ARTILLERIE — ARTISTE
sept chefs de bataillon, les uns employés aux inspections , aux conseils, aux directions, aux fonderies ou aux écoles ; les autres au régiment d’artillerie de marine, qui est disséminé sur les batiments de guerre , dans les ports de mer et dans nos diverses colonies.
Lartillerie de montagne einploie surtout des petits calibres. Les pidces sont transportées sur des affdts-traineaux. L’approvisionnement se porte & dos de mulet, dans des caisses du poids d’environ cinquante kilogrammes chacune.
Lvartillerie de place, destinée a la défense dune place forte , se compose en majeure partie de piéces en fer de différents calibres, de mortiers Ala Cohorn et de mortiers-pierriers langant des projectiles creux de plus de cinquante kilogrammes.
L’artillerie des céles , affectée a la défense du littoral, a un matériel parliculier composé de bouches a feu, canons et mortiers, de trés-gros calibre.
Lartillerie de marine comporte pour les gros vaisseaux des canons de 50 et de 30, et des obusiers de 22 centimétres. Dés 1825, des expériences furent faites avec succes a Brest surles obusiers de gros calibres. L’obusier a dans la guerre maritime une efficacité particulitre; un seul projectile creux, arrété dans la muraille d’un batiment, peut, par son explosion, produire un déchirement suffisant pour le faire couler. C’est surtout en faisant ressortir lavantage des forts calibres et en travaillant & améliorer les obusiers du service de la marine pour parvenir & lancer horizontalement et avec justesse de gros projectiles creux que le général Paix hans a rendu son nom célébre.
A son origine l’artillerie moderne fut 4 peu prés abandonnée au caprice d’ouvriers et d’ingénicurs qui, ne faisant point usage des machines qu’ils construisaient, ne pouvaient guére étre dirigés que par une routine aveugle. Ce nest que depuis Louis XIV que lartillerie est devenue successivement un art fort compliqué, empruntant des secours aux mathématiques, ala chimie, ala physique, aux arts industriels, a la fortification et ala tactique des troupes, exigeant ainsi des connaissances de plus en plus étendues et variées.
Le service de Vartillerie nécessitant une éducation spéciale, aujourd’hui les deux tiers des officiers sortent de YEcole polytechnique, et vont achever leurs études a l’école d@application de Metz; l'autre tiers est pris parmi les sous-officiers : ces derniers perfectionnent leur instruction dans les écoles régimentaires et peuvent suivre lescours de Pécole d’application. Par ce moyen, Vartillerie a des officiers également propres a commander la troupe, a diriger ses établissements et a perfectionner des constructions dont ils ont pu reconnaitre par eux-mémes les avantages et les inconvénients.
Dans ces derniers temps le matériel de V’artillerie a subi de notables modifications. Le systeme du maréchal Valée avait conservé quatre bouches a feu dans lartillerie de cam-
pagne, deux sortes d’afftits et différentes roues. L’empereur
Napoléon III imagina de réduire cette artillerie 4 une seule bouche a feu et par conséquent a un seul modéle d’affut. Le canon qui porte son nom est un canon obusier de 12 pesant 620 kilogrammes; il tire les boulets et les obus a balles avec une charge de 1 kilogramme 400 grammes de poudre; les obus ordinaires et Jes boites a balles (contenant 34 balles) avec une charge de 1 kilogramme ; but enblanc, 400 métres. Pour utiliser ancien matériel, on fora au 12 un certain nombre de pidces de 8. Ces pidces pesant 537 kilogrammes recurent lenom de canons obusiers de 12 légers. On n’emploie pour eux que la charge unique d’un kilogramme de poudre pour tous les projectiles. Des expériences nombreuses et les résultats obtenus en Crimée avec le canon de l’empereur prouyérent qu’il réunissait A lui seul les avantages particuliers aux deux espéces de bouches a feu qu’il remplacait, et qu’il augmentait la mobilité de l’artillerieen lui permettant de changer instantanément ses projectiles. Ce
| n’était la pourlant que Je prélude du perfectionnement de
lartillerie. Sous la direction du général La Hilte, on parvint
| a fabriquer des canons rayés, dont la charge forcée porte a des distances jusqu’alors inconnues. La supériorilé de ces
canons assura nos succes en Kabylie, en Italie et en Chine. Toutes les puissances ont youlu avoir des canons rayés. L’Angleterre, aprés quelques tatonnements, produisit le canon Armstrong , qui a fait prés de nous la campagne de Chine. Ce canon est rayé else charge par la culasse. Le nombre de ses rayures est de 36; elles sont séparées entre elles de 3 millimétres, ont une profondeur de 7 dix-millimétres et une largeur de 35 dix-millimétres. Le pas de Phélice suivie par les rayures est de 3 métres 71 centimétres; la longueur totale de la piéce est de 2 métres environ, dans laquelle on trouve l’dme rayée, la place de la chambre qui doit loger la charge et le boulet, enfin la partie du canon destinée a recevoir les piéces qui servent au chargement par la culasse. Ces pieces sont: 1° Vobturateur, piece en fer couronnée par un anneau conique en cuivre, s’emboitant 4la maniére des soupapes dans un autre anneau pareillement en cuivre, vissé dans la piéce : il ferme le fond de la chambre comme le tonnerre dans les canons de fusil; il peut se retirer et se replacer au moyen d’une poignée et d’une ouverture pratiquée sur le dessus de la piéce; 2° une vis puissante qui serre avec force I’cbturateur sur le fond de la chambre. Le canon Armstrong lance un projectile de 5 kilogrammes et demi; sa charge est de 900 grammes. Le projectile est creux, de forme cylindro-conique, en fonte, disposé d’avance pour se séparer en 42 segments; une chemise de plomb le recouvre. Un appareil particulier placé de cté assure la direction du projectile; deux fusées mettent le feu a lacharge de ce projectile, muni d’un appareil 4 percussion qui fait fea au moment du choc. Le projectile du canon frangais est plus simple. « Son forcement est artificiel, dit M. Penguilly-L’Haridon, 4 qui nous empruntons cette description ;
| il est entouré dans lame de la piéce par la flamme de la
charge. Sa fusée prend feu naturellement. » Le canon Armstrong s’encrasse facilement; et il faut le neltoyer avec un rdcloir. L’écouvillon suffit pour nettoyer le canon frangais, dont le mode de fabrication est resté secret. En Chine le canon Armstrong a pu produire plus d’effet; mais les batteries étaient bien plus longues ase mettre en ligne. L. L ARTIMON (du grec deténwy, dérivé de dotéw , suspendre). Le mat d’artimon est celui de l'arriére, le plus petit d’un batiment ; il donne son nom 4 une voile en forme de trapéze, quise borde sur le gui et se manceuvre comme la brigantine. Le mat d’artimon se compose du bas mat, du
| mat de perroquet de fougue, de celui de perruche, et enfin
de celui de cacatoés, ARTISAN. On donne lenom d’artisan a Phomme qui exerce un art mécanique, par opposition au nom d’artisée,
; réservé a celui qui se livre aux beaux-arts.
ARTISTE. Ce nom appartenait jadis indifféremment a toute personne exercant un des arts libéraux ou mécaniques. Aujourd’hni dans les arts mécaniques on ne l’accorde que rarement , et alors a des notabilités choisies; c’est pour elles le comble de l’éloge. On compte a Paris dans chacune des professions d’opticien, d’horloger, d’armurier, de bijoutier, d’ébéniste, etc., deux ou trois hommes quel’on lionore du nom d’artistes. Les marins de toutes les nations ont proclamé notre horloger Bréguet un grand artiste. Le Journal des Modes trouya plaisant de faire une fois le méme honneur a un coiffeur. Depuis nous avons vu naitre la profession d’artiste en cheveux, titre que se donnent les industriels qui fabriquent différents objets avec cet intéressant produit de notré espéce. Dans les arts libéraux, au contraire, le nom d’artiste est resté une dénomination qui n’implique par elle-méme ni éloge ni blame. Cependant, le pauvre diable qui salit de son cadre de miniatures la devanture d’une boutique au Palais-Royal signe avec