BELLE-ISLE
que les efforts des royalistes pour l’amener a eapituler pendant les guerrves de la Vendée.
Apres Vinsurrection de juin 1848, Belle-Isle fut le séjour momentané de prés de douze cents transportés, détenus 1a par mesure de sdreté générale; ils étaient logés dans un camp composé de six baraques, et situé sur un plateau qui domine la mer. Belle-Isle devint alors un lieu de déportation jusqu’en 1856, ot les condamnés politiques furent transférés 4 Corte ou au Mont Saint-Michel. Aprés les premiéres hostilités qui suivirent la proclamation de la Commune en 1871, un millier de fédérés prisonniers furent transportés 4 Belle-Isle (avril) , ou ils restérent plusie rs mois, soit dans les baraques svit dans la citadelle, juaqu’a leur mise en jugement. Depuis cette époque la ciladetle 4 été {ransformée en maison de détention.
BELLE-ISLE (Cuantes - Louis- Avcusre FOUQUET, comte, puis duc de), né, en 1648, a Villefranche (Rouergue), était petit-fils du célébre surintendant Fou quet. Il entra dans les mousquetaires 4 l’4ge de dix-sept ans. Trés-jeune encore, il commandait un régiment de dragons au siége de Lille. Blessé, il fut fait brigadier des armées du roi, et passa ensuite en Espagne, oui il se couvrit de gloire. Villars l’emmena aux conférences de Rastadt, et les services qu’il y rendit comme négociateur lui valurent le gouvernement de Huningue. Maréchal de camp en 1719, il eut part a Ja prise de Fontarabie et de Saint-Sébastien, revint en France a la paix, et, aprés avoir été quelque temps disgracié, fut promu au grade de lieutenant général en 1732. Deux ans plus tard, sous les ordres du maréchal de Berwick, il prenait Tréves el Trarbach, se distinguait au siége de Philippsbourg, et tenait téte au prince Eugéne, qui cherchait a débloquer cette ville. La paix de 1736, qui assura la Lorraine a la France, fut en grande partie son ouvrage. Le roi, enreconnaissance , Vinvestit 4 perpétuité du gouvernement de Metz et des Trois- Eyéchés, L’année suivante, il fut chargé, conjointement avec le maréchal d’Asfeld, de reconnaitre état de toutes les places de la Meuse. En 1738 il sollicita une grande am~ bassade ; mais le cardinal de Fleury, qui tenait a l’avoir sous la main, lui donna le baton de maréchal de France en 1741. Il avait recu en 1735 le collier des ordres du roi.
Sur ces entrefaites, l’empereur Charles VI étant mort, une nouvelle guerre de succession embrasait l'Europe. IL avait parcouru l’Allemagne durant la courte période de temps qui sépara ces deux événements, et négocié en secret lélévation de lecteur de Baviére , Charles-Albert , depuis Charles VII , a empire. A la téte de 100,000 hommes il annonce que dans trois mois il conclura Ja paix sous les murs de Vienne; en attendant il envahit la Bohéme , enléve Prague, parait 4 Francfort, avec le titre d’ambassadeur extraordinaire, dans tout l’éclat d’un prince de l’empire décoré de la Toison d’Or, et influence si bien la diéte que le candidat qu’il protége est élu. Cependant , il tombe malade, et ses lieutenants, en son absence, commettent de graves fautes. Hors d’état de tenir désormaisla campagne, il se jettedans Prague avec 28,000 hommes. Assiégé par 60,000 Impériaux, il opére en dix jours une retraite qu’on a comparée a celle des Dix Mille. Peu aprés il se voit, malgré le droit des gens, arrété avec son frére 4 une poste hanovrienne, et ee deux sont retenus un an entier en Angleterre, de 1744
En 1746 Belle-Isle, général en chef de l’armée d’Italie , défend avec succés les frontiéres du sud-est de la France, menacées par les Autrichiens et les Sardes. Deux ans apres, il est créé duc de Belle-Isle et de Gisors, et pair de France. En 1753 il est chargé du portefeuille de la guerre, qu’il garde presque jusqu’a sa mort. Il s’applique surtout a détruire les abus qui se perpétuaient dans l’'armée, et supprime le plus criant de tous, celui des colonels & la bavelte, ainsi nommés par dérision, parce qu’on les voyait commander des régiments, en vertu du privilége de leur naissance, a
un age ot ils auraient encore dd étre au collége. L'académie de Metz et Vordre du Mérite militaire pour Jes officiers protestants lui furent redevyables de leur fondation. Il était membre de |’Académie Francaise depuis 1756, et a laissé des Mémoires. Son fils, Lowis- Marie Fouguer, comte pe Gisonrs, VYayant précédé au tombeau, il mourut le 26 janvier 1761, sans laisser d’héritier de son duché-pairie.
BELLE-ISLE ( Louts-Cuares-Armand FOUQUET, chievalier, puis comte pe), frére du maréchal, né en 1693, se signala par de brillants faits d’armes, et périt en 1746 a la funeste attaque du Col de l’Assiette, en essayant de forcer ce passage a la téte de cinquante bataillons. Il avait aussi du godt pour la carriére diplomalique, un génie ardent, une passion immodérée pour les femmes, et beaucoup d’ambition.
BELLEME. Voyez Orne (Département de 1’).
BELLE POULE, nom dune frégate frangaise de la marine del’Etat, qui est devenue célébre par le voyage qu’elle fit 4 Sainte-Héléne, en 1840, sous les ordres du prince de Joinville, pour aller chercher les cendres de l’empereur Napoléon. Ce nom avait été porté par une autre frégate qui siillustra dans Ja Manche, le {7 juin 1778, dans un combat contre la frégate anglaise L’Aré¢huse, commandée par le capitaine Marshall. Montée par le lieutenant de vaisseau Chadeau de la Clocheterie, La Belle Poule soutint un combat de cing heures, perdit quarante hommes morts el vingquante-sept blessés ; mais elle démata son adversaire, qui dut se replier vers lescadre anglaise.
Quant 4 La nouvelle Belle Poule, ce fut le 7 juillet 1840 qu'elle recut a son bord le fils dn roi, chargé de rapporter en France les restes mortels du héros. Le prince de Joinville était accompagné du capilaine de vaisseau Hernoux, son aide de camp; de l’enseigne Touchard, son officier d’ordonnance; du comte de Rohan-Chabot, commissaire du roi; du baron Emmanuel de Las-Cases, député; des généraux Bertrand et Gourgaud ; de V’abbé Coquereau, aumdnier de Pexpédition, et des quatre anciens serviteurs de Napoléon , Saint-Denis, Noyerraz, Pierron et Archambauld.
La Belle Poule avait été disposée pour la noble et pieuse mission qui lui était dévolue. Dans Ventre-pont se trouvait une chapelle ardente tendue en velours noir brodé d’argent et contenant le cénotaphe impérial. Ce cénotaphe, dans la forme des sarcophages romains, était peint en grisaille, et présentait sur ses grandes faces deux bas-reliefs allégoriques, l’Histoire et la Justice ; sur les deux autres faces, la croix de la Légion d’Honneur et la Religion; aux angles, quatre aigles; et sur le hant du fronton , la couronne impériale,
La Belle Poule quitta le port de Toulon dans la soirée méme du 7 juillet. Elle passa le 15 devant Gibraltar, et mouilla le lendemain dans la rade de Cadix, ot les libéraux francais et les constitutionnels espagnols mélérent leurs chants patriotiques. Elle s’arréta le 24 4 Madére, et célébra le 29 a Ténériffe Yanniversaire de la révolution de 1830. Le 20 aot elle traversa Péquateur, et le baptéme de la ligne ne fut point oublié. Arrivée le 28 a Bahia, elle y séjourna jusqu’au 14 septembre. Le 7 octobre elle se trouva en face de Sainte-Héléne. Deux jours aprés, son jeune commandant mit pied a terre avec sa suite. Le 15, au soleil couchant, elle recul le dépdt sacré qu’elle était chargée de rendre A la France, et le 18 au matin elle faisait voile vers l'Europe. Quarante-deux jours aprés, elle entrait en rade de Cherbourg, et le 8 décembre, aprés une messe solennelle céléhrée a bord, en présence des autorités civiles et militaires, elle remettait & La Normandie la précieuse relique qu'elle apportait de Sainte-Héléne, et qu’une flottille de bateaux a vapeur devait porter aux Invalides.
La Belle-Poule a fait encore partie de Vescadre destinée 4 ayir contre le Maroc, et s’est trouvée ainsi de nouveau placée sous le commandement du prince, qui pendant la traversée de Sainte-Héléne & Cherbourg, et sur un bruit de rupture prochaine avec les Anglais, avait fait démolir