‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 131 sur 197 · AIGUILLETTE · texte numérisé non relu

AIGUILLETTE

contre assez souvent dans nos conteurs du seizi¢me siécle , pour désigner limpossibilité momentanée ou se trouvait un jeune marié de satisfaire au devoir conjugal , provenait de ce que du temps des bragues et des braguettes cette derniére partie du vétement se fermait au moyen d’aiguillettes. Le plus souvent cette impossibilité physique était attribuée & un maléfice, et alors on exprimait décemment l’idée attachée a cet état @impuissance du marié en disant que son aiguillette était nouée.

— On donne aussi le nom d’aiguilletée 4 une tranche de chair effilée prise le long du dos d’un oiseau de rivitre servi sur table. .

AIGUILLON. En termes de botanique, Vaiguillon est un piquant qui prend naissance dans l’écorce, et n’a aucune liaison avec le bois, ce qui le distingue de l’épine. L’aiguillon se détache facilement de la plante, comme on peut le voir dans le rosier.

—En zoologie on appelle aiguillon une arme commune a quelques insectes et qui est placée & l'extrémité de Pabdomen. Il y en a de deux sortes, celui qui est caché et qui sort A volonté de l’animal, comme dans les abeilles, les guépes, etc., et celui qui reste toujours apparent, et ne peut jamais rentrer en entier dans l’abdomen, comme dans les mouches A scie, etc. ; cette derniére espéce porte particulitrement le nom de ¢ariére. Le plus ordinairement, les femelles et les neutres seulement sont pourvus d’un aiguillon , et les males ensont privés. Cette arme, dit M. Hippolyte Cloquet, est en général composée de plusieurs parties cartilagineuses enveloppées par des muscles, et au-dessus desquelles s’éléve un étui de méme nature, ou glissent deux lames, entre lesquelles existe une gouttidre. C’est dans cette rainure que coule une liqueur venimeuse, préparée par des canaux tortueux , qui viennent se rendre 4 une petite vésicule , dont le conduit aboutit & la base de Vaiguillon, liqueur qui produit tous les accidents des piqures des hyménoptéres. Un grand nombre de remédes ont été indiqués pour apaiser la douleur produite par les piqtres d’abeilles ou de tout autre insecte porteaiguillon. On a préconisé tour a tour ’'ammoniaque, Phuile Wolive, ’eau-de-vie, la salive; mais aucun de ces remédes west bien certain. Le moyen qui réussit le mieux, c’est de sucer lendroit piqué pendant un quart d’heure environ. Lorsque l’aiguillon est resté dans la plaie, il faut en couper la base le plus prés possible de la peau, ou V’arracher avec des pinces, en évitant de presser la Lase, ou se trouve la vésicule qui renferme le venin.

AIGUILLON (Famille pv’). Aiguillon est une petite ville du département de Lot-et-Garonne, prés d’Agen, dorigine ancienne, que Henri IV érigea en duché-pairie en faveur du duc de Mayenne. Louis XIII donna ensuite ce duché au seigneur de Puylaurens, et en 1638 4 Madeleine de Vignerod, fille de René de Vignerod et de Francoise Duplessis, sceur du cardinal de Richelieu, dame d’honneur de la reine, qui jouissait.d’une grande faveur a la cour. En 1620 elle épousa Antoine du Roure de Combalet, qui la laissa veuve quelque temps aprés, et elle mourut en 1675. — Son petit-neveu, Armand-Louis de Vignerod, duc v’AI- GUILLON, néen 1683, connu d’abord sous le nom de marquis de Richelieu, mourut en 1750. Il a laissé quelques compositions obscénes , faites en société avec Vabbé Grécourt, le pére Vinot et la princesse de Conti.

Armand Vignerod Duplessis de Richelieu, duc v’A1- GUILLON, ministre des affaires étrangeéres sous Louis XV, était le fils du précédent. Né en 1720, il obtint dés qu'il parut 4 la cour les bonnes graces de la duchesse de Chateauroux ; et, dans la crainte de trouver en lui un rival auprés de sa favorite, le roi l’envoya a l’armée d’Ilalie. Nommé gouverneur d’Alsace, puis de Bretagne en 1756, il souleva le parlement de cette province par ses actes arbitraires. Les Anglais ayant fait une descente sur les cotes de Bretagne, en 1758, furent repoussés avec perte; mais d’Aiguillon s’é-

— AIGUISERIE

tait tenu, 4 ce qu'il parait, durant V’action dans un moulin, ce qui fit dire 4 ses ennemis que « s'il ne s’était pas couvert de gloire, il s’éltait du moins couvert de farine ». Le parlement de Bretagne, guidé par La Chalotais, son procureur général, accusa le gouverneur d’exactions et de crimes énormes. Une enquéte fut commencée contre le duc; mais d’Aiguillon retourna accusation contre ses adversaires, et La Chalotais, accusé par lui, auprés de la cour, d’un complot tendant 4 renverser les lois de la monarchie, fut arrété el conduit avec son fils et trois conseillers dans la citadelle de Saint-Malo. Les accusés furent soustraits 4 leur juges naturels et renvoyés deyant une commission. Le parlement de Paris prit la défense de La Chalotais, et, grace au duc de Choiseul, le prosés fut arrété; mais un édit condamna les accusés a l’exil. C’était un triomphe pour d’Aiguillon, qui tenta dés lors de détruire ou du moins d’annuler le parlement de sa province, a qui il voulait enlever le droit de fixer et de lever Pimpét. Des plaintes nouveHes s’élevérent ; le duc fut rappelé, et son procés repris. Mais lechancelier Maupeou évoqua l’affaire a la cour des pairs; et en 1770 le roi vint dans un lit de justice justifier lui-méme son lieutenant. Peu aprés, le duc de Choiseul fut disgracié, et le duc d’Aiguillon, que l’on regardait comme un des plus fermes soutiens de \’autorité royale, fut nommé en 1771 ministre des affaires étrangéres. Il forma donc avec Maupeou et labbé Terray ce trop fameux ministére qui détruisit les anciens parlements, réduisit les rentes, ef laissa consommer le partage de la Pologne par les cours du Nord. D’Aiguillon se vantait aussi d’ayoir préparé la révolution qui s’opéra en Suéde en 1772. A avénement de Louis XVI le due d’Aiguillon fut remplacé au ministére par le comte de Vergennes. Il retourna dans son ancien gouvernement de Bretagne, ot il mourut en 1780.

Son fils, Armand Vignerod, duc p’AIcuILLoN, suivit une conduite opposée. Pair de France, colonel du régiment de Royal-Pologne, commandant des chevau-légers du roi, député de la noblesse d’Agen aux états généraux en 1789, il se montra zélé partisan des idées nouvelles. Il fut au nombre des membres de la minorité de la noblesse qui se réunirent au tiers état le 25 juin, etle 4 ao dt il fut le second de son ordre a renoncer a ses priviléges féodaux. La guerre ayant été déclarée a l’Autriche, le duc d’Aiguillon prit le commandement des froupes qui occupaient les gorges de Porentruy ; mais ayant accusé l’Assemblée d’usurpation de pouvoir dans une lettre qu’il écrivait 4 Barnave aprés le 10 aodt, et qui fut interceptée, il fut décrété d’accusation, et il n’eut que le temps de passer la frontiére. Il se retira a Londres, et mourut 4 Hambourg en 1800.

AIGUISERIE, usine dans laquelle on donne Ia pointe oule poli aux armes blanches et aux autres instruments tranchants, 4 aide de meules de grés ou de bois de tout diamétre, et mues par différents moteurs, suivant les localités. Les meules & dégrossir, ordinairement en grés, ont de 243 décimétres d’épaisseur, sur 14 & 24 décimétres de diametre (le 7 4 11 pouces, sur 4 a 7 pieds), et font par minute de 250 4 500 tours de rotation sur elles-mémes. On ne les mouille point. Les polissoirs ou meules & polir sont en bois, et la grandeur en varie de 149 décimétres de diamétre. On les enduit d’émeri délayé dans l’huile de navette ou bien du charbon léger dont on frotte la circonférence. — Le travail des aiguiseries est en général fatal 4 la santé des ouvriers, & cause de la poussiére métallique et pierreuse que produisent le mouvement rapide et le choc des pierres a aiguiser. Ainsi, les aiguiseurs d’aiguilles meurent le plus souvent fort jeunes, et ceux qui font la pointe des épingles évrouvent en outre la pernicieuse influence de loxyde de cuivre, qui finit bient6t par faire prendre a leur chevelure une teinte verdatre, et qui rend leur tempérament rachitique. Un Anglais , Prior, a cependant imaginé dans ces derniers temps un mécanisme ingénieux propre a prévenir ces

AIGUISERIE — AILE

facheux résultats : c’est un ventilateur garni de soufflets entrainant la poussiére dans une direction opposée a la resviration de Paiguiseur, qui doit avoir en outre la figure complétement isolée de la meule par une espece d’écran en verre, ne nuisant d’ailleurs en rien A la vue non plus qu’d Paction des mains. Ces travailleurs sont en outre exposés a étre plus ou moins griévement blessés par des éclats que la rapidité extréme du mouvement de rotation détache trop souvent des meules, et quelquefois méme par leur explosion et leur rupture avec violence.

ATKIN (Jon), littérateur anglais, né en 1747, & Kelwoth, exercait vers 1790 la médecine a Yarmouth, ou il se fit remarquer par l’exaltation d’idées avec laquelle i! embrassa la défense des principes de la révolution frangaise. La violence de quelques écrits qwil publia pour exposer ses doctrines politiques lui ayant fait de nombreux ennemis dans cette petite ville, ilse décida, en 1792, a venir s’établir a Londres, ou il ne tarda pas 4 renoncer 4 la pratique de son art pour ne plus se livrer qu’d ’étude des lettres. 11 est mort en 1822. — Aikin est auteur d'une Biographie universelle en 10 volumes in-4°, publiée de 1799 a 1815; d’une Géographie de V Angleterre, fort estimée; dune Histoire du régne de George ITT, et de diverses ceuvres de littérature et de morale, qui toutes ont eu les honneurs de nombreuses éditions et ont été traduites en diverses langues étrangéres. — On doit a sa fille, miss Zucy Arkin, de curieux mémoires sur la cour de la reine Elisabeth. Cette dame a aussi publié une intéressante biographie de son pére , ot elle nous le montre lié de l’amitié la plus intime avec, entre autres hommes célébres, Priestley, Roscoe et le vertueux Howard, dont il a écrit la vie.

AIL (Allium), au pluriel autx. Genre de plantes de la famille des asphodélées, dont l’ail commun est l’espéce principale, et qui renferme plus de cent soixante espéces différentes , répandues dans presque toutes les contrées du globe , mais plus particuliérement dans les régions tempérées, oul on les trouve dans les champs, les bois, les vignes. On cultive plusieurs espéces comme plantes potagéres et quelques-unes comme plantes d’ornement. Les plus communes sont l’ail commun , la rocambole, le poireau, etc., qui ont les feuilles planes; loignon commun, V’échalotte , la ciboule, la civette, etc., qui ont les feuilles cylindriques et creuses. Nous ne nous occuperons ici que de l’ail commun et des espéces qui portent vulgairement le méme nom. Les autres auront des articles particuliers.

Le bulbe de l’ai/ est arrondi. Il contient depuis six jusqu’a dix petits bulbes oblongs, connus sous le nom de gousses ou caieux, qui adhérent légérement au petit disque d’ou sortent les racines, et sont recouverts par des membranes minces, blanches et séches, qui sont les bases de la tige feuillue de la plante. Ces gousses sont renfermées dans plusieurs enveloppes générales trés-minces, de couleur blanche ou vidlacée. Leur réunion est ce qu’on appelle une ¢éfe @ail. Entre les pédicules des fleurs il se forme quelquefois de petits bulbes ou soboles, semblables aux caieux de la racine, mais plus petits et plus secs, a raison de leur éloignement de la terre.

Les gousses ont une sayeur acre et une odeur piquante, qui de tout temps ont donné lieu a de grandes différences d’opinions. Les anciens Egyptiens faisaient de l’ail un dieu; il était en horreur aux Grecs. Chez les Romains il faisait partie de lanourriture ordinaire des soldats: Horace a lancé contre lui des imprécations. Chez nous il excite, dans le Nord, une répugnance presque générale, et n’y est guére en usage que comme condiment, pour relever la fadeur de certains alimeats; pour la généralité des habitants du Midi, au Contraire, c’est un mets délicieux. Disons ici, en passant, aux personnes qui aimant le godt de ail se privent d’en manger a cause de lodeur désagréable qu'il communique a Phaleine, qu’il suffit pour faire disparaitre cette odeur de

manger de la betterave rouge cuite sous la cendre, ou des féves crues, ou du persil.

Vail est, du reste, un stimulant trés-actif; sous ce rapport il jouissait déja chez les anciens d’une grande réputatien. On préfend que les soldats romains en mangeaient pour s’exciter au combat. Virgile parle, dans ses Eglogues, Wun mélange formé de serpolet et dail qu’on servait aux moissonneurs accablés par la chaleur du jour ; encore aujourhui on le donne aux cogs et aux chevaux, dans le but d’augmenter leurardeur pour les combats ou pour la course, En médecine les usages de l’ail sont trés-variés. I] peut étre utile 4 certains estomacs et nuisible a d’autres. Les estomacs vigoureux peuvent Je supporter en certaine quantité; chez les personnes dont lestomac. est faible il trouble la digestion et occasionne des renvois fétides. Appliqué sur la peau, il agit a la fagon des vésicatoires, et détermine dabord la rubéfaction, puis la vésication; cette action est accompagnée @un mouvement fébrile. Il est regardé depuis la plus haute antiquité comme anti-pestilentiel; ceux qui craignent de contracter des maladies par contagion portent sur eux quelques gousses d’ail. L’ail a des propriétés vermifuges réelles , surtout contre les vers dits ascarides, lombricoides, ou vers ronds. On le donne 4 manger aux enfants affectés de ces vers, soit cru, soit mélé 4 du beurre, ou infusé dans du lait chaud, a Ja dose de deux ou trois gousses; mais il peut occasionner des accidents. L’ail doit les propriétés dont nous venons de parler a une huile volatile trés-Acre renfermée dans ses bulbes, qu’on extrait par lesprit de vin et le vinaigre trés-concentré. La chaleur la fait évaporer.

L’ail, originaire des contrées méridionales de l’Europe, se propage par ses graines ou ses caieux. Ceux-ci font leur plante dans Pannée méme, tandis que la graine ne donne la récolte qu’a la seconde ou a la troisiéme année. — La plus grande culture de l’ail a lieu dans le midi de la France, ou. des champs entiers d’une grande étendue sont annuellement couverts de cette plante. Elle donne lieu 4 un commerce considérable.

L’ail doré, qui croit naturellement dans les montagnes des parties méridionales de Europe, est cultivé dans les jardins pour Ja brillante couleur jaune de ses fleurs, qui se développent au milieu de l’été. — L’ail & trois coques, qui vient de Amérique septentrionale; ail velu, qui habite le midi de Ja France; l’ail musqué, indigéne aussi dans nos contrées méridionales, et dont les fleurs ont une odeur de muse trés-agréable , sont également cultivés comme plantes d’agrément. — L’ail des vignes a la tige cylindrique, les fleurs rougedtres , et porte presque toujours des soboles. Il est propre a PEurope, et croit dans les vignes, dans les champs et dans les haies. Son abondance devient souvent un fléau pour les cultivateurs, qui parviennent difficilement a Pextirper de leurs terres. Les soboles, qui ont la grosseur d’un grain de froment , restent dans le blé, et communiquent leur odeur a la farine qui en provient. Les vaches qui en mangent donnenf un lait désagréable. — Mentionnons aussi Vail noir, Vail a feuilles de plantain, qui croissent naturellement dans nos départements méridfonaux, et dont les bulbes ont une saveur plus douce que celle de l’ail commun.

AILANTE. Voyez AyLanTeE.

AILE. Ce mot désigne dans les oiseaux, et dans quelques autres animaux, les parties quils mettent en mouvement pour se diriger dans l’air. Les ailes des oiseaux sont formées de plumes fortes et superposées de maniére a frapper lair avec vigueur. L’aile des oiseaux est composée d’un appareil solide autour duquel viennent se réunir les tendons, les muscles et les téguments destinés 4 fixer et a rassembler les plumes qui la reqouvrent. L’aile est une sorte de bras, avec un avant-bras et une espéce de main. On y trouve Yhumérus, qui est attaché 4 une omoplate, ainsi que la cla - Vicule, un radius et un cubitus, enfin un véritable ca:pe. et le métacarpe ; ces derniers os different surtout des os ana:

logues chez les mammifeéres ; souvent méme il est difficile de les reconnaitre. Les plumes qui garnissent les ailes varient suivant les oiseaux et selon leur position sur l’aile. On appelle rémiges ou pennes celles qui composent Vaile proprement dite ; les dix extérieures, dont quatre garnissent la longueur des doigts, sont les rémiges primaires ; les secondaires, en plus grand nombre ordinairement, ont leur attache fe long de l’avant-bras ; on apercoit en outre trois ou cing plumes beaucoup plus petites et plus étroites que les rémiges, qui sont insérées au poignet le long du pouce; elles forment Vaileron ou le fowet de Vaile. Les plumes molles qui recouvrent les rémiges sont appelées fectrices.

Les ailes des chauyes-souris sont des membranes de peau soutenues et fixées par des os ; les ailes de quelques insectes sont un réseau trés-délié et transparent; les scarabées, lorsqu’ils sont dans inaction, ont leurs ailes repliées et couvertes par des ailes cornées qui leur servent d’étui; les ailes des papillons sont aussi un réseau fort délié, recouvert de plumes variées de couleurs ef si menues qu’on les prend pour de la poussiére; la simple pression des doigts suffit pour les enlever. La forme des ailes chez les insectes sert a classer ces animaux.

On dit qu’un oiseau éfend ses ailes, déploie ses ailes, vole « tire dailes, bat des ailes ; un oiseau blessé ne bat que d’une aile; une poule rassemble ses poussins sous ses ailes. La fauconnerie étant une chasse féodale, il est naturel de trouver des ailes parmi les piéces du blason; mais les termes dont on se sert dans ce cas sont ceux de vol ou demi-vol, suivant qu'il se trouve dewx ailes ou une seule aile.

La Bible parle des ailes des anges, de celles des chérubins. La mythologie donne des ailes 4 Amour, a la Victoire, a la Renommée, au Temps, aux Heures, au cheval Pégase ; Mercure en a quelquefois aux talons; quelquefois aussi on en donne a la Mort, mais ce sont des ailes de chauve-souris; les poétes parlent des ailes du Vent, de celles de Zéphire. On a aussi donné des ailes aux harpies, aux dragons, aus chiméres.

Dans certaines plantes alternes et dans quelques arbres, on a donné le nom d’ai/es aux branches principales qui accompagnent la tige. On dit aussi les ailes @un artichaut, pour désigner les pommes qui viennent sur les cétés et ne sont jamais aussi grosses que celle du milieu; on donne le nom d’ailerons aux pommes qui quelquefois accompagnent les ailes et sont encore plus petites. On donne aussi le nom W@ailes aux deux pétales latéraux des fleurs de la classe des légumineuses et aux feuillets membraneux qui accompagnent la tige de quelques plantes. L’érable, le sycomore, le fréne et d'autres arbres ont des graines ailées, c’est-a-dire que leur semence est accompagnée de deux parties légéres qui don- 1ent au vent Ja facilité de les porter au loin. — Les parties charnues qui forment les narines sont quelquefois nommées ailes du nez. On dit aussi Vaile de Voreille, c’est le pavillon; et ’aile d'une coquille, c’est alors la partie prolongée d'une des lévres.

On donne le nom d’ailes aux parties latérales dun batiment, soit qu’elJes s’étendent sur laméme ligne que la fagade, soit qu’elles se trouvent en retour d’équerre : ce batiment est imparfait, il n’a qu’une aile ; les ailes du palais de Versailles ont beaucoup trop d’étendue relativement au corps principal. — On donne aussi le nom d’ailes aux deux bras de la croisée d’une église : le portail de Paile gauche est plus moderne et d’une architecture bien différente de celui de Vaile droite. — Dans un thédtre, on donne le nom d’ailes aux deux cdtés hors de la seéne ott se meuvent les chassis des décorations et oi se tiennent les acteurs et les figurants avant d’entrer en sctne. — Les ailes d’un pont sont les évasures qu’on pratique sur les culées pour rendre les issues plus commodes.

Les ailes d’un moulin & yent sont les chassis garnis de

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