BAR — BAR-LE-DUC
Terre Sainte; et il mourut en 1191, au siége d’Acre. Turpavut 1°, son frére, lui succéda. En 1193 il épousa en troisitmes noces Ermanson, fille de Henri-l’Aveugle, comte de Namur et de Luxembourg, Agée de sept ou huit ans. Cette princesse lui apporta ses prétentions sur ces deux comtés; mais il ne put les faire valoir contre Baudoin V, comte de Hainaut. En 1207 il fit avec succés Ja guerre a Ferri IT, duc de Lorraine , son gendre. En 1211 il se croisa contre les Albigeois. [1 mourut en 1214.
Henri If, son fils, lui succéda. Il se distingua 4 Bouvines, ravagea a plusieurs reprises la Lorraine et la Champagne, fut fait prisonnier en Bourgogne par Jean de Chalons et Henri de Vienne. En 1239 il s’embarqua pour la Pa-
estine, et périt en 1240, dans un combat contre Jes infidéles.
Tuisavt II, son fils, fut fait prisonnier dans une bataille contre Guillaume If, comte de Hollande, en 1253. Il eut a soutenir de 1265 & 1268, contre Henri, comte de Luxembourg, son beau-frére, une guerre qui se termina par la médiation de saint Louis. Il eut aussi des démélés avec Lanrent, évéque de Metz; acquit, en 1292, du duc de Lorraine Ferri IIf, la chatellenie de Longwi, et mourut en 1297.
Henri III fut le successeur de Thibaut, son pére. Il servit avec zéle Edouard I*', roi d’Angleterre, son beau-pére, contre Philippe le Bel. En 1297 il fit une irruption dans la Champagne. La reine Jeanne de Navarre marcha contre lui, le battit prés de Comines, et le fit prisonnier : il ne recouvra en 1301 sa liberté qu’en « rendant hommage au roi de France du comté de Bar, avec sa chatellenie et tout ce qu’il y tenait en franc-aleu par-deca la Meuse. » On assure que, peu de temps aprés la conclusion de ce traité, la noblesse du Barrois s’assembla et protesta contre ce que le comte avait fait, prétendant qu’il n’était pas en son pouvoir d’aliéner sa souveraineté, qui de tout temps avait été indépendante. La méme année Henri s’embarqua pour aller au secours du royaume de Chypre, attaqué par le sultan d’Egypte. Il obtint quelques avantages, et mourut en 1302, a sen retour.
Epovarp I‘ succéda en bas age au comte Henri, son pére. Fait prisonnier en 1309 par Thibaut, duc de Lorraine, il se trouva plus tard a la bataille de Cassel avec Philippe de Valois, et mourut 4 Chypre, en {337. Il eut pour successeurs Henri IV et Enovarp IJ, qui ne firent rien de remarquable.
Rosenrt, frére de ce dernier, prit part a plusieurs guerres contre la Lorraine et épousa Marie de France, fille du roi Jean, pour qui Jean d’Arras composa le roman de Mélusine. Evovarp III, son fils, fut tué avec Jean, son frére, a la bataille d’Azincourt, en 1415. Il laissait pour seul héritier son frére Louts, cardinal-évéque de Chalons-sur-Marne, qui se démit, en 1419, en faveur de René d’Anjou, son petitneyeu. Adolphe VIII, duc de Berg, fit 4 René une guerre malheureuse pour faire valoir ses prétentions au duché de Bar, au nom d’Yolande, sa femme, scour du cardinal Louis. I] fut obligé de renoncer & tous ses droits.
En 1451 la réunion projetée des duchés de Bar et de Lorraine sur la téte de René s’effectua par la mort de Charles II. Depuis, le duché de Bar suivit le sort de la Lorraine.
BAR, petite ville de l’Ukraine, dans le gouvernement russe de Podolie, batie sur le Boug et peuplée de 2,500 habitants, fut fondée par Bona Sforza, épouse du roi Sigismond I** de Pologne, et est demeurée célébre dans lhistoire par la confédération qu’y forma une partie de la noblesse polonaise pour résister a l’influence russe, qui dominait le roi Stanislas-Auguste, et pour assurer la suprématie du catholicisme en Pologne. Adam Krasinski, évéque de Kaminiec, concut la premitre idée de cet acte patriotique ; le staroste Joseph Pulawski la mit & ex¢cution, et le 29 février 1768 huit gentils-hommes signérent Pacte original de la confédération. De nombreuses adhésions ne tardérent pas & arriver de toutes les parties de la Po-
logne, et la confédération eut pour résultat de diviser la noblesse en deux camps. Quand les Russes prirent Bar d’assaut, le 28 mai 1768, les confédérés se réfugiérent en Valachie, et plus tard & Teschen. Ils déclarérent le roi Stanislas-Auguste déchu du tréne, et ce furent leurs partisans qui, en 1771, l’enlevérent de Varsovie. Le pape et le ministére frangais présidé par Choiseul soutinrent d’abord les confédérés de Bar, dans les rangs desquels Dumouriez et Kellermann vinrent combattre les. Russes, qui ne réussirent qu’aprés une lutte de quatre années 4 complétement réprimer et étouffer cette confédération.
BAR (Aprien-Aimé FLEURY ve), général de division , sénateur, est né a Thiais (Seine) le 13 décembre 1783. 1 svengagea en 1805 comme vo!lontaire dans le quinziéme régiment de ligne, et fit les campagnes de Portugal, d’Allemagne et de la Grande Armée, passant successivement par tous les grades. Il se conduisit vaillamment 4 Bautzen, ou il fut afteint d’une balle qui lui traversa le bas-ventre. Deux ans aprés, a peine rentré des prisons de |’ennemi, il recut un coup de feu au bras gauche a la bataille de Waterloo, ou il combattait au premier rang, comme chef de bataillon au 15i® de ligne. En 1823, a l’époque de la guerre d’Espagne, de Bar était lieutenant-colonel du 20° léger. La réyolution de juillet le trouva colonel, commandant le 44° de ligne, et, quelques années aprés, il était appelé comme maréchal de camp au commandement de Ja Haute- Garonne et du Tarn, puis mis a la disposition du gouverneur général de l’Algérie.
Lors de son arrivée en Afrique, les hostilités reprenaient une nouvelle vigueur dans nos provinces de Vouest. L’exemple des défections qui yenaient chaque jour accroitre la puissance d’Abd-el-Kader pouvait devenir contagieux et ramener peuf-étre encore l’ennemi aux portes d’Alger. Il fallait donc combattre l’¢mir avec acharnement, lui disputer le terrain pied a pied, le poursuivre sans relache, l’affaiblir par des attaques incessantes, et consommer sa ruine par uné éclatante victoire. Nul ne parut plus digne de cette mission que le général de Bar. Envoyé par le gouverneur général & la rencontre d’Abd-el-Kader, qui se dirigeait sur Cherchell, il le battit trois jours consécutifs, lui tua une partie de son monde, et l’obligea a se jeter dans les montagnes de Gouraya, ou le général Changarnier acheva ce que le général de Bar avait commencé. Plusieurs succés brillants en différentes rencontres le signalérent au maréchal Bugeaud, qui ne tarda pas a le faire nommer lieutenant général et a l’appeler auprés de lui afin de linitier aux questions administratives de son gouvernement. Le général de Bar, en sa qualité de doyen des lieutenants généraux employés en Afrique, a plusieurs fois rempli, a cette époque, les fonctions de gouverneur par intérim, quand les intéréts de la colonie appelaient le maréchal en France ou l’obligeaient a se mettre en campagne.
La révolution de Février fit mettre le général de Bar a ia retraite. Aprés les éyénements de mai, chaque légion de la garde nationale de Paris voulut avoir un général pour colonel : le général de Bar devint colonel de la 3° légior. Candidat de Union électoraleaux élections complémentaires du 8 juillet 1849, il fut élu membre de l’Assemblée législative pour le département de la Seine. Il brilla peu toutefois dans cette assemblée, et depuis les éyénements du 2 décembre, siégea 4 la Commission consultative et au Sénat. I] est mort le 24 décembre 1861, & Paris.
BAR-LE-DUC, ville de France, chef-lieu du département de la Meuse, située sur le chemin de fer de l'Est, dans une plaine arrosée par l’Ornain, d’ou elle prend quelquefois aussi le nom de Bar-sur-Ornain, peuplée de 15,334 habitants, avec un tribunal de premiére instance, un tribunal de commerce , un musée, un théatre, un lycée, une école normale, une hibliothéque publique de 6,000 volumes. L’industrie y est trés-active; on y compte quatre
imprimeries, des filatures de coton , des fabriques de bonneterie , rouennerie, siamoises, dentelles, blondes , mouchoirs #t calicots. Le commerce consiste encore en planches de sapin des Vosges, et en planches de chéne, en excellents vins rouges, eaux-de-vie , biére, huiles, et en contitures de groseilles trés-estimées. Bar-le-Duc est divisé en haute et basse ville, et !’on n’arrive a la premiére que par des chemins escarpés. On y remarque l’église Sainte-Maxime, celle des Carmes et le palais de justice. La ville basse, oi se coneentre principalement le commerce, a une belle rue plantée W@arbres. On prétend que Bar-le-Duc existait déja au cinquiéme sitcle; son premier comte, Frédéric, fit rebatir le chateau qui dominait la ville pour servir aux Lorrains de boulevard contre les incursions des Champenois. Louis XII| prit cette ville en 1632.
BAR-SUR-AUBE, ville de France, chef-lieu d’arrondissement dans le département de l Aube, sur le chemin de fer de l’Est et sur la rive droite de |’Aube, avec 4.809 ames, un collége communal, un grand commerce de grains et de vins, des distilleries d’eau-de-vie , des mégisseries, etc. Cette ville, fort ancienne, a en juger par les nombreuses antiquités qu’on y trouve, fut détruite par les Huns et rebatie vers la fin du cinquiéme siécle. Elle devint un comté particulier lors de l’établissement du régime féodal. Réunie a la couronne avec le reste de ja Champagne, elle fut vendue, plus tard, par Philippe le Long, rachetée par les habitants, qui vonlaient lui conserver le titre de ville royale, et réunie de nouveau au domaine de la couronne, avec cetle elause, que les rois de France ne pourraient plus la vendre ai l'aliéner. :
Bar-sur-Aube est surtout célébre dans histoire des derniéres luttes de la grande armée pour défendre pied a pied fe sol de la France envahi par les puissances étrangéres. La défaite du corps du prince de Wurtemberg a Montereau , le 18 février 1814, avait désorganisé le systéme d’opérations de l’armée des coalisés, en livrant 4 l'empereur Napoléon fe passage de la Seine, et en.lui fournissant les moyens de prendre en flane les corps ennemis, gauchement placés ou plutdt disséminés le long de cette riviére. Les chefs de cette coalition, ne voyant d’autre reméde a cette faute qu’une prompte concentration de toutes leurs forces, s’étaient hatés de se mettre en retraite sur Troyes, od cette concentration devait avoir tieu. Le 23, leurs différents corps, montant 4 220,000 hommes, dont 50,000 chevaux, étaient réunis autour de cette ville. L’armée frangaise n’en comptait que 63,000, dont 15,000 chevaux; tout semblait donc présager une bataille générale, que Napoléon était avec raison décidé & livrer. Mais les coalisés craignaient jusqu’au moindre mouvement sur leurs derriéres : ils apprirent que le corps de 26,000 hommes qu’Augereau commandait sur le Rhone, ayant fait un mouvement en avant, occupail Chambéry en menacant Genéve, et le coeur leur manqua. Ils se décidérent donc a continuer provisoirement leur retraite; mais, pour masquer leurs intentions, ils offrirent encore de traiter, et proposérent la réunion immédiate de nouveaux commissaires. En méine temps leurs troupes repassaient, le 24, PAube a Bar. Le corps seul du Prussien Blucher, que Pespoir d’arriver a Paris avant ses camarades attirait de ce coté, se sépara deux en se dirigeant sur la Marne.
Ce mouvement excentrique obligea Napoléon a changer gon plan d’opérations. Ayant appris le 25 que Blucher se Jirigeait sur Meaux, Vempereur quitta Troyes pour le 3uivre et le combattre, confiant la defense de Aube a deux ‘de ses lieutenants. Le duc de Reggio, avec les 2° et 7° corps Aintanterie, les 2° et 6° de cavalerie , fut chargé de surveiller les passages de Bar-sur-Aube et de Doulaincourt; le duc de Tarente, avec le 11° corps et le 5° de cavalerie, eut mission de protéeger ceux de la Ferté-sur-Aube ct de Clairvaux. Le premier avait 20,000 hommes et 6,000 chevaux ; le second,