une banque de virement fut établie & Vienne, et en 1714 elle fut agrandie, érigée en banque de ville, et administrée pour le compte de V’Etat. Jusqu’en 1784 elle avait émis pour 34 millions de florins de billets. Dans les guerres de 1792 a 1811, la masse des billets de banque en circulation fut portée 4 plus d'un milliard de florins, valeur dite de Vienne ; aussi le cours en tomba-t-il tellement, qu’en 1811 on sentif la nécessité de recourir 4 une opération financi¢re 4 la suite de laquelle les anciens billets en circulation furent admis pour le cinquiéme de leur valeur nominale en échange d’un nouveau papiermonnaie appelé Kinlesungscheine (certificats de retrait ) auquel on adjoignit plus tard des Anticipationsscheine. Aprés la paix de 1815 les finances de l’Autriche étaient si complétement épuisées , qu’il lui fut impossible de rétablir la circulation monétaire. Le temps était passé ott on pouvait a volonié batire monnaie 4 l’aide de la banque de Vienne. Il n’y avait plus d’autre ressource praticable que de se jeter dans les bras du public , que de lui abandonner la direction de la banque, et d’y attirer 4 tout prix les capitaux étrangers. Ainsi fut fondée, en 1816, la Banque nationale Autrichienne, encore aujourd’hui existante. On lui accorda les priviléges les plus étendus, et elie fut divisée en actions de la valeur de 1000 florins, monnaie de convention , contre
-versement de 100 florins, monnaie de convention, et 1000 flo-
rins valeur de Vienne. Malgré de tels avantages, sur Ic
100,000 actions offertes, 56,621 seulement trouvérent pre neurs. Le but de la nouvelle banque était de retirer peu a peu de la circulation plus de 600 millions en Certificats de Retrait et d’Anticipations, et de ramener ainsi la circulation au pied de la monnaie de convention , d’escompter des effets payables sur la place de Vienne, de faire des avances sur matieres d’or et d’argent ainsi que sur effets publics autrichiens, de recevoir des dépéts, d’émettre des billets au porteur; et depuis 1842 on y a encore ajouté les virements de parties. Elle délivre des mandats payables dans ses diverses succursales, et celles-ci 4 leur tour délivrent des mandats payables 4 l’établissement central. En 1841 la durée de son privilége fut étendu jusqu’en 1866 avec de nouveaux statuts, et en 1862 elle fut prorogée jusqu’en 1876. Elle a 23 succursales, notamment a Linz, Prague, Brunn, Olmutz
Pesth, Temeswar, Lemberg, Cracovie, Inspruck, Trieste, Graiz, Laybach, Troppan, Agram, Hermanstadt, Salzbourg. Les billets qu’elle a anjourd’hui en circulation sont de | el de 2 florins ( provisoirement seulement, depuis 1848), de 5, 10, 50, 100 ct 1000 florins. Les commotions terribles que les tempétes politiques de 1848 ont occasionnées dans les finances autrichiennes ont eu les résultats les plus désastreux pour la banque. Elles ont déchiré le voile qui avait toujours caché jusque 1a ses opérations intérieures et ses ressources , et mis 4 nu une foule de ses plaies. Le cours de ses actions baissa alors considérablement, et la valeur des billets émis par elle tomba au-dessous du pair. A I’6poque des complications diplomatiques survenues vers la fin de 1850 avec la Prusse, la dépréciation subie par les billets fut un instant de 54 pour 100, en méme temps que les espéces monnayées avaient pour ainsi dire complétement disparu de la circulation. Le mal provenait surtout de ce que V’Etat se servait toujours de la banque pour intermédiaire dans toutes ses grandes opérations financiéres , faisant 4 cet effet d’immenses sacrifices, qui ne lui rapportaient aucun profit. On proposa donc a ce moment de complétement séparer les finances de Etat de institution de la banque; mais il ne fut pas donné suite 4 ce projet. Une commission d’hommes compétents, instituée en 1850 pour réglementer le systéme monétaire autrichien, jeta une vive lumiére sur l’influence de la banque ainsi que sur les vices de tout le systéme financier de l’Etat, et fit plusieurs propositions d’une haute importance, mais demeurées pareillement sans résultats. Depuis la crise de 1848 les billets de la banque de Vienne ont recu cours forcé. Le rapport de ces billets en circulation avec les métaux précieux existant dans les caisses de la banque était en octobre 1849 comme 12 */; est 41; le 31 décembre 1850 il était encore comme 8 est a {. A cette méme époque il restait en circulation pour 6,433,963 florins d’anciens Certificats de Retrait et d’Anticipations, dits valeurs de Vienne, et dont V’échange entrait dans les attributions de la banque. Le 31 décembre 1860 la circulation s’élevait 4 474,800,000 florins; en ajoutant a ce chiffre 41,800,000 florins de lettres de gages, le papier-monnaie représentait un chiffre de 516 millions de florins. Pour faire face 4 une circulation fiduciaire aussi étendue, les valeurs sérieuses de l’actif n’étaient que de 243 millions, dont 91 en espéces et lingots. La plus grande partie du surplus de l’actif consistait en 257 millions Wavances faites 4 Etat. En janvier 1862 la circulation des billets était de 475 millions; les avances a l’Etat avaient élé réduites 4 249 millions, et l’encaisse avait un peu augmenté. Le capital de la banque (56,621 actions) est de 30,372,600 florins. Un dividende de 56 florins en 1862, de 52 en 1866, a élé payé aux aclionnaires, au nombre de 150,000.
Une autre banque autrichienne est la caisse du commerce ou le Monte civico commerciale , fondée en 1843 a Trieste, par souscriptions particuliéres, avecun capital de 500,000 fl. ; établissement garanti par la ville et par la bourse. Ses opérations sont l’escompte et le prét sur marchandises.
Bavibre. La Caisse bavaroise Whypotheques et de change, fondée en 1835, par actions de 500 florins, a son siége 4 Munich et une succursale 4 Augsbourg, Elle est instituée pour venir en aide a l’agriculture par des préts sur hypothéques, et au commerce ainsi qu’a l'industrie par des opérations d’escompte, de prét, de dépdt, de virement, d’assurances , de rentes viagéres et autres affaires semblables , de méme qu’en recevant des capitaux a intérét. En 1851 le fonds de roulement de la banque s’élevait 4 13 millions de florins, mais il y a faculté de le porter & 20 millions. Les trois cinquiémes doivent en é¢tre employés en préts a la propriété fonciére, et les deux autres cinquiémes auy différentes autres opérations rentrant dans ses statuts. La hanque émet des billets au porteur, mais pas au-dessous de $0 florins, et toujours remboursables 4 vue en especes;
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elle posséde en outre le privilége exclusif d’émettre en Baviére du papier-monnaie, mais la somme n’en doit jamais dépasser les quatre dixiémes de son capital. En 1850 la masse des billets en circulation s’élevait A 5,200,000 flor. A Nuremberg, oii avait été fondée en 1621 une célébre banque de virement , depuis longtemps supprimée, existe aujourd’hui la Banque royalede Baviére, fondée vers 1785 comme banque d’Etat, et dont le capital de fondation est de 1,500,000 fl. C’est une banque d’escompte et de prét, et elle prend aussi des dépdts portant intérét. Elle fait également des opérations de change et sert en méme temps de caisse d’épargne. La moitié de ses bénéfices nets revient a I’Etat. Créée A l’origine a Ratisbonne, elle fut transférée 4 Furth, puis définitivement établie 4 Nuremberg ; elle a des succursales 4 Anspach, 3 Bamberg et & Wurtzbourg. :
Hampoorc. La Banque de Hambourg fut fondée en 1619 dans le but surtout de donner aux monnaies une valeur fixe et invariable. C’est une simple banque de virement, qui ne recoit pas les dépdts & ce nécessaires en especes monnayées, mais en argent en barres, le marc fin calculé A 24 3/, mares de banque, et qui en cas de retrait d’argent se compte au méme taux. Elle préléve pour tous droits d’administration et de conservation 1 du mille, et seulement encore au moment ou on lui dépose de l’argent en harres. On peut également en devenir membre par le transfert 4 son profit d’une somme (elle ne saurait étre moindre de 100 mares) portée au débit dun tiers. Toutefois, pour étre admis A y avoir un compte ouvert, il faut posséder la qualité de bourgeois de Hambourg ; et les Israélites en payant les frais attachés au droit de bourgeoisie. Les négociants étrangers ne le peuvent que par Vintermédiaire et sous le nom d’un bourgeois de Hambourg. La banque fait aussi des avances sur des piastres espagnoles et américaines et sur quelques autres monnaies étrangéres brutes, moyennant 1 schilling banco d’intérét par mare d’argent fin pour trois mois. Elle préte aussi sur cuivre, a raison de 37 ‘/.1 marcs de banque par 100 livres; mais elle s’abstient de toutes autres operations. Ses affaires sont tenues secrétes, et chaque intéressé ne peut obtenir de renseignements que sur la situation de son propre compte courant. Le mouvement d’affaires de la banque est évalué & trois millions de mares par jour, par conséquent a environ un milliard de mares par an. La réserve en argent s’éléve ordinairement de 16 4 20 millions de mares. Cet établissement passe pour l'un des mieux administrés de ’Europe. En 1669 il subit une perturbation passagére , et encore une seconde en 1813 et 1814, époque ot le maréchal Davoust s’empara de sept millions et demi de mares (14 millions de frances) appartenant a divers particuliers, et qui s’y trouvaient déposés. Par le traité conclu le 27 octobre 1816, la France ne s'engagea a tenir compte, a tilre d’indemnité, que d’une somme de 10 millions, représentés par une rente annuelle de 500,000 fr. sur le grand livre. Une crise extraordinaire frappa en 1857 la place de Hambourg : de nombreux achats de marchandises élendirent trop fortement son crédit, et les suspensions des banques d’Amérique et de quelques maisons anglaises amenérent une panique que l’intervention de l’Etat et un prét de la banque de Vienne parvinrent enfin a
arréter.
Prusse. Banque de Prusse, & Berlin. En 1765 fut fondée
comme tablissement d’Etat une grande banque royale, qui devait s’occuper de toutes les opérations de banque, et od devaient ¢tre déposés, pour porter intérét A 2, 2 '/: et 3 pour 100, toutes les sommes placées entre les mains de la justice, toutes celles qui appartenaient & des mineurs, ou encore aux églises, aux établissements de charité, etc. Sous le régne de Frédéric-Guillaume IT le capital de fondation de cette banque, montant & 8 millions de thalers, fut restitué au gouyernement, et depuis elle n’eut plus d’autre fonds de roulement que celui qui provenait des bénéfices antérieurement réalisés par elle, La guerre de 1806 obligea la banque
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Suspendre ses paiements ; mais un édit royal, datéde Vienne le 5 avril 1815, mit cet établissement en état de reprendre ses opérations. La banque ne dépendait spécialement d’aucun ministére, mais était placée sous lautorité d’un gouverneur investi de pleins pouvoirs et responsable. Elle émettait des billets qui en 1836 furent retirés de la circulation et remplacés par Etat au moyen de 3 millions de thalers d’assignations de caisse (Kassenanweisungen). En 1847 cet établissement subit une compléte transformation. Un ordre de cabinet en date du 11 avril 1846 avait en effet décidé que la constitution et le mécanisme intérieurs de la banque seraient mis en rapport avec les besoins du temps, et permis que son capital fit augmenté de 10,000,000 de thalers au moyen de souscriptions particuliéres et volontaires, qui furent rapidement réalisées, et en échange desquelles on remit aux intéressés 10,000 actions de 1,000 thalers chacune , dites Banks-Antheilscheine ; d’ou il résulta que la banque perdit le caractére de simple banque d’Elat qu’elle avaiteu jusque a, et prit le titre de Banque de Prusse. Le nouveau statut organique de la banque, en date du 5 octobre 1846, ne contenait point de modifications essentielles en ce qui touchait les opérations de la banque, mais autorisait institution 4 émettre des billets pour une somme totale de 21 millions de thalers ; les billets émis ne pouvaient étre inférieurs 4 25 thalers. Une loi du 7 mai 1856 ne mit aucun terme a |’émission des billets, ala condition que l’excédant des 21 millions fixés par les statuts fat représenté par un tiers en espéces ou en lingots, et le surplus en valeurs de portefeuille escomptées. La coupure des billets fut abaissée 4 20 et a 10 thalers; le cupital ancien porté a 15 millions (56,250,000 fr.), et l'intérét percu par VEtat et par le public de 3 1/2 4 4 1/2. Enfin le remboursement du capital était prorogé jusqu’en 1871, et de dix ans en dix ans si le gouvernement n’usait pas de son droit pour rentrer en possession entiére de la banque. Les bénéfices de la banque sont d’abord employés a servir aux actionnaires un intérét annuel de 4 1/2 pour 100; le reste, déduction faite @un quart attribué a la réserve (laquelle peut s’élever jusqu’a moitié du capital de fondation), est attribué, moitié aux actionnaires, moitié a l’Etat. L’établissement est en outre banque de dépdt, d’escompte, de virement et de prét. Les affaires de virement s’opérent au moyen de traites tirées sur la banque par ses créanciers et qui circulent dans le commerce a V’instar d’argent en barres. La Banque de Prusse, indépendamment de son établissement central 4 Berlin, avait, en 1865, 128 succursales, dont 120 de seconde classe (commandites ou agences) et 8 de premiére (comptoirs de banque) a Breslau, Dantzig, Cologne , Kcenigsberg, Magdebourg, Munster, Posen et Stetlin. En 1851, le cours des actions de la Banque de Prusse était de 96 a 97. Indépendamment de I’interét élevé a 1 4/2, lannée 1858 avait donné 7,40 pour 100; 1860, 5,20; 1862, 6,25; 1864, 10,95; et 1865, 10,93 pour 100. Au 31 décembre 1860, le bilan de la banque accusait une situation favorable: a l’actifunencaisse métallique de 76 millions th. (285 millions fr.), et un portefeuille de 48 millions, ressources plus que suffisantes pour répondre a une circulation de 88 millions de billets et 4 moins de 22 millions de dépéts. En 1856, la banque de Prusse cessa d’étre indépendante et passa sous la direction du ministre du commerce.
La direction de la banque privée de I’Etat, nommée Seehandlung, est chargée de toutes les opérations financiéres
prunts contractés a l’étranger, etc. Cet établissement gagnait , en 1864, 1,075,062 thalers (4,031,482 fr.) , et possédait a la fin de l’année un capital de 11,296,469 fr.
Apres ce principal établissement de crédit que posstde |
la Prusse, il faut encore citer: 4 Berlin, Vassociation des caisses (Kassenverein), fondée en 1831, au capital de
160,000 th. ; la Banque de l’association des caisses , fondée en 1850, au capital d’un million de thalers, autorisée 4 émettre des billets pour somme pareille en coupures de 10,
| 20, 50, 100 et 200 thalers; le cours de ses actions était, en
| 1851, de 114; — a Breslau, l'association des caisses, fondée
en 1846 par vingt maisons de commerce de Breslau, au capitai de 200,000 thalers, représenté par des parts de 10,000 th. chacune : cet établissement s’occupe d’affaires d’escompte et de virement; la banque urbaine de Breslau, fondée en 1848 par cette ville; — a Ste/tin, la banque particuliére de la noblesse de Poméranie, qui s’occupe de préts sur immeubles : fondée en 1825, réorganisée en 1833 et jouis~ sant aujourd’hui du meilleur crédit; — les banques urbaines de Posen, de Dantzig, de Cologne et de Kanigsberg, fondées en 1857, et celle de Magdebourg, qui date de 1859. Ces divers établissements sont autorisés 4 émettre des billets qui circulent avec la plus grande facilité, et généralement au pair.
Saxe. La Banque de Leipzig fut créée en 1839, au capital de 1,500,000 thalers, avec autorisation de ’augmenter en proportion de ses besoins. Ses opérations consistent a recevoir des capitaux étrangers, soit a titre de dépot, soit aintérét, et comprennent |’escompte des bonnes valeurs de la place, l’achatde traites tirées sur l’étranger, les avances sur bonnes garanties, les acquisitions d’effets publics , d’actions, de matiéres d’or et d’argent, les préts sur hypothéques, les avances sur consignations, le rachat de ses propres actions et l’émission d’un papier de circulation. Ses billets , qui ne sauraient étred’une valeur moindre de 20 thalers, sont divisés en coupures de 20, 50 et 100 thalers; et le tiers de leur valeur représentative doit toujours se trouver en espéces dans les caisses de l’établissement. Au commencement de Vannée 1850 ilen avait élé émis pour 4,300,000 thalers (16,250,000 fr.). Cette banque, placée sous la surveillance du gouvernement, est autorisée 4 fonder des succursales et des comptoirs partout ot le besoin s’en fait sentir. Dés Porigine elle obtint un grand crédit, et ses actions, émises a 100, valent aujourd’hui 108. Le capital en 1868 était de 3,250,000 thalers (12,184,500 fr.).
Mentionnons encore la Banque urbaine de Chemniiz, fondée en 1849, au capital de 50,000 th., avec faculté de le porter 4 200,000 th.; la Banque de Saxe, fondée en 1865 a Dresde, au capital social de 5 millions th.; etla Banyue de la Hau/e-Lusace, fondée en 1850 4 Budissin, autorisée a émettre des billets jusqu’a concurrence de 500,000 th.
WunrtemBerc. La Banque royale de Wurtemberg , fondée en 1802 a Stuttgard, est une banque d’Ftat, qui s’occupe de toutes les opérations relatives a la négociation des effets publics et effets de commerce. C’est surtout une instilution de prét et d’escompte. Rien n’est jamais publié sur le résultat de ses opérations et sur sa situation.
Dans les différents Etats dont se compose l’Allemagne, on peut encore citer : la Banque d’Allenburg (Saxe-Weimar), fondée en 1818, qui préte sur hypothéque et sur consignation , et qui est en méme temps banque de dépot; — la Banque d’Anhalt-Dessau , fondée en 1847 a Dessau, au capital de 4,000,000 th., émettant des billets, tout a la fois banque d’escompte, de prét, de virement et de dépot; depuis 1860 elle n’a point donné de dividende; — la Banque de Brunswick, fondée en 1853 et réorganisée en 1865; son capital est de 3 millions et demi th.; son dividende était nulen 1864; — la Banque de Bréme, fondée en 1856, au
capital de 4,555,650 th. ; elle est dans une excellente situade l’Etat 4 Vintérieur et 4 l’extérieur, du service des em- |
tion, et avait, en 1866, distribué 8 pour 100 de dividende; — la Banque de Darmstadt, fondée en 1721, et qui a subi en 1860 des modifications considérables; le capital primitifa été réduit de deux cinquiémes : en (861, il étail de 2,371,950 florins; —la Banque de Lubeck, fondée en 1855, au capital de 1,500,000 francs; et la Bangue du Commerce,
, dans la méme ville, qui date de 1857, avec un capital de
3 millions de fr.; — la Banque de Rostock, fondée en 1850; elle a doublé son capital (1 million de thalers) ainsi que Vémission de ses billets; en 1860, son mouvement d’affaires était de 34,433,687 th., et en 1863 son dividende de 7 1/2 pour 100; elle a des succursales a Berlin, Hambourg et Leip. ig; — la Banque de Hanovre, créée en 1856, au capital de 5,420,000 th.; — la Banque de crédit de P Allemagne centrale, 4 Meiningen, fondée en 1856; son capital est de 8 millions th., et le dividende, distribué en 1864, de 7 1/4 pour 100.
BELGIQUE. — Huit banques existent dans la seule ville de Bruxelles ; la Société générale, la Banque de Belgique; la Banque nationale, la Caisse hypothécaire, la Caisse des propriétaires , la Caisse d’escompte, d’encaissement et de consignation , le Comptoir d’escompte et lV Association de crédit. La Société générale fut fondée en 1822, et est 4 bon droit surnommée l’4me de l'industrie belge. Elle fait des opérations d’escompte, de virement, de prét, de dépdt et d’émission de papier, et possede des succursales dans les villes les plus importantes de la Belgique. Plu- Sieurs grandes sociétés industrielles lui doivent leur prospérité. La Banque de Belgique, fondée en 1835, aa peu pres le méme cercle d’opérations. La Banque nationale fut fondée par actions en 1850, dans un but identique, et chargée en méme temps de centraliser les recettes du trésor public. Elle a un capital de garantie de 25 millions fr. ; elle émet des billets de 20, 50, 100, 500 et 1,000 fr. En 1866 elle distribuait 4 ses actionnaires 135,25 comme intérét et dividende. Son unique succursale est 4 Anvers. La désignation seule de la Caisse hypothécaire indique quel est le but de ¢ette institution. Il y a deux banques a Anvers, la Banque commerciale et la Société de commerce : la premiére est essentiellement une banque d’escompte, de virement, de prét et d’émission de papier ; la seconde est une banque de prét. Toutes deux cependant se livrent en méme temps a des opérations commerciales.
Depuis 1841 il y a 4 Gand une Banque de Flandre.
DANEMARK, — La banque existant 4 Copenhague fut fondée par actions en 1736, au capital de 500, 000 écus de Danemark courants, pour se livrer 4 toutes les opérations qui sont le propre d’une banque. Dés 1745 elle était dans Vobligation de suspendre ses paiements en numéraire , et depuis lors elle inonda le Danemark de papier-monnaie. En 1773 on désintéressa tous les actionnaires, et la banque fut A partir de ce moment administrée pour le compte de YEtat. Avec un capital de 600,000 écus, elle avait émis pour 11 millions d’écus en billets , somme qui fut méme portée plus tard 4 16 millions. Pour remédier a un tel état de choses, il fut décidé qu’a Pavenir la banque n’émettrait plus de billets et en retirerait chaque année de la circulation pour 750,000 écus. La nouvelle Banque de spéciés danoise et norvégienne, fondée par actions, au capital de 2,400,000 écus, eut pour but de rétablir le crédit national, indépendante quelle devait rester du gouvernement; mais en 1804 les nouveaux billets qu’elle émeitait perdaient déja 25 pour 100, et les anciens 45 pour 100. En 1813 les choses en vinrent a ce point qu’on donnait 1,800 écus en billets de banque pour un écu en argent.
A ce moment une ordonnance royale créa une nouvelle banque royale, destinée principalement a retirer de la circulation tout ancien papier-monnaie. En 1818 elle fut transformée en Banque nationale, fondée au moyen dune premiére hypothéque générale de 6 pour 100 sur toute la propriété fonciére du royaume de Danemark et des duchés de Schleswig-Holstein, et jusqu’au moment actuel elle n’a pas discontinué d’opérer dans le but pour lequel elle avait élé créée. Indépendamment de l’émission dun papier-monnaic, elle fait des affaires d’escompte et de dépot. Ses actions, au nombre de 134,617, au taux de 150 écus, avaient atteint le pair en 1831, et avaient méme un peu
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dépassé au commencement de 1843. Depuis lors le cours s’en est constamment élevé tous les ans , et au commencement de l’année 1851 il était de prés de 150. A cette époque la somme de ses billets en circulation s’élevail & 20 milions d’écus de banque. En 1840 la Banque nationale fut autorisée a fonder a Flensbourg une succursale ayant le droit a ce titre de faire les mémes opérations qu'elle et d’établir un comptoir 4 Rendsbourg. Une autre succursale fut plus tard créée a Aarhuus,
Les assemblées provinciales des duchés de Schleswig- Holstein protestérent avec vivacité contre I’établissement de ces succursales de la Banque nationale de Danemark sur leur territoire, de méme qu’elles avaient protesté contre la premiére hypothéque de 6 pour 100 donnée a cet établissement, lors de sa fondation, sur la totalité des immeubles situés dans les duchés; ces assemblées demandérent alors l’autorisation de créer une banque particukére pour leur pays. Un établissement de ce genre fut effectivement mis en activité 4 Flensbourg , en 1844, sous la déno mination de Banque de Schleswig-Holstein , pour s’occuper d’opérations d’escompte, de prét et de dépot. — En 1859, toute limite 4 !’émission de la Banque nationale a été supprimée ; mais la banque a di augmenter son encaisse dans une proportion correspondante au surplus des billets émis. En-fait, sa réserve métallique n’est jamais descendue au-dessous de la moitié de l’émission.
La Caisse centrale existant 4 Copenhague est unebanque de prét, fondée en 1829, par actions. En 1846 une autre banque fut encore établie par actions en Fionie.
EspacGne. — Une banque fut fondée a Barcelone vers Ja fin du quatorziéme siécle, sous la garantie des autorilés municipales de cette ville; mais cette institution parait avoir jeté peu d’éclat et n’ayoir pas eu de caractére particulier, Ce ne fut qu’en 1782 que le gouvernement espagnol créa a Madridla Banque de San-Carlos, Son capital était de 300 millions de réaux de veillon, représenté par 150,000 actions de 2,000 réaux , et ses statuts lui permettaient de se livrer aux opérations d’escompte comme aussi de faire toutes les affaires financiéres du gouvernement. En 1791 cette banque émit pour la premiére fois des billets au porteur, etf ut obligée d’avancer successivement au gouvernement jusqu 4 concurrence de 320 millions de réaux. En 1829 cette cette fut réduite a 49 millions de réaux et comprise dans le capital de fondation de la nouvelle Banque de San-Fernando, créée — au capital de 60 millions de réaux en actions de 2,000 réaux. Celle-ci se livrait aux opérations descompte, de prét, de dépot et d’affaires de finance avec l’Etat, consistant généralement en avance de fonds. Un projet ayant pour but la réunion de cet établissement avec la nouvelle Banque d@Isabelle LI resta sans résultat; en revanche, on réorganisa en 1849 la Banque de San-Fernando.
D’aprés une loi de 1856 ce dernier établissement a été reconstitué sous le nom de Banque d’Espagne. La loi lui a assigné une durée de 25 ans. Son capital ne doit pas excéder 200 millions de réaux, divisé en 100,000 actions de 2,000 réaux. Elle ne peut émettre des billets concurremment avec la Banque nationale. Celle-ci s’occupe d’opérations d’escompte , de virement, de prét, d’encaissement, de négociation d’effets publics, et elle a établi des succursales a Valence et a Alicante. En 1849, elle avait dépassé de 465,000 réaux le chiffre fixé par la loi pour le maximum de ses émissions de billets. Lors de la grande crise commerciale et politique de 1848, ses billets eurent cours foreé, et descendirent au-dessous du pair; mais ils Yont regagné depuis le mois de janvier 1849. Ils consti- (uent aujourd’hui le mode de paiement le plus ordinaire. A la fin de 1850 la banque obtint de l’Elat une subyention annuelle de 14 millions de réaux.
Voici quelle était la situation de la Banque nationale & la fin de 1860; a Vactif, encaisse 110 millions de réaux;
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portefeuille, 338; correspondants, 65; effets publics, 6; au passif : capital et réserve, 132 millions; circulation, 262; dépots, 14; comptes courants, 175. Dans cette année la circulation des billets avait varié entre 231 et 288 millions. Le capital a été, en 1864, élevé de 150 millions de réaux.
Les autres banques existant 4 Madrid sont ; la Banque d’Jsabelle IT, fondée en 1844, au capital nominal de 100 millions de réaux, représenté par des actions de 5,000 réaux; la Banque de P Union, fondée par actions, réduite en novembre 1847 A suspendre provisoirement ses payements, mais qui les a repris depuis cette époque; et enfin la Banque de Fomento, autrefois en rapport d'affaires avec le gouvernement et avec la Beuque de San-Fernando, et qui en 1847 eut a traverser une crise des plus violentes. A Barcelone, la Banque de Barcelone, fondée par actions, et qui posséde une succursale 4 Palma, dans Vile de Majorque, avait en septembre 1850 pour 482,380 piastres (la piastre 4 20 réaux de veillon) de billets en circulation. La Banque de Cadiz, constituée pareillement par actions, avait 4 cette méme époque pour 10,848,000 réaux de billets en circulation. Son capital nominal est de 100 millions de réaux. Mais a la fin de 1849 elle n’avait encore pu émettre que pour 49,682,000 réaux de ses actions, et elle en a depuis lors racheté un bon nombre. Ces deux banques s’occupent surtout d’opérations d’escompte, de virement et de dépdt.
FRANCE. — La premit¢re banque que nous ayons eue en France fut fondée en 1716, & Paris. A l’origine ce n’était qu’une entreprise particulitre existant en vertu d’un privilége concédé & PEcossais Law}; mais en 1718 on la transforma en une institution publique, dont les opérations, aussi audacieuses que gigantesques, aboutirent dés 1720 a la ruine des finances de I’Etat et & celle d’une foule de familles.
Ce ne fut qu’en 1776 qu’on fonda de nouveau une banque, au capital de 12,000,000, sous le nom de Caisse d’escompte de Paris. Cet établissement, aprés avoir éprouvé de nombreux embarras, finit par tomber aux mains du gouvernement, qui en paya les dettes en assignats, puis en prononga la fermeture. En 1803 on créa le grand ¢tablissement de crédit désigné sous le nom de Banque de France, au capital de 45 millions de francs, représenté par 45,000 actions de 1,000 francs chacune, avec le privilége exclusif pour quinze ans d’émettre des billets au porteur et 4 vue. Ce privilége, comme celui sur lequel repose l’existence méme de la banque, fut prorogé une premiére fois en 1806 pour quavante ans, et une seconde en 1840. La loi du 30 juin 1840 le prolongea jusqu’au 3{ décembre 1867, avec faculté, pour le gouvernement, de le limiter au 31 décembre 1855. Par un traité intervenu le 3 mars 1852 entre la Banque et I’Etat, celui-ci a renoncé 4 Vexercice de cette faculté moyennant divers avantages qui lui ont été concédés par la Banque.
Les opérations de la Banque de France consistent : 1° a escompter les effets de commerce payables a Paris ou dans les villes ot elle possede des comptoirs ou des succursales, revétus de trois signatures notoirement solvables. Elle admet pourtant des effets garantis seulement par deux signatures, mais aprés s’étre préalablement assurée qu’ils ont été créés pour fait de commerce, si 4 la garantie des deux signatures on ajoute celle d’un transfert d’actions de la banque , de titres de rentes, d’actions de canaux, d’actions ou d’obligations de cheinins de fer; — 2° 4 faire des avances sur dépdt d’effets publics, mais a la condition qu’il sera pris des engagements & échéance fixe par les emprunteurs, comme aussi sur dépots de ingots ou monnaies étrangéres d’or et d’argent ; — 3° faire des avances sur effets publics frangais 4 échéance non déterminée, ainsi que sur actions et obligations de chemins de fer frangais ; — 4° a faire des avances sur lingots d’or et d’argent ; — 5°’ émettre des billets 4 vue et au porteur, et des billets 4 ordre transmissibles par voie d’endossement ; — 6° a ouvrir des comptes courants aux particuliers, sans jamais eur faire aucune avance a découvert, mais seulement pour
recevoir leurs fonds et faire Jeurs payements jusqu’a concurrence de ce qu'elle a recu d’eux (ce service est gratuit); —7°a tenir une caisse de dépdts volontaires pour tous titres, effets publics nationaux et étrangers, actions, contrats de toute espéce, tous billets et engagements a ordre ou au porteur, lettres de change, pour les lingots, les especes d’or et @argent nationales et ¢trangéres et les diamants, moyennant un droit de garde calculé sur la valeur estimative du dépdt, droit quine peut excéder '/s pour 100 pour chaque période de six mois et au-dessous; — 8° & se charger pour le compte des particuliers ou d’établissements publics du recouvrement des effets qui lui sont remis, recevoir en compte courant les sommes,qui lui sont versées par les particuliers ou par les établissements publics, et 4 acquitter les dispositions faites sur elle jusqu’a concurrence des valeurs encaissées; — 9° a émettre des billets 4 ordre payables dans ses succursales.
L’universalité des actionnaires est représentée par les deux cents plus forts d’entre eux, qui forment l’assemblée générale. Cette assemblée nomme les régents et les censeurs; la réunion de ces fonctionnaires compose le conseil général. Les quinze régents et les trois censeurs se divisent en cing comités : 1° des comptes, 2° des billets, 3° des livres et portefeuilles, 4° des caisses, 5° des relations avec le trésor public et les receveurs généraux. Ils sont assistés par un conseil d’escompte composé de douze membres. Un gouverneur et deux sous-gouverneurs, salariés par la banque, mais nommés par le gouvernement, sont chargés de contrdéler en son nom toutes ses opérations. Le traitement du gouverneur est de 100,000 francs par an, et il est magnifiquement logé au palais méme de la banque , l’ancien hdtel du comte de Toulouse, propriété et habitation particuliéres du duc de Penthiévre avant la révolution de 1789, qui a été reconstruit depuis, agrandi et augmenté en 1872 d'un nouveau corps de logis. I] y a interdiction absolue pour le gouverneur ou les sous-gouverneurs de présenter a l’escompte des effets souscrits par eux ou leur appartenant.
Pour étre admis 4 ’escompte et avoir un compte courant a la Banque de France, il faut en faire la demande par écrit au gouverneur, et l’accompagner d’un certificat de trois personnes qui déclarent connaitre la signature du demandeur et sa fidélité & remplir ses engagements. Les faillis non réhabilités ne peuvent étre admis a l’escompte. Toute personne qui dispose sur la banque sans avoir fait les fonds pour son échéance peut étre privée de son compte courant. Le taux de l’escompte est déterminé par le conseil général; il était depuis longues années fixé a 4 pour 100 lorsque en 1853 il fut réduit 4 3 pendant quelques mois. Aprés s’étre élevé en 1857 a7 et 8 pour 100, il s’est maintenu a 2 1/2 en 1867 et 1868, et depuis la guerre de 1870 il est a6. Les jours d’escompte sont tous les jours non fériés. La banque n’admet pas d’oppositions sur les sommes qu'elle a en comptes courants, 4 moins que ces oppositions ne proviennent de ceux-la méme qui ont les comptes courants, et n’aient pour but de la prévenir dela perte ou de la soustraction dun mandat tiré sur elle. L’usufruit de ses actions peut étre cédé a des tiers. Ces actions peuvent d’ailleurs toujours étre immobilisées par la simple déclaration des propriétaires, et elles jouissent dés lors de toutes les prérogatives attachées aux immeubles.
Avant de reprendre lhistoire de la Banque de France, que nous avons di interrompre pour donner une idée succincte de son organisation, um mot encoresur les précautions qui ont été prises pour mettre en streté les fonds déposés dans ses caves et servant de garantie 4 la masse de papier qu'elle a constamment en circulation ainsi qu’a ses autres obligations. On ne descend dans ces caves que par un puits garni d’un escalier en spirale, praticable seulement pour une personve, et dont la porte de fer est fermée 4 trois clefs. Les espéces , contenues dans des barils et rangées dans des cayeaux fermés de plusieurs portes, ne sont extraites qu’a-
vec des formalités qui rendent toute soustraction impossible. En cas d’alarme, il suftirait de combler avec de la terre ou de Pargile battue l’escalier de service pour interdire pendant au moins vingt-quatre heures entrée des caves, qui @’ailleurs peuvent ¢tre inondées & volonté ; dou résulterait, en cas d’un audacieux coup de maintenté a la faveur de quelque émeute ouinsurrection, un obstacle a la satisfaction immédiate de la convoitise des pillards, obstacle qui avant d’étre levé exigerait encore un nouveau délai, et ajouterait par conséquent une chance de plus pour qu’une pareille tentative de vol 4 main armée échouat par suite du rétablissement d’un ordre quelconque dans la cité.
Nous avons dit plus haut que la fondation de la Banque de France remontait & année 1803 (loi du 24 germinal an XI). Ses débuts, comme grand établissement de crédit, furent peu heureux; résultat qui s’explique surtout par cette circonstance, qu’elle n’eut pas, pour ainsi dire, plus tdt été créée, que le gouvernement la forgait, afin de faire monter le crédit de PEtat avec le cours de la rente, & convertir une grande partie de son capital en rentes sur l’Etat; et a quelque temps de la Napoléon s’emparait du reste, en la contraignant daccepter en échange des délégations sur les receveurs généraux. Avec de telles facons d’agir, il était difficile qu’elle ne se trouvat pas bientot réduite aux abois. En 1806 force lui fut de suspendre le remboursement de ses billets, qui subirent alors une dépréciation considérable. De nombreuses et importantes faillites vinrent encore ajouter aux embarras de sa situation. Elle était telle qu’il y eut pour le gouvernement nécessité dereconstituer sur une nouvelle base cette grande institution financiére par la loi du 22 avril 1806, qui porta son capital 4 90 millions de francs, non compris une réserve qui l’élevait en réalilé & plus de 100 millions, et étendit la durée de son privilége 4 quarante au lieu de quinze. En 1808 la banque fut en outre autorisée 4 créer des comptoirs dans les villes les plus importantes de l’empire. Pendant longtemps, du reste, la Banque de France, tout en continuant 4 escompter dans une certaine mesure les effets 4 ordre que lui remettaient les négociants et a seconder le commerce dans ses opérations , sembla avoir pour mission spéciale de soutenir avant tout le crédit public et de faire des avances a l’Etat. « En 1805, dit M. Ch. Coquelin, sur 97 millions de valeurs escomptées que renfermait le portefeuille , il y en avait pour 80 millions en obligations des receveurs généraux. Quoique escomptées a un taux fort inférieur 4 celui qu’on edt pu obtenir par d’autres voies, ces obligations ne furent pas acquittées 4 l’échéance : la banque ne fut sauvée que par la victoire d’Austerlitz, qui mit le gouvernement en état de s’acquitter envers elle. En 1807 elle fil au gouvernement un prét de 40 millions, renouyelé ensuite par trimestre, et qui s’est perpétué jusqu’en 1814. Indépendamment de cette avance constante , qui n’a éprouvé de réduction qu’une seule fois, en janvier 1811, le gouvernement réclamait encore de la Banque, selon ses besoins, des préts extraordinaires, qui ont porté l’ensemble des découverts de cet établissement envers lui a 94,543,000 francs en 1812, et 4 76,272,000 francs en 1813. » Les premiers jours de l’année 1814 furent encore pour la Banque de France un moment de crise redoutable, et dont Je péril allait toujours croissant; mais dés le mois de février ee avait pris des mesures si bien combinées quelle était en état de faire face 4 toutes les exigences, de satisfaire 4 tous ses engagements, et méme de rembourser A bureau ouvert ses billets en circulation, quand au mois de mars une panique se déclara, a la suite de laquelle ce fut 4 qui s’empresrerait d’en opérer le change contre des espdces.
Le rétablissement de la paix générale, en contribuant & imprimer un nouvel essor aux affaires industrielles et commerciales , ne pouvait que favoriser les développements de notre grande institution de crédit, dont les actions ne tardérent pas & subir une hausse considérable. Sur les 90,000 ac-
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tions dont secompose son fonds social, la Banque en posséde elle-méme 22,100, qui constituent une partie de son capital. En 1820 les bénéfices réalisés depuis la paix par la Banque avaient été tels, qu’il lui fut possible de prélever sur sa réserve un dividende extraordinaire de 200 francs attribué a chacune de ses actions, dont la valeur nominate fut dés lors portée a 1,200 francs au lieude 1,000, taux d’émission. En 1829 le cours de ses actions variait entre 1,900 et 2,000 francs. Dans les derniéres années du régne de Louis- Philippe il s’éleva jusqu’a 3,550 frances.
Une des causes qui entravérent le plus la prospérité de la Banque fut incontestablement la trop grande élévation de ses billets, dont jusqu’en 1846 la moindre coupure avait été de 500 francs. Depuis plus de quinze années le commerce réclamait , pour la plus grande commodité de ses transactions quotidiennes, des billets de moindre valeur, se prétant davantage aux relations multiples qu’entraine un grand mouvement d’affaires ; mais toujours les absurdes partisans de la routine trouvaient des objections contre adoption d’une mesure dont le moindre danger, suivant eux, était, en temps de crise commerciale, d’exposer la Banque a se trouver dans l’impossibilité de rembourser ses billets par suite de la trop grande affluence de demandes de numéraire que provoquerait une panique. Ce fut done une véritable victoire que remportérent en 1846 les partisans du progrés lorsqu'ils obtinrent du pouvoir législatif une loi qui autorisait la Banque a émettre désormais des billets de 200 francs. Aprés la révolution de février 1848, le gouvernement provisoire autorisa l’émission de coupures de 100 frances ; inutile de dire qu’aucune des sinistres prévisions que concevaient les adyersaires de cette démocratisation (pardon de cet affreux barbarisme ; c’était hier encore le langage 4 la mode) des billets de banque, ne s’est réalisée. I] faut reconnaitre toutefois 4 ce propos, pour étre juste, que le décret du gouvernement provisoire qui donna cours forcé aux billets émis par la Banque de France contribua pour beaucoup a un pareil résultat. Bon gré mal gré il fallut bien que les peureux, les trembleurs, seconformassent au décret. Une mesure utile, nécessaire méme pour soutenir le crédit de la Banque, ce fui obligation imposée au méme moment a la Banque de publier tous les huit jours le bilan de sasituation, ce qui n’avait lieu précédemment que tous les trois mois et tous les six mois. Le traité conclu le 3 mars 1852 entre la Banque et le gouvernement a rétabli les choses sur l’ancien pied. Les billets émis aujourd’hui parla Banque sont de 5,000 frances, 1,000 francs, 500 frances, 200 franes et 100 frances, Depuis 1843 elle émet aussi des billets 4 ordre de 5,000 et de 10,000 francs.
Une loi rendue le 19 juillet 1845 avait eréé A Alger un comptoir de la Banque de France, au capital de 10 millions, dont deux souscrits par la Banque elle-méme et les huit autres fournis par le placement d’actions particulitres émises au taux de 1,000 francs. Cet établissement n’ayant pas prospéré a dd étre mis en liquidation depuis la révolution de Féyrier ; mais une loi récente a ordonné la création, avec l’appui de Etat, dune Banque particuliére a4 l’Algérie et ayant son siége a Alger.
Avant les événements de février 1848 on comptait en outre en France neuf banques de département créées au moyen d’actions, faisant chacune sur leurs places respectives les mémes opérations que la Banque de France, et investies comme elle du privilége d’émettre des billets payables & yue et au porteur, Ces établissements ayaient été fondés A Bordeaux , 4 Lyon, a Nantes, & Rouen, a Marseille, au Havre, a Lille, 4 Toulouse et a Orléans. Ils faisaient ensemble pour
120 4130 millions de francs d’escomptes par an, et émettaivnt généralement des billets de 1,000 francs, de 500 franes et de 250 francs ; mais, de méme que ceux de la Banque de France ne circulaient guére qu’d Paris, parce quec’était 4 Paris seulement quwils étaient payables , les billets de ces différentes banques n’avaient non plus cours, par une raison analogue,
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que dans la ville of était établie la banque qui les avait émis. Hors de ce rayon si restreint, aux portes de Paris méme, pour les billets de la Banque de France, on ne trouyaita les échanger contre des écus qu’en subissant une perte de 1+/, 42 pour 100 sur leur valeur. En créant successivement des comptoirs A Montpellier, Saint-Etienne, Saint-Quentin, Reims, Avignon, Besancon, Angouléme, Grenoble, Clermont-Ferrand , Chateauroux , Caen, Limoges, Mulhouse, Strasbourg, le Mans, Valenciennes, Rennes, Nimes, Metz et Angers, ¢’est-a-dire & peu prés dans tous les grands centres industriels et commerciaux du pays, la Banque de France était sans doute parvenue a procurer une circulation plus étendue A ses billets, qui pouvaient étre remboursés a vue dans chacune de ces villes; mais l'inconvénient restait le méme a une certaine distance de ces différents foyers industriels, et il fallait toujours subir une perte quand il s’agissait den réaliser la valeur.
L’une des suites dela révolution de février 1848 fut la publication des décrets du 28 avril et du 2 mai, par lesquels les différentes banques créées dans les départements furent réunies 3 la Banque de France, dont elles ne furent plus dés loxs que des succursales. Le décret qui donna cours forcé a ses billets et qui autorisa a en suspendre le remboursement, en limita en méme temps l’émission a 350 millions. Le cours des actions, qui, nous l’avons dit, s’était élevé sous le régne de Louis-Philippe & 3,550 francs, subit alors une rapide dépréciation, et tomba jusqu’a 1,250 francs. Depuis, on a vu se relever malgré la situation facheuse de la Banque , dont les caves regorgent dor et d’argent, mais dont le portefeuille reste & peu pres vide, ce qui indique une complete stagnation des affaires, Dans les premiers jours de janvier 1852 les actions furent un instant cotées a 3,100 francs, mais pour revenir bientot a 2,500 ou 2,600 francs.
Au mois d’aott {1850 la Banque de France fut autorisée a reprendre ses payements en espéces. A la suile de la perturbation opérée vers cette époque dans le cours de lor par exploitation des mines de la Californie, on vit cet établissement jeter dans la circulation Por resté enfoui jusqu’a ce moment dans ses caves et ne présentant plus la valeur de convention que l’agio y avait ajoutée, valeur détruite par Pextréme abondance de!’or sur tous les marchés de l'Europe. Un autredécret, rendu le 13du méme mois, supprima le cours forcé des billets, en méme temps qu’il autorisa la Banque a en étendre encore |’émission. Jamais peut-étre la Banque n’inspira plus de confiance que depuis ces deux décrets; résultat auquel n’a pag peu contribué d’ailleurs la publication hebdomadaire deson bilan, duquel il ressort qu’elle a aujourd’hui en circulation pour cing ou six millions de billets de moins qu’elle n’a d’espéces dans ses caisses; situation anomale, provenant uniquement de la persistante stagnation des affaires.
Le gouvernement provisoire comprenait parfaitement que la révolution de Février avait détruit pour longtemps la confiance, Voulant suppléer a Pinaction des établissements de crédit, intermédiaires ordinaires entre la Banque et le commerce, il organisa, par ses décrets du 8 mars et du 2 avril 1848, des comptoirs nationaux d’escompte dans tous les grands centres industriels. On ne saurait nier que ces établissements , flanqués de sous-comptoirs 4 l’usage de chaque grande spécialité commerciale, n’aient exercé une heureuse influence sur les affaires, en comblant le vide créé par la disparition subite de différentes institutions de crédit en possession jusque alors derendre au commerce les mémes services , par exemple ( pour ne parler que de la seule place de Paris ), par les désastres a la suite desquels, dés le mois de mars 1848, la caisse Gouin, la caisse Ganneron et la ¢aisse Baudon avaient dd se mettre en liquidation.
GRANDE-BRETAGNE et IRLANDE, — La plus ancienne des banques existant en Angleterre et la plus puissante qu’il y ait aujourd’hui au monde est la Banque d’Angleterre, qui
fut fSndée en 1694. La guerre contre la France et surtout le systeme de réductions arbitraires opérées en fay eul dec ertains contribuables, et duquel résultaient des deficits considérables dans les revenus publics, avaient jeté le gouvernement an-
oglais dans les embarras financiers les plus graves. Ace moment un négociant fort intelligent, appele W. Paterson, lui soumit Je plan d’un emprunt qui devint la base premiére de la Banque d’Angleterre. Cet emprunt, de Pimportance de 1,200,000 livres sterl., fut concédé & une compagnie da négociants et de capitalistes de la capitale moyennant certains avantages et priviléges. Indépendamment de Vintérét a8 pour 100, legouvernement accorda aux préteurs une somme de 4,000 livres sterl. par an pour frais d’administration ; ce qui porta a la somme ronde de 100,000 livres sterl, la redevance annuelle d acquitter par le trésor public. La compagnie obtint le droit de se constituer avec la plus compléte indépendance, Elle se nomma un gouverneur, un vice-gouverneur et vingt-quatre directeurs, dont chacun , sous obligation de posséder au moins 500 livres sterl. d’actions de la Banque six semaines avant d’étre élu, avait voix délibérative au conseil. La Banque n’avait pas le droit de faire des opérations sur marchandises ; elle n’était autorisée qu’a faire lescompte et le change des matiéres. Dés 1696 la banque eut a traverser une Crise redoutable ; mais, grace au gouvernement, elle s’en tira a son honneur. Afin d’éviter a ’avenir de semblables dangers, son fonds social fut porté a 2,211,171 livres sterl., puis doublé encore postérieurement. L’année @apreés, elle fut 4 toujours exemptée de tous droits, taxes, impots et frais, 4 exception des droits de timbre. En 1708 elle résolut de racheter 1,500,000 livres sterl. d’obligations du trésor en circulation sur la place; opération qui porta 4 3,375,025 livres sterl. ’importance de son découyert visa-vis de l’Etat, découvert dont l’Etat lui paya Vintérét a 6 pour 100. En méme temps un acte législatif stipula qu’aucune autre Banque composée de plus de six associés ou participants ne pourrait étre créée tant en Angleterre que dans le pays de Galles. Les avances considérables que dés son origine la banque se trouva ainsi en mesure de faire 4 l’Etat, parce qu’elle ne fut point génée dans I’émission de ses billets, furent la base premiére de sa prospérité, toujours croissante. La premiére prolongation de privilége qu’elle obtint lui fut accordée en 1708. Moyennant une avance de 400,000 livres sterl. faite sans intéréts au gouvernement, son privilége fut prolongé de vingt-cing ans. Pendant Jes vingt et une années qui suivirent, le dividende annuel des actions varia entre 5'/, et 9 pour 100. Cette méme année 1708 la Banque accrutson capital, et le porta 25,058,547 livres sterl., puis en 1710 a 5,559,995 livres sterl. En 1713 on prolongea encore son privilége jusqu’en 1742, en récompense du zéle avec lequel elle opéra le placement de 1,200,000 livres sterl. de bons de l’échiquier. A partir de 1718 le gouvernement résolut de se servir de lintermédiaire de la Banque pour toutes ses opérations financiéres ; moyennant quoi la Banque continua 4 lui faire les avances dont il avait besoin ; en 1722 le capital de la Banque fut porté a 8,959,995 livres sterl. A partir de 1732 jusqu’en 1747, les dividendes annuels fue rent de 5*/,. Pour obtenir la prolongation jusqu’en 1764 dé son privilége , qui expirait en 1742, la Banque dut avancer au gouvernement 1,600,000 livres sterl. sans intérét, et porter en conséquence son capital 4 9,800,000 livres sterl.
En 1745, a la suite de insurrection de |’Ecosse, elle subit une crise redoutable; mais dans une assemblée publique onze cent quarante négociants ayant déclaré qu’ils continueraient a accepter ses billets au pair, la panique se calma. En 1746 son capital fut porté & 10,780,000 livres sterl. Le compte débiteur de Etat & la Banque se montait a 11,686,800 livres sterl. ne portant point intérét, et resta a peu prés 4 ce chiffre jusqu’en 1816. Jusqu’en 1759 jamais la Banque n’avait émis de billets d’un taux inférieur 4 20 livres sterl. A partir de cette époque elle en mit en cir-
culation de 15 et de 10 livres sterl., de méme que les premiers post-bills, c’est-a-dire des mandats payables a yingt et un jours de vue et représentant les intéréts de la dette nationale encaissés par elle. En 1764 elle obtint une nouvelle prolongation de son privilége jusqu’en 1786, bon offi qu’elle reconnut encore en avangant au gouvernement un million sterl. sans intérét jusqu’en 1766. De 1a jusqu’en 1781 la moyenne des dividendes annuels fut de 5'/, pour 100. En 1781, le privilége ayant de nouveau été prolongé jusqu’en 1801, la Banque fit au gouvernement une avance de 2 millions de livres sterl. pour trois ans au taux de 3 pour 100. A partir de cette époque jusqu’en 1788 le dividende annuel fut de 6 pour 100. Une loi décida en méme temps que la banque ne serait plus tenue de payer ses billets contrefaits. En 1782 son capital fut porté a 11,642,400 livres sterl., et ne subit plus de modifications jusqu’en 1816. La bonification de 562 livres sterl. 10 sh. par million, allouée jusque alors a la Banque pour le service de la dette publique, fut réduite en 1786 4 450 livres sterl. De 1788 4 1807 les dividendes annuels s’élevérent & 7 pour 100. En 1794 la Banque émit pour la premiére fois des billets de 5 livres ster]. Les éyénements politiques amenérent en 1794 une crise suivie d’unc panique telle, que la réserve métallique de la banque descendit un moment a la somme de 1,086,170 liyres sterl. Le parlement rendit alors une loi qui autorisa la Banque a ne rembourser ses billets que six mois aprés la fin de la guerre, et en méme temps a émettre des coupures de i et 2 livres sterl. Afin d’obfenir la prolongation de son privilége jusqu’en 1833, la Banque dut encore, en 1800, préter au gouvernement 3 millions sterl. sans intérét pendant six ans, En 1807 le dividende afférant aux actions fut fixé 4 10 pour 100, et il continua détre payé & ce taux jusqu’en 1823. En 1815, aprés le rétablissement général de la paix, le non-remboursement des billets de la banque, the bank’s restriction, qui edt da cesser, fut de nouveau prorogé jusqu’en 1818; el en 1816 son capital fut porté 4 14,553,000 livres sterl. Mais pour en obtenir ’autorisation, la Banque dut encore consentir 4 I’Etat un nouveau prét de 3 millions sterl., ce qui portaa 14,686,800 livres sterl. le chiffre total des sommes dues a la Banque par le trésor public. En 1818 un nouveau délai d’une année fut accordé & la Banque pour le remboursement de ses billets, qui ne dut commencer qu’en 1819, et étre effectué a partir de cette dale en or en barres au cours du jour, puis a partir de 1825 en monnaies d’or du royaume; enfin il fut en méme temps décidé que le remboursement en espéces des cozpures de 1 et 2 livres sterl. émises par la Ranque ne deviendrait obligatoire qu’en 1825. Au mois de décembre de la méme année, et par suite d’une crise commerciale, la Banque subit un choc tel qu’elle se vit dans la nécessité de remettre en circulation les billets qu’elle en avait retirés; et le 31 décembre son encaisse descendit a 1,260,890 livres sterl. tant en espéces monnayées qu’en or en barres. En 1826 un bill du parlement autorisa la Banque a créer des succursales sur différents points du royaume, et aussi a faire des avances sur consignations.
En 1833 le parlement décida que le privilége dela Banque serait renouvelé pour une période de vingt et une années , mais avec réserve pour le gouvernement, a l’expiration de dix années , de pouvoir l’annuler, en prévenant la Banque une année d’avance de ses intentions. Le méme bill décida qu’aucune banque composée de plus de six participants et existant soit 4 Londres, soit dans un rayon de 60 milles de la capitale , ne pourrait émettre de billets au porteur et & vue. Liberté entidre était laissée sous ce rapport aux ¢tablissements situés au dela de cette zone, et qui pouvaient compter autant d’intéressés et de participants que bon leur semblerait. 11 fut en outre stipulé qu’a I’avenir Jes billets émis par la Banque d’Angleterre constitueraient la monnaie légale du pays et auraient cours foreé
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dans toute I’étendue de l’empire britannique ; que tous les trois mois la banque serait obligée de publie: le bilan de sa situation ; que l'Etat rembourserait 4 la Banque le quart des sommes dont il était son débiteur, enfin que le capital social de |’établissement serait réduit de 25 pour 100, et ne serait plus 4 l'avenir que de 10,914,750 livres sterl. Une nouvelle réduction del’importance de 1,200,000 livres sterl. par an fut en outre opérée sur la bonification allouée a Ja Banque pour le service des intéréts de la dette publique. Depuis, la Banque a continué de distribuer régulitrement 7 pour 100 de dividende chaque année a ses actionnaires. En 1838 une crise Vobligea d’emprunter 1 million sterl. 4 1a Banque de France, La Banque d’Angleterre exerce la plus grande influence sur le commerce et la circulation monétaire de la Grande-Bretagne; et le gouvernement s’assure toujours de son concours pour toute nouvelle opération en finances, de méme que de son cété la Banque ne manque jamais de le lui offrir dans toutes les circonstances critiques. Indépendamment des dividendes annuels ordinaires de 7 pour 100 payés aux actions de capital, de 179041830, des répartitions extraordinaires de bénéfices, montant ensemble a 16,619,526 livres sterl., leur furent en outre attribuées dans le méme espace de temps, c’esta-dire dans une période de quarante années. De semblables résultats ne furent obtenus qu’au moyen d’une émission énorme de billets : aussi de 1800 4 1820 subirent-ils constamment une dépréciation de 25 pour 100, perte séche supportée par la grande masse du public au profit seulement d’un petit nombre d’actionnaires. Le nombre des employés de la Banque est de neuf cent trenfe, et leurs appointements s’élévent chaque année a 212,000 livres sterl. Environ deux cents pensionnaires percoivent chaque année 31,200 liv. sterl.
Une partie du capital de la Banque d’Angleterre, qui depuis 1816 est de 14,353,000 livres sterl., se compose de sommes dues a |’établissement par l'Etat et s’élevant a 11,015,100 livres sterl., dont l’intérét n’est payé qu’a raison de 3 pour 100, mais pouvant étre remboursées par le débiteur. Une importante modification dans le systtme d’émission des billets, et qui réagit puissamment aussi sur les autres banques du pays, est celle qu’opéra le bill présenté par sir Robert Peel et sanctionné par le parlement le 19 juillet 1844. Aux termes de cette loi, la Banque d’Angleterre n’a plus le droit d’émettre des hillets au porteur et & vue que dans Ja mesure suivante : 1° en représentation du capital de 11,015,100 livres sterl. qui lui est da par le gouvernement et par conséquent par la nation; 2° en représentation de son fonds de réserve ( rest ), s’¢levant aujourd’hui 4 environ 3,560,000 livres sfsrl.; 3° en représentation de son encaisse métallique (bullion), lequel dans les années 1850 et 1851 s’est constamment maintenu 4 16 millions sterl. La banque pourrait toujours avoir largement en circulation pour 30 millions sterl, de billets. Hffectivement, a la date du 21 septembre 1850, elle avait en circulation pour 30,176,120 livres sterl. de billets. Son encaisse métallique 4 la méme époque s’élevait 4 15,951,162 livres sterl. or en barres, et 224,958 livres sterl. argent en barres. Le projet de loi présenté par Robert Peel contenait en outre une clause qui, dans des circonstances urgentes , autorisait la Banque, sous la sanction préalable de trois hauts fonciionnaires des finances , 4 émettre une plus grande masse de billets ; mais cette clause fut rejetée par le parlement. Dés 1847, lors de la grande crise commerciale qui se fit partout sentir a cette époque, on eut lieu de regretter labsence de cette clause dans le bill, car les limites qu’il posait a I’émission des billets ne firent qu’ajouter aux embarras du commerce. Aux termes de Vacte précité, le mécanisme intérieur de la Banque comprend deux grandes divisions, dont Pune (issue department ) ne s'occupe que de la création et de la circulation des billets, tandis que lautre (le banking department)
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a dans ses attributions les affaires commerciales proprement dites. La loi avait eu spécialement en vue d’empécher que la masse des billets émise dépassat jamais les garanties effectives et matérielles que la Banque pouvail y affecter. Elle ordonnait en outrela publication hebdomadaire du bilan de situation de la Banque, au lieu du bilan mensuel publié jusque alors. Elle avait dailleurs encore un
autre but ; c’était de retirer autant que possible des mains
des établissements privés les ressources monétaires du pays et de les placcr sous la direction immédiate du gouvernement. De la interdiction d’émettre des billets au porteur prononcée désormais contre toute banque de créaticn nouvelle, soit qu’elle fut créée en vertu d’une autorisation du gouvernement, soit qu’elle fat constituée par des particuliers au moyen d’actions. La faculté accordée a cet égard aux banques déja existantes fut limitée au 1 aodt 1856, époque od, moyennant une provision qui ne pourra dépasser au plus 1 pour 100 par an, elles se serviront pour leurs affaires des billets de la banque d’Angleterre. On a également imposé a ces diverses banques l’obligation de publier chaque semaine leur bilan de situation. Ce bill relatif aux banques par actions a produitles résultats les plus satisfaisants. Indépendamment de la masse de billets mis en circulation par la Banque d’Angleterre, elle a encore émis pour 2 millions sterl. de ce qu’on appelle des post-bankbills, d Vetfet de faciliter le service des postes. Lors de la crise financiére de 1857 elle en ade nouveau émis pour une semblable somme; mais aprés lacquiescement des chambres 4 cette mesure extra-légale, elle brala les billets émis en dehors de sa charte.
Les désastres causés en 1866 par V’extension exagérée des banques a fonds réunis délerminérent une panique générale : en un seul jour, le 11 mai, la Banque d’Angleterre fit des avances sur dépéts pour 100 millions de fr. La situation devint si pressante qu’elle obtint du gouvernement l’autorisation d’émettre des billets au dela des limites de la loi, 4 la condition de ne pas abaisser l’escompte audessous de 10 pour 100. Par suite de cet anéantissement du crédit un nombre considérable de maisons de commerce furent obligées de suspendre leurs opérations. La confiance revint peu a peu, et la banque réduisit le 16 aodt suivant son escompte a 8 et le 31 décembre a 3 1/2 pour 100. En 1861 une loi a renouvelé ses priviléges pour 25 ans.
La Banque a 11 succursales en Angleterre : Liverpool, Manchester, Birmingham, Bristol, Leeds, Newcastle, Hull, Plymouth, Portsmouth, Leicester. Chaque année elle recoit du gouvernement une somme de 130,000 liy. st. a titre d’indemnité pour l’encaissement des revenus de I’Etat, le payement des intéréts de la dette publique, la fabrication des monnaies, etc. La loi a donné aux billets qu’elle émet le caractére de monnaie légale, d’ot il résulte qu’ils ont un cours forcé.
Voici quelle était la situation de la banque, évaluée en millions de livres sterling, a la fin de juillet 1868 : passif, billets en circulation, 24,325 (ce chiffre s’était élevé a 24,2 en 1852, a 23,3 en 1854, et 4 22,4 en 1859); dépdts, 21,400 (le plus haut chiffre a élé de 22, en 1862); actif, portefeuille et autres créances, 27,400 (il avait atteint 31 en 1862, et 31,8 en 1863); numéraire et lingots, 21,664 (le plus bas chiffre avait été de 8,8 en 1857). Le taux de ’escompte, abaissé 42 pour 100 en 1867, s’est maintenu a ce minimum en 1868.
Depuis année 1826 les BANQues v’Ecosse ont été organisées par le gouvernement sur le modéle des banques particuliéres existant en Angleterre, et la aussi la solidarité imposée aux actionnaires a produit les plus heureux résultats. Les banques d’Ecosse sont fondées par actions, et recoivent non-seulement des capitaux considérables, mais jusqu’a 10 livres sterl., et en payent l’intérét. Les affaires de dépot faites par les banques d’Ecosse sont donc une extension
donnée au systtme de caisses d’épargne existant dans [e pays. Il en résulte qu’elles ont toujours en dépot de 4 a 500 millions, produits de la réunion d’une multitude de petites économies ; fait bien remarquable assurément dans un pays qui ne compte que 2,500,000 habitants et dont le sol ne se compose en grande partie que de stériles montagnes. L’état de I’ Ecosse démontre que telle est la seule direction véritablement utile 4 donner aux banques. Les établissements de cette nature qui existent dans ce pays font également des opérations d’escompte sur une échelle des plus larges. Moyennant la caution de deux personnes solvables, elles ouvrent des crédits aux hommes industrieux de toutes les classes de la société, erédils dont ceux-ci peuvent a volonté faire usage, soit partiellement, soit complétement. Les banques d’Ecosse ouvrent aussi des comptes courants moyennant garantie hypothécaire. Elles émettent des billets au porteur de 5 liv. (125 fr.), et ensi grand nombre que les espéces sont choses assez rares dans ce pays. Malgré cela, depuis l'année 1770, époque ot fut introduit Vusage d’échanges mutuels faits chaque semaine par ces banques de leurs valeurs en se soldant leurs differences au moyen de traites a huit jours de vue sur Lonires, leurs billets se sont constamment maintenus au pair de l’or, méme au plus fort des crises commerciales ou financieres que Angleterre eut a subir dans cet intervalle.
Parmi les banques par actions, la Banque d’Ecosse (1695), la Banque royale d’Ecosse (1727) et la Compagnie liniere (1746) sont privilégiées. Le capital de la seconde est de 2 millions liv. sterl. et celui des deux autres de 1 million; la derniére renonca bient6t au projet qu’elle avait eu de faire le commerce des toiles. Les treize banques a fonds réunis d’émission avaient, en 1865, 594 agences. La plus ancienne de toutes est la Banque d’ Ecosse, dont la fondation remonte 4 année 1695. Tous ses actionnaires sont solidaires. {1 n’existe plus de banques privées dans ce pays.
La BANQuE D’IRLANDE fut fondée en 1783, et investie de priviléges identiques a ceux dela Banque d’Angleterre, notamment d’étre la seule en Irlande qui pit se composer de plus de six participants. La législation adoptée dans ce pays relativement aux banques, en dépit de l’exemple si instructif et si frappant donné par l’Ecosse, fut done aussi vicieuse qu’en Angleterre. Quand, en 1797, la Banque d’Anglelerre se trouva forcée de suspendre ses paiements en numeéraire et y fut autorisée par un acte du pouvoir législalif, le méme privilége fut accordé a la Banque d’Irlanie, dont les émissions de billets devinrent alors trés-considérables. Son capital est aujourd’hui de 3 millions ster). L’extension toujours plus grande donnée aux émissions de la Banque d’Irlande eut pour coroHaire un accroissement analogue dans celles des banques particulitres. Il en résulta une dépréciation notable de ces diverses valeurs. Le cours de Yor monnayé et de l’or en barres s’y éleva a 10 pour 100 au-dessus de sa valeur légale, et le prix du change sur Londres y monta jusqu’a 18 pour 100. Ona fondé depuis la fin du siecle dernier un grand nombre de banques particuliéres en Irlande; mais, a l’exception de huit, toutes ont fait faillite ’une apres l’autre, et ¢’a été 1a pour le pays une source de calamités et de catastrophes sans nombre. Ce fut seulement en 1821 que la Banque d’Irlande donna son assentiment a ce qu’on fondat des banques par actions a une distance de cinquante milles de Dublip mais avec interdiction de faire des traites moindres de 50 hy vres sterl, et 4 une échéance plus rapprochée que six mois, non plus que d’émeitre des billets au porteur moindres de 5 livres sterl.
A la différence de la Banque d’Irlande, les banques par actions fondées en Irlande ouvrent des crédits sur dépéot et payent lintérét des sommes qui leur sont versées comme dépdts. Il y a 8 banques a fonds réunis qui ont pres
de 180 succursales; cing d’entre elles ont le droit d’émission pour une somme totale qui ne doit pas dépasser 6,354,494 liv. st. Leur capital particulier varie de 125,000 4 500,000 liv. st.
Au mois de juin 1864 on comptait en totalité dans les trois royaumes 423 banques, avec 1,823 succursales et agenc:s; sur ce nombre 202 étaient de simples banques de dépot; parmi les autres on comptait 221 banques centrales dont 140 particulieres et 61 par actions en Angleterre, 13 par actions en Ecosse et 6 en Irlande. L’importance totale de la circulation des billets dans tout le Royaume~ Uni était a la méme date de 37,599,870 liv. st., en y comprenant l’émission de la banque d’Angleterre qui s’élevait a elle seule 4 27,333,416 liv. st.
L’application du principe de la responsabilité limitée a des compagnies a fonds réunis (joint-stocks) dégénéra bientét de l’autre cété de la Manche en une véritable manie. Le public, alléché par Pappat de fabuleux dividendes, encouragea les entreprises les moins sérieuses. Le capital souscrit de 1863 a 1865 dépassait le chiffre de plus de 9 milliards de francs. La crise financiére éclata au commencement de 1866. Trois grandes banques avaient arrété leurs paiements, et la baisse des valeurs devenait générale, lorsque lasuspension de la grande maison d’escompte Overend, Gurney et Cie (10 mai) mit le comble a la catastrophe. La banque d’Angleterre porta 4 10 pour 100 le taux de son escompte ; la réserve du numéraire tomba rapidement. La faillite fit crouler en quelques jours plus de vingt établissements de premier ordre. Ces désastres jetérent le commerce britannique dans un état de langueur dont il eut quelque peine & se relever, Grace 4 la neulralité de l’Angleterre dans les derniers événements politiques, la Banque s'est maintenue dans |’état le plus prospére.
GRECE, — Dés le 11 avril 1841 legouvernementgrec rendit une loi portant que la BANQue NATIONALE alors projetée serait légalement constituée aussit6t que 2,600 de ses actions, chacune au capital 'e 1,000 drachmes, auraient été souscrites. Les souscripteurs d’actions ne s’étant pas présentés en uombre suffisant, le projet de loi fut modifié en ce sens que le nombre des actions a souscrire pour la constitution légale de la Banque fut réduit 4 1,500. Il fut en outre stipulé que les deux tiers du capital seraient employés en préts sur propriétés fonciéres, sur matiéres d’or et d’argent et aussi en escomptes. Tout emprunt sur hypothéque s’amortit au moyen d’annuités; cependant le débiteur est libre de se libérer plus tot. Les billets émis par la Banque sont regus par toutes les caisses publiques comme comptant, et la Banque est investie pour vingt-cing années du privilége d’en émettre. Les billets émis ne doivent pas dépasser les deux cinquiémes du capital de la Banque, et un quart doit constamment se trouver représenté par des especes en caisse. Tous’ les six mois la Banque est tenue de rendre public son état de situation. Quand les dividendes afférents aux actionnaires dépassent 7 pour 100, le surplus des bénéfices, déduction faite de gratifications aux employés, et dont l’assemblée générale fixe la quotité, est réparti encore pour les trois quarts entre les actionnaires, tandis que l’autre quart va augmenter le fonds de réserve. Au commencement de année 1842 la Banque commenga ses opérations avec un capital de 3,472,000 drachmes, représenté par 3,472 actions ; et dés le mois d’avril elle établit une caisse d’escompte & Syra. Dés la méme année une succursale de la Banque était créée a Patras. A la fin de 1842 son capital était de 3,949,000 drachmes, représentant 3,949 actions. La crise financiére qui se déclara au printemps de 1848 forga la Banque a solliciter du gouvernement un prét de 1,500,000 drachmes, Mais le trésor s’étant trouvé dans l’impossibilité de le faire, le parlement autorisa la Banque A suspendre pendant cing mois le remboursement de ses hillets; autorisation qui fut enccre proiongée de six mois (jusqu’en mars 1849). A la fin du semestre
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expirant le 30 juin 1849, ensemble des opérations ae la Banque pendant cesemestre s’était élevé a 7,395,205 drachmes. L’encaisse était de 907,905 drachmes, les billets en circulation s’élevaient a 1,101,100 drachmes. Chaque action de 1,000 drachmes, outre son dividende fixe et régulier de 3 1/2 pour 100, avait touché cette méme année un dividende extraordinaire de 12/15 pour 100. Le dividende extraordinaire s’est 4 peu de chose prés maintenu au méme taux jusqu’en 1865.
HonGriz, — La Banque commeiciale hongroise de Pesth fut fondée en 1842, au capital de 1 million de florins, argent de convention, représenté par 2,000 actions de 500 flor. chaque. Ses opérations consistent dans l’escompte des effets de commerce, les virements de parties, la garde des dépdts, les préts sur garantie, et la réception de dépdts productifs d'intérét. Les événements de 1848 mirent le gouvernement hongrois dans la nécessité d’émettre par V'intermédiaire de la Banque une masse de billets descendant jusqu’au taux de 1 florin; ces émissions s’accrurent encore quand une espéce de gouvernement républicain se fut établi dans le pays; mais une fois que les troupes impériales eurent replacé la Hongrie sous les lois de l’Autriche, le gouvernement de Yempereur refusa de les reconnaitre. Le 28 aodt 1848 la chambre aulique de Hongrie avait commencé par autoriser l’émission de 61 millions de florins en billets de la Banque, et avait assigné en garantie de leur remboursement en espéces les différents domaines et revenus de l’Etat. Les coupures étaient de 1, 2,5, 10, 50, 100 et 500 flor. La premiére émission eut lieu 4 12,500,000 flor., avec l’approbation du palatin , Parchiduc Etienne, et sur la base d’un dépdt en espéces de 5 millions de florins, mais qui ne fut effectué que par Ja réserve d’environ 4 millions de flor. en billets de 1 et 2 flor. Par contre, le gouvernement hongrois déposa a la Banque, tant en or qu’en argent, environ 1,900,000 flor. La Banque de Pesth, qui jusque alors avait prospéré, souffrit singuliérement des événements de 1848 et de 1849. Dans l’assemblée générale tenue en aodt 1850, la commission de comptabilité annonga que, décompte fait de Pintérétannuel de 5 pour 1004 payer aux actionnaires, il ne restait d’autre bénéfice net qu’une somme de 18,411 flor., qu’on décida de verser au fonds de réserve. La Banque a le droit de créer des succursales , et dés 1845 elle en avait usé 4 Kaschau,
ITALIE, — Le royaume de Naptes possédait autrefois sept banques, qui toutes succombérent sous le régne de Joachim Murat. En 1810 on y fonda pour en tenir lieu la Banque des Deux Siciles, créée au capital de 4,000 actions de 250 ducats , autorisée a faire Yescompte des effets de commerce, a préter sur dépdts de matiéres précieuses, d’effets publics et de marchandises, 4 émettre des billets au porteur et a vue, et qui jouit d’un excellent crédit. Elle fait aussi des affaires pour son compte particulier, et effectue tous les payements du gouvernement, qui délivre des mandats sur elle. Elle a en Sicile des succursales, & Palerme et A Messine. En 1827 on fonda 4 Naples, au moyen d’actions, une caisse de prét et @hypothéque, la Banca fruttuaria, chargée de seconder les efforts de lindustrie et de l’agriculture, avec un capital de 600,000 scudi, Cet établissement se charge aussi de constituer des rentes viagéres. La Compagnia sebesia promotrice delle industrie nazionali, fondée a Naples en 1833, au capital d’un million de ducats, est une banque de virement,
La Banque de Saint-Georges, fondée par actions a G&xgs, avait fait autrefois des avances considérables a la république, en garantie desquelles on lui avait affecté la plupart des revenus publics, et notamment je produit des douanes, Apres avoir été pillée en 1746 par une armée autrichienne , elle fut obligée de suspendre ses payements; mais elle ne tarda pas A prospérer de nouveau. En 1800, Masséna, pout payer l'arriéré de solde dd a ses troupes, fut obligé de s’em parer des fonds de la Banque, et ils ne furent que trés-imparfaitement restitues, La Bungue de Saint-Georges continua
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ses opérations jusque dans ces derniers temps ; mais elle fut remplacée au commencement de l'année 1844 par la Banca di Genova, fondée par actions, au capital de 4 millions de lire, mais qui dés les premiers mois de 1850 fut réunie a ia Banque de Turin, et réorganisée alors sous la dénomination de Banque nationale. Chacune des deux banques émet cependant des billets particuliers. La seconle section de cette Banque nationale , la banque de Turin, ne date que de 1847, époque ou elle fut fondée, sur le modéle de celle de Génes, au capital de 4,000,000 lire, représenté par des actions de 1,000 lire. La nouvelle ‘Banque nationale est tout a la fois banque d’escompte, de dépot, de virement et de circulation. Reorganisée en 186i, la banque de Turin est devenue bangue d’I/alie & la suite des événements qui ont amené unification de la péninsule.
A Rome florissait autrefois une banque d@’Etat qui avait en méme temps pour annexe une maison de prét, la banca del Spirito-Santo ; elle existe bien encore, mais elle n’a plus depuis longtemps aucune importance. En 1834 on fonda sous le nom de Banca romana, et par actions de 500 et coupons de 250 scudi, une banque d’escompte au capital de 2 millions de scudi. Ses billets étaient aussi recus comme comptant dans toutes les caisses publiques. Elle était placée sous la surveillance du gouvernement, qui nommait son gouverneur, et organisée en tous points sur le modeéle de la Banque de France. Elle subit des chocs nombreux, et en 1848, a cause de ’empressement avec lequel on vint de tous cétés lui réclamer le remboursement de ses billets, elle fut obligée d’interrompre ses escomptes. Ensuite elle obtint provisoirement l’autorisation de ne point rembourser ses actions, d’émettre de petites coupures de 1 et 2 scudi, et en 1849 le cours forcé de ses billets, Ayant a cette époque fait au gouvernement républicain des avances que plus tard le gouvernement pontifical refusa de reconnaitre, elle se trouva dans les plus cruels embarras , surtout a cause de la stagnation complete des affaires; et la crise qu’eHe subit alors fut tellement grave, qu’il devint impossible de songer a y porter reméde a Vaide de palliatifs. En conséquence, le gouvernement résolut d’édifier sur ses ruines une nouvelle banque, la Banca dello Stato Pontificio, avec des succursales a Ancéne et 4 Bologne. Aprés plusieurs tentatives inutiles faites pour réaliser ce projet , il fut enfin possible de la constituer le 22 féyrier 1851. En 1860, son actif était de 5,120,547 écus; le passif de 3,937,218. Les événements de ces derniéres années ont mis cetie banque dans une situation des plus critiques.
Il existait en ToscanzE deux banques par actions: celle de Livourne, qui s’occupe d’escompte et de circulation, et celle de Florence; elles ont fusionné en 1865 avec la Banque d'Italie.
On a fondé a Lucques en 1850 une caisse d’escompte, et a Parme en 1858 une banque de circulation.
L’origine de la Banque de Venise fut, dit-on, un prét fait en 1171 a la république par une association de marchands; et depuis lors elle resta constamment le plus fort des créanciers de Etat. C’était une banque de dépot et de Virement. Son crédit fléchit singuligrement lorsque Venise fut prise par les Francais en 1797, puis cédée par ceux-ci, comme indemnité, a |’Autriche. Elle fut supprimée en 1808. En 1848, pendant la courte durée du gouvernement républicain, on fonda a Venise une Banque nationale, qui succomba lorsque la ville eut été contrainte de se soumettre de nouveau 4 l’Autriche.
NORVEGE. — Une banque de circulation (Rigsbank) fut fondée en 1815 a Drontheim, avec mission de retirer peu a peu de la circulation l’immense quantité de papiers de tout genre qui circulaient dans le pays et de régulariser ses rapports monétaires avec l’étranger. On la créa au capital de 21 millions de fr. et par actions. L’échange contre espéces des billets qu’elle émet peut non-seulement avoir lieu au siége de l’établissement , mais encore, par suite de dispo-
sitions récentes, dans les succursales qu’elle a établies a Christiania, Bergen, Christiansand, Drammen et Skeen. C’est tout a la fois une banque de prét, de virement, d’escompte et de dépot. Elle accorde un petit intérét aux dépdts qui lui sont confiés. Ses billets (de 100, de 50, de 10, de 5, de 1, de 1/2 et de 1/3 de spéciés) restérent longtemps au-dessous du pair; mais depuis 1841 ils sont partout acceptés a légal de Pargent monnayé. I ne doit jamais y avoir en circulation pour plus du double de Vencaisse métallique de la banque.
Pays-Bas. — Labanque la plus ancienne de la Hollande estla Banque d’ Amsterdam, qui fut fondée en 1609, a Veffet de donner un cours certain a l’argent en barres. Placée sous la surveillance et administration directes de la ville d’Amsterdam, c’était avant tout une banque de virement de parties et de dépot. Quand en 1672 une armée frangaise parvint jusqu’a Utrecht, une panique se déclara parmi les détenteurs de ses billets, et ce fut & qui accourrait en réclamer le remboursement ; mais elle fit face a tous ses engagements sans la moindre hésitation , et cette attitude en pareille circonstance contribua singuli¢érement a consolider son erédit. En 1790 elle commenga 4 restreindre le remboursement de ses effets, eten 1794 force fut a la direction d’avouer que depuis cinquante ans elle s’était mise a découvert de 10 millions et demi de florins avec la compagnie des Indes orientales, la ville d’Amsterdam et les états de Hollande et de la Frise occidentale. Ses billets subirent immédiatement une dépréciation de 5 pour 100, et cette baisse alla bientdot a 16 pour 100 au-dessous de la valeur nominale des titres. Les capitalistes retirérent successivement la plus grande partie de leurs dépots , et ’importance des opérations de Ja banque alla toujours en décroissant jusqu’en 1820, époque ot elle fut mise en liquidation. En 1824 elle fut remplacée par la Banque des Pays-Bas , organisée tout a fait sur le modéle de la Banque d’Angleterre, et investie d’un privilége de vingt-cing ans, qui a été renouvelé en 1838 et en 1863. Son capital se composa a l’origine de 5,000 actions de 1,000 florins; mais on ne tarda pas a le porter a 10 millions, puis en 1840 4 15 millions. Ses billets sont de 1,000, 500, 300, 200, 100, 80, 60, 40 ef de 25 florins. Outre les affaires d’escompte, le commerce des métaux précieux, les monnaies étrangéres, elle fabrique aussi les monnaies pour le compte du gouvernement. Elle est administrée par un président , un secrétaire et cing directeurs. « Dans la gestion d'une banque, dit M. Horn, il est dilficile de pousser la prudence plus loin que ne le font les adiministrateurs de cet établissement, » Jusqu’au 31 mai 1864 l’encaisse métallique obligatoire était des 2/5 de la circulation et des comptes courants réunis jusqu’a concurrence de 100 millions de florins ; au-dela les billets devaient étre intéyralement représentés par le numéraire en caisse. Depuis le 1eT avril 1865 cette restriction a disparu; mais l’encaisse a toujours été en excédant notable de la quotité prescrite.
Il existe en outre depuis 1860 une banque a Rotterdam au capital de 15 millions de florins par actions.
POLOGNE. — La Banque nationale de Polegne, banque d’Etat, fut fondée en 1828, et le gouvernement lui assigna pour capital 10 millions de florins de Pologne en espéces (environ 7 millions de francs), 10 millions en rescrits domaniaux et {0 millions en valeurs diverses. En 1834 son capital fut porté 4 42 millions de florins, et en 1841 48 millions de roubles d’argent (= 53,500,000 florins de Pologne ). Elle a pour mission de fonctionner comme banque de virement et d’amortir la dette publique, de conclure des emprunts pour la direction générale du crédit agricole, et de faire des affaires en effets publics , en escomptes de traites et en préts sur consignations, et aussi de se livrer 4 de grandes opérations et entreprises industrielles, Elle accepte des dépdts qui ne sauraient étre moindres que 200 florins et qui portent intérét, de méme que les dépéts publics et les fonds provenant des diverses caisses de l’Etat qu’elle est chargée de centraliser. En 1830 les
billets de caisse d’i{at furent transformés en billets ae nanque de 5, 10, 50, 500 et 1,000 florins. Par suite de V’introduction du systéme monétaire russe en Pologne, ces billets furent retirés de la circulation et remplacés par des billets de 1, 3, 5, 10, 25, 50 et 100 roubles d’argent. Le montant de leur circulation est égal au capital de la Banque, 8 millions de roubles d’argent. Dans ces derniéres années la Banque nationale a fait des opérations extrémement avantageuses, et en 1852 le gouvernement russe s’occupa de la transformer en succursale de la Banque de commerce de Saint-Pétersbourg.
PortvuGaL, — La Banque nationale, fondée en 1822 a Lisbonne, avec un capital de 5 millions de milreis, divisé en actions de 500 milreis, est une banque d’escompte et de circulation. Elle est constamment venue en aide au gouvernement en lui faisant des avances moyennant Ja concession de certaines branches du revenu public a titre de garantie. Aussi les billets émis par la banque sont-ils beaucoup au-dessous du pair. En septembre 1849 ils perdaient cncore 37 pour 100. Une meilleure administration de I’établissement ent pour résultat de relever rapidement le cours de ses billets, qui a la date du 19 septembre 1850 ne perdaient plus que 6 '/, pour 100. A la fin d’aodt de la méme année la masse de ses billets en circulation était @’environ 25 millions de milreis. A la date du 19 septembre 1850 le cours moyen des actions de la Banque variait entre 375 et 380 milreis. Cette Banque posséde une succursale a Oporto.
La Banque commerciale d’Oporto fut fondée en 1835, au capital de 2 millions de milreis. C’est une banque d’escompte et de circulation. Le {18 aott 1850 ses actions étaient cotées 4 la bourse de Lisbonne 4 200-204 milreis, valeur en billets de la Banque de Lisbonne.
Rvssi£, — En 1768 limpératrice Catherine fonda a Saint- Pétersbourg, sous la dénomination de Banque d’assignation, une banque d’Etat de circulation, qui dans les dix-huit premiéres années de son existence n’émit que pour 40 millions de roubles d’assignations, lesquelles par conséquent restérent constamment a peu prés au pair. En 1786 on créa, indépendamment de cette banque, une Banque d’Etat de prét et de dépét, en relations intimes avec la premiére, ne formant méme avec elle jusqu’a un certain point qu’un seul et méme établissement, et chargée de faire sur hypothéque des préts en assignations de banque, dont le chiffre d’émission fut porté a cet effet jusqu’a 100 millions, Ces deux établissements avaient pour mission de s’occuper d’opérations @escompte. Les guerres rendirent nécessaires de plus importantes émissions de billets ; 4 la mort de limpératrice elles s’élevaient déja 4 157 miilions, et plus tard elles atteignirent le chiffre de 577 millions. Par suite de la guerre de 1807 et de la position dans laquelle la Russie se trouva placée jusqu’en 1816, la valeur du rouble en papier descendit jusqu’é 75 centimes environ. En 1816 la valeur du rouble d’argent fut légalement fixée 4 4 roubles en papier, et les assignations de banque furent recues 4 ce taux dans toutes les caisses publiques. La valeur du rouble en assignations de banque revient a varier entre 80 et 95 centimes. En 1839 le cours des assignations fut fixé A 3 1/2 roubles en assignations pour 1 rouble en argent. Mais en 1842 l’empereur décida que ce papier serait successivement retiré de la circulation ; il a été remplacé depuis par un nouveau papier d’Etat circulant a instar de l’argent, qu’on appelle billets de crédit de Vempire. A la suite de cette mesure assignation de banque a été supprimée en 1848,
En 1818 on fonda a Saint-Pétersbourg , comme institution publique, la Banque du Commerce, avec mission de faire circuler au moyen de comptes courants les espéces d’or et dargent de méme que les métaux précieux en barres, de prendre des dépots, de faire des affaires d’escompte ‘et de prét sur consignations de marchandises russes.
En 1859, un ukase prononga la dissolution de toutes les
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banques alors existantes et leur replacement par un ¢tablissement unique dit Banque d’ Etat, destiné a étre entre les mains du gouvernement « un moyen d’action pour consolider le systéme de la monnaie fiduciaire. » La Banque d’Etat fut établie avec un capital de 16 millions de roubles (dont 1 million prélevé sur la liquidation des anciennes banques d’emprunt et de commerce); le fonds de réserve devait étre porté 4 3 millions par un prélévement d'un tiers sur les bénéfices. Une fois ce chiffre atteint, cette part de bénéfices serait appliquée a l’amortissement des billets de banque 5 pour 100 et des emprunts faits par le trésor aux établissements de erédit. La nouvelle banque commeng¢a a fonctionner le 1¢* juillet 1860, Son bilan au 1¢? mai 1861 se fit remarquer par l’exiguité du po: tefeuille commercial (13,648,344 roubles), tandis que Ja dette sans intéréts du trésor pour billets de crédit s’élevait & 619,919,567 roubles; la réserve métallique n’atteignait pas 86 millions en présence dune circulation totale des billets de crédit pour plus de 712 millions, Il était clair que la banque mettait toutes ses forces au service de l’Elat et ne rendait que de trés-faibles services au commerce. Afin de renforcer le fonds d’échange des billets de crédit, la banque fut autorisée 4 emprunter, en 1862, & l’étranger 15 millions liv. st., et a Vinéérieur, en 1864 et en 1866, deux fois 100 millions de roubles ; le produit de ces derniers emprunts fut destiné a couvrir le déficit du budget, ainsi qu’a hater la construction des chemias de fer.
Voici, du reste , quelle a été dans ces derniéres années la circulation des billets de crédit : en 1861, 712,976,569 roubles; en 1862, 713,596,000; en 1863, 691,104,000; en 1864, 636,525,000; en 1865, 651,124,000; en 1866, 650,464,000; en 1867 , 649,544,000; en 1868, 657,466,000; en 1869, 724,406,000 ; en 1870, 721,788,189; en 1871, 715,809,884. On le voit, le chiffre de la circulation a peu varié; mais le nombre des billets, les petites coupures, s’est accru de plus du tiers. Les difficultés qu’éprouvaient les transactions il y a dix ans ont aujourd’hui a peu prés totalement disparu,
En sus de ses succursales, la banque d’Etat a établi 24 sections dans les villes importantes de V’empire.
Depuis plusieurs années le gouvernement russe a fondé des Banques de prét pour les paysans, qui font des avances sur propriétés fonciéres, et sont d’une grande utilité & agriculture, A la fin de 1865, il en existait 105 ayant des statuts conformes réglés par un vkase du 6 février 1862. La masse des capitaux de toutes ces hanques s’élevait a prés de 3 millions de roubles.
SvuEDE, — En 1657 le gouvernement suédois fonda a Stockholm la Banque de la Diéte, au capital de 300,000 spéciés thalers. Elle faisait surtout des affaires de prét, émettait des billets au porteur, et s’occupait aussi de virements de parties. A lamort de Charles XII elle possédait un fonds de 5 millions de rixdalers. Mais dans la premitre moitié du, dix-huitiéme siécle elle mit en circulation pour plus de 600 millions de rixdalers de cuivre, d’ou il résulta que non-seulement les métaux précieux , mais encore les monnaies de cuivre et asqu’aux monnaies de laiton, dites slanées, abandonnérent la Suéde pour passer a I’étranger , et que les billets de la banque tombérent & 33 pour 100 au-dessous de leur valeur nominale. Gustave III essaya bien de remettre quelque ordre dans les finances et de retirer peu d peu de a circulation les billets de rixdales de cuivre; mais ses guerres contre la Russie Vempéchérent de réaliser complétement ses projets & cet égard, et le mirent méme dans la nécessilé de faire de nouvelles émissions de papier-monnaie, ce qui acheya de faire disparaitre de Suéde toute espece de monnaie dargent. En 1829 le gouvernement s’occupa encore une fois du soin de porter remede A un état de choses si préjudiciable & la prospérité générale. Tl fixa la valeur du rixdale de banque a 3/8 de rixdale d’argent, en méme temps quil
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décida que les billets émis par la banque seraient retirés de la circulation et changés contre espéces aussitOt que la banque posséderait un encaisse métallique égal aux cing huitidmes de ses billets. C’est ce qui arriva en 1835, époque ot commenca le remboursement en espéces des billets dont la circulation avait alors atteint le chiflre de 32 millions de rixdales. Us circulaient surtout en Finlande, mais ils y furent démonctisés en 1842. Cette mesure, en faisant affluer a la banque une masse de demandes de remboursement de ses billets , la mit dans de trés-grands embarras, car a la date du 1° octobre 1842 elle avait été déja obligée de rembourser pour 1,962,471 spéciés thalers en billets, ce qui réduisait le chiffre de sa circulation 4 91,841,932 rixdales. La Banque ouvre des crédits en compte courant, et posstde des comptoirs & Gothembourg, Malmee et Wisby. A la flu de 5, Son encaisse se Composait de 13,377,524 rixdales credits banque (a 3/8 de rixdale argent), ses dettes actives se montaient a 31,023,181 rixdales, sa dette de banque de prét (représentée par des mandats et des obligations en circulation et portant intérét) A 738,932 rixdales, ses billets en circulation & 23,724,410 rixdales. Les bénéfices pour année 1845 s’étaient élevés a 1,038,153 rixdales argent de banque.
On compte en outre en Suéde six banques particuliéres: celles de Scanie, de Smeland, de V Ostrogothie, de Wermland, @ Grebro et de la Dalécarlie, qui toutes émettent des billets A vue et au porteur. Au commencement de l’année 1846 la totalité de ces billets en circulation était de 9,103,000 rixdales de banque. Ces différentes banques sont toutes en voie de prospérité, et il n’est pas rare de les voir répartir des dividendes annuels de 12 et de 15 pour 100 a leurs actionnaires. En 1845 une loi décida qu’a Pavenir toute banque particuliére ne serait autorisée ou prolongée qu’a la condition; 1° dela solidarité de tous les intéressés ; 2° de ne point émettre de billets de moins de 6 2/3 rixdales.
SUISSE, — Le principe de la liberté prévaut en Suisse, ou l’on ne compte pas moins (en 1867) de 67 banques d’émission plus ou moins importantes. Ces banques réunies nont guére qu’une circulation totale de 18 millions de fr. pour un capital effectif de 175 millions. Il ya, en outre, 22 banques de circulation, avec un capital par actions de 29 millions et 5 millions de fonds de réserve.
Il existe deux hanques 4 Genéve:
La Banque de commerce, fondée par actions, qui a remplacé en 1846 l’ancienne Caisse de dépét et de virement, qui était une banque particuliére. C’est une banque d’escompte, de virement et de circulation. Son capital est de 1,550,000 francs. En 1848 ensemble de ses opérations s’élevaa 146,327,709 ; cependant ses actionnaires ne toucherent que 1 1/2 de dividende. Au 31 décembre 1848 son en- Caisse était de 4,577,253 francs, et ses billets en circulation de 2,104,600 francs, plus 205,517 francs de mandats de caisse.
La Banque de Geneve fut ouverte le 1°" juillet 1848, avec un Capital nominal de 3 millions de francs, dont, aux termes de la nouvelle constitution, la ville de Genéve dut souscrire la moitié. L’autre moitié devait étre le produit du placement de 1,500 actions de 1,000 francs; mais a la date du 30 juin 1849 on n’en avait pu placer en tout que 162. C’est une banque d’escompte, de prét, de virement et de circulation. La premiére année rapporta aux actionnaires 2 1/2 de dividende. Au 31 décembre 1849 son encaisse était de 326,224 franes, le montant de ses billets en circulation de 361,900 francs, et elle avait avancé au canton 225,000 francs.
La Banque de Zurich fut fondée ie 5 juin 1837, au capital de 1 million de florins en actions de 500 florins ; c’est une banque d’escompte, de prét, de virement et de circulation. Ses billets, désignés sous le nom decertificats de caisse, sont de 100, de 20 et de 10 écus de Brabant. Le montant de bes billets en circulation et des dépéts remboursables 4 un mois ne doit pas dépasser le triple de son encaisse mé¢tallique. La banque émet aussi des billets A ordre payables a
présentation au bout d’un certain nombre de jours : elle a une succursale 4 Winterthur et des caisses ou ses billets sont remboursables en espéces a Zurich et 4 Winterthur, Elle est autorisée a fonder des succursales dans les autres villes de la confédération. En 1848 son chiffre total d’affaires s’est devé A 41,004,039 frances, et ses bénéfices nets 4 63,335 florins.
La Banque de Bdle, reconstituée le 10 mars 1845, est la continuation de la banque de dépdt et de virement fondée dans cette ville le i** janvier 1844. Son capital est de 500,000 francs, représenté par des actions de 5,000 francs, mais peut étre accru a volonté. Elle s’occupe d’encaissements, de payements, de virements, de conservation de dépots, d’émission de billets de banque et de mandats de caisse a‘nsi que de billets 4 ordre, d’escomptes, de préls sur marchandises et sur hypothéques, d’achats d’effets publics et d’obligations de la ville de Bale. Elle accepte des dépots produisant intérét. Les billets quelle émet sont de 100 et de 500 francs. En 1849 le chiffre total de ses opérations ful de 54,048,144 francs, et son bénéfice net de 28,264 francs, déduction faite de Vintérét de 4 pour 100, payable a ses actionnaires, ainsi que de Ja part a faire, d’aprés ses statuts, 4 son fonds de réserve. Indépendamment de leurs 4 pour 100 d’intérét, les actionnaires touchérent environ 2 3/4 de dividende.
La Banque cantonale de Berne, fondée en 1833, fut réorganisée en 1846. C’est une banque purement urbaine, fondée par la ville au moyen d’un versement spécial de 3 millions de francs. Elle accorde des crédits en comptes courants, préte sur consignation, escompte, recoit des dépdts, prend des capilaux 4 intérét et émet des billets de 20, de 30 et de 100 francs. Les émissions ne doivent pas dépasser le chiffre de 2 millions, et ces billets sont acceptés comme argent dans toutes les caisses publiques. Le chiffre total de ses affaires en 1848 s’est élevé 4 30,359,000 francs, et son bénéfice 4 159,000; ce qui donnait 5 3/4 pour 100 de son capital. On ne publie point ses bilans de situation. — Il existe aussi a Berne depuis 1847 une Caisse hypothécaire fondée par Etat au capital de5 millions de francs. Ses opérations consistent 4 préter sur hypothéque et a prendre des capitaux a intérét.
La Caisse cantonale de Vaud fut fondée en 1846, & Lausanne, au capital de 2 millions de francs, dont moitié devait étre faite par |’Etat, et l'autre moitié par le placement de 2,500 actions de 400 fr. Mais A la fin de 1848 l’Etat n’avait encore pu fournir que 150,000 francs sur les versements quwil s’était engagé a faire, et on n’avait pu obtenir le placement que de 960 actions environ. Malgré de si faibles ressources, cette institution ne laissa pas que d’entrer en compléte activité. C’est une banque tout a la fois d’escompte, de virement, de prét et de circulation; elle ouvre des crédits en compte courant et préte sur hypothéque. Son chiffre Waffaires pour année 1848 fut de prés de 8 millions de francs, et elle donna 5 pour 100 de bénéfices. Ses billets sont de 50, de 100 et de 500 francs.
La Banque de Saint-Gall commenga ses opérations le 1° octobre 1837. Son capital est de 1 million de florins , représenté par des actions de 250 florins, mais il peut étre augmenté. Elle s’occupe d’escompte, de préts sur consignation, de virements de parties et d’encaissements ; elle prend des capitaux a intérét, achéte les traites sur les places étrangéres, émet des billets au porteur et des effets a ordre payables 4 vue aprés un certain nombre de jours. Ses billets sont de 10, de 50 et de 100 florins. Au 30 septembre 1848 son encaisse, tant en métaux précieux qu’en billets, était de 604,498 florins, et le montant de ses billets en circulation de 696,000 florins.
TURQUIE. — La premitre banque qui ait fonctionné en Turquie commenca ses opérations 4 Constantinople au mois de juin 1849, Les fondateurs de cette entreprise furent le
banquier francais Alléon et le banquier ifalien Baltazzi, qui en furent nommés directeurs par le sultan. Le gou\ernement a remis a la banque comme premiére dotation 25 millions de piastres turques, et l’a autorisée 4 émettre des actions jusqu’a concurrence de 100 millions de piastres. Dés le méme mois de juin 1849 il en avait été souscrit pour 40 millions. Cette institution ne-réussit pas. Le 4 février 1863, le Crédit mobilier de Paris , avec l’appui du Crédit mobilier espagnol et de plusieurs banquiers, obtint la concession d'une banque de circulation et de crédit & Constantinople. Tous les revenus publics devaient ¢tre versés dans ses caisses , et elle serait chargée du payement de toutes les dépenses et du service de la dette extérieure. Sa durée est fixée & trente ans, et son capital social 4 67,500,000 fr.. divisé en 135,000 actions de 500 fr. ; en 1868 il fut porte au double. ;
La Banque ottomane a installé des succursales 4 Smyrne, Trébizonde , Beirout et Salonique. C’est par son intermédiaire que le gouvernement a contracté les emprunts de 1864 et de 1866,