‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 443 sur 488 · BECKER — BECKET · texte numérisé non relu

BECKER — BECKET

tation fébrile produite par !hymne du Rhin. L’année suivante Alfred de Musset y répondit par son insolent

Nous l’avons eu, votre Khio allemand, ete,

Lamartine, dans sa Marseillaise de la paix (1841), fit entendre des accords plus conciliants. Becker, jeune homme dune grande modestie, ne s’était guére attendu a ce que ses vers pussent jamais faire tant de bru't. Ce succes si peu prévu ne l’éblouit pas d’ailleurs assez pour lui persuader qu’il fit véritablement né poéte. Aprés de si heureux débuts, sa lyre devait bientot se taire. Malade déja depuis longtemps , Nicolas Becker mourut le 28 avdt 1845. Une collection de ses Poésies avait paru 4 Cologne dés 1841.

BECKERATH (Hermann de), Pun des personnages politiques les plus justement célébres de ce temps-ci en Allemagne, est né en décembre 1801, a Créfeld, dune famille de réfugiés mennonites originaires du village de Beckerath dans Je pays de Juliers, qui, expulsés de leurs foyers sous {a domination de la maison d’Orange, trouyérent l’hospitalité a Créfeld. Son grand-pére était contre-maitre dans une fabrique, et ses fils se consacrérent soit au commerce, soit a Pindustrie du tissage. Le plus jeune d’entre eux, Pierre de Beckerath , pere de Vhomme qui fait Pobjet de cette notice , fut le seul que les malheurs du temps contraignirent A renoncer a cette direction pour se faire huissier , fonction qu’il remplissait encore il y a peu d’années. Hermann de Beckerath est lainé de cing fréres, qui tous sont arrivés & une juste considération dans la carriére commerciale,

Longtemps commis banquier, Hermann de Beckerath {init par fonder lui-méme une maison de banque, a laquelle son intelligence et son activité méritérent un grand crédit en méme temps qu’elles en assuraient la prospérité, et il ne laissa pas que de faire marcher de front de sérieuses études en économie politique et en législation avec les occupations habituelles de son industrie. Elu en 1836 membre de la chambre de commerce de sa ville natale, il fut chargé en {843 par cette corporation de la représenter a la diéte de la province du Rhin. Dans cette assemb!ée ce fut a lui qu’on confia le soin de rédiger une adresse a la couronne dans laquelle on repoussait le projet de code pénal présenté par le gouvernement, Lors de la diéte de 1845, on le nomma rapporteur de la commission chargée d’examiner le projet de M. Camphausen sur l’exécution de Ja loi du 22 mai 1815, relative a une représentation générale de la nation; et c’est encore a lui que revint le soin de rédiger adresse que les Elats adressérent 4 cette occasion au roi. Dans la premiere diéte générale de 1847, Beckerath prit une aititude des plus tranchées, et ce fut lui qui défendit contre le commissaire de la diéte et contre le comte d’Arnim-Boytzenburg le projet dadresse des états en réponse au discours de la couronne ; projet d’adresse dont il était le rédacteur. Il prit dans cette assemblée la parole sur toutes les questions importantes ; et la crise de 1848 et 1849 lui fournit l’occasion de montrer dans tout son jour le zéle ardent en méme temps que la pureté et le désint¢ressement de son patriotisme.

Nommé par la ville de Créfeld député a Assemblée nationale allemande de Francfort, il y appartint a la fraction du centre droit désignée plus tard sous le nom de parti du Casino; et son éloquence y exerca une puissante influence. Le 9 juillet il fut appelé a faire partie du ministére de ’Empire en qualité de ministre des finances. Dans la discussion a laquelle donna lieu Parmistice de Malmoe, il en vota Pacceptation , déterminé surtout par la conviction que le rejet de cette mesure ameénerait infaillibiement une rupture avec la Prusse. Quand, a Berlin, le ministére Auerswald-Hausmann se retira devant le vote favorable émis par Assemblée nationale prussienne au sujet d’une motion du député Stein relative a l’armée, M. de Beckerath fut appelé dans cette capitale 4!’effet d’y constituer un nouveau cabinet,

ou d’entrer dans celui que constituerait le général de Pfuel. Comprenant toutes les difficultés de la position, M. de Beckerath soumit au roi un programme de l’acceptation duquel il faisait dépendre son entrée au ministére. Loin d’exiger la sanction de la motion Stein, il proposait l’adoption d’une politique constitutionnelle propre a sauvegarder les droits de lacouronne, a rétablir la bonne intelligence entre le gouvernement et l’Assemblée nationale, ainsi qu’a assurer le retour de la tranquillité.

La cour n’ayant pas accepté ce programme, M. de Beckerath abandonna au général de Pfuel le soin de constituer un nouveau ministére, et alla reprendre son poste au parlement de Francfort. Comme les autres membres du minis- (ére de l’Empire qui avaient donné leur démission aprés le vote émis le 5 septembre par le parlement, il laretira quand cette assemblée eut sanctionné armistice de Malmoe. Lors des événements dont la Prusse fut le théatre au mois de novembre suivant, M. de Beckerath évita avec soin de se montrer exclusif, et s’efforca au contraire d’obtenir que le pouvoir central allemand intervint comme médiateur entre les partis et les intéréts en présence. Quand le programme de la diéte autrichienne de Kremsier provoqua une scission profonde au sein du parlement de Francfort, M. de Beckerath combattit la politique de Schmerling, et soutint celle de M. de Gagern, en déclarant hautement que c’en serait fait de Punité alleinande le jour ot Allemagne graviterait dans Vorbite de PAutriche. En avril 1849, aprés Vélection impériale, M. de Beckerath fut envoyé 4 Berlin pour y pressentir Popinion du gouvernement prussien au sujet du choix fait, et rapporta 4 Francfort la preuve qu'il était désapprouvé par le cabinet de Berlin.

A Vloccasion d’une motion présentée par le député Wydenbrugk, 4 effet de nettre le peuple allemand en demeure (avoir a exécuter et appliquer la constitution de {’Empire, M. de Beckerath se prononga vivement contre l’adoption d'une pareille mesure, quoique ses amis la soutinssent, déclarant qu’elle conduisait 4 une révolution. Il était davis qu’aprés avoir adressé 4 la nation allemande une proclamation contenant l’exposé de la situation réelle, ’assemblée de Francfort s’ajournat a six semaines, et laissat les événements suivre leur cours naturel. Son avis n’ayant pas préyalu, il déposa au commencement de mai 1849 son mandat de député, et donna sa démission des fonctions de membre du ministére de l’Empire ; conduite que ses amis politiques ne

. tardérent pas a imiter. Membre de la seconde chambre de

la diéte de Prusse depuis 1849, il y vota constamment dans le méme esprit; et quand le ministere Manteuffel laissa tomber Punion allemande et revint 4 tous les errements politiques de Pancien systéme, il fut l’un de ceux qui combattirent le plus énergiquement cette conduite.

BECKET (Tuomas), plus connu sous le nom de sain Thomas de Cantorbéry, fut archevéque de cette ville e primat d’Angleterre. J] est célébre dans Phistoire par la lulte lente et persévérante qu’il soutint en faveur des priviléges de l’Eglise contre les persécutions d’Henri IJ, et parsa mort violente qui en fut la suite.

Il naquit & Londres, le 21 décembre 1119, de Vunion romanesque de Anglais Gilbert Becket et d’une femme de POrient, baptisée sous le nom de Mathilde. Gilbert, fait prisonnier a la croisade, était échu en partage au pére de cette femme. I] dut sa liberté & Yamour qu’elle concut pour lui. Elle ne tarda pas a le suivre, et, guidée par ces deux mots , les seuls qu’elle edt retenus, Londres et Gilbert, elle parvint a le joindre. Thomas Becket commenca ses études a Oxford, et les acheva a luniversité de Paris. Bientot apres, il alla étudier la théologie 4 Bologne. De retour dans sa patrie, la gaieté et la souplesse de son carac- (ere, non moins gue ses talents supérieurs, le firent distin guer, et Thivault , qui occupait alors le siége de Cantorbéry, lui fit prendre les ordres, ienomma archidiacre de son église

métropolitaine, et l’employa dans plusieurs négociations délicates avec la cour de Rome.

Ce fut par son entremise que les évéques partisans d@ Henri, fils de Mathilde, obtinrent du pape Eugéue une défense formelle de sacrer le fils du roi Etienne. Aussi, lorsque Henri fut monté sur le tréne, il appela Becket a la dignité de chancelier , et lui confia léducation de son fils ainé, attribuant 4 ces deux emplois de grands revenus. Le faste par lequel Becket signala sa nouvelle fortune, son goat pour les plaisirs, pour la chasse et pour la guerre, et surtout la fermeté avec laquelle il faisait valoir les droits du roi contre les prétentions du clergé, lui attirérent la haine des prétres et une menace d’excommunication de la part de Thibault, son premier protecteur.

A la mort de cet archevéque (1161), Henri II, fatigué depuis longtemps des prétentions et des désordres du clergé, que les lois de Guillaume le Batard et la création des tribunaux ecclésiastiques avaient rendu puissant, voulut placer sur le siége vacant un homme dévoué & ses intéréts , et recominanda son chancelier aux évéques. Ceux-ci, qui rarement hésitaient en pareille circonstance de déférer aux désirs du roi, s’y opposérent cette fois, et déclarérent qu’ils ne pouvaient pas élever 4 la suprématie un chasseur et un soldat de profession, un homme du monde et de bruit. Ils n’étaient pas les seuls qui fussent opposés au choix de Thomas Becket. Les barons normands ne voyaient pas sans crainte un Anglais d’origine Gleyé au siége primatial d’Angleterre. Mais le roi passa outre, et ordonna aux évéques, qui depuis treize mois retardaient V’élection, de nommer le candidat de la cour. Ils obéirent. Becket fut ordonné prétre le samedi de la Pentecdte de l’année 1162 , et le lendemain consacré archevéque.

Jamais changement ne fut plus rapide que celui qui se manifesta dani vie. Il trouva en lui 4 instant toutes les yertus de sa nouvelle profession. L’austérilé de ses mceurs et la remise du sceau de la chancellerie, qu’il renvoya a Henri IT, pour se livrer tout entier 4 son ministére, firent croire au roi et aux barons qu’ils étaient trahis, étonnérent les éyéques et le clergé normand, et promirent dans le nouyeau primat un protecteur aux gens de basse condition,

au clergé inférieur et aux indigenes. Dés ce moment le roi -

s’appliqua A persécuter Thomas Becket en toute occasion. Il fit yaloir, pour détacher le monastére de Saint-Augustin de Vobéissance du siége de Cantorbéry, des droits antérieurs A la conquéte, et abrogés par elle. Alors Thomas Becket, se souvenant qu'il était Anglais de race, se fondant d’ailleurs sur le méme principe, youlut faire rentrer dans le domaine de son siége tout ce que les compagnons du Congnérant en avaient détaché, C’était attaquer la conquéte elle-méme. L’alarme fut générale. Plus tard , Becket ayant fail juger par un tribunal ecclésiastique un clere dont les justiciers royaux s’étaient saisis , le roi crut devoir recourir A un synode pour y régler en sa faveur les droits qui étaient en litige.

Cette assemblée se tint dans le village de Clarendon, au mois de mars 1164, sous la présidence de Jean, évéque d@Oxford. La plupart des évéques normands, séduits par le roi, ou redoutant son ressentiment, souscrivirent aux dilférent3 articles, quoiquw’ils ruinassent Vindépendance du clergé. Becket, soit ouvertement, soit en demandant un d lai pour examiner ces décrets , n’y donna point son consentement, 2s n’en furent pas moins publiés, et éveillérent attention du pape Alexandre III, qui refusa de les sanctionner, sans cependant les condamner encore formellement. Cité devant le conseil des barons, pour y répondre 4 Vaccusation Wavoir manqué a von allégeance, et pour rendre compte des sommes qu’il avait regues dans ses fonctions de chancelier, quoique les barons de /’échiquier et Richard de Sucy , justicier de l’Angleterre, Peussent déclaré quitte de tout compte et de foute réclamation, Becket fut con-

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