‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 398 sur 488 · A RE · texte numérisé non relu

A RE

formées de stalactites, dont eau qui y pénétre partout goutte a goutte enléve les parties terreuses. L’entrée de la cayerne est a 45 métres au-dessus du sol de la vallée. Dans chacune de ces grottes, mais surtout dans la troisiéme, ou voit des figures fantasques et des colonnes en stalactites ; on cile surtout la colonne résonnante, ainsi nommée parce quelle rend un son vibrant et prolongé quand on la frappe. La premiére grotte, qui a 10 métres d’élévation, est celle dont aspect est le plus propre a vivement impressionner les curieux,.

Ce lieu tire son nom d’un mineur appelé Baumann, qui le premier s’aventura , en 1672, ale parcourir, dans lespoir d’y trouver du minerai, et qui, s’y étant égaré, resta deux jours sans pouvoir en retrouver Vissue. Il mourut peu de jours aprés, de la frayeur qu'il avait éprouvée.

BAUME. Ce nom emporte l’idée d’une substance d’une odeur agréable et pénétrante , dont |’action sur les organes procure une sensation de bien-étre intérieur. Si une odeur plait sans affecter d’autres organes que celui de Vodorat cest dun parfum qu’elle émane. Les roses, les lilas ef plusieurs autres fleurs magnifiques parfwment les jardins et les appartements : Vodorat seul est flatté par leurs parfums, mais l’air chargé de leurs particules odorantes n’en est pas plus agréable 4 nos organes respiratoires; au contraire , des labiées sans parure et sans éclat embaument les lieux qu’on leur abandonne ; on respire leurs émanations avec sécurité; on sent qu’elles sont bienfaisantes, salutaires, bulsamiques: Si un médicament agit avec promptitude, si son premier effet est de faire cesser les douleurs , et le second de rendre la santé aux malades, c’est un bawme. Dans ce sens ce mot se dif au figuré de ce qui adoucit les peines ou dissipe les inquiétudes , les chagrins.

Ii ne faut pas confondre les bawmes naturels avec les baumes pharmaceutiques. Dans |a premiére classe on ne compte plus que les substances composées d’une résine, @une huile essentieile et d’acide benzoique : celles qui ne contiennent point cet acide, mais seulement des résines et de Vhuile essentielle, sont réunies aux térébenthines. Ainsi, les baumes decopahu, de Gilead, etc., ont perdu leur nom sans que leurs propriétés réelles en soient affaiblies ; s’ils ont opéré quelque bien dans les médicaments ou ils furent employés, ils ne sont pas moins salutaires comme térébenthines quils purent l’étre en qualité de baumes.

Le nombre des baumes naturels est actuellement réduit a cing, qui sont le benjoin, le baume du Pérou, le baume de Tolu, le ligquidambar et le styraz.

L’éther , les huiles essentir‘les et l’alcool les dissolvent en entier ; unalcali sépare J’acide benzoique de ces dissolutions, et forme des benzoates.

Les baumes pharmaceutiques sont en bien plus grand nombre que ceux dont Ja nature a fait tous les appréts. On les divise en quatre classes, suivant la nature du dissolvan ou de l’excipient qui sert de véhicule aux drogues médicamenteuses. Les baumes huileux forment la premiere classe ; le dissolvant est une huile fixe ou volatile. Viennent ensuite les baumes onguentacés, ou les huiles grasses, les graisses, la cire et les résines donnent au médicament la consistance d’un onguent. La troisiéme classe est celle des baumes savonneux, préparés avec du savon dissous dans l'eau ou dans Valcool. Enfin, les bawmes spiritweux ne sont pas autre chose que des dissolutions alcooliques , des feintures. Dans toutes ces compositions diverses, l’acide benzoique nest pas nécessaire; ce qui établit une distinction caractéristique entre les baumes naturelset ceux de la pharmacie.

Parmiles principaux baumes pharmaceutiques nous citerons les suivants :

Le bawme acétique, qui est une solution de savon dans l’éther acétique. Il est principalement employé en frictions dans les douleurs rhumatismales. On ajoute souvent du camphre au baume acétique, qui prend alors le nom de baume acetique camphré.

Le baume d’ Arcwus est Vonguent composé de térébenthine et de graisse du nouveau Codex. II contient du suif de mouton, de la graisse de pore, de ia térébenthine et de la résine élémi, unis par fusion; on l’emploie dans les pansements des ulcéres atoniques et des plaies qui prennent un caractére gangréneux.

Le baume du commandeur est la feinture balsamique du Codex; c’est une teinture alcoolique trés-chargée de substances résineuses et balsamiques : Yoliban, la myrrhe, le styrax, le benjoin en sont la base. On y joint l’ambre, !’angélique et ’hypericum. On le donne a Vintérieur a la dose de dix & quarante gouttes ; employé 4 l’extérieur, il parait accélérer la cicatrisation des plaies et des ulcéres atoniques.

Le baume de Fioravanti, ou Valcool de térebenthine composé du Codex, est trés-ehargé de principes odorants et volatils, d’un assez grand nombre de matiéres résineuses ou aromatiques, telles que la térébenthine, la myrrhe, la résine élémi , la cannelle, le girofle, le gingembre, etc., que on distille au bain-marie aprés lui avoir fait subir plusieurs jours de maceration.

Dans le yéritable baume de Fiorayanti il entrait en outre du muse et de l’ambre gris. On l’emploie a ’extérieur dans les rhumastismes chroniques ; sous forme de collyre, il est mis en contact avec la cornée dans certains cas d’amaurose et d’ophthalmie. A Vintérieur, sa dose est de cing a six gouttes. —

Le baume hypnotique est composé de sucs de plantes narcotiques, d’opium, de safran, d@’huile de noix muscade, unis a un corps gras ou a l’onguent populéum. Il est employé en frictions dans les mémes cas que le bawme tranquille. On lui attribue la faculté de provoquer le sommeil.

Le baume nerval ou nervin est Vonguent composé ad huiles volatiles, de baume du Pérou et de camphre, du Codex. Le beurre de muscade et la moelle de beeuf entrent aussi dans sa composition, Il est employé en embrocations. et plus rarement dans le pansement des plaies et des ulcéres ; il entre aussi avee des liqueurs spiritueuses dans la composition de quelques liniments.

Le baume opodeldoch est le savon ammoniacal camphré préparé avec la moelle de beuf du Codex. C’est une solution de savon animal, a base de potasse ou de soude, dans Valcool chargé de camphre et d’huiles volatiles. Quelques moments avant sa congélation, on ajoute !’ammoniaque. Employé en frictions dans les contusions , les rhnumatismes chroniques, les affaiblissements des membres, il est encore usifé comme yésicant quand il est trés-chargé d’ammoniaque. En y ajoutant de l’opium, on a une préparation analogue au baume anodin de Bates.

Le baume du docteur Sanchez, ou baume antiarthritique, est un savon animal aromatique uni aux huiles de muscade, de girofle, de menthe, etc., et dissous dans l’éther acétique. On Vemploie comme J’opodeldoch et dans les mémes cas,

Le baume desoufre anisé, ou Vhuile de soufreanisée, est une dissolution d’une partie de fleur de soufre dans quatre parties d’huile Wanis, a l'aide d’une douce chaleur. Il entre dans ia composition des pilules balsamiques de Morton. On le donnail autrefois comme diurétique, stimulant et carminatif.

Le baume tranquille est I’huile narcotique du Codex, Crest un infuseum huileux de plantes narcotiques (stramo-

nium, morelle, belladone, jusquiame, nicotiane, pavot) et aromatiqnes (romarin, lavande, thym, sauge, rue, etc.), se fait par macération au soleil dans des vaisseaux clos,

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