‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 395 sur 488 · BAUCHER · texte numérisé non relu

BAUCHER

culté. M. Baucher se sert des jambes de telle facon que le cheval , commengant son mouvement par les pieds de derriére, recule presque aussi facilement que s’il marchait en avant. Quand un cheval est lancé au galop, quel point d’appui peut-il prendre pour s’arréter subitement? Celui de ses pieds de derriére arc-boutés le plus en avant possible. M. Baucher, pour arréter son cheval, lui en donne le moyen en se servant vivement des jambes pour qu'il porte ses pieds de derriére ea avant, et il Parréte sur ce temps. On voit que l'emploi des jambes ne se borne plus a porter le cheval en avant. Il en résulte malheureusement dans l’application de la nouvelle méthode des difficultés graves. I. Fave.

BAUCIS. Voyez Puitimon.

BAUDE (Jean-Jacques, baron), né & Valence, en 1792, ancien conseiller d’Etat , ancien député, est le fils d’un employé a la comptabilité de ’armée d’Egypte, qui, parce qu’il avait été le camarade de collége de M. de Montalivet pére, ybtint sous Yempire de lucratives préfectures et le titre de haron, mais que la Restauration rendit plus tard aux douceurs de la vie privée.

Comme tant d’autres, qui se ruérent sur les emplois publics aussitdt aprés la victoire du peuple en 1830, M. Baude fils serait demeuré ipapergu dans les rangs pressés des heureux exploiteurs de la révolution de juillet, si son nom ne se trouvait pas fatalement mélé au souvenir d’une des plus néfastes journées qui signalérent le nouveau régime. Nous youlons parler du 13 février 1831. M. Baude était alors préfet de police; dans une circonstance qui exigeait autant de fermeté que de vigueur, il ne fit preuve que d’une faiblesse et d’une nullité auxquelles on ne saurait comparer que Vincapacité qui avait empéché de prévoir les scénes déplorables de cette journée, et qui ne lui avait permis que de s’occuper niaisement de la marche du beuf gras dans les rues de Paris. On le vit bien alors, flanqué de deux gendarmes, parader sur un cheval gris aux abords de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, que la foule saccageait, mais il était impuissant 4 prendre une mesure énergique. Le lendemain, ce fut bien pis encore : chargé de veiller au maintien de Yordre dans Ja cité, disposant en cette qualité de ressources immenses et des moyens de répression que posséde a Paris un préfet de police qui a toute une armée a sa disposition , M. Baude ne sui rien prévoir, et, perdant plus complétement encore la téte que la veille , il permit a ’émeute de se réorganiser pour se ruer cette fois sur l’archevéché de Paris, le saccager de fond en comble, et n’y pas laisser pierre sur pierre. Ivre de fureur et surexcitée par ses propres exces, la foule s’en prit aux symboles mémes du christianisme, et abattit les croix qui surmontaient les différentes églises de la capitale. Si M. Baude avait eu du ceeur, a défaut de lintelligence de son deyoir, il edt dt se faire tuer par les démolisseurs sur les décombres de l’archevéché, ou empécher le sac de ce palais et ces saturnales du mardi-gras 14 féyvrier 1831, qui resteront une tache indélébile dans histoire de la révolution de 1830.

Ou était-il alors que la foule de curieux réunie suivant Pusage sur les boulevards voyait avec stupeur quelques centaines de misérables, dont un escadron de gendarmes edt eu facilement raison, trainer dans la boue et livrer aux plus sacriléges outrages les ornements sacerdotaux, les emblémes yénérables du culte, parodier les augustes mystéres et les imposantes cérémonies du catholicisme? ot était-il, cet administrateur pusillanime, quand le divin signe de la rédemption était foulé publiquement aux pieds par des malheureux ivres de liqueurs fortes, et tombait, aux insultantes acclamations d’une populace en vertige , du faite des édifices consacrés au culte de Jésus-Christ? Nul ne peut le dire. M. Baude disparut complétement dans velte effrayante scene de désorganisation sociale, prouyoyués en graude partie par son incapacité, et personne ne s’enquit de ce qu’il etait devenu. L’opinion publique, justemem jndignce d'ex-

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cés que ne sauraient justifier les audacieuses provocations du parti carliste, ne regarda pas comme une satisfaction suffisante Particle du Moniteur qui le lendemain 15 annonga que M. Baude était remplacé 4 la préfecture de police par M. Vivien.

Dans tout autre pays M. Baude edt été condamné a rentrer dans son obscurité premiére, et le pouvoir, soucieux de sa dignité , se fat bien gardé de confier de nouveau des fonetions publiques 4 un homme au nom duquel se rattachaient de si tristes souvenirs. 11 n’en fut point ainsi. M. Baude, appelé au conseil d’Stat, trouva au contraire dans |’administration Pappui nécessaire pour se faire réélire député, et recut depuis a diverses époques des missions de confiance, notamment en Algérie. C’est ainsi qu’il accompagna, nous ne savons trop en quelle qualité, la premiére expédition tentée contre Constantine par le maréchal Clauzel , lequel, nous a-t-on assuré, ne comprenait pas parfaitement de quelle utilité pouvait lui étre confre les Bédouins du désert le préfet qui en 1831 avait montré si peu de décision et de fermeté devant les bédouins de Paris. On expliqua, du reste, alors les égards constants du pouvoir pour un fonctionnaire qui n’avait pas méme le mérile de savoir le soutenir de sa plume dans la presse ou de sa parole 4 la tribune, par la reconnaissance due a l’énergie déployée par M. Baude dans les journées de juillet, et 4 honorable initiative de sa résistance aux ordonnances de Charles X en sa qualité de rédacteur du Temps. Nous youdrions qu'il nous fat possible de partager cette opinion.

Dans les derniers mois de 1829, c’est-a-dire quand tout annongait le commencement de la fin, M. Baude, ancien sous-préfet de ’empire, a qui en 1815 la seconde Restauration n’avait pas tenu compte du zeéle bourbonnien quwil avait montré en 1814, sous prétexte que dans les Cent-Jours il avait teémoigné tout autant d’empressement a saluer le retour inespéré de S. M. l’empereur; M. Baude avait quitté la province an fond de laquelle il menait une existence toute végétative , pour venir prendre une part importante, comme capitaliste, 4 la fondation du Temps; participation grace a laquelle il s’était assuré dans ce journal une position de rédacteur influent. Or, les ordonnances, en portant un coup mortel A cette spéculation politico-commerciale, frappaient en lui bien plus encore Vactionnavre que le publiciste. Nous en pourrions, d’ailleurs, citer plus d’un parmi ces sauveurs de la patrie qui durent le courage et |’énergie dont ils firent preuve le 26 au soir, en apposant leurs noms au bas de la fameuse protestation de la presse, 4 heaucoup de verres de punch, et qui le lendemain, lorsque vint le réveil, lorsqu’ils comprirent enfin quel jeu terrible ils avaient joué le soir précédent, s’enfuirent éperdus a Ville-d’Avray ou 4 Montmorency. M. Baude, c’est une justice a lui rendre, loin de songer a fuir, ne quilta pas un seul instant les bureaux de son journal. Sollicité le 27 par des combattants de descendre dans la rue et d’étre leur porte-drapeau, il répondit avec un grand sens que lorsque la patrie est en danger, le poste dun journaliste est 4 ses presses. Il ne les quitta donc que lorsque tout danger eut disparu et que le peuple yainqueur se fut emparé de l’hdtel de ville.

M. Baude ne tarda pas, du reste, a recueillir la récompense due au dévouement dont il avait fait preuve envers son pays dans cette course au clocher. On fit de lui d’abord un préfet de la Manche, et tour a tour un sous-secrétaire d’Etat au ministére de l’intérieur, un directeur général des ponts et chaussées, un préfet de police. Aprés avoir assisté a la premiére campagne de Constantine, il rentra au conseil d’Etat et y siégea jusqu’en 1848. Les électeurs de Roanne lui avaient en 1846 retiré leur mandat. A la fin de 1856," il fut admis comme membre libre dans |’Académie des sciences morales et politiques.

M. Baude est mort le 7 février 1862, @ Paris. On a de lui: ?Algérie (1841, 2 vol. in-8°), ainsi que des mé-

moires sur les cétes de France, sur l’isthme de Suez, etc,

Son neveu, Louis Baupe, né en 1804, entra a l’Ecole Polytechnique, d’ou i] passa dans |’administration des ponts et chaussées; depuis 1857 il y a rang d’inspecteur général. Son fils, Hlphége Bauve, né en 1826, ingénieur des ponts et chaussées, a été tué dans la manifestation du 22 mars 1871, a Paris.

BAUDELAIRE (Cuanrtes-Pierre), littérateur, né en avril 1821, & Lyon, débuta par des critiques d’art et des comptes-rendus des salons de 1845 4 1846, au retour d’un assez long voyage dans les Indes. Il entreprit ensuite la traduction des ceuvres d’Edgar Poé, dont il a publié 3 volumes (1856-58). Ce qui a donné plus de retentissement 4 son nom, c’est un recueil de poésies intitulé Fleurs du mal (1857, in-18), et dont les tribunaux le contraignirent a retrancher quelques piéces jugées immorales. « Pour qu’un tel recueil fat possible, a dit M. Levallois, il a fallu qu’il se rencontrat un homme doué de l’esprit le plus délié, le plus fin, joignant a cette surprenante acuité d’intelligence une vague et sombre tendance mystique, un penchant décidé, presque effréné, vers le mystérieux, recherchant l’horrible avec une sorte de prédilection et mettant a Vexprimer la malicieuse subtilité dun épicuréisme coquet et mélancolique. » Une terrible affection mentale, aprés l’avcir éloigné de la Société, Penleva jeune encore au mois de septembre 1867, a Paris.

On a encore de Baudelaire : les Paradis artijiciels (1860), Richard Wagner (1861), et un assez grand nombre @articles disséminés dans les journaux.

BAUDELOCQUE (Jean-Louis), célébre chirurgien accoucheur, né a Heilly (Somme), en 1746, et morta Paris, au commencement de 1810. Baudelocque, aprés avoir recu de son propre pére les premiers éléments de son art, vint a Paris, ou il s’appliqua a la fois 4 Panatomie et a la chirurgie , et devint bientét le collégue et l’émule de Desault. Déja Smellie et Levret avaient donné une nouvelle impulsion et une nouvelle direction a l’art des accouchements; Solayrés, enlevé prématurément a la médecine, occupait alors attention du public par les cours qu’il avait ouverts, et oi il s’attachait 4 développer et a expliquer les avantages de la nouvelle méthode, qui avait appelé la mécanique au secours de la science. Baudelocque était devenu un des auditeurs assidus de ces lecons, et le professeur, qui avait su le distinguer, lui confia le soin de terminer un de ses cours, qu'il avait été forcé d’interrompre. Cette circonstance décida de la vocation et de la réputation future du jeune praticien, dont les succés couronnérent bientot le zéle, en méme temps qu’ils vinrent justifier la bienveillance du protecteur. Regu en 1776 par le collége de chirurgie de Paris, Baudelocque fut quelque temps aprés chargé d’enseigner |’art des accouchements 4 Ecole de Santé, que l'on venait de créer sur les débris des facultés de médecine et du collége de chirurgie, et nommé en méme temps chirurgien en chef et accoucheur de hospice de la Maternité.

Baudelocque a laissé plusieurs ouvrages, qui sont devenus classiques, et qui ont été traduits dans plusieurs langues : {° Principes sur V Art des Accouchements (1775) ;2° U Art des Accouchements (1781): le premier de ces ouvrages était spécialement destiné aux sages-femmes et aux habifants des campagnes; le second , composé pour les chirurgiens et les médecins, comportait plus d’étendue, et n’eut pas moins de succes; 3° un grand nombre de Mémoires , Dissertations, Rapports sur les maladies des femmes, des enfants, et sur les accouchements, qui ont été imprimés 4 part ou insérés dans différentes collections; 4° des notes ajoutées a la traduction de la Médecine pratique de Stoll; 5° enfin, la collection inéane de ses observations, fruit de quarante annees d’etudes et de recherches. Baudeloeque samena par son exemple les praticiens A ne considérer Vaccouchement que comme un acte qui entre

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dans le but de la nature, et que dés lors elle doit le plus souvent accomplir par ses propres forces. Il rendit heaucoup plus simples les secours que quelquefois il exige, et concourut beaucoup a faire rejeter cet attirail effragant instruments dont cet art surchargeait encore alors sa‘pra— tique. Ses démélés avec Sacombe au sujet de l’opération de la symphyse eurent un facheux éclat.

Deux autres docteurs de la méme famille ont depuis dignement porté le nom du savant accoucheur dont nous venons de parler, L’un, Lowis-Auguste BAUDELOcQUE, son neveu, apublié une brochure remarquable intitulée: Nouveau moyen pour délivrer les femmes contrefaites, & terme et en travail, substitué & Vopération appelée césarienne (1824), ainsi que plusieurs mémoires importants sur des sujets analogues, en particulier sur la compression de l’aorte pour remédier aux pertes utérines. L’autre , Auguste-César BaupeLocque, decteur et agrégé de la Faculté et membre de Académie de Médecine de Paris , médecin de I’hdpital des Enfants, né a Heilly (Somme) en 1795, est mort en {851. Ses principaux ouvrages sont : Traité de la Péritonite puerpérale; Traité des Hémorrhagies internes de U Uterus qui surviennent pendant la grossesse, dans le cours du travail et apres Vaccouchement ; Mémoire sur le traitement des maladies scrofuleuses , ete.

BAUDENS (Jean Bapriste-Lucien), né en 1804, a Aire (Vas-de-Calais), fut regu docteur a la Faculté de Médecine de Paris en année 1827. Il avait fait des études classiques au collége d’Amiens, et suivi avec d’éclatants succés les hopitaux militaires de Lille, de Strasbourg et de Paris, dans lesquels il avait remporté plusieurs premiers prix , soit de chirurgie , soit d’anatomie.

La vie active et mérifoire du docteur Baudens a la méme date que 1a conquéte d’Alger. Employé en qualité de chirurgien aide-major dans Varmée d’expédition du général Bourmont, il eut assez d’autorité pour fonder & Alger méme un hdpital d’instruction imité de ceux de Paris, dans lequel il professa avec zéle pendant neuf grandes années Vanatomie et la chirurgie. Il mérita ainsi que des amis bienyeillants dissent de lui qu’il avait renouvelé I’école arabe d’Avicenne. :

L’age peu avancé de M. Baudens Vempécha d’étre nommé chirurgien en chef de l’'armée d’Afrique; mais, soit comme directeur des hdpitaux militaires , soit comme professeur 4 Babazoun, comme inspecteur de la quarantaine et chirurgien principal toujours en activité, et plus d’une fois mis 4 Pordre du jour de l’armée, M. Baudens appela sur lui Pattention des généraux et le regard bienyeillant des visiteurs de la métropole et des princes , dont les attestations honorables firent pleuvoir sur lui toutes sortes de récompenses. Horace Vernet lui-méme concourut & sa renommée, et la rendit plus durable en retragant son portrait dans plusieurs des tableaux que Louis-Philippe avait commandés pour ‘e musée de Versailles.

Revenu en France en 1841, fort de ses services, étayé du bon vouloir du duc de Nemours, qu’il avait connu en Algérie et dont il était devenu le chirurgien et pour ainsi dire ami, on le nomma aussitét chirurgien de lhdpital du Gros- Caillou, puis chirurgien en chef au Val-de-Grace, poste ot il rendit de grands services en février 1848 et surtout en juin de ceite méme année. A cette derniére et funeste époque, i. fut chargé de traiter plusieurs des neuf généraux qu’atteignit mortellement V’artillerie des insurgés. La blessure du généval Duvivier, en particulier, concentra en vain sur elle pendant huit jours son habileté et son dévouement. Ses insucces alors furent pour le moins égaux & ceux de ses cuntréres; ce qui discrédita pour un moment la méthode de trattement des plaies d’artunvo & feu au moyen des applications de glace, méthode qui avait tant d’autres fois réussi entre ses mains expérimentées.

Le Val-de-Grace, en 1850, ayant momentanément dessd

BATNENS

détre un hdpital @instruction, M. Baudens offrit sa démission au ministre de la guerre dés quil apprit qu'un inspecteur directeur venait d’étre placé a la téte de Pécole réinstituée. Le ministre, empéché de le charger de la nouvelle direction, dut le nommer chirurgien inspecteur, membre du conseil de santé des armées, espéce de maréchalat des officiers de santé militaires.

Dans plusieurs voyages qu’il fit & Paris avant de s’y fixer définitivement, M. Baudens communiqua quelques mémoires a des corps savants. C’est ainsi que nous avons entendu lire A ’Académie de Médecine une dissertation trés-pittoresque sur les Bains d’Hamman-Meskoutine, dont les incrustations ealcaires , comparables a celles de Carlsbad et de Saint-Allyre, ont beaucoup trop excité sa surprise. Le méme

jour M. Baudens fit confidence a cette compagnie du traile- | ment inusité (par ’extension) qu’il venait d’appliquer au duc |

de Nemours, qui s’était fracturé Polécrane, espece de rotule du coude En 1853 il visita les établissements Civils de la division d’Alger, et fit en 1854 la campagne de Crimée en qualité de chirurgien en chef de Parmée.

M. Baudens a publié: une Clinique des ploies darmes |

a feu (Paris, 1836) ; une Nouvelle Mé/hode des amputations et, comme exemple, de Pamputution tibio-tarsienne (1842); des Lecons sur le strabisme et le béguyement (1841); Relation historique de la campagne de Tag !vmpt, et la Guerre de Crimée (1856, in-18). Il est mort a Paris Je 31 décembre 1857, Dr Isidore Bournon.

BAUDIN (Nicoxas), navigateur et botaniste, né vers 1750, a Vile de Ré, entra fort jeune dans la marine marchande; puis, en 1786, lors de la réorganisation de la marine royale par le maréchal de Castries , obtint le grade de sous-lieutenant de vaisseau dans la flotte. Chargé a quelque temps de la du commandement d’un batiment parti de Livourne sous pavillon autrichien pour une expédition scientifique dans les mers de lInde, il fit encore dans les Antilles un voyage analogue. A son retour en France, ayant présenté au Directoire la précieuse collection d’objets @histoire naturelle qu’il avait réunie dans ces courses fointaines, le gouvernement récompensa par le grade de capitaine de yaisseau les services qu’il venait de rendre a la science; et en 1800 ce fut sur lui qu’on jeta les yeux pour le commandement d’une expédition scientifique sur les cétes de fa NouvelleeHollande, qu'il s’agissait de mieux reconnaitre. II partil, avec les corvettes Le Géographe et Le Naturaliste sous Ses ordres. Aprés avoir reconnu que les cétes nord -ouest du continent austral étaient inabordables, il parcourut avec soin la grande baie des Chiens-Marins de Dampier (baie du Dirk-Hertogs des Hollandais), sur laquelle il donna des renseignements importants; puis il reconnut la partie située entre le détreit de Bass et Pextrémité est de la terre de Nuits, prés de la région a laquelle Cook a donné le nom de Nouvelle Galles du Sud. La plus grande partie de ses équipages succombérent aux fatigues de ce voyage, ct Baudin lui-méme vint mourir, le 16 septembre 1803, a I’Ile de France. Sa conduite a été Pobjet d’assez graves reproches ; et le naturaliste Péron, quia publié une partie de la relation de l’expédition, sous le titre de Voyage aux Terres australes (1807), ne mentionne pas méme une seule fois le nom du commandant sous les ordres duquel il était placé, sans doute parce qu’il n’aurait pu parler de Jui sans dire des choses désobligeantes pour sa mémoire.

BAUDIN ( Prerre-Cuantes-Louis) des Ardennes, conventionnel, né a Sedan, en 1748, mort en 1799, fut d’abord précepteur des enfants du président Gilbert de Voisizs, et devint en 1786 directeur de la poste aux lettres de sa ville natale, qui !’élut pour maire en 1790. Successivement dépulé des Ardennes a la Législative et & la Convention, il vota pour la détention de Louis XVI jusqu’a la paix, puis pour Y'appel au peuple, et enfin pour le sursis. Membre du conseil des Cing Cents, il voyait avec la plus vive doulcur la

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France s’amoindnr de plus en plus sous Vadininistration corrompue du Directoire, et moorut de joie, dit-on, en apprenant que Bonaparte, dans lequel il voyait le seul homme en état de sauver le pays, venait de débarquer 4 Fréjus.

BAUDIN (Cuakces), fils du précédeut, amiral et wembredu Bureau des Longiludes, naquit 4 Sedan, en 1792, et mourut a Paris, le 7 juin 1854. En 1808, les mers des Indes virent se livrer un de ces combats dans lesquels nos marins luttaient de courage et d’audace avec les vieux soldats de lempire : sur la frégate La Piémontaise, qui soutint ev cette circonstance honneur du pavillon trangais, se trouvain Ch. Baudin, alors enseigne. Le feu de l’ennemi fit au jeune marin une cruelle et glorieuse blessure ; il eut le bras droit emporté par un boulet de canon. Ainsi mutilé, lenseigne Raudin necrut pas devoir abandonner une carriére qu’il avait embrassée avec ardeur : il ne Jui restait plus qu’un bras, mais c’stait encore assez pour bien servir sa patrie.

Nous retrouverons le jeune Baudin en 1812; ce sera encore au milieu d’une de ces luttes inégales mais glorieuses dont peut s’enorgueillir la marine frangaise. Lieutenant de yaisseau, il commandait alors le brick Le Renard : il regut Pordre @escorter, avec une petite goélette pour conserve, un convoi de quatorze batiments chargés de munitions navales, et en destination pour Toulon. Parti de Génes le 11 juin, le convoi fut constamment harcelé par les nombreux croiseurs ennemis qui infestaient la Méditerranée; le 16 il se trouvait 4 la hauteur de Saint-Tropez, poursuivi par un vaisseau de ligne, une frégate et un brick anglais. Le commandant du Renard manceuvre de facon a assurer le sort de son convoi, qu’il fait entrer dans le port de Saint-Tropez ; puis il vient hardiment offrir le combat au brick ennemi, trop éloigné en ce moment du vaisseau et dela frégate pour en espérer un secours immédiat. Atrivé bord a bord, il fait ouvrir le feu, et un combat terrible s’engage entre Le Renard et Vennemi, qui compte un équipage nombreux, et foudroie nos braves marins du feu de ses vingt-deux caronades. Pendant trois quarts d’heure Le Renard fit pleuvoir sur le pont ennemi une gréle de projectiles; on se battait vergue contre vergue ; les deux navires étaient littéralement hachés par les boulets; Pavantage était a nous, et ennemi ne pouvail nous échapper, sans l’arrivée de la frégate, sous la protection de laquelle il se réfugia, et qui le remorqua au large, Varrachant ainsi a Ja colére de nos braves. Sur quatrevingt-quatorze hommes composant l’équipage du Renard, quatorze furent tués et vingt-huit blessés dans cette chaude action : au nombre des derniers se trouvait le lieutenant Baudin, atteint au moignon du bras qu’il avait perdu quatre années auparavant. Le combat du 16 juin valut a M. Bau~ din le grade de capitaine de frégate.

La Restauration mit en non-activité cet officier, dont les opinions lui étaient hostiles; mais le repos pesait a son caractére entreprenant : il donna done sa démission en 1816, et entra dans la marine marchande. On assure que lofficier disgracié avait alors, avec quelques camarades, formé le projet d’aller A Sainte-Héléne délivrer Napoléon. 1830 vint rendre ses épaulettes au capitaine au long cours de la Restauration ; a la fin de 1833 il fut enfin nommé capitaine de yaisseau, et en 1838, trente ans aprés le jour ot il avait perdu un de ses membres au service du pays, M. Charles Baudin était promu au grade de contre-amiral.

A cette époque de graves et sérieuses difficultés evaient surgi entre la France et le Mexique; notre honnew ational exigeait une réparation prompte et éclatante: .e expédition fut résolue. Il fallait placer & Ja téte de escadre destinée 4 opérer contre le Mexique un officier d’une valeur et d'une intelligence éprouvées : ce commandement échut a l’amiral Baudin. Arrivé devant les cétes de la Nouvelle- Espagne avec vingt-trois batiments, l’atiral épuisa pendant un mois toutes les voies de conciliation. Il fallut recour a la force, et le 27 novembre 1838 la frégate La Né-

réide, sur laquelle flottait le pavillon amiral, la Gloire et PIphigénie, et les bombardes le Cyclope et le Vulcain, ouvrirent un feu terrible contre Saint-Jean-d’Ulloa, forteresse regardée comme imprenable par les Mexicains, et qui commande le port et la ville de la Vera-Cruz. Quelques heures suffirent pour éteindre le feu des Mexicains, et le lendemain matin la garnison de Saint-Jean-d’Ulloa, qui n’était plus qu’un monceau de ruines, nous livrait cette forteresse et la ville de la Vera-Cruz. Par une généreuse délicatesse, l’'amiral Baudin permit aux Mexicains de laisser dans cette ville mille hommes de troupes pour y maintenir ordre. Pendant le combat, un boulet tombé sur la dunette ou se trouvait l’amiral avait faillil’emporter ainsi que tout son état-major.

Loin d’étre suffisamment averti par la rude lecon qu’il venait de recevoir, et peu touché de la magnanimité avec laquelle s’était conduit l’amiral Baudin, le gouvernement mexicain refusa encore une fois de céder, et envoya de nombreux renforts 4 la Vera-Cruz. L’amiral et les troupes sous ses ordres eurent 4 combattre de nouveau, et ce fut toujours victorieusement. Le canot monté par M. Baudin fut criblé de balles dans cette affaire, et plusieurs des marins qui le montaient furent tués ou blessés. Le résultat du combat du 5 décembre fut le désarmement de la Vera- Cruz, la déroute compléte des Mexicains, dont le général Santa-Anna eut une jambe emportée dans la bataille, et enfin une paix par laquelle la France obtint une satisfaction, nous ne diroris pas éclatante, car la diplomatie se méla des négociations, mais au moins suffisante.

M. Baudin recut la récompense de sa belle conduite; il fut nommé vice-amiral le 22 janvier 1839, et son retour a Cherbourg fut pour lui un vrai triomphe. En 1840 de nouvelles et justes faveurs lui furent accordées : il recut le cordon de commandeur de la Légion d’Honneur, et fut investi dune mission militaire et diplomatique prés de la république de Buenos-Ayres, ainsi que du commandement en chef des forces navales dans les mers de l’Amérique du 5ud.

Grace au systéme de paix si patiemment suivi alors, M. Baudin n’a plus eu d’autres actions d’éclat a ajouter a celles qui Pavaient déja fait connaitre et apprécier comme homme de guerre. Lors de Ja formation d’un de ces cabinets nouveaux dont |’enfantement était si laborieux sous Louis- Philippe , M. Baudin fut appelé pendant peu de temps au ministére de la marine ; ii fut bientot débarrassé de la solidarité du pouvoir: homme spécial, M. Baudin préférait sans doute Yodeur de la poudre ou les mugissements de la mer aux luttes de tribune et aux travaux de cabinet qu’impose un portefeuille ministériel, Napoléon Ga..ois.

Appelé a la préfecture maritime de Toulon, l’amiral Baudin fut remplacé dans ce poste en 1847. Aprés la révolution de Février, au mois de mars 1848, il partit a la téte de l’escadre de la Méditerranée. Il y resta pendant les temps Jes plus difficiles, jusqu’a la fin de mai 1849. L’Italie essayait alors de secouer le joug de l’étranger et des rois dont PAutriche était ’appui. La France républicaine avait cru ne devoir intervenir dans cette lutte que d’une maniére officieuse. Sa flotte seule pouvait chercher & adoucir les maux de la guerre. On sait l’attitude de l’escadre commandée par l’amiral Baudin & Naples et en Sicile : une intervention qui le 15 mai a sauvé Naples de la fureur des lazzaroni et des soldats ; une seconde intervention dans laquelle notre ascendant entrainait les Anglais avec nous, et qui le 8 septembre sauvait Messine de Vinutile rigueur de Filangieri; de longs et consciencieux efforts, des conseils sages et désintéressés qui, trop longtemps méconnus, ont enfin épargné & Palerme et au reste de la Sicile les mallieurs d’une occupation violente; une large et généreuse hospitalité assurée sans distinction de partis & de nombreux vaincus qui fuyaient & bord de nos vaisseaux les excés des vainqueurs : tels sont les actes importants qui ont signalé la présence de Pescadre

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