‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 72 sur 488 · ASPECT — ASPERSION · texte numérisé non relu

ASPECT — ASPERSION

infusion ou en décoction Iégére ; elles font partie des ese péces connues sous le nom d’apéritives et du sirop des cing. racines apéritives. Broussais a découvert que les pointes d’asperges Jouissent de propriétés sédatives assez prononcées. On les emploie sous forme de sirop, comme sédatif des mouvements du ceeur, a la place du sirop de digilale, dont il n’a pas les propriétés irritantes : tous les médecins ne partagent pas cet avis; mais tous s’accordent a considérer ce sirop comme un sédatif général propre a calmer diverses douleurs nerveuses. On prétend qu’il combat les effets du café et prévient ’insomnie que ce dernier peut causer. Le sirop de pointes d’asperges, dit de Johnson, contient en outre de la morphine et de la digitale.

ASPERGILLE ( Archéologie). Voyes AsPERsioN.

ASPERGILLE ( Zoologie). Voyez Arnosoir.

ASPERN (Bataille a’). Voyez Esstine ( Bataille d’ ).

ASPERSION (du latin aspergere, arroser). Elie a lieu sur les personnes et sur les choses, avec une branche d’arbre, avec une poignée d’herbe, avec un goupillon, avec un manche de métal , 4 pomme creuse , contenant une — éponge et percée de petits trous.

Presque tous les peuples ont pratiqué l’aspersion comme supplément4l’ab] ution, comme moyen, par conséquent, de laver, d’effacer, d’enlever toute souillure matérielle et morale,

Dans la presqu’ile du Gange il y a des aspersions de tirtam , imprégné d’une herbe appelée darba. Les prétres romains aspergeaient d’eau lustrale ceux qui entraient dans Jes temples de leurs dieux. Chez les anciens on se servait pour asperger d'une branche d’arbre ou d’une sorte de vergette emmanchée qu’on a nommée aspergille. On peut voir dans le livre des Nombres que chez les Juifs les aspersions éfaient fréquentes.

Ce rite, qui remonte & Moise, a passé du judaisme dans la religion chrétienne dés les temps de l’Fglise primitive. Saint Clément, pape du premier siécle, ordonne qu’on fasse des aspersions avec de l’eau mélée d’huile. Le pape Alexandre I°* substitua le sel 4 l’huile ( voyez Eau BEniTE). Aucune bénédiction n’a lieu sans aspersion quand il s’agit d’une chose, car les personnes peuvent étre bénies sans l’eau et le sel sanctifiés. Il faut en excepter le pain, le vin ef l’eau du sacrifice, ainsi que l’encens, le cierge pascal et l’eau , aussi bien que le sel qui sert a faire l’eau bénite elleméme. L’aspersion la plus solennelle est celle qui a lieu le dimanche, avant la messe paroissiale.

Quand on dédie une église , on fait trois aspersions dans l'intérieur et trois autour de I’édifice avec de l’eau bénite et de l’hysope. Quand on consacre un autel, on l’asperge sept fois. Le dimanche, avant la célébration des saints mysttres, suivant l’usage établi par le pape Léon IV, le prétre asperge l’autel, l’église et les assistants.

L’aspersion de l’eau bénite se fait sur les corps des défunts. Cet usage est de la plus haute antiquité, et se pratique en tout lieu. Il y a des localités en France ot lon fait une aspersion sur tout le cimetiére le jour des morts. Il est des rituels dans lesquels il est prescrit, pour conjurer les démons de lair, d’asperger la nue orageuse quand le tonnerre gronde; on asperge aussi les cloches quand elles sont baptisées , le pain bénit, les murs d’une construction nouvelle, un nouveau chemin de fer, une nouvelle locomotive, un navire qui n’a pas encore vu la mer, un bateau qui va ¢tre lancé sur un lac, un fleuve ou une riviére, etc., etc.

Hincmar de Reims recommande dans ses capitudes d’asperger souvent les maisons, les champs, les vignes, les paturages et les troupeaux. Cette aspersion n'ast guére usitée maintenant qu’aux octaves de Paques et de Pentecéte, pendant les Rogations , et A certaines fetes locales, A Milan, conformément au rituel du cardinal Monti, le curé asperge toutes les maisons de sa paroisse la veille de Noél. Cette cérémonie a lieu dans d'autres dioceses la veille ou le jour de l'Epiphanie.

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