ARTICULE
pétioles de la sensilive , les anthéres de la sauge, etc. ; ou les parties composées d’articles attachés également bout a bout, comme on le remarque dans la tige du gui, dans l’axe de l’épi du blé, etc.
En anatomie on appelle articulés les os qui, étant liés "un A Vautre, peuvent étre pliés sans se détacher, se mouvoir sans se séparer.
Les animaux articulés forment l'une des premiéres divisions des animaux invertébrés dans les systémes de Lamarck et de Cuvier, division qui comprend les étres dépourvus de colonne dorsale ou épiniére, dont le corps est articulé ou annelé dans sa longueur, et dont les organes extérieurs , lorsqu’ils existent, sont distribués par paires; par opposition on appelle inarticulés les autres invertébrés. Yoyez ANIMAL.
ARTIFICE (Feu a’). Voyez Feu p’artirice.
ARTIFICIER. On appelle de ce nom celui qui fait le plan dun feu d’artifice, dirige la fabrication des piéces qui le composent, et donne les doses convenables des compositions dont il connait les effets. — On appelle aussi artificier \e militaire qui confectionne certaines piéces , comme fusées, pétards , etc.
Les feux d’artifice jouent un grand rdle dans les fétes publiques des peuples modernes ; nous leur consacrerons un article spécial. On croit généralement qwils étaient inconnus avant Pinvention de la poudre 4 canon. Cependant, il y a lieu de penser que les anciens connaissaient quelque spectacle du méme genre, et on suppose que quelque chose d’analogue était employé dans les mystéres d’Eleusis. On assure aussi que les Chinois connaissaient la poudre a canon plusieurs siécles ayant l’arrivée des missionnaires dans le Céleste Empire, et qu’ils en composaient seulement des piéces d artifice. Les jésuites leur apprirent a s’en servira la guerre.
Le décret de 1810 a rangé les fabriques de piéces d’artifice dans la premiére classe des établissements dangereux. Mais , indépendamment des régles générales posées par ce décret et par l’ordonnance royale du 14 janvier 1815, ces fabriques , A cause des dangers qui leur sont inhérents, ont été objet de nombreuses ordonnances de police. Celle du 7 juin 1856 prescrit aux artificiers de n’employer pour la direction des fusées que des brins de bois tres-légers, tels que sureau, saule, osier. Les grosses fusées doivent ¢tre dirigées par des ailettes en carton. Les mortiers employés pour le jet de bombes doivent étre enterrés et garantis d’une caisse, 4 moins qu’ils ne soient en bronze. Toute personne qui veut faire tirer un feu d’artifice chez elle doit en obtenir l’autorisation du commissaire de police ou du maire. II est défendu de tirer des armes 4 feu, pétards, fusées et piéces dartifice sur la voie publique ou dans !’intérieur des maisons. Des artificiers penvent seuls vendre des piéces d’artifice. Ils sont tenus d'inscrire sur un registre, coté et parafé par l’autorité locale, les nom, prénoms, qualités et demeure, ddment justifiés, de toute personne a laquelle ils vendent des piéces dartifice. Pour les feux d’artifice des fétes publiques Jes artificiers doivent s’entendre avec les autorités locales. En accordant une avtorisation a |’artificier, on lui impose d’ailjJeurs la condition de n’avoir dans sa maison que la quantité de poudre fixée par l’autorité; il lui est défendu expressément de trayailler avec des lumiéres dans V’atelier de composition; il ne peut s’éclairer que dans celui du cartonnage,
seulement avec des quinquets ou des lanternes. Z.
ARTIGAS (Juan ou José), né a Montevideo , vers 1760, d'une famille originaire de la péninsule Hispanique, fut d’abord capitaine dans les troupes espagnoles. Ayant eu quelques difficultés avec le gouverneur portugais de Ja ville de San-Sacramento, il passa, en 1811, au service de la junte de Buénos-Ayres, qui venait de se former, Elle lui esonfia le commandement d'une division » avec laquelle il défit l'armée royaliste prés de Las-Piedras. A la téte des Gauchos, ces indomptables centaures de l’Amérique
méridionale, il seconda si vigoureusement l’armée qui faisait le siége de Montevideo, que ses exploits amenérent un accommodement entre le cabinet de Rio de Janeiro et le gouvernement de Buenos-Ayres. Bient6t Artigas excita les soupcons et la jalousie de Poeyredon, directeur de la junte; il se sépara de la nouvelle république, et abandonna Montevideo avec ses troupes. Le gouvernement de Buénos-Ayres le fit déclarer infame, et offrit six mille francs 4 celui qui lui apporterait sa téte.
Artigas, ayant de nouveau réuni les Gauchos sous ses drapeaux, s’empara de Ja Banda Orientale; mais au mois de décembre 1816 le général portugais Lecor occupa Maldonado , et prif bientot aprés Montevideo. Dés lors Artigas fit une guerre de partisan aux Portugais et aux troupes de Buénos-Ayres. Mais, aprés avoir remporté quelques avantages, il fut battu en 1818; toutefois Poeyredon se montra disposé & traiter avec lui. Ce gouverneur ambitieux avait formé le projet d’établir en Amérique un gouvernement héréditaire : il avait méme déja entamé des négociations 4 ce sujet avec quelques puissances de |’Europe. Pour déjouer ce complot, le parti républicain s’unit a Artigas. L’armée que Poeyredon envoya contre lui passa aux démocrates , et Poeyredon lui-méme fut obligé de prendre la fuite. Rodriguez s’étant alors emparé de l’administration des affaires 4 Buénos-Ayres, Artigas quitta cette ville, et se réfugia au Paraguay.
Le docteur Francia, autrefois son adversaire, lui fit accueil le plus distingué, Depuis , Artigas habita un couvent de franciscains, ot il termina sa carriére orageuse, au mois de novembre 1825. Comme général, il se distinguait par sa brayoure, son activité et la promptitude de son coup dil. Il exergait une autorité absolue sur les Gauchos, dont il avait entiérement adopté le genre de vie. Du temps de sa puissance Artigas méprisait toutes les délices , toutes les commodités de la vie civilisée. Il n’avait point de résidence fixe ni de gouvernement réguliérement établi; d’ordinaire, son quartier général était & la Purification, petit village sur le Rio-Negro , composé de cabanes en terre, couverles de peaux de boeufs, De la ce grand redresseur de topts fondaif de sa propre auforifé sur tous ceux dont il n’approuvait pas Ja conduite, républicains ou monarchistes, peu lui importait. Comme chef intrépide de partisans, sa grande figure historique reste encore a peindre, et Dieu sait si elle le sera jamais.
ARTILLERIE. On croit généralement que le mot artillerie vient ou du latin ars tollendi ou du vieux francais artiller. Cependant les auteurs italiens le font dériver de arte di tirare. Jadis on désignait généralement les bouches & feu par le nom commun d’artillerie ; aujourd’hui il faut entendre par cette dénomination la fabrication et la conservation du matériel des armes mobiles, portatives ou non portatives, ainsi que l’usage et le service des bouches a feu en campagne, dans les places, sur les cétes et sur les vaisseaux.
La lutte corps 4 corps fut probablement le combat primitif de Phomme, la pierre et le javelot ses premiers projectiles. La fronde et arc, dont l'invention remonte au dela des temps historiques, ont da ¢tre les premiéres machines de jet; c’était déja un produit de la pens¢ée humaine, un moyen de supériorité de lintelligence sur la force matérielle. L’are et la fronde emploient des forces motrices tout a fait distinctes, et leurs perfectionnements successifs ont engendré des machines puissantes qui ont servi jusqu’d une époque plus rapprochée de nous qu’on ne le croit communément. L’are utilisait l’élasticité du bois a la flexion; la fronde faisait usage de la pesanteur et de la force centrifuge. L’are en bois ne peut fournir qu’une force limitée, l’élasticité du bois diminuant quand sa grosseur augmente. Les Grecs et les Romains eurent recours a d'autres inventions. Chez eux Vartillerie se borna d’abord & quelques machines
grossiéres en usage pendant les siéges. Plus tard, ces machines se perfectionnérent, et lon fit méme de grosses armes de jet assez mobiles pour marcher a la suile des armées, comme Vartillerie moderne; mais ces machines n’eurent jamais l’importance de nos bouches a feu, et ne furent jamais, comme chez nous, les auxiliaires indispensables de la troupe.
La baliste et la catapulte, dont la fronde et lare suggérérent lPidée, étaient les principales machines de jet des anciens : la baliste servait d’abord a lancer des pierres, et la catapulte & lancer des traits. Dans la suite ces deux machines, rendues propres au méme usage, furent souvent confondues sous la méme dénomination. Toutefois, les traits et les boulets qu’elles langaient n’ayant pas assez de force @impulsion pour faire bréche dans des murailles dune certaine épaisseur, on eut recours au bélier, machine extrémement simple, dont on fait remonter Vorigine au si¢ge de Troie. On faisait, en outre, usage de l’hélépole et du frondibale. Balistes, catapultes et autres machines analogues furent compris dans le moyen Age sous le nom dengins et de mangonneaux.
Voila quelles étaient les machines de guerre en usage quand la poudre a canon fut, nous ne dirons pas découyerte, mais employée, car elle était connue depuis longtemps en Europe avant qu’on ne songeat a s’en servir dans la guerre. Le moine anglais Roger Bacon en avait donné la composition en 1216, vers le temps des croisades. Mais ce ne fut qu’en 1330 selon quelques auteurs, ou plus tard suivant M. de Laporte dans ses Kpithetes, qu’un moine de Cologne, Berthold Schwartz, ou un Fribourgeois, Constantin Anchtzen, découvrit par hasard et en manipulant de la poudre dans un mortier la propriété qu’elle posséde de lancer des projectiles. L’explosion de la poudre, substituée peu & peu aux principes de force dont nous avons parlé, en fit si complétement disparaitre Pusage qu’ils tombérent dans Youbli.
La poudre 4 canon a été le produit du développement naturel de Part des compositions incendiaires. Les hommes, dés qwils s’étaient fait la guerre, avaient cherché a se nuire par le moyen du feu : dans les défenses des villes, les huiles bouillantes, les poix fondues, furent employées contre les assaillants dés la plus haute antiquité. On chercha a lancer des substances incendiaires, et l’on mélangea celles qui offrent une combustion vive; en y joignant des gommes ou des poix, on forma des mastics qui s’attachaient aux objets sur lesquels elles tombaient et qui pouvaient les enflammer sls étaient combustibles. On lanca des pots @ feu avec les machines ; des pelotes formées d’étoupes trempées dans ces compositions étaient attachées aux fléches et aux dards, qui prenaient alors les noms de malléoles et de falariques. Les écrivains grecs et latins de l’antiquité, Thucydide, Enéas, Végéce, Ammien Marcellin, parlent de ces projectiles incendiaires; ils leur attribuent la propriété d’étre inextinguibles par l'eau, et de ne pouvoir étre éteints que par le sable ou le yinaigre. Il serait trop long d’expliquer les causes et l’origine de cette croyance.
Cette branche de Vart de la guerre, sans tomber entiérement en désuétude, resta fort longtemps sans faire en Europe de progrés notables. Il n’en était pas de méme en Asie et en Afrique, ou, déja pratiquée a l’époque de l’invasion d’Alexandre , elle était favorisée par la chaleur et la sécheresse du climat. Ce qui fit faire a art des compositions incendiaires un pas immense, ce fut l’emploi du salpétre. La propriété distinctive de cette substance est de fuser quand elle est en contact avec des charbons ardents. En Chine, of on la trouve a la surface du sol, les habitants, remarquant ce phénoméne, Ja mélangérent avec des substances inflammables. Dans l’Hellénie, des l’an 670 de notre ére, elle avait donné naissance au feu grégeois. Les Arabes s’en servirent contre les chrétiens, et plusieurs chrobiqueurs, notamment le sire de Joinville, qui accompagna
saint Louis dans son expédition sur les bords du Nil, racontent trés-naivement la frayeur incroyable dont les croisés furent saisis & laspect des ravages de ce terrible agent de destruction.
Ces compositions incendiaires devinrent chez les Arais du treiziéme siécle le moyen principal de guerre : ils les attachaient 4 leurs lances, & leurs fléches, a leurs boucliers, les langaient avec toutes leurs machines ; ils faisaient usage de compositions formées de salpétre, de soufre, de charbon, a peu prés dans toutes les proportions imaginables, parmi lesquelles se trouvait celle dont nous nous servons aujour- @hui pour notre poudre. Cependant, chez eux ces compositions ne faisaient que brdiler vivement ou fuser, et ne détonaient pas. Quelle en était la cause? C’est que le salpétre qwils employaient n’était pas assez purifié pour que la détonation eit lieu ; la combustion n’était pas assez prompte pour produire le bruit que nous appelons explosion.
Toutefois, on aurait tort de croire qu’au moment ou J’on commenga a faire usage de la poudre a canon cette poudre edt une explosion aussi vive que celle dont nous nous servons aujourd’hui; il s’en fallait de beaucoup, car V’art de la purification du salpétre, encore peu avancé, n’a cessé de faire depuis cette époque des progrés , dont l’influence est passée presque inapergue. La poudre de ces premiers temps, n’ayant qu’une explosion lente , n’aurait pas pu imprimer a de petites balles comme celles de nos fusils actuels une vitesse suffisante pour percer les armures. De la V’obligation @employer de plus gros projectiles. La métallurgie n’était pas assez avancée pour que |’on pat avoir toujours des bou- Jets de métal; on les fabriqua en pierres, et ces pierres, souvent énormes, lancées sous de grands angles avec des vitesses faibles relativement a celles de nos projectiles actuels, venaient par leur masse écraser les édifices et ruiner Jes défenses.
Le nouveau principe de force qui devait dans l’avenir produire de si grands résultats présentait un grave inconvénient : la poudre, en méme temps qu’elle agit sur le projectile pour le lancer avec force, agit aussi contre l’enveloppe qui fa contient, et tend dla briser. Ici, nous devons admirer ce qu’il ya de providentiel dans la marche de l’art humain : si le salpétre employé d’abord dans la poudre eit été aussi pur que lest aujourd’hui le nétre, il serait arrivé, les bouches a feu étant grossiéres et peu solides , que l’enveloppe aurait été brisée en éclats; ce qui edt fait renoncer, pour bien des siécles peut-étre, a se servir d’une force qu’on n’edt pas su dompter. II fallait done l'accord de Vimperfection des machines et de Vimperfection de la poudre pour que Yhomme pit approprier 4 son usage cette force nouvelle.
Il parait que la découverte de la poudre par Berthold Schwartz ou Constantin Anchtzen aurait donné lieu presque immédiatement 4 V’invention des bouches A feu, car il y avait des canons en France dés 1339 (Registre de la chambre des comptes). En 1340, les Francais s’étant approchés de la ville du Quesnoy, les assiégés, au dire de Froissard, décliquetérent canons et bombardes, qui lancaient de grands carreaux de fer; ce qui forga l’armée assiégeante, toute composée de cavalerie, a se retirer.
Selon d’autres auteurs, ce fut a la bataille de Crécy, en 1346, que les Anglais firent usage de six piéces de canon, et la terreur qu’elles inspirérent détermina la victoire en leur faveur. Les Vénitiens s’en servirent en 1366, 4 l’attaque de Claudia Fossa. Enfin, si l’on en croit Gibbon, les Chinois auraient connu Yartillerie moderne dés le treiziéme siécle.
{Quoi qu’il en soit, siles anciennes machines de jet avaient pour moteur la force de torsion des cordes , ou l’élasticité des bois, ou la puissance des leviers, favorisée par |’action de la force centrifuge, les nouvelles se réduisirent & un tube ouvert 4 une extrémité, et fermé a l’autre, par lequel la poudre, en s’enflammant, chassait devant elle le projectile qui lui était opposé. Cette nouvelle artillerie, d’une simplicité
si grande, fut longtemps 4 se perfectionner, et on vit souvent Vartillerie ancienne agir concurremment avec elle dans les -siéges célébres, comme a ceux de Rhodes et de Constantinople.
as premiéres bouches a feu portaient le nom générique je bombardes ; on les appelait aussi bastons a feu. Elles étaient en tole renforcée de cercles : on les fit ensuite en barres de fer longitudinales, assemblées et cerclées comme les douves d’un tonneau, et brasées; mais le peu de soli- -dité de ces constructions les ayant fait abandonner, on fabriqua successivement les bombardes en fer forgé, en fonte, et enfin en bronze. Les petites bombardes consistaient ordinairement en un tube de fer forgé, et portaient le nom de canons & main. Les bombardes langaient des boulets de pierre, ou des balles de plomb, ou des carreaux de fer.
Vers 1400 on commenga a faire usage de boulets en fer. Dés lors les bouches 4 feu se rapprochérent de leurs formes actuelles; on Jeur donna des tourillons, et on les monta sur des espéces d’afiits 4 roulettes qui permettaient de les transporter et de les tirer. Néanmoins on conserva l’usage des boulets de pierre et des bombardes, qui prirent lenom de pierriéres.
En 1447 Sforce, chef d’aventuriers, fit usage de trois bombardes pour s’emparer de la ville de Plaisance ; chacune de ces bombardes tirait soixante boulets de pierre en vingtquatre heures. Au bout de trente jours une partie de la muraille étant tombée, les assiégeants entrérent par la bréche, et s’emparérent de la place.
Suivant Gibbon, Mahomet II aurait employé au siége de Constantinople, entre autres bouches a feu, une coulevrine en bronze, qui lancait 4 cent pas un boulet de pierre de plus de six cents livres, et les Grecs se seraient défendus -ayec de petites piéces tirant 4 mitraille, c’est-a-dire environ dix balles de une livre 4 chaque coup. Cette nouvelle maniére de tirer produisait de grands ravages sur les masses confuses des Turcs, et il n’y avait ni cuirasses ni boucliers qui pussent y résister.
Sous Louis XI Vartillerie francaise fut mise sur un pied respectable. Sous le régne suivant on voit cette artillerie figurer ayantageusement en Italie , lors de la conquéte de Naples. Charles VIII, disent les historiens du temps, avait ala suite de son armée trente-six basilics ( canons) en bronze, du calibre de 48, qui formaient le parc de siége; le parc de campagne était composé de soixante-quatre coulevrines , faucons , fauconneaux, et autres piéces de différents calibres. Toutes ces bouches a feu étaient montées sur des affats & deux roues, auxquelles on adaptait un avant-train pour faire route. La beauté et la vigueur des attelages donnaient a cette artillerie un aspect formidable, et Ja rendaient aussi mobile que les autres troupes.
Ce n’est guére que vers cette époque que l’on commence a voir figurer l’artillerie dans les batailles ; jusque alors cette arme n’avait été employée que dans les si¢ges, pour remplacer les machines anciennes. Au reste, le tir de cette artillerie de campagne était encore tellement incertain, que Jongtemps aprés Machiavel proposait, comme un excellent moyen, de laisser une trouée dans la ligne de bataille, vis- 4-vis les batteries ennemies , afin d’en neutraliser l’effet.
Sous Frangois I** Vartillerie continua a faire des progrés sensibles ; on établit des rapports entre les différentes parties des bouches @ feu. En 1525 le pare de Iartillerie francaise exigeait plus de quatre mille chevaux. On adopta Pusage des grenades, a l'imitation des bombes que les Turcs avaient employées au siége de Rhodes, en 1522.
Les fusées de guerre, appelées depuis 1805 fusées & la Congreve, étaient déja assez répandues a cette époque; et lon prétendait que les Indiens les connaissaient depuis un temps itomémorial. C’était du reste une réminiscence du fameux feu grégeois
En 1577 les Polonais employérent le tir 4 boulets rouges
au siége de Dantzig; huit ans aprés, les Flamands se servirent d’une machine infernale pour la défense d’Anvers.
En déterminant les proportions des bouches a feu on n’avait pas songé a fixer un certain nombre de calibres ; de la était résultée une grande complication, qui rendait les approvisionnements trés-difficiles. A cette époque on comptait dix-sept calibres réguliers; toutes les bouches a feu portaient des noms d’animaux malfaisants , comme le basilic, de 48; le dragon, de 40; le dragon volant, de 32; la serpentine, de 24 ; la coulevrine, de 20 ; Je passenus, de 16; Yaspic, de 12; etc.
En 1572 Charles IX réduisit le nombre des calibres & six: le canon, de 33 '/, (cette dénomination s’étendit par la suite 4 toutes les bouches a feu qui lancaient des boulets) ; la coulevrine, de 16*/,; la batarde, de7 '/.; la moyenne, de 2 3/4; le faucon, de 1 '/.. Mais les guerres civiles et religieuses qui s’allumérent bientét empéchérent que cette sage ordonnance fit mise entiérement 4 exécution.
Dans ces temps de désordre et d’anarchie, aucune des parties belligérantes n’avait le moyen d’entretenir de nombreux équipages ; on se battait partout, mais par petites troupes, et l’artillerie ne convenait plus pour ce genre de guerre. S’il en faut croire quelques écrivains , on fut méme sur le point d’en abandonner l’usage, Montaigne dit dans ses Essais : « Les armes 4 feu sont de si peu d’effet que, n’étoit ’étonnement des oreilles, ce & quoi chacun est désormais apprivoisé , je suis persuadé qu’on en quitteroit lusage. » Peut-¢tre y avait-il plus de passion que de sincérité dans l’opinion de Montaigne , car les chevaliers devaient détester des armes qui leur faisaient perdre leur ancienne importance, et par lesquelles ils avaient cessé d’étre invulnérables.
Sully, créé grand maitre de l’artitlerie par Henri IV, s’appliqua 4 remettre cette arme sur un pied respectable ; elle avait été tellement négligée dans les guerres de la Ligue, qu’a la bataille d’lvry il n’y avait que quatre canons dans les deux armées.
Sous Louis XIII Vartillerie continua 4 faire des progrés sensibles. On adopta en France l’usage des bombes; mais Yart de les lancer n’acquit quelque degré de précision qu’en 1633. Un an aprés, ces nouveaux projectiles furent employés avec succés au siége de Lamothe. A cette époque et longtemps aprés on jetait de la terre par-dessus la charge du mortier ; on appuyait la bombe sur cette terre, et on mettait le feu en méme temps au mortier et & la méche de la bombe. On sent facilement tout le danger de cette maniére d’opérer. Aujourd’hui , on ne met plus de terre dans les mortiers, et c’est le feu de la charge qui enflamme la méche de la bombe.
L’impulsion donnée a toutes les connaissances humaines sous le régne de Louis XIV s’étendit au service de l'artillerie, qui fut perfectionnée dans beaucoup de parties ; mais la multiplicité des calibres s’opposait toujours a ce que cette arme acquit le degré de simplicité et d’uniformité qui doit caractériser une bonne artillerie.
A cette époque les calibres en usage en France étaient ; le canon de France, de 33; le demi-canon d’Espagne, de 24; la coulevrine, de 16; le quart de canon d’Espagne, de 12; labitarde, de 8 ; lamoyenne, de 4; la piécede 8 courte, et les faucons et fauconneaux , dont le calibre variait de 3 & °/,.
Les mortiers étaient des calibres de 6,7, 8, 9, 10, 11, 12, ef 18° de diamétre intérieur; ces derniers , appelés comminges , langaient des bombes de cinq cents livres.
En 1732, de Valiére, général d’artillerie fort distingué , obtint de Louis XV la fixation de cing calibres de canon ; le 24, le 16, le 12, le 8 et le 4; et celle de deux de mortier, le 12 ef le 8. On créa un pierrier de 15, destiné a lancer des grenades et des pierres; les canons conservérent une grande longueur, et les affits subirent peu de modifications. Les attelages furent toujours d la limoniére, cest-d-dire que
les chevaux élaient disposés en une file, ce qui rendait les colonnes d’artillerie extrémement longnes.
Cette artillerie était fort loarde, et cela tenait a la nature des guerres, qui toutes se réduisaient a l’attaque et a la défense des places; on avait d’immenses parcs de siége, mais on ne possédait pas, & proprement parler, d’artillerie de campagne. On avait vu cependant Gustave-Adolphe faire usage de canons en fer trés-légers et environnés de cuir bouilli; on sa- Vait que cette artillerie, quoique imparfaite, avait contribué par $a mobilité aux succés du grand capitaine ; mais une routine aveugle s’opposait chez nous a toute espéce de perfectionnement, et l’on n’estimait le canon qu’en raison de sa longueur,
Une arme nouvelle, ’obusier, vint ajouter a la puissance de lartillerie moderne. Certains auteurs prétendent que les obusiers longs étaient employés en Ltalie dés 1618, et en France dés 1683; mais les obusiers courts, dont Pusage devint général par la suite, paraissent avoir été inventés par les Hollandais, Leur usage date en France de 1749.
Les perfectionnements introduits dans la tactique par le grand Frédéric rendaient lancienne artillerie trop lourde pour suivre le mouvement des troupes. Ce prince, et bientot aprés les Autrichiens, remédiérent a cet inconvénient en créant une artillerie de campagne , composée de eanons et d’obusiers légers ; mais les Frangais se bornérent a adopter la piece de 4 légére, et conservérent leur ancienne artillerie. Cependant cette artillerie ne répondait plus aux besoins de Pépoque. Vainement on ayait élargi les piéces de 8 au calibre de 12, et celles de 12 au calibre de 16; le canon de bataille était toujours en retard, et il n’y avait que les piéces de 4, attachées aux bataillons, qui pussent suivre le mouvement des lignes.
Dans cet état de choses, Louis XV ayant rappelé le général Gribeauval du service d’Autriche, cet officier proposa hientét un nouveau systéme d’artillerie, bien supérieur a tout ce qui existait alors en Europe. Ce systéme, longtemps repoussé par les partisans de l’ancienne artillerie, fut enfin adopté en 175. Dans le systéme Gribeauval, l’artillerie de campagne se compose de trois calibres : du canon de 4; du 8, qni est le canon de bataille; du 12, qui est celui de réserve, et d’un obusier de 6. Ces bouches a feu, prés de moitié moins lourdes que celles de siége, donnent des portées suffisantes pour le service auquel elles sont destinées ; les affuts sont légers et roulants ; les caissons et Jes voitures sont perfectionnés dans toutes leurs parties. Les attelages sont a Yallemande, les chevaux sur deux files, ce qui raccourcit les colonnes et rend le tirage plus facile.
L’artillerie de siége se compose de canons de 24, de 16, de 12 et de 8; d’obusiers de 8 pouces, de mortiers de 12 ponces, de 10 pouces ordinaires, de 10 pouces a grande portée , de 8 pouces, et de pierriers de 15 pouces. Les affits de siége ont des avant-trains 4 la limoniére.
Les canons de 24 et de 16, ainsi que les mortiers et pierriers, ne peuvent voyager sur leurs affits, et sont portés sur des chariots 4 quatre roues, attelés 4 l’allemande. II y a des affats particuliers pour la défense des places et pour la défense des cétes; ces affats ne sont propres qu’a ce genre de service; les mortiers ont des affats en fonte. Enfin tout est calculé de maniére a produire le plus grand effet avec la dépense et les dimensions les plus petites possibles.
En 1803 Napoléon allégea son artillerie de campagne, et la réduisit & deux calibres de canons, le 12 et le 6. Ce dernier devint le canon de bataille. 11 adopta, 4 ’imitation des étrangers, deux obusiers, ’'unde 6 pouces et l’autre de 24. En prenant le méme calibre que ses ennemis, Napoléon remplissait le double objet de rendre son artillerie plus sunple et plus mobile , et de mettre a profit les approvisionnements qui tombaient en son pouvoir; quant a Vartillerie de siége, elle ne subit que trés-peu de modifications.
’ Aprés la chute de Napoléon, on en revint provisoirement au systéme de Gribeauval ; mais un comité, présidé par le
| général Vatee et formé d’officiers d’un grand talent et
d'une grande expérience, s’occupa de créer une nouvelle artillerie en harmonie avec les progrés de la tactique moderne. Ce comité prit pour modéle Vartillerie de campagne anglaise. Dans ce systéme , les bouches & feu sont au nombre de treize, savoir : trois canons longs, le 24, !e 16 et le 12: ces canons ont & peu prés un calibre ou un diamétre du boulet d’épaisseur a la culasse; ils ont vingt et un & vingtquatre calibres de longueur, et pésent environ deux cent soixante fois le poids de leur boulet; — deux canons de campagne, le 8 ou canon de bataille, et le 12 ou canon de réserve : ces canons ont dix-huit calibres de longueur, et pésent cent cinquante fois le poids de leur boulet; — un obusier de siége de 8 pouces de diamétre; — Aeux obusiers de campagne Jongs , l'un de 24, c’est-a-dire lancant des obus de méme diamétre qu'un boulet de 24, et Pautre de 6 : le premier des obusiers marche ordinairement avec la piéce de8, et est 4 peu pres deméme poids; le deuxiéme fail batterie avec le canon de 12, et est aussi lourd que lui; — un obusier de montagne de 12, c’est-a-dire langant des obus de méme diamétre qu’un boulet de 12: cet obusier pése quatre-vingt-dix-sept ; — trois mortiers 4 la Gomée, c’est-adire dont le fond est terminé en céne tronqué ou entonnoir, el dans lequel descend Ja bombe les mortiers des cabic bres de 12, de 10 et de 8, feur profondeur est d’une fois et demie le calibre du projectile ; — enfin, un pierrier de 15 de diamétre. Toutes ces bouches 4 feu sont en bronze, métal formé de onze parties d’étain et de cent de cuivre; elles sont coulées pleines et forées ensuite.
L’armement des cétes se compose de piéces en fer de 36, de 24, de 18, etc.; d’obusiers de 8 longs; de mortiers de 12 et de 10, dont quelques-uns sont a chambre sphérique, contenant treute livres de poudre.
Les projectiles que lancent les bouches 4 feu consistent en boulets , balles, obus, boulets creux, bombes et grenades.
Les bouches a feu sont placées sur des espéces de voitures qui serventa les tirer devant ’ennemi, et a l’aide desquelles on leur donne le degré de mobilité nécessaire et relatif dont elles ont besoin pour figurer dans les différents genres de guerre; ces machines portent le nom d@’affats.
Le poids considérable de l’artillerie de siége, lV’action des leviers employés a la manceuvre et la justesse du tir exigent que les bouches a feu soient placées sur des espéces de planchers appelés plates-formes. Les plates-formes sont en madriers pour les canons et obus, et en poutrelles ou lambourdes pour les mortiers.
Les munitions, outils et attirails nécessaires au service de Vartillerie exigent ’emploi d’un certain nombre de voitures et machines, parmi lesquelles nous citerons le caisson a munitions, la forge , le chariot de batterie , le haquet a bateau, le chariot de parc, la charrette, le chariot portecorps, les bateaux servant aux équipages de pont, les pontons, le trique-balle, la chévre, le cric, les moufles, le cabestan, Je vindas, le mouton, etc. (voyez TRAIN ). rF
Notre artillerie présenta ainsi ala fois simplicité, uniformité, solidité et économie dans les constructions. La mobilité de nos pares de siége devint infiniment plus grande qu’elle n’était autrefois; nos équipages de ponts furent allégés de prés de moitié. Nos parcs de campagne n’entraverent plus la marche des armées, et les affiits et voitures, pouvant servir a transporter les canonniers, donnérent a l’artillerie 4 pied de campagne la faculté de devancer momentanément l’infanterie , ou de se soustraire asa poursuile; cette grande vélocité de la nouvelle artillerie ajouta infiniment a son importance, et agrandit le champ des combinaisons tactiques.
Le comité, pour ne rien négliger de tout ce qui pouvait étre utile au progrés de V’artillerie en France, fit venir d’Angleterre dhabiles artistes, et fit faire 4 Vincennes, en 1828 et 1829, de nombreuses expériences sur les fusées a la
Congréve et sur le canon & vapeur de M. Perkins. A la suite de ces expériences, on adopta usage des fusées de guerre; mais on abandonna le canon a vapeur.
Liidée d’appliquer la vapeur aux usages de la guerre produisit d’abord une grande sensation en Europe, et déja beaucoup de personnes pensaient que ce nouvel agent deyait bientét remplacer la poudre, et donner naissance & une nouvelle artillerie. Les expériences de Vincennes ont constaté la nullité de Vartillerie 4 vapeur pour le service de catnpagne ; cependant on aurait tort de conclure légérement que jamais la vapeur ne pourra¢étreemployée a !a guerre. Qui sait sia ane époque rapprochée de nous, l’esprit humain appliquant de nouveaux moyens a une idée ancienne, on ne verra pas de grands chars, mus par la vapeur, et rendus invulnérables par leurs dimensions, arriver avec une vitesse énorme sur les lignes de l’infanterie, les renverser et les tourner? Cette idée, ou toute autre qu’on ne saurait prévoir, puisqu'il faudrait inventer, nous fait penser qu’il n'est pas absolument impossible qu’on voie un jour les armes a vapeur jouer un réle important dans les hatailles.
L’artillerie ancienne était construite et servie par des ouvriers dirigés par des ingénieurs ou des architectes. Au temps de Végéce, il y avait une chambrée de soldats affectée au service de chaque machine légionnaire. Pendant le moyen age le peu de machines dont on faisait usage étaient servies par des ouvriers appelés engeigneurs et ariillers ; ilen fut de méme de lartillerie moderne A son origine. Mais lorsqu’elle eut fait quelques progrés, on employa des maitres canonhiers, auxquels on adjoignait un certain nombre d’aides en temps de guerre seulement. Les servants portaient alors des noms relatifs & leurs fonctions; il y avait des poinleurs ou maitres, des cartices qui faisaient ou mettaient Ja charge, des chargeurs, des boutefeux, etc.
Un personnel composé en partie d’hommes levés a la hate ne pouvait faire un bon service, et manquail généralement dinstruction. Louis XIV remédia 4 un certain point a cet inconvénient en créant un corps spécial chargé de la maneeuvre des bouches a feu. Ce corps fut d’abord composé de deux régiments, l'un appelé royal artillerie, et l'autre dit des bombardiers ; dans la suite, le premier, réuni au deuxiéme, fut formé en cing ou sept brigades, qui au temps de Guibeauval furent transformées en sept régiments dartillerie. Dans cette organisation, une compagnie forte de cent vingt hommes devait servir une batterie de huit bouches A feu de campagne ; treize hommes étaient nécessaires au service du canon de huif, il en fallait quinze pour celui de douze; laplupart des servants étaient pourvus de bricoles pour mouvoir le canon sur le champ de bataille, ce qui était indispensable a une époque ov Vartillerie était conduite par des charretiers 4 la solde d’un entrepreneur.
Le grand Frédéric ayant imaginé V’artillerie 4 cheval, des tinée a suivre la cavalerie dans ses mouvements, cette heurense innovation ne fut point d’abord adoptée parmi nous ; 4 Vimitation des Autrichiens, nous edmes des wurst, especes de caissons allongés, sur lesquels les canonniers étaient placés a cheval les uns derriére les autres; mais l’expérience ayant bientdt fait reconnaitre les inconvénients des wursé, ce systéme fut abandonné, En 1791 on créa deux compagnies d’artillerie 4 cheval, et bient6t ce nombre s’accrut tellement, qu’en 1794 on comptait neuf régiments de six compagnies. En 1795 Vartillerie se composait de huit régiments a pied, et de six A cheval. L’artillerie 4 cheval est ordinairement atlachée ala cavalerie ; cette arme, par sa célérité, peut rendre les plus grands services aux avant-postes et dans les réserves ; mais elle a Pinconyénient de codter fort cher, d’étre diffizile a entretenir, et d’offrir sur le champ de bataille des groupes de chevaux qui servent de but 4 ’ennemi.
Jusqu’en 1800 Vartillerie avait été conduite par entreprise ; ce sysiéme donnant lieu a des dépenses considérables, sans remplir les conditions essentielles d’un bon service,
Napoléon créa um corps militaire chargé de la conduite des voitures. Ce corps se distingua bientOt par un excellent ese prit et une valeur froide a l’épreuve de tout danger ; dés lors Vartillerie, sGre de ses attelages, manceuvra avec plus d’audace ; l’usage des bricoles fut 4 peu prés abandonné, et celui de la prolonge (espéce de cordage qui réunit les deux trains de Vaffat de campagne et permet de marcher sans étre obligé de remettre Vavant-train) devint habituel devant l’ennemi.
En 1828 le corps de Vartillerie se composait de huit régiments a pied, quatre 4 cheval, du régiment de la garde royale, d’un balaillon de pontonniers, de douze compagnies d'ouvriers et de huit escadrons du train d’artillerie. Depuis 1823 le nombre des servants nécessaires pour le service dune piéce de 8, de 12 ou d’un obusier, avait é(é réduit a dix, et l’usage des bricoles avait été tout a fait abandonné.
Pendant que le service du personnel s’améliorait, celui du matériel se perfectionnait graduellement; les arsenaux, les fonderies, les poudreries, les manufactures d’armes s’accroissent; des tables de construction donnaient a l’artillerie une parfaite uniformité. Des compagnies d’ouvriers et de pontonniers exécutaient tous les travaux nécessaires, fant dans Vintérieur qu’a la suite des armées.
En 1829 le personnel des régiments d’artillerie fut changé : il fut admis en principe que les soldats conduisant les bouches a feu et voitures des batteries, participant aux mémes dangers et concourant au méme but que les canonniers servants, devaient appartenir au méme corps; dés lors le train cessa de conduire les batteries de campagne, et les régiments se divisérent en batteries composées de servants et de conducteurs.
L’artilierie 4 cheval ne différant de celle 4 pied qu’en ce que tous ses canonniers sont a cheval, fut réunie dans les mémes régiments, qui alors se composérent de batteries a cheval, de batteries dites montées, et de batteries non montées. Ces derniéres spécialement affectées au service des siéges. D’aprés cette nouvelle organisation, le train d’artillerie ne fut plus employéqu’a la conduite des pares de siége et de campagne. Tuirovux, lieutenant-colonel d’artillerie.
L’artillerie francaise fut réorganisée par un décret du 14 février 1854, qui ¢tablissait des régiments d’artillerie a pied, des régiments montés et des régiments a cheval. Le train restait supprimé, Un décret du 20 février 1860 supprima les 30 batteries de pare et rétablit le train.
Le corps d’artillerie de terre se compose aujourd’hui d’un état-major particulier et de différents corps de troupes. Le personnel de cet état-major particulier assure le ser- vice de 11 commandements d’artillerie dans les divisions militaires, dont 10 a Vintérieur et 1 en Algérie; 26 directions, dont 224 Vintérieur, 1 en Corse et 3 en Algérie ; 4 manufactures d’armes, 3 fonderies, 6 arrondissements de forges, 11 poudreries, 7 raffineries de salpétre, 1 capsulerie de guerre ; enfin le dépdt central de Vartillerie 4 Paris, ou se trouvent réunis les ateliers de précision, de construction, des armes portatives, Je musée, la bibliothéque, ef les inspections des manufactures d’armes, des fonderies et des forges, ainsi que la vérification de la comptabilité des arsenaux. Chaque commandement de Vintérieur comprend une école d’artillerie; il y en a une & Versailles spéciale a Vartillerie de la garde. ,
Les différents corps de troupes sont, depuisle décret du 90 février 1860 : 22 régiments, dont 2 appartiennent a la garde impériale, l'un monté, l'autre 4 cheval (de chacun 8 batteries ), plus une compagnie a pied, une compagnie de pontonniers, et un escadron du train. L’artillerie de ligne comprend 5 régiments & pied (50 batteries), 4 & cheval (40 batteries), 10 montés (100 batteries ), 1 de pontonniers (12 compagnies), 6 compagnies du train, 12 compagnies d’ouvriers ; 2 compagnies d’armuriers, 4 compagnies do vétérans,
Liartillerie de marine se compose d'un général inspec teur du matériel, cing colonels, six lieutenants-colonels,