ASSURANCES SUR LA VIE
an capital de 17,660 fr. ou une rente viagére de 1,240 fr., a gon gré; a cinquante ans, s'il a continué le versement annuel de 500 fr., il aura un capital de 25,955 fr, ou une rente viagére de 2,010 fr.; & cinquante-cing ans, le capital se sera élevé & 37,870 fr., et la rente viagére & 3,275 fr.
Supposons qu’un jeune homme se trouve a vingt ans possesseur d’une somme dont il peut abandonner la jouissance pendant un certain nombre d’années : il pourra, en faisant un seul versement, acquérir un capital ou une rente a une époque déterminée. S’il verse par exemple 6,000 fr., ij obtient & trente ans un capital de 9,852 fr., ou bien une rente de 576 fr., et ces chiftres augmentent tres-rap'dement
A mesure que l’individu recule Pépoque a laquelle il retirera
le capital accumulé ou voudra jouir d'une rente. Les fonc-
tionnaires publics, les ouvriers, peuvent se ménager ainsi des ressources pour un avenir toujours incertain sans cette prévoyance.
- C’est encore un moyen pour des parents peu aisés d’assurer une dot, un établissement a leurs enfants a ’époque de leur majorité. Ainsi, moyennant la somme de mille francs une fois payée a la naissance d’un enfant, il doit toucher a vingt ans 3,658 fr., ou a vingt-cing ans 4,681 fr. Si l'on préfére verser 100 fr. par an depuis la naissance de l’enfant, on pourra lui asurer a vingt ans 3,619 fr., et 4 vingt-cing ams 5,212 fr. Si enfant venait 4 mourir avant l’époque fixée, soit vingt ans, soit vingt-cinq, les sommes versées formeraient le gain de la compagnie, qui sans cette chance a son bénéfice ne ferait pas des assurances aussi avantageuses.
Les rentes viagéres que l’on se prépare pour une époque plus ou moins éloignée s’appellent rentes difféerées. lly a d’autres rentes viagéres que les sociétés d’assurances s’engagent 4 payer a partir du jour méme du placement d’un certain capital 4 fonds perdu. Le taux de la rente augmente avec l’age de celui qui doit la recevoir.
Les combinaisons auxquelles peuvent donner lieu les assurances sont trés-nombreuses ; elles peuvent se plier a tous les hesoins, a toutes les exigences. Ce qui a été dit suffit pour en donner une idée assez complete.
Les compagnies d’assurances sont assez nombreuses en France; elles sont loin cependant d’avoir recu tout le développement désirable; et pourtant ce sont des institutions éminemment utiles, tant sous le rapport moral que sous le rapport de l’atilité matérielle. Elles permettent a homme laborieux de compter sur une vieillesse tranquille et exempte des souffrances qu’engendre le besoin; elles enlévent a celui qui n’a que son travail pour soutenir une famille |’inquiétude poignante que lui inspire la crainte qu’une mort prématurée ne plonge les siens dans la misére. La sécurité dans le travail est la premiére condition pour qu’il soit bien fait ; ’imagination de l’artiste est étouffée par le defaut de sécurité , ’ouvrage de Vartisan est fait avec dégout, le fonctionnaire ne s’intéresse nullement 4 ladministration a laquelle il est attaché; en un mot, le vice et Pimmoralité abordent facilement le coeur de homme, et surtout de la femme, dont l’avenir est nébuleux ; les plus grands crimes n’ont souvent pas d’autre cause. Mais si une légére rétribution annuelle permet a un individu quelconque de compter, sans le moindre doute , sur l’aisance aprés le travail durant ses jeunes années, son esprit sera libre , sa probité pure et inflexible devant les tentations qui l’auraient vaincu sans
la sécurité dans laquelle il repose.
Il est inutile de dire qu’il y a toutes sortes d'avantages a s’adresser, pour tous les contrats dont nous venons de parler, a des compagnies d’assurances plutét qu’a des particuliers. Comme elles opérent sur des régles invariables et connues, on nest pas exposé a débattre longuement avec elles le taux
de la prime a payer annuellement, ou Je capital a placer pour 'Tetirer une certaine rente ou un certain capital au bout d’un certain temps. On n’a point A craindre qu’elles empruntent par besoin et qu’elies se trouyent ensuite hors d’état de
servir les arrérages ; on n’a pas enfin cette répugnance naturelle qu’on éprouve toujours a traiter avec des individus pour qui la rente est une charge pénible, dont il leur est toujours agréable d’étre débarrassés par la mort du rentier. Les sociétés d’assurances opérent sur des masses ; le cours des événements réalise leurs calculs sans qu’elles aient a désirer ou a attendre la mort de tel ou tel rentier ; enfin , avec elles on est débarrassé des chances de querelles, de proces, auxquels peuvent donner lieu les rentes mal servies, et durant lesquels, si ’on n’a pas d’autres ressources, on risque de se trouver plongé dans la misere.
Les conditions avantageuses auxquelles sont faites les assurances sont fondées sur les probabilités de la vie humaine. Ces probabilités, déduites d’observations faites depuis un grand nombre d’années au moyen des tables de mortalité, font connaitre assez exactement les chances de durée de Ja vie suivant les différents Ages. Ces chances une fois connues, les sociétés d’assurances sont 4 méme de fixer d’une maniére certaine Je taux de la prime qui doit les garantir de toute perte dans les promesses qu’elles font aux personnes qui se font assurer.
Lors méme que U’assuré @ vie remplirait le temps marqué par les tables de mortalité, ila encore un avantage considérable dans le placement de son argent. Cet avantage résulte de Vintérét composé, qui est garanti par la société d’assurances : pour sentir importance de cet intérét, tant en lui-méme gue relativement a l’assuré, il suffit de concevoir Vefiet progressif de cet intérét, qui consiste, comme on saif,.. a accumuler avec l’intérét du capital Pintérét de Vintérét; et d’un autre cété de penser a la difficulté, 4 Pimpossibilité méme ou se trouvent la plupart des personnes qui peuvent contracter une assurance, de se procurer, on ne dif pas Yintérét composé, mais Vintérét simple, placées comme elles le sont en dehors du mouvement des affaires, n’ayant ordinairement que des avances modiques et successives a placer, et ne sachant ot trouver des dépositaires solvables ou disposés a leur rendre service, et ne rencontrant dans les autres genres de placement , comme hypothéques ou acquisitions territoriales, quand elles auraient la possibilité de les faire, que des embarras multipliés et des frais considérables. Les sociétés d’assurances accordent toujours un intérét composé, parce qu’elles le retirent elles-mémes de Yemploi de leurs fonds. II résulte de cet arrangement que Yassuré paye en définitive beaucoup moins pour obtenir la somme assurée que s'il avait voulu se la procurer par l’emploi de ses é,argnes tel que sa position lui permettait de le faire.
C’est une chose capitale pour les sociétés d’assurances que d’avoir des connaissances exactes sur les probabilités de la vie humaine dans les différentes parties du monde, puisqu’elles assurent, en cas de mort, les voyageurs, les marins qui parcourent les climats divers oi Ja mortalité est plus ou moins grande.
L’usage des assurances sur la vie n’a produit jusqu’ici de grands avantages qu’en Angleterre; la premiére société d’assurances y fut créée sous la reine Anne, en 1708, sous le nom de Société Amie : elle existe encore aujourdhui. Ses op¢rations n’étaient pas d’abord réglées d’aprés des principes fort exacts, et ila fallu Jes modifier beaucoup au fur et A mesure que la science a fait des progrés. En 1720 deux nouvelles sociétés, celles du Change Royal et del’ Assurance de Londres, furent fondées. Bientot apres fut organisée la fameuse société connue sous le nom de Société Equitable. Les profits qu’elle a faits ont été si considérables que, malgré des distributions décennales aux actionnaires, il y a eu encore un fonds accumulé de 12 millions sterling (300 millions de francs). De 1762 a 1792 aucune compagnie actuellement existante ne parait avoir été établie. Depuis cette derniére époque jusqu’en 1807 on en a fondé une douzaine, qui, a !’exception du Roc et de la Prévoyante, sont simplement des compagnies propriétaires. Le nombre total des
soclétés d’assurances s’éleve maintenant 4 quarante-quatre en Angleterre. Les peuples du continent en possédent peine quelques-unes ; les seuls pays de PEurope continentale chez lesquels on ait tenlé jusqu’a présent d’introduire usage des assurances sur la vie sont la France, les Pays- Bas, le Danemark et Allemagne. La France posséde depuis 1817 une vingtaine de ces sociétés. Ces institutions éminemment utiles intéressent le repos des familles et la prospérité de ’Etat, en offrant & tous les moyens de se procurer un avenir heureux fondé sur le travail et l'économie. Aug. CHEeyALieR, député au Corps legislatif.
ASSYRIE, royaume asiatique célébre dans l’antiquité, dont les limites ont varié aux différentes époques de Vhistoire. L’Assyrie proprement dite, le Kurdistan actuel, était bornée au nord par le mont Niphatés dans la Grande Arménie, 4 l’ouest par la Mésopotamie, au sud par la Susiane, et a Pest parla Médie. Ses habitants, comme les Babyloniens, appartenaient a la famille sémitique ou araméenne ; ils étaient, comme eux, adorateurs des étoiles, et chez eux aussi la civilisation parait avoir fait de bonne heure des progrés. On dit quec’est Assur, fils de Sem et petit-fils de Noé, qui fonda le royaume d’Assyrie et lui donna son nom. Parmi ses successeurs, les plus célébres furent Ninus, fondateur de la capitale Ninive, et sa femme Sémiramis, qui lui suceéda. Sous Sardanapale, environ 900 ans ay, J.-C., Arbaces, gouverneur de Médie, s’empara du tréne, et en $88 le royaume se divisa en Babylonie et Nouvelle-Assyrie.
Le nouveau royaume d’Assyrie s’éleva 4 un haut degré de puissance sous Phul, Téglat-Phalassar et Salmanassar; la Babylonie méme dut se soumettre. Mais vers 700 la Médie s’en détacha , etle nouveau roi des Médes, Cyaxare, s’¢tant ligué avec Nabopolassar, gouverneur de la Babylonie, ils marchérent tous deux contre Ninive, vers l’an 600 ay. J.-C., la prirent et la ruinérent. "
Voila ce que raconte ordinairement lhistoire ; mais il parait plus certain que le premier royaume d’Assyrie, dont Diodore a écrit Vhistoire d’aprés les chroniques fort suspectes de Ctésias, et le second, dont nous ne connaissons les rois que par Ancien Testament, ne sont qu’un seul et méme empire ; en sorte que, ayant égard au récit d’Hérodote, il faudrait admettre que les Assyriens ont dominé en Asie jusqu’a invasion des Médes, c’est-a-dire pendant 520 ans, placer a année 1250 ay. J.-C. la fondation de leur royaume, que Diodore fait remonter trop haut. L’étude des inscriptions cunéiformes a apporté de notables modifications a Vhistoire de cette contrée. Plus tard, l’Assyrie fut réduite enune province de la Médie, tandis que le royaume de Babylone était devenu, depuis l’an 600, un puissant empire, par les conquétes de Nabuchodonosor. Le conquérant perse ' Cyrus réunit, vers 550, ces différents Etats sous son sceptre.
ASTARTE, déesse des Phéniciens et des Syriens. Astarté désignait la plandte Vénus, que l’on regardait comme la source du bonheur, de l’amour et de la génération. Des fetes fort lascives se célébraient en son honneur dans ses différents temples , surtout 4 Hiéropolis. Son culte, originaire peut-etre du fond de l’Orient, se propagea dans les pays voisins , dans Vile de Chypre, par exemple, ef a plusieurs reprises les Hébreux eux-iémes le regurent, principalement sous le régne de Salomon.
ASTATHIENS, heérétiques du neuvieme sidcle, sectateurs d'un certain Sergius, qui avait renouvelé les erreurs des manichéens. Ce mot, dérivé du grec, est formé de & privalif, et d'totyyt, je me tiens ferme, comme qui dirait variable, inconstant, soit parce quils ne s’en tenaient pas & la foi de I’Eglise, soit parce qu’ils variaient dans Jeur propre croyance, Ces hérétiques s étaient fortitiés sous l’empereur Nicéphore, qui les favorisait; mais son successeur Michel Curopalate les réprima par des édils extrémement séyéres.