BAPTISTE
par une profonde intelligence, une diction pure, un bon ton de comédie , et des intentions toujours prononcées , toujours vraies. Son épouse a de la sensibilité et Vhabitude du théatre, Sa mére a de la vérité et du comique dans les duégnes. »...
C’est, en effet, avec toutes ces qualités que nous avons vu
| longtemps Baptiste ainé au Thédtre-Frangais. I avait pris
Pemploi des péres nobles, qu'il ne tint cependant pas en chef dans Yorigine, parce que, lors du retour des anciens comédiens , qui, aprés avoir joué au théatre Feydeau, revinrent au Thédtre de la République en 1796 et reprirent leur qualité de sociétaires par ordre et par rang d’ancienneté, il ne fut admis pour la tragédie et la comédie que comme remplagant de Monvel, Saint-Prix, Vanhove et Naudet. Ceuxci, néanmoins, si l'on en excepte Monvel, n’approchaient pas de son talent. I} était grand, plein de noblesse et de distinction dans ses manitres ; et quoique sa prononciation fait un peu nasale, il disait avec pureté , justesse, élégance. I] jouait avec une grande supériorité le Philosophe sans le savoir, Euphémon pére (Enfant prodigue), le pére du Glorieux, le pere du Dissipateur, le Pere de famille, Weslein (Tom Jones), et marqua surtout d’une ineffacable originalité le rdle du capitaine dans le drame des Deux Freres. Il créa, en outre, un grand nombre de rdéles importants, notamment dans les Quatre Ages, de Merville; Orgueil et Vanité, de Soucques ; la Manie des Grandeurs , de Duval; l’Agiotage, de Picard; Chacun de son cété, de M. Mazéres, etc., etc. Ses mceurs étaient bonnes, douces, ses maniéres alfables et distinguées; il était sans cesse entouré de sa famille, quwil chérissait autant qu’il en était aimé et respecteé.
Comme professeur de déclamation au Conservatoire, il a formé pour nos divers théatres des éléves qui ont fait honneur a ses lecons : aux Frangais, sa fille (madame Desmousseaux) et son gendre, mademoiselle Demerson , Cartigny ; 4 Opéra, Adolphe Nourrit et Levasseur; a l’Opéra- Comique, Ponchard et sa femme; madame Boullanger; Féréol, son neveu. Aprés trente-sept années de services, Baptiste ainé quitta le thédtre le 1° avril 1828, et se retira a Batignolles, ou il mourut, et ful inhumé dans le cimetiére de cette commune le 30 novembre 1835.