ARTHUS — ARTICLE
port de Geoffroi de Monmouth, qui parait avoir puisé ses renseignements dans la chronique de Wistace, intitulée Brut @Angleterre, Arthus était le fruit du commerce adultére d’Ingarne, princesse de Cornouailles, avec Uther Pendragon , général des Bretons. Arthus était né en 453; il succéda A son pére en 516, et remporta douze grandes victoires sur les Saxons. Il périt les armes 4 la main en combattant un de ses neveux, qui s’était révolté contre lui et allié &4 ses ennemis. Les poétes lui font conquérir le Danemark, Ja Norvége et Ja France, tuer un géant en Espagne ef marcher sur Rome. C’est dans ses expéditions contre Rome qu’il apprit, selon le poéte, linfidélité de sa femme , qui avait épousé son neveu Modred. Whitaker est Pécrivain qui 4 mis le plus de soin A éclaircir histoire d’Arthus. Selon lui son nom indique qu’il fut roi des Silures, qu’il combattit les Saxons dans le nord de Vile sous les ordres d’Ambrosius, pendragon des Bretons, et qu’il devint ensuite chef supréme de ses compatriotes. Sous le regne de Henri II on découvrit son tombeau prés de V’abbaye de Glastonebury. Geraldus prétend avoir vu les os et !’épée d’Arthus, ainsi qu’une petite croix de plomb sur laquelle étaient gravés ces mots: Hic jacet sepultus inclytus rex Arturius in insula Avalonia.
ARTICHAUT, plante de la famille des composées. Les artichauts, rares du temps de Pline , avaient ensuite été abandonnés. Hermolao Barbaro raconte qu’en 1473, a Venise, ils parurent une nouveauté. Vers 1466 ils avaient été portés de Naples 4 Florence, d’ot, selon Ruel, ils passérent en France au commencement du seiziéme siécle.
L’arlichaut fournit un des nombreux exemples du perfectionnement des plantes par la culture. Transporté dans les jardins et en plein champ, dans un sol généreux et soumis A une culture soignée, il a acquis un volume trésconsidérable, et une succulence telle qu’il est devenu lune des plus précieuses ressources alimentaires fournies par le jardinage , sans néanmoins s’étre acclimaté entiérement dans le nord, ott la prudence conseille de le préserver des gelées en enveloppant sa souche de terre, et en couvrant ses feuilles avec de la paille.
L’artichaut offre aujourd’hui six variétés, dont les plus estimées sont : 1° ’arlichaut vert ou commun , cullivé de pré‘érence dans nos départements du nord, et auquel se rapportent les sous-variétés connues sous les noms d’artichaut de Laon et @artichaut de Bretagne ou camus ; 2° Vartichaut violet ; 3° Vartichaut rouge; 4° Vartichaut blanc.
L’artichaut se consomme sous une multitude de formes ; c’est un aliment substantiel et trés-sain : aussi est-il d’un usage tellement général que sa culture occupe une partie assez considérable des meilleures terres des environs des grandes villes,
Divers procédés ont été indiqués pour obtenir de trésgros artichauts : ’un de ces procédés, le plus ancien de tous, et qui est consigné dans tous Jes auteurs géoponiques , consiste a fendre ou 4 perforer la tige, et a y insérer un corps étranger quelconque , pour arréter la séve descendante, ef la faire refluer aux parties supérieures, et augmemter ainsi le volume des tétes d’artichaut; la théorie et la pratique justifient ce procédé. On parvient également 4 obtenir de plus gros artichauts en pratiquant a la tige une incision annulaire, par l’enléyement qu’on fait d@’un centimétra d’écorce a sa partie moyenne, quand |’arlichaut commence a se former. Cette incision a un autre avantage, c’est de provoquer dans cette plantela maturité des semences, en appelant d’une maniére plus certaine les forces vitales vers les organes séminiferes.
L’artichaut se multiplie par les oeilletons qu’on sépare des vieux pieds, qu’on plante 4 80 centimatres de distance, et qu'il ne faut arroser que lorsqu’ils sont bien repris; on les multiplie aussi par leurs graines , qu'on séme sous cloche ou
en pleine terre, selon le climat ou la saison; les plants de semis se placent 4 la méme distance que les ceilletons, et il ne faut leur donner que quelques petits arrosements jusqu’a ce qu’ils soient attachés au sol, époque a laquelle on peut leur donner une plus grande quantité d’eau. Plusieurs personnes coupent le pivot de la racine des jeunes artichauts de semis dans l’espérance d’obtenir de plus gros artichauts ; mais le résultat ne justifie pas toujours cette pratique, quoique la théorie vienne a son appui. C. Toxtarp ainé.
En Italie, on tire un autre produit de lartichaut. « On courbe, dit M. Audot, la plante a angle droit, en rassemblant les pétioles, et l’on butte de maniére a faire blanchir; il en résulte une bosse qui donne son nom italien, gobbo, a cetle partie. Le gobho se sert cru et se mange avec du sel; il est tendre; nos cuisiniers en tireraient sans donte un bon parti. C’est en antomne el en hiver que j’en ai vu; ils remplac¢aient avec avantage les radis. » M. Verdeil a extrait de l’artichaut une belle couleur verte.
Le fruit qui porte le nom d’artichaut de Jérusalem n’et autre chose que le patisson, quiappartient au genre cowrge.
Pour Vartichaut du Canada, voyez HELIANTSe, et pour Vartichaut sauvage, voyez JOUBARBE. Z.
ARTICLE. En grammaire l'article est un mot que !’on place, dans quelques langues, devant Je substantif, et qui le fait prendre dans une acception distincte et particuliére. La langue latine n’a point d’articles , non plus que plusieurs autres langues. En allemand, Varticle supplée 4 ce quil y a d@incomplet dans la déclinaison des substantifs,
L’article n’est point une partie essentielle du discours; comme ladjectif, il ne fait que modifier le nom ; aussi plusieurs grammairiens le regardent comme une espéce d’adjectif, qu’ils nomment déterminati/, quoiqu’il ne détermnine pas toujours, pour le distinguer de l’adjectif propre ou qualificatif. L’article a deux propriétés principales : la premieére, c’est de faire considérer comme l’expression d’un étre. réel le mot auquel on le joint, qui jusqu’alors n’était qu’une abstraction; exemple : Agisses en homme. Le nom n’indique ici qu’une abstraction, une qualité. L’homme est mortel, Varticle a fait un véritable substantif de ce qui dans la phrase précédente était plutét un adjectif. La seconde propriété de larticle , conséquence de la premiére, est de faire considérer le mot devenu substantif sous le rap port de I’étendue, sans pourtant déterminer toujours ce rapport par lui-méme, car le méme article de désigne en francais tantét un seul étre, comme Le solei/, et une infinité, comme L’homme est mortel. Il y a plusieurs espéces d’articles : l'article défini. ou déterminatif, le, la, les, et Varticle démonstratif, ce, ces; le mot un, dont Dumarsais, Condillac et Sacy ne font qu’un nom de nombre, est souvent un véritable article, que quelques grammairiens appellent article indéfini. Si ’on prend l'article comme synonyme parfait d’adjectif déterminatif, il faut ranger encore dans cette classe tous les noms de nombre et les mots tout, chaque, quelque, aucun, nul, ete.
Dans quelques langues l'article regoit, comme ladjectif ordinaire, les modifications de genre et de nombre, En frangais il se contracte dans quelques cas avec les prépositions pour ne former qu’un mot: du , au, pour de le, a le.
ll résulte de la nature méme de larticle qu’il doit étre omis devant le nom toutes les fois que celui-ci n’exprime qu’une qualité abstraite. On pourra encore le retrancher quand le nom sera déja précédé Wun adjectif qui le sudstantifie; ex. : Alexandre jit de belles actions et commit de grands crimes. Mais toutes les fois qu'un nom, méme abstrait, est employé comme substance , larticle est obligatoire : l'homme est mortel. Du reste, ’emploi de article le plus souvent conforme A Ja logique est quelquefois soumis aux bizarreries de usage : ainsi l’on dit avoir beaucoup de chagrin et bien du chagrin. Cette anomalie sans raison cause les plus grandes diflicultés aux étrangers,