AILE — AILLY
toile qui donnent prise au vent pour faire tourner l’axe par —
le moyen duquel les meules sont mises en mouvement. Ordinairement les ailes sont au nombre de quatre, mais quelquefois il n’y en a que deux; dans tous les cas, les ailes ont une légére inclinaison, et ne sont pas placées directement au bout Pune de Vautre, mais un peu de coté, ce qu’on nomme placé en ailes de moulin.
Le mot aile est encore employé dans plusieurs arts et métiers : ainsi le charpentier nomme ailes ou joues les deux cétés d’une lucarne; le macon nomme ailes les deux parties plates ou inclinées dune grande cheminée qui en vétrécissent l’atre; leserrurier donne ce méme nom d’ailes aux deux parties mobiles des charniéres, des couplets ou des fiches ; le vitrier de son cété le donne aux deux parties minces de la lame de plomb qu'il emploie pour former les panneaux dans les grandes verriéres.
Les deux exsrémités dune armée rangée en bataille sont désignées sous les noms @aile droite et d’aile gauche. C'est aux ailes que se place la cavalerie quand elle n’est pas en réserve.
Le mot aile s’emploie souvent dans le style figuré; ainsi on dit : Cette jeune personne n’a pas quitté Paile de sa mere; cet homme ne bat plus que dune aile; il ena dans Vaile, ce qui veut dire aussi qu’il a passé cinquante ans , nombre que l’on marque avec une L; on lui a ¢iré une plume de Vaile; on lui a rogné les ailes’; il a voulu voler avant Wavoir des ailes ; voler & tire d’ailes; la peur lui a donné des ailes.
AILERON, partie extréme de Vaile des oiseaux. — Dans l’entomologie on appelle aileron ou cueilleron une petite écaille membraneuse convexe, placée au-dessous du point ou naissent Jes ailes des diptéres. — Dans Ja marine on nomme aileron une planche que l’on cloue provisoirement sur Jes deux cdtés du safran du gouvernail , plus has que le niveau de lVeau, ef avec un peu Winclinaison. — En architecture les ailerons sont de petites consoles renversées. Dans V’architecture hydraulique les ailerons sont des planches qui recoivent le choc de l'eau dans la roue des moulins et servent a Ja faire tourner. On donne aussi ce nom aux rebords minces des petites lames en plomb qui regcoivent dans leurs rainures des vitres de différentes grandeurs, comme celles des églises gothiques.
AILHAUD (J. ), charlatan habile, qui vivait au siécle dernier et qui mourut en l’année 1756. I] se fit une grande fortune par la vente d’un spécifique propre a guérir toutes les maladies, connu sous le nom de poudre Ailhaud, laquelle était composée de scammonée, de résine et de suie.
AILLY ( Pierre pv’), Pun des hommes les plus remarquables qu’ait produits ’'Université de Paris, surnommé Je Marteau des hérétiques , YAigle des docteurs de France, naquit & Compiégne, en 1350, dans une condition obscure , et si pauvre, dit-on, qu’étant venu a Paris pour faire ses études au collége de Navarre, il fut obligé de servir le portier de ce collége. Lorsqu’il eut terminé son cours de théologie et obtenu le doctorat, il devint , en 1381, grand-maitre du collége de Navarre, ou il avait fait ses études. Déja, en 1372, il avait été procureur de la nation de France. En 1383 il était aumdnier du roi Charles VI, qui lenvoya a Avignon négocier des affaires importantes auprés du pape
Clément VH. Il avait dela fermeté et les qualités nécessaires pour mener une affaire 4 bonne fin. En 1385 Jean de Tré-
‘on, qui avait été recteur dix-neuf ans auparavant, ayant
tenu sur lui des propos désobligeants, Pierre d’Ailly en obtint
réparation en pleine assemblée de la faculté des arts a Saint- Julien le Pauvre, et, dans la querelle de Université contre le chancelier Blankaert , il soutint avec vigueur les droits et la liberté de la compagnie. En 1388 il fut chef de la députation que V'Université envoya au pape Clément VII, pour défendre , contre Jean de Montson , le dogme de l’immaculée conception de la Vierge. L’année suivante il suc-
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