‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 73 sur 488 · ASPHALTE — ASPHYXIE · texte numérisé non relu

ASPHALTE — ASPHYXIE

ASPHALTE (du grec dop~)r0;, nom que les anciens donnaient A toute espéce de bitume ou de ciment naturel ). Cette matiére, qui appartient au genre carbure, de la farnille des carbonides de Beudant, et 4 la premiére espéce des substances phytogénes d’Haiiy, est aussi appelée bifume de Judée. E\le est solide et noire ou noir brunatre , @un brun rougeatre sur les bords , trés-éclatant quand elle est pure. Il y en a deux variétés : l'une fragile , qui éclate par la pression de l’ongle; l'autre dure, qui parait provenir du bitume élastique. Il se trouve en petites gouttes rondes sur la chaux fluatée blanche ou en petites masses irréguliéres. Ii est commun sur le lac de Judée ou mer Morte, qui lui dut son nom de lac Asphaltite, et en Auvergne, oti il recouvre certaines roches. On en exploite une mine considérable A Seyssel, et une autre 4 Lobsan; on s’en sert dans la fabrication du vernis et pour le dallage. Voyes Birune.

ASPHALTITE (Lac ). Voyes Morte (Mer).

ASPHODELE. Ce nom, employé par Pline, Dioscoride, et d’autres auteurs anciens, parait avoir signifié primitivement scepére, et aurait été donné aux plantes qui le portent A cause de la roideur et de la rectitude de leur tige herbacée, surmontée d’un long épi simple dans plusieurs espéces. Les racines tubéreuses de l’asphodéle passaient dans l’antiquité pour servir de nourriture aux manes des morts : aussi en plantait-on autour de la plupart des tombeaux. Ces tubercules, auxquels on attribuait jadis une foule de yertus thérapeutiques plus ou moins douteuses, renferment une fécule amilacée trés-nourrissante et dont on a fait du pain dans des temps de disette. On en peut tirer de l’alcool.

Les deux espéces principales sont Pasphodeéle jaune et Pasphodéle rameux, vulgairement appelés, le premier, verge ou bdion de Jacob, le second, bdton royal.

Le genre asphodéle a été pour de Jussieu le type des As- PHODELKEs, famille de plantes monocotylédones apétales bypogynes, dont les botanistes modernes ont fait une tribu de celle des liliacées.

ASPHYXIE. On peut la définir : une mort apparente, provenant primitivement de la suspension des fonctions @hématose pulmonaire.

On admet huit espéces d’asphyxie, savoir: 1° Pasphyxie déterminée par des obstacles mécaniques 4 la respiration, agissant en dehors des voies respiratoires , tels que la compression de la paroi thoracique 4 Vextérieur, un épanchement d’air ou de liquide dans Ja cavité des plévres , le refoulement du diaphragme ou la pénétration des viscéres de Yabdomen dans la cavité thoracique par une plaie du diaphragme ; 2° ’asphyxie causée par des obstacles mécaniques a la respiration, lesquels obstruent les voies respiratoires 4 Vintérieur, comme la strangulation, les corps étrangers dans les voies aériennes et l’écume bronchique; 3° l’asphyxie par privation d’air dans un milieu ambiant qui s’observe dans la submersion et dans la raréfaction de lair ; 4° Vasphyxie par arrét dela circulation pulmonaire, comme on le yoit dans la congélation et le choléra asphyxique; 5° Pasphyxie par suppression de l’influx nerveux, que l’on peut constater dans la section de la moelle épiniére ou dans celle du nerf pneumo-gastrique, et dans la sidération par la foudre; 6° ’asphyxie occasionnée par la respiration de gaz contraires & ’hématose pulmonaire, mais qui n’ont point @action toxique, comme le gaz azote, lhydrogéne et le protoxyde d’azote; 7° Vasphyxie déterminée par la respiration de gaz contraires 4 ’hématose pulmonaire ayant une action toxique ou délétére, comme le gaz acide carbonique, l’acide sulfureux , le chlore, ’ammoniaque, l’acide nitreux, l’hydrogéne carboné, l’oxyde de carbone, l’hydrogene sulfuré, l’hydro-sulfure d’ammoniaque, lhydrogéne arséniqué, etc.; et enfin 8° l’'asphyxie des nouveau-nés.

Selon Bichat, le passage du sang au travers du poumon pendant l’asphyxie n’est point interrompu ; le coeur continue de se contracter quelque temps pendant lasphyxie, et il

lance le sang rouge non artérialisé dans toutes les divisions de Vaorte; mais V’action du sang noir dans les organes ne peut entretenir leur activité. — Les phénoménes généraux des asphyxies peuvent aussi se résumer en géne plus ou moins grande de la respiration : de la des efforts volontaires pour opérer la dilatation de la poitrine, ou bien des efforts instinctifs, tels que des baillements, des pandiculations; bientot survient un besoin impérieux de respirer, qui annonce un état dangoisse difficile & supporter ; puis surviennent un affaiblissement gradué des facultés intellectuelles, un malaise général, des vertiges, une diminution dans la force des sens et dans celle de ’organe de la locomotion , et bientot aprés une perte de connaissance; a cette époque, la respiration et la circulation continuent encore, mais la premiére ne consiste plus qu’en des mouvements peu sensibles de dilatation et de resserrement de la poitrine, et la seconde dans les battements du coeur que la main percoit avec peine : de 14 un affaiblissement considérable du pouls ; survient ensuite Yimmobilité générale la plus absolue, qui est accompagnée de la cessation de tout phénoméne respiratoire. C’est alors que commencent a paraitre les effets résullant d’un commencement de plénitude du syst#me capillaire : la face se colore en un rouge violet , les mains et Jes pieds prennent une feinte analogue; il en est de méme de quelques points du corps, oui apparaissent de larges plaques rosées ou yiolacées qui s’étendent quelquefois 4 toute la longueur d’un membre ; enfin la circulation s’arréte entiérement, et l’asphyxie est compléte; la chaleur du corps et absence de la rigidité cadayérique sont les seuls phénoménes qui distinguent cet état de la mort caractérisée.

Il y a des asphyxies inévitablement ou presque inévitablement mortelles, parce que leur cause ne peut étre enleyée : telles sont la plupart des asphyxies par obstacles mécaniques a larespiration, tumeurs diverses, membranes de croup, etc. Les asphyxies compliquées d’empoisonnement par un gaz délétére sont trés-graves, parce que le rétablissement des phénoménes respiratoires ne suffit pas toujours pour neutraliser Je poison qui a été introduit dans Yéconomie. L’espéce la plus simple d’asphyxie est celle ou, la cause pouvant étre complétement enlevée, le sang n’a besoin que d’étre artérialisé de nouveau ; mais dans cette asphyxie les chances du rétablissement de la respiration dépendent beaucoup du temps pendant lequel ellea étéinterrompue, en d’autres termes du degré de l’asphyxie. Il est fort difficile de décider quelle est ’époque ot toute espérance de guérison est évanouie, ou la mort réelle a succédé 4 la mort apparente ; toutefois il ne faut point abandonner tout espoir tant qu’on a lieu de supposer que ni les liquides ni les solides du corps de I’asphyxié ne sont pas assez profondément altérés, les premiers dans leur composition , les derniers dans leur texture, pour que l’organisme chez lui ne puisse entrer de nouveau en mouvement, si l’on change la condition de quelques-uns des rouages de la machine animale, du rouage pulmonaire, par exemple, a l’aide de la respiration artificielle ou de l’insufflation des poumons.

Le traitement général de l’asphyxie offre deux indications principales a remplir : 1° sows¢raire UVindividu a la cause qui a déterminé Vasphyxie ; 2° rétablir la respiration et la circulation. Dans le premier cas, on éloigne , s'il est possible, l’obstaclea la respiration ; on incise le tuyau laryngotrachéal. Si un corps étranger a été introduit ou s’est formé dans les voies aériennes , on fait extraction du corps arrété dans I’cesophage, ou on le pousse dans |’estomac ; on se hate de réunir les plaies pénétrantes de la poitrine; on pratique lopération de ’empyéme si une collection de liquide menace d’interrompre les fonctions du poumon; on enléve le lien qui comprime la gorge dans un cas de strangulation ; on place dans un air pur les individus qui ont été a la fois empoisonnés et asphyxiés par les gaz délétéres, etc. Pour remplir Ja seconde indication, on a conseillé la respiration

artificielle , pratiquée au moyen de pressions exercées sur a poitrine et abdomen , de maniére a simuler le resserrement et l’ampliation de la poitrine qui ont lieu dans l’acte respiratoire. Ce moyen est dune grande efficacité dans toutes les asphyxies, et ne doit jamais étre négligé. On a depuis longtemps aussi employé dans le méme but l’insu/flation pulmonaire. On en faisait autrefois de bouche a bouche; mais dans l’emploi de ce moyen Vair insufflé est déja alléré dans sa composition par celui qui insuffle, ct @ailleurs une trés-petite quantilé d’air pénétre jusqu’au poumen : aussi aujourd’hui n’emploie-t-on que le moyen proposé par Chaussier, qui est d’une application plus exacte : il consiste, aprés avoir placé Pindividu sur un plan ineliné de maniére & ce que la téte soit plus élevée, a introduire un tube en cuivre, appelé tube laryngien , dans la bouche ou par les fosses nasales; on s’assure avec le doigt qu il y a pénétré; on le fait maintenir, et alors on adapte le bec dun soufflet ordinaire dans |’ouverture extérieure, et on pousse de petites quantités d’air 4 aide d’une légére pression , en ayant soin de le faire d’une maniére intermittente : V’élasticité du poumon suffit pour l’expulsion de lair insufflé. Il faut avoir soin que V’insufflation pulmonaire soit faite d'une maniére modérée.

Les excitants externes et internes sont encore trés-employés. Ona fait usage de V’électricité sous diverses formes : tantét ona essayé des étincelles ou des décharges électriques sur les parcis du thorax, sur la région du coeur; ou bien encore on a, en pratiquant lélectro-puncture, piqué les espaces intercostaux, les attaches du diaphragme, etc.; mais ces derniers moyens ne sont pas exempts de dangers. Les frictions ont été recommandées par tous les médecins, et conviennent dans toutes les asphyxies. Plusieurs personnes peuvent les mettre en pratique a la fois; des morceaux de laine chaude, de flanelle, de linge, ou méme la paume des mains seulement, suffisent pour les pratiquer. L’ammoniaque, l’éther, acide sulfureux obtenu en faisant broiler des allumettes soufrées sous le nez des asphyxiés, et d’autres excitants, peuvent étre portés soit sur la peau, soit sur la muqueuse buccale ef nasale; on peut chatouiller la tuette, les fosses nasales avec les barbes d’une plume, etc. L’impossibilité de Ja déglutition, la crainte de faire entrer des boissons dans la trachée, font recourir a l’emploi des lavements excitants; on donne aussi eau salée, |’eau vinaigrée. L’injection des liqueurs fortes dans l’estomac est plus dangereuse qu’utile. La saignée dans quelques asphyxies est trés-efficace ; mais elle peut devenir dangereuse dans d’autres. L’usage de tous ces moyens doit étre continué jusqu’a ce que la rigidité cadavérique soit établie, et on doit les mettre en pratique, méme lorsque l’asphyxie date de plusieurs heures. D* Alex. Duckerr.

ASPIC. Les anciens nommaient ainsi un serpent dont la morsure était regardée comme trés-venimeuse, et dont se servit Cléopatre pour se donner la mort. C’est un aphorisme d’Hippocrate, qui se trouve aussi dans !’€criture ( Deutéronome, ch. xxx, v. 33), que la morsure de laspic ne se guérit point. Ce serpent avait été nommé par les Grecs donc (bouclier ), parce qu’il affectait de se mettre en rond, surtout quand il était attaqué; sa téte , qu’il éleyait du milieu du cercle qu'il formait ainsi, représentait alors ce que les Romains appelaient wmbo dans leur bouclier. On croit que l’aspic est la vipére d’Egypte de Lacépede, dont la morsure en effet est trés-dangereuse. On a aussi donné ce nom a unautre serpent d’Europe.

Aspic est le nom vulgaire d’une lavande et d’une espdce du genre phalaris, appelée aussi alpisée.

ASPINWALL. Voyez Coxon.

ASPIRANT. Cet adjectif, pris substantivement, se dit généralement de ceux qui veulent parvenir a quelque chose, et spécialement de ceux qui se présentent pour obtenir leur réception en quelque degré d’une faculté. On dit les aspi-

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