‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 98 sur 488 · ASSURANCES SUR LA VIE — ASTERISQUE · texte numérisé non relu

ASSURANCES SUR LA VIE — ASTERISQUE

On conjecture qu’ils ne sont autres que ceux que Théo phane et Cédréne appellent Anthiganiens. Le pére Goar prétend que les hordes errantes deBo h émiens ne sont que des débris de ces hérétiques, ce quis’accorde peu avec le portrait que Constantin Porphyrogénéte et Cédréne font de celte secte, qui, née en Phrygie, y domina, s’étendit peu dans le reste del’empire, et joignait Pusage du baptéme a la pratique de toutes les cérémonies de la loi de Moise.

ASTEISME (da grec doteisps, plaisanteries). Voyez IRONIE.

ASTER (du grec d&ot%p, éfoile), genre de la famille des composées, renfermaut un grand nombre d’herbes viyaces, arhizOmes rampants, desquels naissent des tiges touffues terminées par des capitules qui offrent dans leurs fleurons cette disposition radiée a laquelle le nom générique de la plante fait allusion; ces fleurons blancs , roses, violets ou bleus, sont ordinairement plus longs que les fleurs du disque. Presque toutes les especes sont trés-rustiques et cultivées comme plantes de parterre ; on en compte plus de quarante, pour la plupart indigénes ou originaires de la Chine, de la Sibérie, du cap de Bonne-Espérance et de Amérique septentrionale ; parmi les indigénes, on distingue Paster amellus, vulgairement appelé ail de Christ, nom que justifie en quelque sorte la douceur de la teinte bleue de ses fleurons, qui s’épanouissent en aoft et septembre. La reine-marguerile n’est autre que aster de la Chine (voyez MARGUERITE).

ASTERABAD ou ASTRABAD, ville de Perse , dans le Mazanderan, a 280 kilométres de Téhéran, prés de Pembouchure du Gourgan dans la mer Caspienne. Elle posséde 12,000 habitants. On y récolte de la garance, on y fabrique des étoffes de soie et de coton. Son petit port se livre a un commerce actif, Cetle ville, qui avait été ruinée par Tamerlan, est tombée dans les mains des Russes en 1851. Z.

ASTERIE. Ce mot, qui désignait d’abord un genre de zoophytes, est devenu le nom d’une famille naturelle, et méme, dans quelques classifications, d’un ordre distinct appartenant a la classe des échinodermes. Appelées aussi étoiles de mer, a cause de leur forme, les astéries ont été objet études suivies depuis Aristote jusqu’a nos jours. Lamarck leur donne les caractéres suivants : corps divisé dans sa circonférence en angles; lobes ou rayons disposés en étoiles; face inférieure des lobes ou des rayons munie dune goultiére longitudinale, bordée, de chaque cédté, d’épines mobiles et de trous pour le passage de pieds tubuleux et rétractiles ; bouche centrale située a la réunion des sillons inférieurs. Le systéme nerveux des astéries, d’abord soupgonné par Cuvier, a été décrit par MM, Spix et Tiedemann; il a beaucoup d’analogie avec celui des oursins, Quant aux organes des sens, ceux qui président au toucher sont des cirrhes tentaculiformes, comme chez les autres échinodermes ; de plus, M. Ehrenberg croif que les astéries ont un appareil pour la vision. Certaines espéces possddent un anus, d'autres en sont dépourvues. Il est des rivages , tels que nos cdtes de l’Océan et de la Méditerranée, ot ces animaux sont abondants, On les ramasse pour fumer les terres.

ASTERISQUE, terme de typographie, petit signe en forme d’étoile (*), dont il a pris le nom (astér, en grec), et qu’on met dans les livres au-dessus ou auprés dun mot pour prévenir le lecteur qu’on le renvoie & un signe pareil, placé & la marge, ou plutdt au bas de la page, apres lequel il trouvera quelque remarque, note, commentaire ou explication. On en fait aussi usage pour indiquer des lacunes ou des noms qu’on omet a dessein.

Ce terme ¢tail en usage dans le méme sens chez les anciens. Isidore en fait mention au premier livre de ses Origines : Stella enim &orip greco sermone dicitur, a quo asteriscus , stéllula, est derivatus; et quelques lignes plus bas il ajoute qu’Aristarque se servait d’astérisques al longés par une petite ligne pour marquer les vers d’Ho-

ASTERISQUE — ASTORG

mére que les copistes avaient déplacés : @steriscus cum obelo; hac proprie Aristarchus utebatur in iis versibus qui non suo loco positi erant.

D’autres critiques employaient un astérisque ou une croix (obelus) pour désigner des erreurs dans un manuscrit; quelques-uns , au contraire, s’en servaient comme marque de la justesse et de l’authenticité du texte. Parfois on y recourait pour signaler un mot, une pensée; mais plus ordinairement on consacrait 4 cet usage les deux lettres N. B., nota bene. DuMARSAIS.

ASTEROIDES (du grec dori, étoile, et etdo¢, ressemblance ). W. Herschell donna ce nom aux quatre petites planétes , Cérés, Pallas, Vesta et Junon, découvertes de 1801 a 1807 par Piazzi, Olbers et Harding. OnI’a conservé & toutes les petites planétes découvertes depuis dans Ja méme région.

Une théorie nouvelle emploie le terme d’as/éroides comme nom générique des é¢oiles filant es ou aérolithes. Cette théorie admet V’existence d’une zone immense de corps solides circulant autour du soleil comme les planétes , mais beaucoup trop petits pour étre apercus dans les cas ordinaires. La terre se trouyant a certaines époques dans le voisinage de celte zone, les astéroides en traversant notre atmosphere s’enflamment a son contact, et prennent alors Papparence @étoiles tombant du ciel. Souvent aussi ils se fondent, éclatent, cédent a attraction terrestre, et produisentles aérolithes. De prime abord cette hypothése peut paraitre singuliére ; cependant elle réunit en sa faveur un grand nombre de probabilités, habilement établies par Halley, Laplace, Chladni, MM. Arago, Chasles, E. Biot, Quételet, Cappoci, Nobili, ete.

ASTHENIE (du grec & privatif, et o6évoc, force), e’est-a-dire manque de force , faiblesse générale, considérée par plusieurs médecins , entre autres par Brown, comme la cause prochaine de la plupart des maladies.

| ASTHME (dérivé du grec dw, je respire). C’est une | maladie caractérisée par une extréme difficulté de respirer, qui revient par accés, ce qui lui a fait donner le nom yul- ' gaire de courte haleine. Les causes prédisposantes de cette maladie sont la conformation vicieuse de la poitrine , l’obésité résultant dune vie oisive et splendide, les efforts de voix répétés, inspiration prolongée d’un air chargé de poussiére ou de calorique. Elle attaque plus particulidre- ' ment les vieillards; elle paratt se transmettre par voie | @hérédité. L’impression du froid et de Vhumidité , les exer- | cices violents, l’emportement des passions, les écarts de régime, etc., ont une grande influence sur le retour des. aceés. Quant a l’essence de la maladie, les uns la considé- ' rent comme une affection neryeuse, d’autres comme le ) résultat de lésions organiques du cceur ou des gros yaisseaux, comme l’effet de la dilatation des vésicules pulmonaires , opinions qui toutes comportent un certain degré de | probabilité, et dont chacune peut étre vraie, suivant la ) diversité des cas.

L’asthmatique respire habituellement avec difficulté, sur- ! tout dans la position horizontale, et lorsqu’il marche vite ou quil yeut monter un escalier, une céte, etc. Les accés, } annoncés par divers genres de maladie, se déclarent le + plus souvent le soir ou pendant la nuit; alors Ja respira- } tion devient extrémement génée, fréquente, et fait entendre un sifflement particulier ; le malade est obligé de ‘se tenir droit ou penché en ayant; il recherche et hume ‘Pair frais avec avidité : Sub dio ambulare cupiunt, et \spirant quasi totum aerem trahere vellent, dit Arétée, j}ce sublime peintre des maladies, Le visage est pale et animé; les traits sont altérés; le pouls est ordinairement naturel ; mais les mouvements de la poitrine sont pressés yet comme convulsifs; une toux fatigante améne avec diffi- Yeulté quelques crachats limpides ; les mains et les pieds deviennent livides et froids; asphyxie peut ¢tre imminente.

Ces phénoménes s’apaisent pendant le jour pour s’exaspérer de nouveau la nuit suivante, jusqu’a ce qu’enfin, les rémissions devenant graduellement plus complétes , la respiration reprenne son rhythme habituel 4 mesure que des crachats plus épais se détachent avec facilité. La durée de ces accés est trés-variable. Quelque formidable que soit cet appareil de symptomes, l’asthme, trés-grave en |ui-méme et surtout difficile 4 guérir, est cependant rarement mortel ; la ténacité de la vie chez les asthmatiques est méme passée en proverbe, peut-étre parce que, en proie da une maladie qui ne tue pas, ils se trouvent affranchis d’affections plus funestes.

Le traitement de Vasthme, hors l’époque des accés, consiste 4 éloigner les causes, et a soumettre Je malade a Phygiéne des valétudinaires : repos , régime léger, boissons adoucissantes. Le traitement des accés est trés-variable : la premiére indication est de faciliter la respiration en dégageant la poitrine de ce qui peut géner ses mouvements, et en procurant au malade un air abondant, frais et pur; la saignée, les rubéfiants, les antispasmodiques, les vomitifs, etc., peuvent ensuite trouver leur application, suivant la nature des symptémes ou la théorie du médecin. D* Forcer,

ASTI, ville d’Italie, dans la province d’Alexandrie (Piémont), sur le chemin de fer de Turin a Génes, a 28 kil. ouest d’Alexandrie et a 42 sud-est de Turin, prés du conflent du Belbo et du Tanaro, avec une population de 30,747 Ames, une enceinte d’anciennes muraiiles, un éyéché suffragant de Turin, une école secondaire de droit, un séminaire théologique, un collége royal , des filatures de soie, des manufactures d’étoffes et un commerce considérable de vins , soie et denrées. C’est dans ses alentours qu’on recueille le muscat le plus estimé du Piémont.

Cette ville, trés-ancienne, |’Asta Pompeia des Romains, était encore au nioyen age une forteresse importante , capitale d’une petite république indépendante, pnis d’un duché. Le commerce, qui fut a cette époque le véritable pére de Ja liberté en Italie, favorisa de bonne heure ses développements. Ses évéques, dont l’autorité s’étendait sur plusieurs chateaux et sur la majeure partie du Piémont méridional, joignirent , comme tant d’autres prélats, Vautorité temporelle 4 la spirituelle. En 1098 Humbert IJ, comte de Savoie et marquis d’Italie, reconnaissait lindépendance de la république d’Asti en se confédérant avec elle contre Boniface de Wast, marquis de Savone, leur ennemi commun.

Asti fut livré aux flammes en 1155, par l’empereur Barberousse. Une guerre intestine déchira son sein, dans le siécle suivant, par suite des divisions des Ismardi de Castello , chefs des patriciens, et des Solari, chefs du peuple. Aprés de longues vicissitudes, la faction populaire rendit la ville, en 1314, 4 Robert d’Anjou, roi de Naples; elle passa ensuite sous la domination des Visconti, des ducs d’Orléans, et parvint finalement, par donation de l’empereur Charles-Quint, a la maison de Savoie, en 1528.

Asti est la ville natale d’Alfieri. Jadis les Astésans, comme les Genevois et les Lombards, exercaient en France, en Angleterre, en Flandre, les professions de banquiers, changeurs, préteurs sur gages, et acquéraient ainsi des richesses considérables. CIBRARIO.

ASTICOT ou VER BLANC, sorte de petit ver provyenant des mouches 4 viande, qui nait sur les viandes en putréfaction et qui sert d’appat aux pécheurs pour prendre les poissons. On l’emploie aussi pour engraisser les faisans et les animaux de basse-cour. Z.

ASTORG(ALEXxANDRE-EvUG ENE-LOUIS-FRANCOIS-SATURNIN comle p’), naquit 4 Paris, le 5 janvier 1787. Entré en 1803 a Pécole militaire de Fontainebleau, il rejoignit un régiment de chasseurs a cheval au camp de Boulogne, comme sous-lieutenant , et combattit avec la grande armée & Austerlitz, a Iéna, etc. La bataille d’Eylau lui valut le grade de lieutenant, et aprés la paix de Tilsitt il passa en Espa-

gne, et se trouva compris dans |acapitulation de Baylen. Reyenu des pontons en 1809, il était a Wagram, et retourna en Espagne en qualité d’aide de camp du duc d’Istrie. II fit la campagne de 1813 comme chef d’escadron de hussards, et fut placé dans les gardes d@’honneur aprés la bataille de Brienne. A la rentrée des Bourbons, M. d’Astorg fut admis dans les gardes du corps, et ne tarda pas a étre appelé, en qualité d’aide de camp, auprés du duc de Berry, qu'il suivit a4 Gand et avec lequel il revint en France. A la mort de ce prince, le roi lui donna le commandement d’un régiment. Il fit la campagne d Espagne, et futnommé 8 la suite maréchal de camp. La réyolution de Juillet regutnéanmoins son adhésion, et nous le retrouvons en 1834 a la téte de Yadministration militaire du département d’Eure-et-Loir. La méme année il entra ala chambre des pairs, a titre héréditaire , en remplacement du comte de Puy, son beaupére. Commandant d’une brigade de cavalerie 4 Fontainebleau en 1840, il devint lieutenant général en 1843. Le décret du 17 avril 1848 le mit a la retraite; mais il fut rappelé a Pactivité par le décret de l’Assemblée législative du 1{ aodt 1849. Il mourut a Paris le 29 avril 1852.

Le frére ainé du comte d’Astorg, ApRIEN, fit les campagnes d’Allemagne et de Russie sous l’empereur Napoléon, qui lui accorda diverses marques d’intérét; mais lors des événements de 1814 il devint un des plus ardents adversaires de son ancien bienfaiteur. Aprés le désastre de Waterloo il fut nommé colonel des lanciers de la garde royale, Parvenu au grade de général de division, il est mort en septembre 1849, dans le département de la Loire-Inférieure.

Le peére de ces deux généraux, Jacqgurs-Marie d’Astorg, parvint lui-méme au grade de lieutenant général sous la Restauration. Il avait émigré et fait les campagnes del’armée de Condé,

ASTORGA (Famille p’). La maison d’Astorga, une des premiéres de l’Espagne, tire son nom d’Astorga, ville épiscopale, nommée sous la domination romaine Astwrica Augusta, parce que Auguste y avait envoyé une colonie. Elle est située dans une plaine fertile du royaume de Léon, a 45 kilométres ouest-sud-ouest de la ville de ce nom. Astorga, érigé en marquisat par Henri IV, en 1465, avait un chateau et des fortifications, aujourd’hui en ruines, qui no purent l’empécher de tomber au pouvoir de l’armée frangaise en 1806. On y remarque aussi quelques antiquités romaines.

Les marquis d’Astorga étaient porte-étendard de Madrid au couronnement des rois d’Espagne. L’un fut de 1672 a 1675 vice-roi de Naples; un autre, prince d’Ascoli, duc d’Atriseo et comte d’Altamira, figura dans la guerre contre Napoléon. Lhistoire a conservé le souvenir de plusieurs autres membres de cette famille, comme ayant joué a diverses époques un rdle d’une certaine importance dans les affaires politiques de |’Espagne. On cite aussi une marquise d’Astorga qui au dix-septitme siécle, sous le régne de Charles II, dans un transport de jalousie, renouvela la tragique aventure de Gabrielle de Vergy ; mais ce fut le personnage de Fayel dont elle s’empara. Apres avoir tué de sa main la maitresse de son époux, elle servit 4 celui-ci le coeur de la victime, quelle avait apprété ; puis lui ayant révélé le secret de cet affreux festin, et montré la téte encore sanglante de sa rivale abhorrée, elle alla se jeter dans un couvent, ou dientét elle mourut folle.

ASTORGA (Emanvete pv’), célébre non moins par les malheurs de sa destinée que comme compositeur de musique religieuse , naquit en Sicile, vers 1680. Son pire appartenait 4 la plus haute noblesse de cette fle, et dans Ja lutte qu’il soutint contre l'incorporation de sa patrie a J Espagne, ayant ¢té livré par les hommes qu’il avait soulevés et enrégimentés, fut publiquement exécuté en 1701 comme coupable du crime de rébellion, Foreé, ainsi que sa mere, d’assister au supplice de son pére, Emanuele

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