BAUME — BAUMGARTNER
premier en France il fonda une fabrique de sel ammoniac , substance pour laquelle notre pays était jusque alors resté tributaire de ’Egypte. Son officine était moins un laboratoire de pharmacie qu’une manufacture, ob le muriate d’étain, lacétate de plomb, les sels mercuriels se fabriquaient par quintaux.
ll perfectionna aussi les procédés employés pour la fabrication de la porcelaine, la teinture écarlate des Gobelins, et les pése-liqueurs, dont le plus usité porte encore aujour@hui le nom @aréomeétre de Baumé. Il inventa des procédés pour dorer les piéces @horlogerie , teindre les draps de deux couleurs, blanchir la soie jaune sans Pécruer, purifier le salpétre et enlever & la fécule du marron d’Inde son principe amer. Certesil y avait bien 1a de quoi justifier son admission a lAcadémie des Sciences. Dés 1773 ce corps savant élisait au nombre de ses membres notre infatigable
chimiste, qui, malgré la sagacité de son jugement, ne voulut jamais, a l’instar de Sage et d’un petit nombre d’autres protestants, adopter la nouvelle nomenclature chimique proposée par Guyton-Morveau et Lavoisier, puis adoptee tout aussitot par tous les chimistesde l’Europe. Le succés obtenu par ’Encyclopédie inspira & Baumé lidée de publier un Dictionnaire des Arts et Métiers, quil enrichit lui-méme d’un grand nombre @articles importants.
En 1780, honorablement enrichi par son travail, Baumé abandonna le commerce pour se livrer exclusivement désormais a la culture des sciences. Quelques années aprés, la révolution vint lui enlever a peu prés tout ce qu’il possédait. Quoique déja avancé en age, il supporta ce reyers avec une stoique résignation , et, demandant de nouveau au travail ses moyens d’existence, il rouvrit une officine. Les plus importants de ses ouvrages sont sa Chimie expérimentale et raisonnée (Paris, 1773; 3 vol.), ses Eléments de Pharmacie (1762) et ses Opuscules de Chimie (1798). Tous assurément contiennent un précieux trésor d’observations; mais la lecture en est aujourd’hui rebutante, parce que la langue scientifique qu'il emploie n’est plus celle qui a cours en chimie.
BAUME BLANG, BAUME DE JUDEE, BAUME DE LA MECQUE, BAUME DE SYRIE, BAUME VRAI, BAUME DE CONSTANTINOPLE, BAUME DU GRAND-CAIRE, BAUME D’EGYPTE. Voyez GiLeap ( Baume de).
BAUME D’AMBRE. Voyez LiguipamBar.
BAUME DES CHAMPS (Botanique). Voy. Menrue.
BAUME DU CANADA. On nomme ainsi une résine qui découle naturellement, ou par incision, d’un pin originaire du Canada, la sapinette blanche de la Nouvelle-Angleterre (pinus alba, Linné). Cette substance est probablement appelée bawme parce que son odeur, loin d’étre repoussante comme celle des autres térébentlines, est au contraire légérement aromatique et méme agréable. En sortant de sa source, elle est liquide, limpide et transparente ; mais avec le tempselle prend une couleur ambrée, jaunatre, et devient plus ou moins concréte. Le bauine du Canada, n’offrant pas un avyantage signalé sur les autres résines employées a divers usages, est rare en France et presque oublié, On ’emploie en Angleterre pour composer un yernis a tableaux, qu’on prépare en mélant une partie de baume du Canada dans deux parties d’essence de térébenthine éthérée; la résine ne. tarde pas a se dissoudre, surtout si on expose le vase qui contient le mélange a une chaleur modérée. La solution qu’on obtient ainsi est trés-transparente, s’étend facilement sur les tableaux, et elle a méme, selon les Anglais, quelques avantages sur le vernis ordinaire, celui entre autres d’étre moins cassante. D' CHARBONNIER.
BAUMG/ERTNER (Cuantes-Henrt), professeur de clinique médicale 4 l’université de Fribourg, est né le 21 octobre 1798, 4 Pforzheim. Aprés ayoir étudié 4 Tubingue et 4 Heidelberg, il fut regu docteur en médecine et nommé en 1820 médecin de régiment. C’est en 1824 qu’il fut appelé
a la chaire qu’il occupe encore aujourd’hui. Ses ouvrages roulent les uns sur la physiologie, et les autres sur la thérapeutique. Dans les premiers il a consigné des observations tirées de Vhistoire du développement des animaux et des recherches sur la circulation du sang. Nous cilerons plus particuliérement ici son Assaisur la Nature et le Traitement des Fiévres (1827); ses Observations sur les Ner/fs et sur le Sang (1830); ses Esquisses de Physiologie (2° édit., 1842); son Manuel des Maladies spéciales (4° édit. 1842); sa Nouvelle maniére de traiter Vinflammation des poumons et autres maladies de poitrine (1850). Tous ces ouvrages sont écrits en allemand.
BAUMGARTEN ( ALexanpre-Gort os ), né a Berlin, le 17 juillet 1714, l'un des plus profonds penseurs sortis de Pécole de Wolf, fit ses études a Halle, ot il fut quelque temps professeur honoraire. Il était depuis 1740 professeur de philosophie a Francfort-sur-l’Oder, lorsqu’il mourut, dans cette ville, le 26 mai 1762. Il est le créateur de les thétig we, eu tant que science systematique du beau, et inventa méme ce mot pour la désigner, encore bien qu’ilne l’envisagedt psychologiquement que d’une maniére trés-secondaire. Ses idées sur cette science furent d’abord exposées dans une dissertation académique intitulée : De nonnullis ad poema pertinentibus (Halle, 1735, in-4°). Sept ans plus tard il fut désigné pour les professer publiquement. Ses lecons inspirérent 4 Georges-Frangois Meier l’ouvrage intitulé: Anfangsgriinde aller schanen Wissenscha/ien, en 3 volumes (Halle, 1748-1750). Ce fut huit ans plus tard que Baumgarten publia son grand ouvrage, sthetica (Francfort-sur-l’Oder, 1750-1758, 2 vol.) , que la mort Vermpécha d’achever. Il n’y a de complet que introduction, qui contient le plan de Pouvrage. Du reste, quand il expose les régles de sa théorie, il n’a presque toujours en yue que le beau en littérature. Les ouvrages qu’on a de lui sur d’autres parties de la philosophie se distinguent par beaucoup de lucidité; et sa Métaphysique (Halle, 1739; 7° édition , 1779) est encore aujourd’hui le livre le plus utile pour étudier la métaphysique de l’école de Wolf. Consultez Meier, Vie de Baumgarten (Halle, 1763).
BAUMGARTEN (Jacques-Sicismonp ), frére ainé du précédent, naquit le 14 mars 1706, 4 Wolmirsteedt prés de Magdebourg. L’histoire ecclésiastique et les langues orientales furent les objets d’étude auxquels il s’appliqua de préférence. Disciple de Wolf, il se conduisit avec assez de prudence pour conserver la confiance des théologiens orthodoxes, qui réprouvaient les sentiments de ce philosophe. En 1732 il fut regu maitre és arts et appelé a faire des cours publics de philosophie, de langues anciennes et de belleslettres; enfin, en 1734, ilfut nommé professeur de théologie. Accusé d’hétérodoxie par des théologiens de Halle, il fut mandé a Potsdam par le roi; mais il se disculpa sans peine. Il mourut le 4 juillet 1757. Les ouvrages de J.-S, Baumgarten sont remarquables par la netleté, la méthode et la justesse ; Puniversité de Halle lui doit un important perfectionnement dans |’enseignement de la théologie, dont plusieurs branches avaient été complétement négligées jus-
wa lui.
. BAUMGARTNER ( Anpkré, chevalier pe), ministre du commerce, de l'industrie et des travaux publics en Autriche, est néle 23 novembre 1793, a Friedberg, en Bohéme. En 1804 il fut placé a l’école de Linz, ou on le dirigea surtout vers étude des sciences exactes, et a partir de 1810 il alla étudier a Puniversité de Vienne. Promu au grade de docteur és sciences, il fut nommé professeur suppléant de philosophie en 1815, et de mathématiques et de physique |’année suivante. En 1817 il fut appelé a occuper la chaire de physique au lycée d’Olmiitz. C’est 1a qu’il composa son premier ouvrage, un Traité d’Aréométrie (Vienne, 1820). Au commencement de 1823 il fut nommé professeur de physique & Puniversité de Vienne; et en cette qualité il fit alors, en fa-
veur des artistes et des ouvriers, un cours populaire de mécanique, etc., qui obtint un immense succes. I] a publié depuis les lecons qu’il fit 4 cette occasion, sous le titre de : La Mécanique dans ses applications & Vart et & Vindustrie (2° édit, Vienne, 1823), et La Science et la Nature (3 volumes, Vienne, 1823). Ce dernier ouvrage, qui contribua beaucoup a populariser. l’étude des sciences naturelles, et qui a élé introduit comme livre élémentaire dans les écoles de I’Autriche et dans un grand nombre d’établissements d’instruction publique en Allemagne , a déja eu les honneurs de huit éditions ; et l'anteur y a fait & chaque fois de notables améliorations. Il ena été fait un abrégé pour les écoles élémentaires sous le titre de: Eléments dhistoire naturelle (3° édit., 1851). On a aussi de M. Baumgartner une Instruction pour le chauffage des machines & vapeur (1841). Il a bien meriié des sciences naturelles en prenant une part active a la rédaction du Journal de Physigue et de Mathématiques (10 vol., Vienne, 1826-1832 ), qu’il publia d’abord en société avec Ettinghausen, ensuite seul, sons le titre de Journal de Physique et de Sciences appliquées (4 vol., 1832-1837 ), puis en société avec Holger. Un mal de gorge opiniatre ayant décidé & renoncer a sa chaire, il fut nommé directeur des manufactures impériales de porcelaine, de glaces, etc., et plus tard chef de toutes les manufactures impériales de tabac. En 1846 on lui confia le soin de l’établissement des télégraphes électriques, et au commencement de 1848 leur réseau embrassait déja un parcours de plus de 850 kilométves. A la fin de 1847 il fut nommé membre du conseil général de empire, et chargé de la direction supérieure dela construction des chemins de fer. Aprésles événements de mars 1848 il acepta, sous le ministére Pillersdorf, la direction générale des mines et des travaux publics; mais il la résigna aussit6t aprés Varrivée du ministére Doblhof, et fut chargé alors d’une des divisions du ministére des finances.
A l’époque de la tenue du congrds douanier convoqué a Vienne dans les premiers mois de 1851, il défendit avec prudence et modération la politique du gouvernement contre les opinions et les propositions émises souvent avec une extréme vivacité parles industriels autrichiens. Lorsque M. de Bruck, au mois de mai 1851, donna sa démission des fonctions de ministre du commerce, de Vindustrie et des fravaux publics , ce fut M. Baumgartner qui prit son porteteuille; et la méme année il fut nommé président de I’Acamie des Sciences de Vienne, dont il était déja depuis plusieurs années vice-président, Il résigna son ministdre en janvier 1855, et devint en 1861 membre A vie de la Chambre des svigneurs. Il est mort le 28 juillet 1865, & Vienne.
BAUMGARTNER (Gaxtus-Jacop ), landamman du canton de Saint-Gall, né le 28 octobre 1797, a Alstatten, @un pére simple ouvrier , suivit les classes du collége de sa ville natale, et alla ensuite étudier le droit a l’université de Fribourg. En 1816 il se rendit A Vienne; mais ses opinions politiques ayant paru suspectes, il fut arrété en 1820 et expulsé d’Autriche. En 1825 il entra dans le grand conseil de son canton ; il devint ensuite scribe d’Etat, et ne tarda point a exercer une grande influence par son habileté en affaires et par J’éloquence avec laquelle il défendait la cause populaire, Nommé en 1831 membre du comité de constitution, il eut one grande part A la rédaction de la constitution nouvelle qui fut adoptée alors , et fut nommé premier membre du petit conseil. Par ses grands talents administratifs, il rendit 4 ce moment des services essentiels A la chose publique. Comme premier député de son canton a Ja diéte fédérale, il vota pour la réforme de la constitution féedérale. Par sa participation a la rédaction du Narrateur, il se placait en méme temps au premier rang parmi les hommes du mouvement. Mais ce fut surtout dans son canton qu'il fit preuve d'une énergie toute particuliére pour combattre les tendances réactionnaires des ultramontains. On concoit
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BAUMGARTNEP — BAUSSET
dés lors quel prix ceux-ci devaient allacher a se débarrasser d’un tel ennemi et, si faire se pouvait, a le convertir a la bnne cause.
Ce fut a propos de la question des couvents d’Argovie qu’il se décida a rompre ouvertement avec son ancien parti, en votant alors a la diéte en faveur du rétablissement de ces couvents sauf de légéeres modifications. Plus tard il abandonna la rédaction du Narrateur; et en novembre 1842 il prit pour quelque temps la direction de la Nouvelle Gazelle suisse, ou il chercha encore a garder une attitude de médiation entre les partis en présence. Ensuite il prit ouvertement parti pour les jésuiles et pour le Sonderbund. On lui attribue généralement la brochure anonyme, intitulée: La Suisse en 1842, ou Yon demandait l’ajournement de la réforme fédérale.
Dans louvrage intitulé : Zrlebnisse auf dem Felde der Politik (Souvenirs du champ de la politique; Schaffhouse, 1844), Baumgartner a essayé de justifier jusqu’a un certain point le complet revirement survenu dans ses idées politiques.
BAUR (Fervinanp-Carérien), fondateur de la nouvelle école de théologie de Tubingue, naquit le 21 juin 1792, a Schneiden, prés Cannstatt (Wurtemberg). Nommé professeur en 1817 au séminaire de Blaubeuren, il écrivit sous influence des legons de Schleiermacher son premier ouvrage, le Symbolisme et la Mythologie (Stutigard, 1824- 1825, 3 vol.). Appelé en 1826 a Puniversilé de Tubingue, il y occupa jusqu’a sa mort la chaire de thévlugie évangélique.
La vie entitre de Baur a été consacrée aux études religieuses : histoire des doctrines, symboles de I’Eglise, exégése biblique. L’universalité de ses connaissances, l’aclivité et la puissance de son esprit, et cette facullé de di- Vination qui lui permet de tirer de faits confus, obscurs ou négligés des conséquences décisives, !’ont fait regarder par beaucoup de critiques allemands comme le théologien le plus complet depuis Schleiermacher. Au rebours d> Bruno Bauer il use peu des procédés d’Hegel dans se; écrits ; sa méthode de mettre en lumiére le développement des idées religieuses l’a pourtant exposé a Paccusation de formalisme de la part de ses adversaires, qui lui reprochent trop de rigueur dans ses déductions et une sorte de régularité fatale, qui ne tient nul compte des interventions de la Providence.
Les plus importants ouvrages de Baur dans histoire doctrinale sont : Gnose chrétienne, ou Philosophie de la religion du Christ (1835, in-8°), ov il fait de la gnose du second siécle le point de départ d’une longue série de productions philosophiques qui viennent aboutir 4 travers les mystiques du moyen age jusqu’a lidéalisme de Schelling, d’Hegel et de Schleiermacher; Dogmes chréliens de la rédemption, de la Trinité et de Vincarnation (1838- 1843, 3 vol.); Abrégé de l'histoire des dogmes chrétiens (1847).
Parmi ses traités critiques du Nouveau Testament nous cilerons : l’Apé/re Pierre @ Rome (1831), les Prétendues épitres pastorales de saint Paul (1835), Saint Paul, Vapétre du Christ (1845), Recherches critiques sur les évangiles canoniques (1847), et ’Evangile de saint Mare (1851). ;
Baur est mort le 2 décembre 1860, 4 Tubingue. Le principal trait de la nouvelle école de Tubingue, tel qu'on le constate dans les écrits de ses fondateurs, c'est unio» d’une critique subjective avec la profonde conviction de! réalilé historique du Nouveau Testament. Les disciples lo: plus distingués de cette école sont, en Allemagne, Zeller, Schwegler, Kostlin et Higenfeld. P. Loursy.
BAUSSET (Louis-Frangois pe), évéque d’Alais, cardinal, duc et pair de France , membre de l’Académie fran caise, etc., naquit le 14 décembre 1748 & Pondichéry (Inde)