‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 79 sur 488 · ASSASSINAT — ASSASSINS · texte numérisé non relu

ASSASSINAT — ASSASSINS

Ae Vautre cété de eau? Mon ami, si vous demeuriez de ce ebie, je serais un assassin, cela serait injuste de vous tuer ae ja sorte; mais puisque vous demeurez de l'autre coté, je suis un brave, et cela est juste. »

ASSASSINS ou ISMAELITES OCCIDENTAUX, branche de la secte mystique des Ismaélites, créée en Egypte par Abdallah. C’est a cette secte qu’est due la fondation de la Aynastie égyptienne des Fatimites, sous laquelle s’établit au Caire une grande école, appelée Darol-Hikmet (maison de la sagesse), foyer central de Pismaélisme, qui, par de secrets affidés, se propagea rapidement en Perse et en Syrie. Cette école jouissait dune grande célébrité; les sciences y étaient cultivées avec une supériorité remarquable, et souvent les khalifes y venaient eux-mémes présider aux discus- | sions de droit et de mathématiques. Cette association, dirigée } par un grand maitre ( Daial-Doat ), se recrutait par initiations graduelles , et la doctrine des hautes classes restait complétement inconnue aux classes inférieures de la hiérarchie. Les missionnaires propagateurs de la nouvelle secte se nommaient Dais.

S’il est vrai que la doctrine secréte des Ismaélites ait enseigné que les descendants d’Ismael, le dernier des sept imams incarnés, étaient les seuls héritiers légitimes du khali- Tat, et qu’elle ait donné aux prescriptions du Coran un sens allégorique dont résultaient la négation de toute religion positive et lindifférence morale de toute action, on comprend que l'instinct sanguinaire des Assassins ait été le résultat de semblables préceptes.

Leur fondateur, Hassan-ben-Sabbah-el-Homairi, naquit en Perse, ot les libres penseurs étaient nombreux vers le milieu du onziéme siécle. Il fit ses études @ Nichapour, sous te célébre Mowafek ; plus tard, initié a la doctrine secréte des ismaélites par quelqu’un de leurs dais, il se fit consacrer dai lui-méme. S’étant rendu 4 la cour du Caire, il eut des discussions avec le général en chef, et fut déporté. Cependant 1) réussit 4 s’enfuir du vaisseau qui le portaif et 4 débarquer sur les cdtes de Syrie. ti retourna alors en Perse, se fit de nombreux partisans, fonda son ordre secret sur le modéle de Vordre égyptien, et jeta les fondements d’un Etat qui devint la terreur de ses plus puissants voisins. S’étant emparé par ruse, en 1090, de la forteresse d’Alamout ( Nid de Vautours ) dans les montagnes de Roudbar, il étendit sa puissance politique en faisant assassiner princes ef hommes @Etat, et réduisit sous son autorité beaucoup de chateaux forts dans les montagnes au sud de la mer Caspienne (Djebal ), dans le Kouhistan et dans les montagnes de la Syrie (nommément a Massiat).

Cet ordre était ainsi organisé. Le chef supréme, le Chéikh-al-Djebal , appelé communément le Viewx ou le Prince de la Montagne, exergait le pouvoir le plus absolu. Sous lui, trois dailkebirs ou grands-prieurs commandaient 4 Djebal , dans le Kouhistan et dans la Syrie. Ils avaient sous leurs ordres les dais et les refiks; ces derniers cependant n’étaient pas, comme les dais, admis 4 tous les ‘degrés de Vinitiation, et il ne leur était pas permis d’enseigner. A la classe des profanes appartenaient d’abord les Jedavis ou fedais ( c'est-a-dire s’*immolant ), troupe de jeunes gens résolus, toujours préts 4 exécuter sans examen Tes ordres sanguinaires du Vieux de la Montagne. Avant de Jes faire partir pour une expédition, on avait toujours soin de les enivrer de hachich. De 1a le nom de Hachichins donné aux membres de cet ordre, nom qui en passant dans les langues occidentales est devenu assassin, synonyme de meurtrier. La sixiéme classe de Yordre était formée par les lassiks ou novices. La septiéme et derniére se composait des paysans et des ouvriers des pays conquis, lesquels étaient soumis 4 l’observation la plus rigoureuse des lois ue Mahomet, tandis que les initiés rejeta.cur toute religion positive. Le catéchisme de lordre, donne par Hassan a ses dais, était divisé en sept parties, et traitait, entre autres

choses, dans la seconde, de l’art de s’insinuer dans la confiance. I] est facile de s’imaginer combien était redoutable un ordre qui sacrifiait tout au principe de l’assassinat. Plus d’un prince payait secrétement tribut au Vieux de la Montagne; les seuls Templiers ne le craignaient pas.

Pour réaliser son réve de puissance universelle, voici le plan qu’avait arrété Hassan : « Au lieu de renverser les empires par les batailles, renversons les rois par le poignard; ramassons la puissance formidable de lassassinat, tombée sous la réprobation universelle ; tirons-la du mépris par la religion ; érigeons-la en systéme ; faisonsla guerre aux dynasties corps a corps; glissons-nous avec le poignard au travers des armées, et frappons leurs généraux au cour, »

Pour mettre & exécution de tels projets il ne fallait que deux choses, des bras déyoués, fanatiques, et un repaire inexpugnable. Avec son indomptable youloir, Hassan n’avait pas été longtemps ales trouver. A sa forteresse inexpugnable d’Alamout il ajouta de nouveaux retranchements , une double enceinte de murailles, et il en fit le siége de sa puissance. Puis, comme nous l’avons vu, il organisa hiérarchiquement son ordre. Marco-Polo raconte que pour fanatiser ses sujets le Vieux de la Montagne avait soin de les entourer de tout ce qui pouvait flatter leurs sens et leur imagination. Aprés les avoir plongés, comme nous Yavons dit, dans une douce iyresse au moyen du hachich, on.les fransportait dans des jardins délicieux. A leur réveil ils se trouvaient au milieu de femmes séduisantes , bercés Willusions et d’espérances , comblés d’honneurs et de flatteries; de belles houris, esclaves dociles du maitre, aprés avoir assouvi leurs désirs, les endormaient au sein des voluptés par le méme breuvage. Quand ils se retrouvaient ensuite dans la vie ordinaire, ces hommes simples s’imaginaient avoir gofité les délices du paradis : aussi, rien ne pouvait les arréter dans l’exécution des ordres qu’ils avaient regus, leur courage et leur dissimulation venaient 4 hout de tous les obstacles. Bravant la mort, qui devait leur rendre les joies et les exfases du paradis, marchant a leur but avec une infatigable persévérance, pénétrant jusque sous la tente et dans le palais des souyerains proscrits par le Vieux de la Montagne, ils frappaient leurs victimes comme un bourreau frappe un condamné, ef leurs coups étaient toujours mortels.

Les chroniques des croisades abondent en merveilleux récits du dévouement absolu de ces sicaires. Le comte de Champagne étant allé visiter le chiteau d’Alamout , le Vieux de la Montagne, pour lui donner une idée de son autorité, fit un signe, et deux sentinelles qui se trouvaient au sommet dune tour s’élancérent dans le précipice. Des sultans, des vizirs seljoucides , des khalifes fatimites tombérent sous le fer des Assassins. Plus tard Richard Cceur de Lion s’en servit contre Conrad, marquis de Montferrat. Saladin lui-méme pour échapper a leur poignard se vit forcé de pactiser avec eux.

Quand le Vieux de la Montagne eut établi sa domination, il ne sortit plus de son appartement que deux fois, dit-on, pour aller respirer Pair et contempler le ciel sur sa terrasse. Il mourut a soixante et dix ans, en 1124, aprés avoir régné trente-cing ans, souverain le plus despote, le plus obéi et le plus révéré que la terre ait jamais vu. Aprés lui, ’ordre des Assassins fut agité de sanglantes révolutions, Il avait nommé pour son successeur Kia Bousourgomid , un de ses dailkebirs, a qui succéda, en 1138, son fils Mohammed, qui sut se défendre avec succés contre Noureddin et Joussouf Salabaddin. En 1163, Hassan II commit lPimprudence de livrer a ses sujets le secret de ordre , la négation de toute religion positive, et Pabolition de Pislamisme ; faute dont le punit le poignard de son beau-frére. Sous son fils Moham-

| med I], qui marcha sur ses traces, le dailkebir de la Syrie se rendit indépendant, et voulut négocier avec les chrétiens ; | mais les Templiers tuérent ses envoyés, afin de ne pas perdre

le tribut annuel qu’il leur payait. Mohammed fut empoisonné par son fils Hassan III, qui rétablit Pislamisme , et recut en récompense le surnom de Nouveau Musulman. IL eut pour successeur un enfant de neuf ans, Aladin Mohammed IIT, qui plus tard prépara la ruine de "Pordre par son régne efféminé, et fut tué par ordre de son fils Rokneddin Charchah, septiéme et dernier Vieux de la Montagne.

En 1256, le prince mongol Houlagou détruisit les forteresses des Assassins en Perse. Ils se maintinrent plus longtemps en Syrie, ou ils ne furent complétement soumis qu’a la fin du treiziéme siécle, Les restes de cette secte subsistérent encore longtemps dans le Kouhistan. Des Assassins reparurent en Syrie en 1342, ef de nos jours encore cette secte forme un parti hérétique dans ces deux pays. Les Ismaélites de la Perse ont un imam qui réside 4 Chech, village du Koum, et on en trouve aussi, sous le nom de Hosséinis, dans le voisinage d’Alamout. Les Ismaélites de Syrie habitent dans les environs de Massiat. Ce chateau, qui leur fut enlevé en {809 par les Nossairiens, lenr a été rendu par ordre du sultan. Ces Nossairiens, dont Vhérésie est exclusivement mystique, ne peuvent, non plus que d’autres sectes chiites, étre comparés aux Assassins; mais on trouve la plus grande analogie entre ces derniers et les Thougs de V’Inde, qui assassinent aussi par principe. Voyes Hammer, Histoire des Assassins d’aprés les sources orientales.

ASSAUOT (anciennement assaulé, du latin salire, sauter). C’est, en termes d’art militaire, le combat qu’on livre pour se rendre maitre du chemin couvert, des ouvrages détachés, et enfin du corps de place. Le commandant d’une place assiégée est obligé de soutenir au moins un assaut au corps de place ayant de se rendre. Voyez Siice.

En termes d’escrime, lassaué est un.exercice au fleuret, un combat figuré entre deux personnes.

ASSAYE, village du Nizam, est célébre par la victoire décisive que Wellington remporta le 23 septembre 1803 sur les Mahrattes et qui ruina leur domination dans I'Inde, Avec4,500 soldats, il mitendéroute présde 100,000 hommes.

ASSEMANI (Josepu-Simoy), mort en 1768, fut archevéque de Tyr et préfet de la bibliothéque du Vatican; son grand ouvrage intitulé : Bibliotheca orientalis Clementino-Vaticana, etc., est un recueil plein de faits curieux, une mine inépuisavle pour le philologue, Vhistorien, le géographe. — Ses deux neyeux marchérent avec honneur sur ses traces,

ASSEMANI (Errenne-Evone), Pun d’eux, mort en 1782, a donné divers ouvrages ou brille une rare érudition, et parmi lesquels on peut citer : 1° Bibliothece Mediceo-Laurentiane et palatine codicum manuscr. orient. Catalogus ; 2° Acta sanctorum Martyrum orientalium et occidentalium, etc.

ASSEMANI (Josepu-Lovuis), Vautre neveu de Joseph- Simon, mort la méme année que son frére, professeur de syriaque au collége de la Sapience, s’est surtout distingué par la publication de son Codex liturgicus Ecclesix univers, en 12 vol. in-4°,

ASSEMANT (L’abbé Simon), né A Tripoli de Syrie, en 1752, et mort a Padoue, oi il remplissait la chaire de professeur fle langues orientales depuis quatorze ans, au mois d’avril 1821, était de la méme famille que les précédents, et ne s’est pas rendu moins recommandable par la variété de ses connaissances et par ses travaux. Silvestre de Sacy a dignement apprécié son catalogue des manuscrits orientaux de la bibliothéque du chevilier Nani, imprimé en 1787 et 1792; quant & la description quwil a publiée d'un globe céleste arabe du treiziéme sitele ( Padoue , 1790, in-4°), nous avons eu l’oceasion den parler dans notre mémoire sur les instruments astronomiques des Arabes présenté a VAcadémie des Inscriptions et Belles Lettres, et d’y relever des erreurs qu’un semblable travail rend d’ailleurs assez excusables, L.-Ain, SEpILLor,

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