‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 302 sur 488 · A, DELAFOREST · texte numérisé non relu

A, DELAFOREST

BAPTISTE cadeé (Paut-Evsracune ANSELME, dit), né a Grenoble, le 8 juin 1765, suivit la carriére de son pére, de sa mére, de son frére, avec qui il se trouvait a Rouen en 1790, et qu’il accompagna a Paris l'année suivante. Aprés avoir joué en province les amoureuz, il débuta au théatre du Marais dans les seconds comiques et les grimes. Mais il n’y resta que peu de temps, et grossit bientét la troupe qui s’élait formée au Palais-Royal , sous la direction de mademoiselle Montansier, Ce petit thédtre, devenu célébre a plus d’un titre, avait pris-le nom de sa fondatrice. Il en est sorti des talents de premier ordre, entre autres mademoiselle Mars, Baptiste cadet était entré a ce spectacle. Avant d’arriver au comique, il traversa le bouffon, et commenga a jouer les niais, Il fut le prédécesseur de Brunet en créant le type des Jocrisse, et procura & une espéce de farce restée au répertoire, le Sourd, ou U Auberge pleine, une vogue extraordinaire. La piece et l’acteur passérent au thédtre des Variclés amusantes, qui devint ensuite le theatre de la rue de Richelieu , puis le Thédtre de la Republique, et ot Baptiste cadet retrouva son frére, qui y était venu du theatre du Marais. Ni l'un ni Pautre n’y purent déployer de longtemps les talents qu’iis y montrérent plus tard. De la il émigra au théatre Feydeau; dou i} retourna a celui de la République, devenu Théatre-Frangais, pour y tenir en chef Pempiloi des comiques.

Baptiste cadet, non moins soigneux que son frére ainé dans Pétude et la composition de ses réles, était beaucoup plus que lui favorisé de la nature; il avait un masque éminemment comijue, une voix plaisante et mordante, une facilité de

gestes simples et d’un naturet si par faft qu'il était presque impossible d’apercevoir le comédien sous les traits du personnage qu’il représentait. Niais sans bétise, sans charge, malicieux sans grimace, soit dans des réles eréés, soit dans ancien répertoire, rien n’était plus comique , plus plaisant, non-seulement sans bouffonnerie, mais méme avec une sorte de grace et de distinction relatives , que Baptiste cadet dans le Sourd, les Héritiers, les Plaideurs, les Etourdis, les Femmes savanies, et, par dessus tout , dans les Fourberies de Scapin (Argan) , le Mariage de Figaro (Brid’Oison ). I passa prés de trente ans au Thédtre-Francais, ou il avait été regu comme sociétaire dés l’origine de la réunion des troupes. Aprés sa retraite il reparut encore une fois sur la scéne, au théAtre Ventadour, dans une représentation au bénéfice de son parent, Féréol, acteur de l’Opéra-Comique, et joua le réle de Brid’Oison. Mais l’affaiblissement de sa voix et de ses moyens ne permit ni a ses anciens admirateurs ni aux spectateurs qui ne l’avaient jamais vu de retrouver ou de connaitre |’excellent comédien qui avait survécu 4 sa grande et juste réputation , et qui mourut quelques années aprés, a Paris, le 31 mai 1839, A. DELAFOREST.

BAPTISTERE. Onappelle ainsi le lieu ou!’édifice dans lequel on conserve Veau pour baptiser. Les premiers chrétiens , suivant Tertullien, n’avaient d’autres baptistéres que les fontaines, les riviéres, les lacs ou la mer qui se trouvaient le plus 4 portée de leurs habitations. Quand la religion chrétienne fut devenue celle des empereurs , outre les églises , on batit des édifices particuliers uniquement destinés 4 Padministration du baptéme , et que, par cette raison, on nomma baptistéres.

On confond aujourd’hui le baptisiére avec les fonts baptismausx; anciennement, on distinguait positivement ces deux choses : par baptistére on entendait tout l’édifice od on administrait le baptéme, et les fonts n’étaient autre chose que la fontaine ou le réservoir qui contenait les eaux pour le baptéme. Les baptistéres séparés des églises ont subsisté jusqu’a la fin du sixiéme siécle, o4 l'on commenga 4 en yoir quelques-uns placés dans le vestibule intérieur de l’église, tels que celui oi Clovis recut le baptéme des mains de saint Remi. Cet usage est ensuite devenu général, si ’on en excepte un petit nombre d’églises qui ont retenu Yancien, comme celles de Florence et de toutes les villes épiscopales de Toscane, la métropole de Ravenne et !’église de Saint-Jean de Latran A Rome. Ces édifices, pour la plupart , étaient d’ime grandeur considérable. Selon la discipline des premiers sidcles, le baptéme ne se donnait alors que par immersion, et (hors le cas de nécessité) seulement aux deux fétes les plus solennelles de année. Le concours procligieux de ceux qui se présentaient au baptéme, la bienséance qui youlait que les hommes fussent baptisés séparément des femmes, exigérent de vastes édifices. Ainsi le baptistére de Véglise de Sainte-Sophie , 4 Constantinople, était si spacieux qu’il servit d’asile 4 l’empereur Basilisque, et de salle d’assemblée 4 un concile fort nombreux. Le plus ancicn de tous les baptistéres, et peut- étre le premier monument de la religion chrétienne, est le baplistére de Saint- Jean de Latran, dit de Constantin, quoiqu’il soit faux que cet empereur y ait regu le baptéme, puisqu’on sait qu’il fut baptisé & Nicomédie, peu de temps avant sa mort.

Les Romains appelaient aussi, dans leurs bains, baptisterium un grand bassin ot |’on pouvait se laver plusieurs ensemble et méme nager. Pline le jeune en avait un dans sa maison de campagne. On donnait encore ce nom a des baignoires portatives.

BAPTISTES. C’est sous cette dénomination que se désignent eux-mémes les sectaires qui ne croient pas a l’efficacité du baptéme donné aux enfants, et qui ne l’administrent qu’aux adultes; sectaires trés-nombreux , comme on sait, en Angleterre , et & qui leurs adversaires donnent tantot le nom d’antipédobaplistes, qui veut dire , opposés au

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