ASPIRATION — ASSAINISSEMENT
Vartion par laquelle le végétal pompe lair qui lenvironne. — En termes de grammaire, l’aspiration est une maniére de prononcer fortement en aspirant , comme on le fait devant certaines lettres , et particulitrement devant la lettre A, appelée de la A aspirée, dans certains mots, comme, par exemple, dans celui de héros.
ASPRE, la plus petite pitce de monnaie turque; elle’ vaut environ un centime,
ASPROMONTE, village d’Italie, dans les montagnes de la Calabre, ot se dénoua Vex pédition de Garibaldi contre Rome. Le 29 aout 1862 il y fut cerné par les troupes rcyales ; malgré ordre qu’il donna aux siens de ne pas tirer, une lutte trés-vive s’engagea sur quelques points; bientdt les insurgés se dispersérent et Garibaldi, blessé griévement au pied, fut fait prisonnier,
ASSA-FOETIDA ou ASA-FCETIDA, gomme résine fournie par la racine de la ferula assa-fetida, plante herbacée, vivace, de la famille des ombelliféres, qui croit naturellement en Perse, Cette substance se trouve en masses agglutinées plus ou moins yolumineuses, d’une couleur brune ou fauve, parsemées de points blancs et violets, se ramollissant & une douce chaleur, d@’une odeur pénétrante et dune fétidité remarquable, d’une saveur Acre, amére et piquante. Elle contient de la résine , de la gomme, une huile volatile, une substance résinoide , de l’adragantine, de l’extractif, du malate de potasse, des sels divers, de l’eau et quelques impuretés. L*huile volatile de Vassa-foetida est incolore et trés-volatile : sa saveur, @abord fade, devient bientot acre ef amére : elle contient du soufre. La résine est dun brun verdatre, d'une odeur aromatique, d'une saveur faible, qui devient ensuite amére et alliacée : elle est soluble dans [’alcool, ’éther et les huiles.
L’assa-foetida, qui, malgré son odeur repoussante, est pour quelques habitants de l’Orient un condiment des plus recherchés, s’emploie en médecine comme un des plus puissants antispasmodiques diffusibles , antihyst@:iques. On la prescrit surtout dans les néyroses de Vutérus, dans lhypochondrie, l’'asthme, les convulsions des enfants, la chlorose, les coliques nerveuses, les yomissements spasmodiques. Administrée & hautes doses, elle donne lieu 4 une sensation de chaleur a l’épigastre, 4 des vomissements et a des évacuations alvines, suivies de malaise général, d’agitation et aanxiété, A petites doses elle facilite les fonctions de Vestomac, et porte son action secondaire sur le systéme nerveux. A lextérieur on ’emploie comme un puissant résolutif dans les cas de tumeurs indolentes, de carie des os, etc. Quand on la prescrit & l'intérieur, son odeur désagréable force de Vadministrer le plus souvent en pilules et en lavements.
ASSAINISSEMENT. L’atmosphére, au sein de laquelle est placé tout ce qui a vie, renferme, comme principe éminemment respirable, loxygéne, dont la proportion d’un cinquiéme environ se conserve par des causes dont la science est parvenue a découvrir quelques-unes, et que la Providence a si parfaitement réglées que partout ces proportions se maintiennent avec de si faibles différences, qu’au sein des villes les plus peuplées, comme au milieu des plus vastes plaines, au niveau de la mer tout aussi bien que sur les plus hautes montagnes, le principe vital est toujours 1a pour exercer la méme action et soutenir |’existence de Phomme et des nombreux animaux qui peuplent la surface du globe. Mais si la loi générale se manifeste d’une maniére si marquée et si digne de toute notre admiration, des conditions particuliéres, sur des points plus ou moins restreints de l’espace, altérent souvent plus ou moins la pureté de lair, soit en enlevant une plus ou moins grande quantité d’oxygéne , soit en le transformant en des composés non respirables, soit en répandant au sein de V’atmosphére des produits dont beaucoup ne peuvent étre saisis par les moyens les plus perfectionnés de Ja science, mais dont l’action s’exerce d’une maniére telle que non-seulement homme ou les animaux
en éprouyent des accidents, mais méme qu’ils peuvent y trouver la mort, Ainsi, que, par suite du contact prolongé de diverses essences , l’oxygéne enlevé en proportion considérable & une masse d’air limitée y fasse prédominer azote; que la combustion du charbon , la fermentation ou d’autres causes, y répandent de !’acide carbonique ; qu’enfin, la décomposition des matiéres organiques accumulées sur une plus ou moins grande ¢tendue vienne méler & lair des principes souvent insaisissables, méme a laide de nos méthodes perfectionnées d’analyse, comme dans le voisinage des marais ou de grandes masses d’eau stagnante , ou dans Yaccumulation des hommes dans les hdépitaux , la santé de homme et sa vie méme peuvent étre compromises. La chronique de chaque jour ne nous apprend que trop combien d’individus recourent a la seconde de ces causes d’altération de lair pour un criminel usage, soit dans le but d’attenter & leur existence, soit pour détruire celle des autres. Modifier ou faire disparaitre ces dangereuses conditions est le but méme de Passainissement, dont nous ne pouyons qu’indiquer ici en peu de mots les importants effets.
Le méme principe qui soutient la vie des animaux est indispensable pour la combustion des corps destinés a nous éclairer : aussi, quand, dans un Jieu quelconque, on voit palir une chandelle ou une bougie, a plus forte raison lorsqu’on la voit s’éteindre, quoique homme puisse encowe vivre pendant quelque temps, un danger imminent existe pour lui, et il ne saurait trop {ét s’y soustraire. Le meilleur et le plus sir des moyens d’assainir Yair dans ce cas est d’en déterminer le renouvellement par une ventilation que Yon peut déterminer directement en ouvrant des portes et des fenétres s’il en existe, ou en y introduisant de Yair avec des soufflets, comme ceux d’un maréchal, par exemple, ou tous autres analogues ; ou bien par le moyen de machines ou l’emploi de Ja chaleur, qui, entrainant lair vicié , le remplacent par de lair pur pris sur un point convenable, Il est inutile de donner aucun détail sur le premier de ces moyens; quelques mots sur les autres sonf au contraire indispensables.
Si, par exemple, au fond d’un puits plus ou moins profond, ou d’une cave dans laquelle on n’a pas pénétré depuis longtemps, se trouve accumulé de lair vicié, dans lequel les hommes ne pourraient vivre, on fait pénétrer un tuyau de métal ou autre adapté supérieurement a un fort soufflet de maréchal mis énergiquement en action, lair qu’il poussera déplacera celui qu'il s’agit d’évincer, et bientét latmosphére sera devenue respirable. Les parties basses des navires, dans lesquelles l’air ne peut se renouveler directement, et dont tant de causes viennent a chaque instant altérer ’atmosphére, peuvent étre facilement ventilées , et par conséquent assainies, en y faisant pénétrer la partie inférieure d'un cylindre en toile, appelé manche a air, a ouverture supérieure duquel on fait du feu : le combustible dilate Pair et en emploie une partie & sa combustion; un courant rapide de bas en haut s’y détermine bientot, et, Vair extérieur se précipitant pour prendre la place de celui qui est enlevé, Vatmosphére se trouve promptement renouvelée, ef les hommes peuvent impunément pénétrer et stationner dans des espaces ot auparavantils auraient couru de plus ou moins grands dangers. Des moyens semblables, ou laction d'un ventilatear, sont appliqués lorsqu’il s’agit d’assainir des points ot l’air a éprouvé quelque altération, par exemple dans les fosses d’aisances ou les égouts.
Mais lorsque des matiéres organiques en décomposition répandent continuellement dans |’air des miasmes dont |’action sur l'économie animale peut devenir trés-dangereuse par sa continuité, comme l’enfouissement d@’un grand nombre de corps dans les espaces restreints et clos, la ventilation pourrait devenir insuffisante, et l’emploi de moyens qui altérent ou détruisent complétement ces miasmes est indispen-
sable, C’est de cette maniére que le chlore et Jes chlorure®
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alcalins sont appliqués avec grand avantage et peuvent rendre & Yair sa pureté premiére.
On doit donc bien distinguer les deux cas qui peuvent se présenter, et dans chacun desquels des moyens spéciaux deviennent d’une utilité réelle : Ja ventilation , toutes les fois que la partie respirable de air a diminué; car alors, en adméttant que l’on détruisit les principes qui altéraient l’atmosphére, la respiration y resterait toujours impossible; et Ja destruction des principes actifs désignés sous le nom de miasmes, que la ventilation ne saurait seule expulser, puisque les corps subsistant toujours, Vair neuf serait bientdt paryenu au méme degré Maltération, Voxygéne pouvant s’y trouver en proportion normale, et les principes organiques qui s’y répandent étant la seule cause de la mauvaise nature de lair.
L’odorat indique souyent l’existence des corps étrangers dans lair. On emploie pour se soustraire a l’action désagréable ou nuisible qu’elle peut exercer, des fumigations de vinaigre ou la combustion de diverses substances aromatiques : ces moyens ne sont que des palliatifs, souvent trompeurs, parce qu’ils procurent une fausse sécurilé. Un seul moyen est réellement utile: c’est ’emploi du chlore, qui décompose les miasmes ou principes organiques que transporte Yair, et qui raméne par 1a celui-ci a ’état de pureté, s’il n’était pas altéré dans son principe respirable. C’est de cette maniére que l’on fait disparaitre Yodeur des lieux ou des fosses d’aisances, celle que développentdiverses maladies ou Yaccumulation de substances organiques altérées dans des ieux restreints
Les mouyements de grandes masses de (terre pour des travaux déterminent souvent de nombreux accidents chez les ouvriers employés a les opérer, et dans les localités voisines de masses d’eau stagnante ou bien dont le cours est peu prononcé. Les riziéres, les routoirs ef beaucoup d’autres conditions analogues altérent la pureté de Yair, au moyen d’émanations insaisissables, mais dont l’action estbien connue et s’é6tend quelquefois 4 de trés-grandes distances, sans que Yodorat soit affecté par la présence des substances miasmatiques. Jusqu’ici on n’a pu trouver le moyen de les prévenir efficacement, et dans certains pays, 4 des époques déterminées, il régne chaque année des maladies spéciales , qui reconnaissent pour cause ce genre d’action. Ménager un libre écoulement aux eaux, en empécher la stagnation sur un méme point, ne pas laisser les hommes exposés a I’humidité du soir ou de la nuit, sont les moyens les plus convenables pour obtenir une amélioration dans ces conditions, A l’appui de ce qui précéde, nous ne citerons que les marais de la Louisiane et les Marais Pontins, exemples bien remarquables, et que tout le monde connait.