‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 56 sur 488 · ARTHRITE · texte numérisé non relu

ARTHRITE

premiéres heures l’aspect le plus simple et le plus favorable ; mais vers le troisiéme ou le quatriéme jour , et quelquefois plus tard, se développe dans articulation une douleur d’abord sourde, qui s’accroit avec promptitude et devient bientot excessive. — L’arthrite traumatique exerce sur les différents viscéres une influence trés-énergique ; 4 Pagitation déterminée par la douleur succédent quelquefois le délire et {es convulsions ; la peau est brdlante, la langue rouge; des vomissements bilieux se manifestent assez souvent ; enfin le sujet est en proie A un malaise et & une anxiété considérables. La suppuration est la terminaison la plus ordinaire de cette espéce d’arthrite. Rarement les abcés sont uniques ; une fois que la suppuration est bien établie, ou les accidents ne font qu’augmenter, et le malade, épuisé par ses souffrances, peut succomber en peu de temps; ou, sans se calmer entiérement, la réaction générale diminue, Penveloppe articulaire s’ulcére ou se rompt de dedans en dehors, et le pus ou la matiére épanchée s’échappe dans les tissus voisins. Quand la jointure est ouverte, linflammation acquiert presque constamment alors un haut degré d’intensité en peu de temps. Cette variété de Varthrite est quelquefois suivie des plus horribles souffrances, et la terminaison en est des plus facheuses.

Les variétés delarthrite inferne sont principalement les suivantes : 1° Suite de la blennorrhagie : elle survient assez souvent vers la fin de cette maladie, et est ordinairement douloureuse. Quelques chirurgiens Pattribuent 4 une véritable métastase de Vinflammation de lurétre. 2° Suite de couches : elle se distingue par le peu de réaction qui l’accompagne ; sa transformation en tumeur blanche n’est pas fort rare. 3° Suite d’une infection purulente : le plus souvent on ne Ja reconnait qu’ Vouverture des cadavres.

Lorsque Yarthrite traumatique est svuperficielle, elle se termine presque toujours d’une maniére favorable. L’arthrite profonde qui succéde aux plaies et donne a Vair un libre accés dans la cavité articulaire doit étre considérée comme trés-grave. Dans la plupart des cas d’abcés, si la mort ne survient pas dans la premiére période , les accidents colliquatifs la produisent souvent un peu plus tard. Quant a larthrite blennorrhagique, presque toujours elle céde a un traitement bien combiné.

Le traitement de l’arthrite traumatique consiste a essayer immédiatement 4 la suite des contusions, des disfensions ou des ébranlements articulaires, de prévenir le mouvement fluxionnaire qui s’opére vers les parties blessées , en plongeant la partie dans un vase rempli d’eau fraiche, ou bien encore en appliquant autour de l’articulation blessée des compresses imbibées d’eau froide; les irrigations continues peuvent ¢tre employées avec avantage; une ou plusieurs saignées générales, Vusage des boissons délayantes , fraiches , complétent ces premiéres indications. Une fois les symptémes développés, il faut avoir recours aux saignées locales et surtout aux ventouses scarifiées. Il ne faut pas négliger les secours que l’on peut retirer des cataplasmes, soit émollients, soit laudanisés , des bains , en ayant toujours soin de maintenir le membre dans le repos le plus absolu. — Lorsque la suppuration n’est plus douteuse, il est d’observation que Youverture spontanée du dépdt entraine moins d’inconvénients que celle faite A l’aide d’une incision; il vaut mieux donc s‘y résigner lorsqu’on ne croit pas devoir recourir a Pamputation. D* Alex. Duckett.

ARTHRITIQUE, épithéte qu’on applique aux maladies , telles que la goutte, qui affectent les articulations. On l’emploie aussi, selon l’Académie, pour désigner les médicaments en usage contre ces affections. D’autres préféreraient dans ce cas dire remédes antiarthriliques.

ARTHRITIS, nom sous lequel on a classé trois maladies distinctes ayant toutes pour caractére |’inflammation des articulations; savoir : l’arthrite traumatique

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(voyez Antunire), Parlhrite rhumatismale (voyez Ruv- MATISME ), et Yarthrite goutteuse ( voyes Gourte ).

ARTHRODIE, espéce d’articulation qui résulte du concours @une cavité osseuse peu pre“onde avec la saillie peu prononcée d’un autre os. Voyes Dianrunose.

ARTHRODYNIE (du grec &p%oov, jointure; dadvn, douleur). Ce mot indique une douleur persistante des articulations, et est quelquefois employé pour désigner le rhumatisme chronique. Voyez RuuMmatisme.

ARTHUR, ou ARTHUS, duc de Bretagne, fils posthume de Geoffroy, troisiéme fils de Henri If, roi d’Angleterre , et de Constance de Bretagne, naquit 4 Nantes, le 30 avril 1187. Quand Richard, roi d’Angleterre, partit pour Ja Terre Sainte avec Philippe-Auguste, il s’engagea a faire épouser la fille de Tancréde, roi de Sicile, par Arthur, son héritier présomptif ; ses droits 4 la couronne d’Angleterre furent dés lors établis et reconnus par l’évéque d’Eli, régent du royaume, et par le roi d’Ecosse; Arthur fut en méme temps proclamé duc de Bretagne dans une assemblée générale tenue & Rennes en 1196. Mais la fortune cessa bientot de sourire 4 ce jeune prince : Richard déclara, par son testament, Jean-sans-Terre son successeur au préjudice d’Arthur. Cependant l’Anjou, le Maine ef la Touraine se déclarérent pour Arthur ; le roi de France recut son hommage pour ces provinces , ainsi que pour la Bretagne, le Poitou et la Normandie. Mais Arthur était trop faible pour résister a son compétiteur. La duchesse Constance enfra en négociations avec Jean; elle lui proposa de garder |’Angleterre, tandis que les provinces du continent resteraient 4 Arthur.

Philippe-Auguste, qui tour a four avait abandonné et protégé ce jeune prince, suivant son intérét, le fit chevalier 4 Gournai, et déclara la guerre a Jean-sans-Terre. Arthur, plein d’enthousiasme et de courage, mit le siége devant Mirebeau en Poitou; mais Jean-sans-Terre accourul avec des forces considérables , surprit Arthur, le fit prisonnier avec les principaux seigneurs de son parti; il en fit enfermer vingt-deux dans le chateau de Corf, ou il les laissa mourir de faim, et il envoya son neveu dans Ja prison de Falaise. Jean visita son neveu dans son cachof, et employa caresses ef menaces pour l’engager a renoncer 4 ses droits ; mais Arthur, doué d’une vertu supérieure A son age, déclara avec noblesse « qu’il resteraift jusqu’a la mort digne du rang pour lequel il étaitné, et qu'il ne céderait jamais le tréne a un usurpateur ». Dés lors la mort de lhéroique jeune homme fut décidée. Ne.rencontrant personne pour seryir sa vengeance, Jean-sans-Terre fit conduire son neyeu a Rouen dans une tour sur la riviére, et fit de nouvelles recherches pour trouver un bourreau; mais elles ne réussirent pas davantage : Vhorreur inspirait les uns, la crainte retenaif les autres. Alors ce monstre résolut de devenir luiméme le bourreau de cet enfant de quinze ans (1202). Au milieu de la nuit, il se rend a la tour, fait deseendre son prisonnier, le traine suppliant aux bords de la Seine, le place dans un bateau, lui plonge plusieurs fois son épée dans le corps, puis le précipite dans les flots apres lui avoir atiaché une grosse pierre au cou. Son corps, retrouvé dans les filets d’un pécheur, fut transporté 4 Pabbaye de Notre-Dame-du-Pré, ot on Pinhuma secrétement.

Les malheurs d’Arthur de Bretagne ont inspiré Shakspeare et Ducis.

ARTHUS ou ARTHUR, roi de Ja Grande-Bretagne, l’un des héros des romans de la Table-Ronde, ordre de chevalerie dont on lui attribue la fondation. Dernier soutien de l'indépendance bretonne contre l’invasion étrangére, sa vie et ses exploits devinrent le sujet favori des bardes gallois; ces chants nationaux d’un peuple vaincu, déja remplis de merveilleuses fictions, furent adoptés plus tard par la poésie chevaleresque, qui ne se fil pas faufe non plus d’embellissements romanesques et fabuleux. Au rap-

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