‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 119 sur 197 · AGRONOMIE · texte numérisé non relu

AGRONOMIE

avec une ou plusieurs oreilles , avec un ou plusieurs socs, le sarcloir, le butoir a cheval, le scarificateur et le triturateur employés en Angleterre et en Belgique, la herse a dents de bois ou de fer, le cylindre ou rouleau en bois ou en pierre, et, parmi les instruments manuels, la béche, le louchet, Ia pioche, la houe, le crochet, suivant la nature du terrain et Pespéce de culture qu’on y pratique. — A cette étude doit nécessairement succéder celle des instruments de transport les plus convenables au pays, depuis le chariot soutenu par des roues a jantes de huit pouces , jusqu’a la simple brouette.

Une étude non moins importante est celle de Varchitecture rurale, ou de la forme la plus salubre , la plus commode et la moins dispendieuse 4 donner a habitation, a la bergerie, aux écuries, aux Glables, aux granges, aux cours, aux pressoirs, aux greniers, aux colombiers et aux poulaillers ; et le probléme qui consiste 4 réunir la plus grande salubrité animale a la plus grande fécondité végétale est difficile a résoudre, car les animaux ont besoin de respirer un air vital composé de six septitmes d’azote et d’un septitme d’oxygene, et les végétaux ont surtout besoin d’hydrogéne et de carbone, éléments délétéres pour les étres vivants. — La prospérité d’une ferme exige cependant la santé des hommes et des bétes, et la force d’une vigoureuse végétation. Pour résoudre approximativement le probléme, il faut tenir le fumier et les végétaux en dissolution dans des lieux couverts et écartés de habitation, curer et dessécher les mares qui en sont trop voisines , passer a l’eau de chaux les étables et les écuries, et donner a leur pavé la pente nécessaire pour lécoulement des urines, changer fréquemment les litiéres ; car toute béte, et méme celle qui a entre toutes la réputation d’étre la plus sale, veut étre tenue proprement.

Ce serait ici le lieu de parler des soins qu’exigent les divers animaux d’une ferme, considérés comme laboureurs, comme fournisseurs d’engrais, d’aliments, etc. , et ’éducation propre a chacune des espéces; comment on entretient leur santé, comment on prévient ou guérit leurs maladies , et comment on en tire le meilleur parti possible, en formant des éléves el en les vendant aprés les avoir engraissés ; du parti que l’on doit tirer des soies, des laines, et de toutes les manipulations qu’exigent une laiterie, une magnanerie, un rucher, un pigeonnier, et du bénéfice que Von doit retirer du tout; car Pagriculture n’est pas une affaire de luxe ou de curiosité, une spéculation scientifique ou philosophique. Dans ia théorie, elle doit étre considérée comme une manufacture dans laquelle les fabricants s’occupent sans cesse a convertir, au moyen de moules organiques, l’oxygéne, l'azote, Phydrogéne et le carbone en produits végétaux et animaux de toute espéce.

La dépense doit done étre réglée comme celle d’une fa- , brique. — Avant de se livrera une exploitation de ce genre, il faut connaitre le prix des matiéres premiéres qu’on y emploie, celui des mains-d’ceuvre, le salaire des serviteurs 4 gages, les impositions de toute nature, la dépense que nécessilent entretien des batiments et des instruments agricoles , le charronnage, le ferrage, le chauffage et Véclairage. Quant a la recette, il faut tous les jours étre au courant du prix des denrées et des bestiaux , de celui des transports et des voitures, des lieux de marché, des fumiers et des délais de recouvrement, et généralement des lois qui réglent les transactions commerciales.

La connaissance dont un agronome peut le- moins se passer, c’est la connaissance des hommes et Vart de les diriger dans une exploitation rurale. — Le gouvernement paternel est le seul qu’un agriculteur doive adopter envers ses serviteurs a gages et ses ouvriers. — Il doit toujours les considérer comme des compagnons de voyage, destinés a traverser péniblement avec lui le désert de la vie. Chargé de la direction et des frais du pélerinage , il est de son devoir de leur en adoucir les fatigues jusqu’a son arrivée a cette destination ot l'on ne connait plus les catégories de pro-

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