‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 120 sur 197 · AGRONOMIE — AGUADO · texte numérisé non relu

AGRONOMIE — AGUADO

prictaires et de salariés , de mattres et de valets, et oii les arrivants ne sont distingués que comme bons ou mauvais , durs ou bienfaisants. Lorsque les serviteurs @’un domaine montrent duzale, de Vactivité etde la vertu, le maitre doit s’'y montrer toujours sensible; mais lorsqu’ils en manquent, ils ne doivent essuyer aucun mauvais traitement de sa part. Il voit leurs vices avec miséricorde et leurs misdres avec une compassion sympathique. Il doit considérer homme en société comme un excipient obligé de toutes les émanatie™s de Yatmosphére dans laquelle il respire. — Son caractuce moral est le résultat dune organisation qwil n’a pas été libre de se donner, d'une éducation qu’il n’a pas pu diriger, @institutions qu'il n’a pu ni créer ni modifier, des hasards, et @une fortune quwil n’a pu ni calculer ni maitriser. Pour étre juste envers chacun, il faudrait savoir ce qui vient de lui et ce que les autres y ont mis, connaitre la furce de ses organes, apprécier le degré de résistance dont il a pu étre capable , et ce qui lui est resté de liberté morale, — Si lon se livrait 4 de tels calculs , on verrait que la part des circonsfances et des positions est fort grande, et celle de la yolonté personnelle fort petite. On porterait avec moins de légdreté des jugements absolus sur des créatures si faibles et si compliquées. L’infection des grandes sociétés urhaines et ’égoisme sauvage des populations rustiques sont des effets aussi nécessaires que le sont les exhalaisons alcalescentes des matiéres animales ou l'hydrogéne des marais. S'irriter, s‘emporter avec violence contre de tels effets est puéril, se venger est dur et injuste; mais prévenir, surveiller, se préserver, diriger sans cesse, réprimander souvent pour n’avoir jamais 4 punir, ce doit étre la maxime du sage. — Le comte Frangals (de Nantes ).

AGTELER (Caverne @’), en hongrois Banapio, ce qui signifie liew suffocant ; Vune des plus vastes et des plus remarquables cavernes de la terre, prés du village @Agtélek, dou elle tire son nom, a Vextrémité du comitat de Gomor en Hongrie, non loin de ia route conduisant de Bude a Kaschau. Cette caverne , dont Youverture, située au pied dune montagne, n’a pas plus de trois pieds et demi @’élévation sur cing de largeur, se compose dune suite de grottes et de cavités communiquant les unes avec les autres, qu’il est fatigant et dangereux de visiter, et dans lesquelles on ne saurait souvent méme pénétrer, a cause de ’élévation de la rivitre souterraine qui y coule. La partie supérieure et les parois de chacune de ces grottes et cavités sont couvertes des plus magnifiques stalactites qu’on puisse voir, affectant les formes les plus diverses; d’ou ces grottes ont recu les différentes dénominations sous lesquelles elles sont célebres, comme la Grande Eglise, V Autel mosaique, la Sainte Mere de Dieu, etc. La plus grande, celle dont Peffet est le plus imposant et le plus admirable, située 4 environ deux cents pas de Youverture de la caverne, est appelée le Jardin des Plantes , parce que le sol en est entidrement bordé par un entrecolonnement de stalactites @une délicieuse délicatesse, alfectant les formes des treillages architectoniqnes tels qu’on en yoyait autrefois dans les jardins dessinés dans le genre francais. Elle a environ trente métres @’élévation sur trente meétres de largeur et trois cents de profondeur. La voite de cette immense salle est entiérement en stalactites, et le sol, presque plane dans toute son étendue et traversé par un petit ruisseau, y est recouvert d’une couche de molle argile Waliuvion. — C’est en l'année 1785 que la caverne d’Agtélek fut pour la premiére fois scientifiquement explorée par une commission de savants enyoyés a cet effet par la Société royale de Londres.

AGUADO ( Avexanore-Marie ), marquis de LAS MA- RISMAS DEL GUADALQUIVIR, Dun des plus riches banquiers des temps modernes, néa Séville, le 29 juin 1784, descendait Wune famille juive de Portugal. Soldat dans sa jeunesse, il parvint & d’assez hauts grades tant au service d’Espagne qu’a celui de France, et A Pépoque de loccu-

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pation de Espagne par le maréchal Soult il remplit auprés de lui les fonctions d’aide de camp. Mis 4 la retraite en 1815 avec le grade de colonel, il se retira 4 Paris, ow il demanda au commerce des moyens de subsistance, et fit pendant longtemps la commission des vins d’Espagne et des cigares de la Havane introduits en contrebande. Actif et intelligent, le cercle de ses relations et de ses opérations alla toujours en s’élargissant, et bientét il put 4 la commission adjoindre quelques opérations de banque. Presque constamment heureux dans ces spéculations , sa fortune s’accroissait (année en année, et vint enfin le moment ot la haute banque dut Padmettre dans son cénacle, et lui faire sa part dans toutes les grandes opérations financiéres de ’époque. Cependant les plus fructueuses qu'il fit jamais furent les emprunts quwil conclut au nom de l’Espagne. Il est avéré aujourd’hui que ces différentes négociations eurent lieu de compte a demi entre lui et le roi Ferdinand VII. Le premier emprant ainsi émis eut lieu en 4823, au moment du rétablissement de la monarcliie absolue , par suite de invasion de la péninsule par une armée frangaise aux ordres du duc d’Angouléme. Il était de cing cent mille piastres fortes, et fut placé au taux de soixante et demi pour cent, avec deux et demi pour cent de commission. Quand, en 1828, la France etl’Angleterre insistérent toutes deux pour obtenir du cabinet de Madrid le payement des sommes considérables qui leur étaient dues par la trésorerie espagnole, la France ayant menacé dene point évacuer Espagne tant qu’il n’aurait pas été fait complétement droit ases réclamations, s’élevant 492,000,000 francs, un échange des notes les plus vives eut lieu entre les deux cabinets. A ce moment critique, Aguado vint encore une fois au secours de Phéritier de la monarchie de Philippe If; ou, pour mieux dire, ces exigences si pressantes des puissances éfrangéres pour faire liquider leurs créances respectives servirent admirablement les opérations jinanciéres de Ferdinand VU, dont les énormes émissions de bons royaux se trouvaient ainsi justifiées aux yeux du vulgaire des agioteurs. L’art du courtier qui en opéra le placement consista a faire rechercher d’autant plus vivement ces valeurs fantastiques qu’elles étaient de la part de la presse indépendante l’objet des plus vives critiques. Il y a tout lieu de croire, en effet, que le banquier n’était pas étranger aux articles imprimés par les journaux, dans lesquels on attaquait avec la plus grande énergie les scandaleux tripotages de bourse auxquels donnait lieu sur les différentes places de Europe la négociation des certificats des emprunts royaux d’Espagne; car leur correspondance était calculée de maniére a ne pas nuire au crédit des valeurs émises, ef, tout au contraire, a exciter la spéculation 4 se disputer des titres dans la négociation desquels on faisait rapidement fortune. La révolution de juillet 1830 vint mettre un terme a ce fructueux commerce. Le trésor de Madrid cessa alors de payer toute espoce Wintéréts, et ce ne fut plus un mystére pour personne qu’il n’avail été si exact de 1824 a 1830 a servir l’intérét de ses différents emprunts , qu’en jetant incessamment de nouveaux titres sur les diverses places de ’Europe. La réaction fut rapide, et des valeurs cotées naguére a soixante-seize, et méme a quatre-vingts, ne se placérent plus qu’a seize ou dix-huit. Mais le tour était fait. Le roi Ferdinand VII avait acquis une fortune privée évaluée a plus de quatre-vingts millions de frances, et Aguado, son entremetteur, ne s’était point oublié dans le partage du gateau. Aussi bien le roi catholique reconnaissant non-seulement l’avait décoré du titre de banquier de sa cour et dela croix de divers ordres, mais Pavait en outre créé marquis de las Marismas del Guadalquivir. Loctroi de cette savonnette a vilain fournit dans le temps au Charivari une de ses bonnes plaisanteries ; il ne désigna plus dés lors Yopulent banquier que sous le nom de Blaguado de las Macairismas. Aguado euta cemomentle bon esprit de renoncer aux affaires, et de ne plus s’occuper que de la liquidation de sa fortune; on Pévaluait a plus de cinquante millions

ae francs, Il en faisait @ailleurs un assez noble usage. Les heaux-arts avaient trouvé en lui un protecteur plus généreux neut-dtre qu’éclairé; et la galerie de tableaux qu'il avait réunis dans son bel hotel de Ja rue Grange-Bateliére possédait quelques toiles dignes de figurer dans les granis musées. Aguado fut en outre pendant longtemps le commanditaire de VOpéra, c’est-a-dire de entrepreneur privilégié et subventionné de cette grande scene nationale.

Naturalisé Frangais en 1828, Aguado devint maire de Petit-Bourg, et fit constriire a ses frais un joli pont suspendu sur la Seine. Il s’entremit encore dans la négociation de l’emprunt gree, que garantirent les trois grandes puissances protectrices, et A cette occasion il recut du roi Othon Vordre du Sauveur de Gréce. Dans Vhiver de 1841 4 1842 il partit pour les Asturies, ot il avait de grandes exploitations de houilles a organiser. En allant d’Oviédo a Gijon, il fut surpris par la neige, au milien d’une route qu'il avait fait construire dans les montagnes. Forcé d’abandonner ses voitures, il voulnt poursuivre sa route a pied; mais il risqua de se perdre plusieurs fois, et, aprés quelques heures d’une marche pénible, accablé de fatigue et de froid, il périt dans unemisérable posada, fournissant un nouvel et bien frappant exemple de linanité des biens de ce monde. Son corps, rapporté en France, a été inhumé an cimetiére du Pére-la- Chaise, aprés des obséques magnifiques a l’église Notre- Dame-de-Lorette. Aguado a laissé une veuve et frois fils, dont Painé a été attaché a la diplomatie frangaise.

AGUESSEAU (n’). Voyez Dacursseau.

AGUI VAN NEUF. Locution relative aux fetes drnidiques qui se célébraient lors du renouvellement de année chez les Gaulois, pendant lesquelles on coupait le gui sacré dans les foréts de chénes consacrés a leurs divinilés, et dont Lucain nons a donné une idée bien poéstique par sa description de celle de Marseille. Des vestiges de ces antique. usages du paganisme ont longtemps subsisté en France, particuliérement en Bretagne et en Picardie, ov la veille de la nouvelle année les pauvres allaient quétant leurs étrennes au cri de d& gui Van neuf. A cette oceasion on fit longtemps aussi des quétes pour les cierges de Véglise; et ces quétes, faites par les jeunes gens de chaque endroif, que guidait un chef nommé follet, avaient lieu au cri de a gui Van neuf, resté jusqu’A nos jours dans quelques campagnes un cri de réjouissance particulier aux derniers jours de l'année. DE REIFFENBERG.

AHAN, AHANER. Voici encore de ces vieux mots pittoresqnes et expressifs qui ont disparu de notre langue sans é re remplacés. JI n’est pas de terme qui, aussi bien que ahan, représente un grand effort, dtant presque la faculté de respirer. C’est expression du bicheron, du charpentier, des maneeuyres pour reprer dre leur souffle et se donner la force nécessaire pour bien porter leur coup. Ce mot était trésfamilier A nos vienx écrivains. Rabelais, Montaigne, Amyot, Yemploient avec une sorte d’affection. On en a fait ahaner, travailler avec peine, avec ahan. Ahan était aussi passé dans le style figuré, pour exprimer de pénibles travaux d’esprit et Ie tonrment d’une personne agilée par Vincertitude.

AHASVERUS ou ABBASUERUS. Voyes Jutr enrant.

AHMED. Voyes Acumet.

AHMED, bey de Constantine. Voyes Hanst-Anmep.

AMMED, bey de Tunis. Voyes Tunts.

AUHMED-ABAD, ville de ’Hindonstan anglais, située sur la riviere navizable de Sabermate, dans la présidence de Bombay, et chef-lieu du district qui porte son nom, Cette ville est bien déchue deson importance primitive. Elle fut au quinziéme siécle la capitale d’un Etat indépendant, et trés-importante par son commerce et son industrie. Sa population est encore évaluée A 130,000 ames. On y trouve de belles et nombreuses ruines,

AHMED-FETHI-PACHA, grand maitre de lartillerie ottomane, né yers 1800, dune riche famille de Pile

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