‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 467 sur 488 · BELLEVAL — BELLEVUE · texte numérisé non relu

BELLEVAL — BELLEVUE

fondes. On ade lui des Noles sur les plantes de Picardie ainsi que sur les coquilles et les litchophy/es.

BELLEV ALIA, genre de plantes appartenant 4 la familles des liliacées, ainsi nommé par Picot Lapeyrouse en Yhonneur de Belleval, botaniste francais, a pour type et caractére unique ’ Hyacinthus romanus, L., communen Itahie et dans quelques parties du midi de la France. Ona aussi proposé le nom de Belvalia pour une petite plante aquatique qui crott dans les lacs salés du midi de la France.

BELLEVILLE, ancienne commune de |’arrondissement de Saint-Denis, annexée a Paris depuis 1860, ne comptait pas moins A cette époque de 75,000 habitants. Elle est située sur une hauteur au nord-est de la capitale. Sa population compte bien quelques rentiers retirés du Marais, quelques chefs d’atelier qui viennent y chercher "e repos hebdomadaire; mais le travail y est surtout en honner, Elle posséde une foule de petits établissements industriels, On y fabrique des tissus de cachemire, des tissus de crin, des produits chimiques, des savons, de la tabletterie, des cuirs vernis, des crayons, du papier verré et émerisé, des cordes métalliques; on y trouve des affineries de métaux précieux et des tréfileries de laiton et d’acier. Les pépiniéres de Belleville jouissent d’une réputation méritée; ils’y fait encore une exploitation assez considérable de gypse. Son théatre, fondé aprés 1830 et longtemps administré par les fréres Seveste, a été pour les scénes de la capitate une espéce de succursale du Conservatoire. Ménilmontant et Belleville ne faisaient avant 1860 qu’une seule et méme commune.

Lheureuse situation de Belleville y attira un grand nombre de pensionnats; mais ce qui donna longtemps a ce vaste faubourg de Paris une physionomie swzi generis, c’étaient ses guinguettes populaires et ses bals en plein vent. Le dimanche et le lundi une affluence énorme venait chercher a Belleville les distractions et les plaisirs de la classe ouvriére. Tandis que quelques promeneurs traversaient rapidement la Courtille pour aller respirer lair de la campagne aux Prés-Saint-Gervais ou chercher l’ombre du bois de Romainville, dont on ne trouve plus de vestige, d’autres s’arrétaient dans les petils bals champétres ou dans les cabarets semés sur la route. C’est a Belleville que tréna le papa Denoyez, avec ses innombrables couverts. Les Foties de Belleville, puis le Gal Favié, ouvrirent leur porte ades milliers de danseurs. Aux jours gras, les guinguettes se remplirent d’iv".0bles masques, qui le mardi attendaient le jour pour rentrer a Paris, et formaient la fameuse descente de la Courtille. C’est a Belleville qu’on trouvait le type de la guinguette. Autrefois tout amoureux devait un pélerinage a Ile d'Amour,. établissement garni de bosquets, situé en face de léglise, et dans lequel serpenta‘t un ruisseau, trop souvent fétide, autour d’un tertre ot s’élevaif un temple au dieu du lieu.

Ménilmontant est plus bourgeois ; c’est 1a que les saintsimoniens essayérent de vivre en famille. Autrefois il y avait beaucoup de lilas par la, et c’était une féte que d’en aller cueillir, d’y manger des ceufs frais et de faire une partie d’dne.

Les plus anciens aqueducs de tous ceux qni fournissent de ’eau ala capitale serpentent sous les Prés-Saint-Ger vais. Ils aménent a Paris les eaux de diverses sources rassemblées entre les villages de Pantin et de Romainville,

L’annexion de ces populeuses communes a la capitale jeta un trouble profand dans les habitudes ainsi que dans la composition de leurs habitants, Depuis 1852, un grand nombre douvriers et de petits ménages, chassés des quartiers du centre par suite des démolitions que |l’empire avait entreprises d’une maniére systématique, émigrérent vers les hauteurs de Belleville et de Ménilmontant, que les excursions du dimanche leur avaient rendues familiéres; ils y trouverent d’abord le logement et la nourriture a des prix pius bas que ceux de Paris* bienlot les conditions de la vie aug-

mentérent , au point de devenir, aprés annexion de 1860, presque aussi intolérables pour cette population besogneuse qu’a Paris méme. Les mouvements politiques, les gréves, les prédications du socialisme ou de I’[nternationale eurent a Belleville leur principal foyer, d’autant plus dangereux que la classe ouvriére y régnait nombreuse et a peu prés sans mélange ; Belleville devint peu 4 peu une puissance et prit dans le parti populaire le réle influent qu’avait joué jadis le faubourg Antoine , cette forteresse de la premiére révolution. En 1869, aux élections générales, Belleville se distingua entre tous les arrondissemeuts de Paris en nommant d’abord Gambetta pour député, puis Rochefort, c’esta-dire les ennemis irréconciliables de empire, et en leur imposant & lun et a l'autre le mandat impératif. Aussi, c'est a Belleville que s‘ouvrit le premier club politique dans la salle de la Marseillaise. Aprés l’ariestation de Rochefort (7 février 1870) Flourens y souleva le peuple et proclama la république ; quelques combats eurent lieu dans le haut du faubourg du Temple. La répression fut violente; mais la chute de l’empire ne tarda pas 4 rendre a Belleville |’influence qu’il avait exercée.

Quant aux événements qui suivirent pendant le siége et pendant la Commune, le récit en appartient a histoire générale (voyez COMMUNE DE {871 et Panis [Siége de]); qu'il suifise d’ajouter en terminant que le Belleville d’antrefois n'est plus qu’un souvenir et que Paul de Kock lui-méme, qui aimait toujours a y placer quelque épisode grotesque de ses romans, avait depuis longtemps renoncé a cette habitude.

BELLEVILLE (LEGRAND, dit). Voyez Tur.upin.

BELLEVUE, village du département de Seine-et-Oise, entre Sévres et Meudon, doit son origine 4 une maison de plaisance que Mme de Pompadour y fit batir en 1748, dans un de ses caprices de favorite. Les travaux de construction en furent poussés et achevés avec une extréme rapidité, et la marquise l’inaugura par une grande féte, a laquelle son royal amant lui fitl’honneur d’assister. Louis XV fut ravi du luxe et de la magnificence de bon govt qui avaient présidé a |’édification de cette coquette demeure. C’était en définitive, comme on pense bien, le trésor public qui en avait fait tous les frais. Avec une générosité qu’admirérent beaucoup les courtisans, le roi exigea que la marquise lui revendit immédiatement et au prix cottant le chateau de Bellevue, et comme bénéfice il en abandonna lajouissance viagére a sa maitresse. A la mort de Mme de Pompadour, Bellevue devint la résidence habituelle des filles de Louis XV, tantes de Louis XVI; et ces princesses ne le quittérent que lorsqu’elles se décidérent 4 émigrer, a l’époque des orages de notre premiére révolution. La Conyention décida d’abord que ce chateau servirait 4 des fétes populaires. Quelques années aprés, Bellevue fut vendu a titre de propriété nationale. Les acquéreurs morcelérent le pare et enlevérent du chateau tous les objets de prix qui Vornaient. Dansles premiéres années de la Restauration, ce n’était déja plus qu’une immense rine. En 1822 le dernier propriétaire en achevala compléte démolition. Un village de maisons de piaisance s’éleva alors comme par enchanlement sur Pemplacement de Vancien chateau, dont il ne reste plus aujourd’ hui de traces que dans quelques habitations particuliéres pour la construction desquelles les entrepreneurs utilisérent les fondations et les derniers débris de certaines parties de l’élégant palais improvisé a si grands frais par Mme de Pompadour. Une circonstance curieuse a noter, c’est que la toute-puissante favorite respecta le droit de passage qu’avaient detouttemps possédé en ces lieux les habitants deSévres et de Meudon, et que le chemin vicinal reliant ces deux communes entre elles traversait la grande cour @honneur du chateau de Bellevue.

Ce nom a aussi été donné a divers chateaux et maisons de plaisance appartenant A des princes allemands. Nous citerons entreautresle chateau de Bellevue du landgrave de

Hesse-Caascl, qui est entovré d’un grand parc et situé a peu de distance de la Porte Friedrich , 4 Cassel; la maison de plaisance, propriété du roi de Wurtemberg, située prés du chAteau de Rosenstein, lequel n’est qu’a quatre kilométres de Stuttgard; le chateau du prince de Reuss qu’on voit sur une hauteur entre Lohenstein et Ebersdorf; le chateau royal de Bellevue et son parc, prés de Berlin, sur la rive gauche dela Sprée, au nord du Thiergarten. Ii fut ainsi dénommé par le prince Auguste-Ferdinand, qui en acheta le sol en 1785, fit construire de 1786 4 1790 le chateau, composé de deux ailes, et dessiner 4 grands frais le parc, qui est toujours resté depuis 4 peu prés dans le méme état. Frédéric le Grand s’était déja fait construire en cet endroit une charmante habitation de campagne, qui forme aujourd’hui la partie du chateau royal désignée sous le nom d’aile de la Sprée. A la mort du prince Auguste-Ferdinand , son fils, le prince Auguste, en hérita et Phabita. Par suite du décés du prince Auguste, le chateau fit retour en 1843 au roi Frédéric-Guillaume IV, qui y a fondé une galerie de tableaux modernes.

BELLEVUE-LES-BAINS. Voyez Bourson-Lanci.

BELLEY, ville de France, chef-lieu d’arrondissement du département de l’Ain, siége d’un évéché suffragant de Besangon et dont le diocése comprend le département de l’Ain, ayec 4,624 habitants. Elle posséde une direction de douanes, une école secondaire ecclésiastique et une bibliothéque publique de 5,500 vol. On y fabrique des soieries , des indiennes et des mousselines ; |’éléve des vers 4 soie y a une certaine importance; on exploitait naguére encore dans les environs des carriéres de pierres lithographiques, regardées comme les meilleures de France; on y récolte des truffes noires estimées.

Cette ville est agréablement située entre deux collines, asix kilométres du Rhone; elle posstde quelques édifices remarquables , parmi lesquels il faut placer en premiére ligne le palais épiscopal ; la cathédrale posséde un trés-beau clocher. Mais les environs sont trés-pittoresques : nous citerons les ruines de Chatillanet, le lac d’Ambléon , le Pont du Diable, la cascade de Glandieux , les grottes de la Palme-sous-Piene- Chatel, la cataracte deServérieux, la ferme-modéle de Peyrieux et le magnifique pont suspendu sur le Rhone.

Belley est une trés-ancienne ville. César s’en empara, et s’en servit comme d’une place forte dans la guerre contre les Allobroges. Elle fut brilée par Alaric en 390, rebatie par Wibertus en 412, détruite de nouveau par un incendie en 1385, et reconstruite peu de temps aprés par le duc de Savoie. Elle fut cédée 4 la France par Charles-Emmanuel, et réunie au domaine de la couronne en 1601.

BELLIARD ( Avcustin-Daniex ), lieutenant général , pair de France, ambassadeur, etc., né 4 Fontenay-le-Comte, le 25 mai 1769. Ce nom est un de ceux dont V’illustration appartient tout entiére 4 la révolution de 1789. Issu d’une famille obscure, Belliard faisait ses études dans une petite yilledu Poitou, lorsque éclatérent les grands éyénements qui allaient changer les destinées de la France. L’enfant du peuple s’‘langa des banes de !’école, courut sous les drapeaux, et figura magnifiquement, pendant vingt ans, sur tous les grands théatres de notre gloire. Jamais carriére ne s’ouvrit sous de plus beaux auspices. Engagé volontaire en 1791, il s’essaya aux combats dans les journées de Grand- Pré, Sainte-Menehould, Jemmapes et Nerwinde, oi il servil comme aide de camp de Dumouriez. Placé, a Jemmapes, 4 la téte des hussards de Berchini, il enleva successivement plusieurs redoutes ennemies, et conquit sur le champ de bataille le grade d’adjudant général. Mais ce début faillit ¢tre fatal & sa fortune militaire. Compromis par la ddfection de Dumouriez, Belliard fut arrété aprés le départ de ce général, transféré 4 Paris et cassé. Sans doute, les sévérités révolutionnaires ne se seraient pas bornées A une destitution , si le jeune adjudant général n’edt immeédiatement demandé a servir son pays comme yolontaire, II

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