ARRESTATION — ARRIEN
civile et emené devant le juge, s’il n’a pas déféré & plusieurs mises en demeure successives. En mativre criminelle nul ne peut étre arrété, s'il n’est accusé d’un délit pour lequel la justice puisse au moins lui demander caution de comparaitre A la premiére réquisition, Aux Etats-Unis il y a un tel respect pour la liberté individuelle qu'un accusé ne peut étre privé de sa liberté quand il offre caution, a moins quil ne soit gravement soupgonné d’un crime capital (voyes Caution). En Prusse,la police jouit exclusivement du droit @arrestation; mais ce droit a été sagement limité.
ARRET. On appelle de ce nom, en jurisprudence, les décisions d’une cour souveraine, telles que celles de la cour de cassation, les sentences des cours de justice criminelie, les jugements qui sont rendus par les cours d’appel sur une question de droit ou de fait; tandis qu’on appelle jugemeut la decision des tribunaux de premiére instance et de justice de paix. Jusqu’’a Frangois I** les arréts en France se rendirent en latin; ce prince fit changer cette disposition , qui donnait souvent lieu a de fausses interprétations.
On appelait autrefois arréts de réglement les décisions du parlement sur quelque point de jurisprudence générale ou de droit coutumier. Ces arréts étaient de véritables lois, obligatoires tant quils n’avaient pas été cassés par le conseil ou rétractés par les cours qui les avaient rendus. L’article 5 du Code Civil défend aux juges de prononcer par voie de disposition générale et réglementaire sur les causes qui leur sont soumises.
On appelle encore arréts du conseil les décisions du Conseil d’Etat.
Arrét signifie aussi arreséation, saisie d’une personne ou dune chose. On dit : mettre arrét sur la personne ou sur les biens de quelqu’un.
En termes de manége ou de médecine vétérinaire, Parrét est Veffet que l’on produit sur un cheval en retenant, a Vaide de la bride, sa téte et ses autres parties antéricures, et en chassant en méme temps ses hanches avec le gras des jambes, de telle sorte que le corps du cheval se soutienne en équilibre sur ses jambes de derriére; c’est ce qu’on appelle former Varrét dun cheval. On fait seulement un demiarrét, un temps @arrét, quand on retire légerement vers soi la main qui tient la bride, et qu’on soutient le devant du cheyal, sans larréter tout a fait.
En termes de chasse, l’arrét est Vaction du chien couchant qui s’arréte quand il voit ou qu’il sent le gibier, qu’il en est proche.
En termes de discipline, ce mot ne s’emploie qu’au pluriel, et désigne une punition applicable seulement aux officiers, et qui consiste dans l’obligation de rester quelque temps dans un lieu sans en sortir. On nomme ar7éls forcés la méme punition aggravée de la présence d’une ou plusieurs sentinelles, suivant le grade, a la porte de Vofficier puni.
ARRET (Maison d’). Voyez Prison.
ARRET ( Mandat d’). Voyez Manpar.
ARRETE. On donne ce nom aux actes de l’autorité administrative qui ont pour but l’exécution des lois et des réglements d’administration. On appelle également ainsi certaines décisions ministérielles. Sous la Convention on nommait arrétés les actes des comités rendus pour lexécution des lois. Les actes du gouvernement directorial et du gouvernement consulaire se qualifiaient aussi d’arrétés. Le sénatus-consulte du 28 floréal an X1i ‘Ghangea cette dénemination en celle de décret,
ARRETE-BOEUF. Voyez Bucnane,
ARRETE DE COMPTE. Voyes Cowrte.
ARRHES. On entend par ce mot ce qui est donné pour assurer la conclusion ou l’exécution d’une convention, dun marché. Lorsqu’une promesse de vente a été faite avec des arrhes, chacun des contractants est maitre de se départir dela convention: celui qui les a données en les perdant,
celui qui les a recues en restituant le double (Code Civil, art. 1590). Sic’est d'un consentement commun que les parties rompent la convention, ou parce que lobjet est perdu ou détérioré, celui qui a regu les arrhes les rend purement et simplement. Des juges ont décidé que les arrhes données apres la conclusion @un marché le sont comme preuve de la convention; que si elles sont données en espéces, elles sont alors considérées comme un a-compte sur le payement, et qu il n’est pas permis de se départir de la vente, soit en renongant aux arrhes, soit en restituant le double. Mais il est souvent difficile de reconnaitre dans quelles conditions les arrhes ont été données. L’argent donné aprés la conclusion d’un traité prend souvent lenom dedenier a Dieu.
ARRHIDEE. Voyes Puiuipre IIL, roi de Macédoine.
ARRIA, noble Romaine, femme de Cecina Petus, accusé, l'an 42 de J.-C.,d’avoir traméun complot contre ’empereur Claude, ayant perdu tout espoir de sauver son mari, et voyant quil ne pouvait se décider 4 mourir de ses propres mains plutét que de celles du bourreau, s’enfonga un poignard dans Ja poitrine; puis ayant retiré le fer de sa blessure, elle le lui présenta en lui disant : Pete, non dolet (Pwetus, cela ne fait pas de mal). Paetus suivit alors son exemple. La muse tragique et la peinture se sont souvent emparées de ce sujet, mais sans grand succes. ’
ARRIA, fille de la précédente, et épouse de Petus Thraseas, condamné par Néron, ne youlait pas non plus survivre a son mari; mais il s’opposa 4 son dessein, et la persuada de se conseryer pour ses enfants.
ARRIEN ( Arnianus FiAvius), né & Nicomédie, en Bithynie, vers l’an 100 de Pére chrétienne, étudia la philosophie sous Epictéte, et servit dans les armées romaines. Son mérite lui valut le titre de citoyen d’Athénes et de Rome, et en 134, sous ’empereur Adrien, le gouvernement de la Cappadoce. Il repoussa, en cette qualité, les Alains, qui avaient envahi l’Asie Mineure. On croit que ce prince, en récompense de ses services, l’éleva a la dignité de consul. Plus tard il se retira dans sa ville natale, loin des affaires publiques, et se livra tout entier 4 la culture des lettres et des sciences. C’est a cette détermination que nous sommes redevables dun grand nombre d’ouvrages relatifs 4 la philosophie, a Vhistoire, a la géographie et a la tactique, dans lesquels il se montre l’heureux émule de Xénophon , autant par le choix des sujets que par le mérite du style.
Disciple et partisan d’Epictéte, il publia.son Manuel de Morale, et écrivit en outre les Entretiens d’Epictéte , en huit livres, dont nous ne possédons plus que les quatre premiers, publiés par Schweighauser dans ses Philosophie Epictetee Monumenta (3 vol., Leipzig, 1799), et par Korai (2 vol., Paris, 1827); le reste a péri. Mais de tous ses ouvrages, celui qui a incontestablement le plus d’importance pour Vhistoire traite des Campagnes d Alexandre le Grand, en sept livres. On l’appelle quelquefois aussi tout simplement Anabasis. Puisé aux sources les plus dignes de foi, mais & jamais perdues pour nous, ce livre, par |’exposition impartiale des faits, a mérité & son auteur le premier rang parmi les historiens d’Alexandre.
Les meilleures éditions de ce précieux livre, aprés celles des premiers éditeurs, Blancard et Gronovius, sont dues a Schneider (Leipzig, 1798), & Ellendt (Kcenigsberg, 1832), a Kruger (Berlin, 1835). Chys l’a enrichi de notes géographiques, dans son Commentarius geographicus in Arrianum (Leyde, 1828, avec une carte excellente). Enfin Chaussard a donné a Paris, en 1802, une bonne traduction frangaise de l’Expedition d’Alexandre, avec cartes ct plans. A Phistoire des campagnes d’Alexandre se joignent intimement les Indiques, ou Histoire de U' Inde, d@Arrien, publiée par Schneider (Halle, 1798), et enrichie par ce commentateur de notes curieuses sur les mocurs et les coutumes des peuples de 'Inde, empruntées au voyage de Néarque.
L’ouvrage qu’Arrien dédia 4 Adrien, sur le périple du
Pont-Euzin, ainsi que son périplede la mer Rouge. sont ¢
dune haute importance pour la connaissance de la géographie ancienne. Nous ne possédons qu'un fragment seulement de son Manuel de Tactique et de son Plan de bataille contre les Alains. Ces deux morceaux ont été publiés par Scheffer (Upsal, 1854) et par Blancard (Amsterdam, 1683). — ll existe encore un traité d’Arrien sur la chasse, ou Cynegeticus, publié d’abord en grec ét en latin par Holstenius (Paris, 1644), et plus tard compris dans les Opuscula politica de Xénophon, par Zeune (Leipzig, 1778), et par Sauppe (Leipzig, 1840).
ARRIERE (Gaillard @). Voyes Gatiarp.
ARRIERE- BAN. Voyes Ban.
ARRIERE- FAIX. Voyez Accoucnement et DEtivre.
ARRIERE-FIEF. On appelait ainsi un fief qui relevait dun autre, lequel était lui-méme mouvant dun fief supérieur. Le vassal tenait donc en arriére-fief du seigneur suzerain, qui était seigneur dominant du seigneur immédiat du vassal. Les inféodations successives multipli¢rent presque a Vinfini les arriére-fiefs.
ARRIERE-GARDE, corps détaché pour couvrir et protéger la retraite dune armée. La composition de ce corps varie suivant les localités, la force et les moyens d’attaque de l’ennemi. Si on doit traverser des défilés, parcourir un pays montueux ou couvert, il faudra former Varriére-garde @infanterie ; mais si l’on se retire 4 travers des plaines rases et découvertes, c’est a la cavalerie, a Vartillerie légére, a protéger la marche; car c’est avec ces armes, dont les mouvements sont si rapides, que l’ennemi cherchera 4 vous entamer. ‘
La distance que doit laisser une arriére-garde entre elle at le reste de l’armée n’a pas de régles fixes. Si l'armée se retire, sans redouter ’ennemi, pour se rapprocher de ses magasins ou pour prendre une position plus avantageuse, son arriére-garde doit marcher de maniére a étre soutenue si elle est attaquée; mais si cette arritre-garde est destinée a protéger une armée battue et qui ne peut plus se mettre en ligne, 4 couvrir des colonnes d’équipages dont la perte serait désastreuse, elle doit marcher lentement, se compromettre et méme se sacrifier pour arréter quelque temps Vennemi. “
L’espece de nos armes et notre organisation permettent cependant quelquefois a une arriére-garde, bien commandée, de se hasarder loin du corps principal. Quelques piéces d’artillerie et de Pinfanterie, bien placées a la téte d'un défilé, obligent l’ennemi 4 de grands mouvements, qui lui font perdre du temps, et donnent la facilité de prendre une nouvelle position. Il n’en était pas de méme avant l’invention de la poudre et le perfectionnement des armes a feu : alors une armée battue ne pouvait pas faire une retraite réguliére : elle devait fuir ou mourir.
Les coups de canon, les coups de fusil, les charges de cayalerie, ne sont pas les seuls moyens que peut employer une arriére-garde; elle doit dégrader les chemins, faire sauter les ponts, embarrasser les gués, se couvrir d’abatis, aresser des embuscades, et créer, enfin, 2 chaque pas des obstacles pour arréter ’ennemi qui la poursuit. Voyez Re. TRAITE. G' Max. Lamargue.
ARRIGHI DI CASANOVA (Jean-THomas), duc 3a PADOUE, naquit 4 Corte (Corse) le 8 mars 1778. Sa famille, alliée & celle des Bonaparte, était une des plus anciennes de son pays. Il entra dés l'dge de quinze ans dans la carriére des armes, et accompagna Joseph Bonaparte 4 Rome comme secrétaire d’ambassade. [I suivit ensuite Bonaparte en Egypte. La valeur qu il déploya au combat de Salehiah, 4 l’assaut de Jaffa, ov il fut laissé pour mort, et a Saint-Jean d’Acre, le glaca bientot au rang des officiers les plus intrépides de l’armée, De retour en Europe, il fut fait chef d’escadron & Ma-
rengo, et quelque temps apres colonel ie dragons. Il se dise