AILLY
céda dans la place de chancelier de Université & Jean de Guignecourt. Dans la méme année ou il fut nommé chancelier il fit encore wn voyage & Avignon, pour solliciter, au nom du roi, de l'Université et du clergé de Paris, la béatification du cardinal Pierre de Luxembourg, parent du roi, éléve de Université et chanoine de l’église de Paris; mais il ne réussit pas. C’est lui qui fournit, avec Gilles des Champs , les matériaux du fameux mémoire que l’Université présenta, en 1394, sur les moyens de finir le schisme, et que rédigea Clémengis.
Charles VI Penvoya auprés de Pierre de Lune pour engager cet antipape a céder volontairement 4 Boniface IX la tiare qu'il lui disputait. Mais le rusé pontife sut attirer d’Ailly dans ses intéréts, si bien que celui-ci fit reconnaitre Benoit XIII comme pape légitime par le conseil du roi. Succes~ sivement promu aux éyéchés du Puy et de Cambrai, @’ Ailly n’accepta que ce dernier en 1398, et en méme temps il se démit des fonctions de chancelier, qui passérent dans les mains de son disciple Gerson. Lorsqu’on sévit & Paris contre certains messagers ou partisans de Benoit, l'Université voulut impliquer dans cette affaire ’évéque de Cambrai, Pierre @Ailly ; elle avait méme obtenu du roi un ordre de V’arréter et de l’'amener a Paris. Mais Pierre d’Ailly obtint du roi un sauf-conduit et des lettres pour n’étre jugé que par le roi en son conseil.
En 1409 d’Ailly assista au concile de Pise, ou, pour mettre fin au schisme, il fit déclarer Ja destitution des trois contendants qui se disputaient le siége pontifical. Tl fut eréé cardinal par le pape Jean XXIII, qui le nomma ensuite son légat en Allemagne. C’est comme Iégat que dAilly figura au fameux concile de Constance. Il y soutint avec yigueur la supériorité des conciles sur les papes et la nécessité de réformer I’Fglise. D’autre part, il fit partie de la commission chargée de l’extirpation des hérésies, et il eut une grande part au supplice du réformateur bohéme Jean Huss. Nous n’ayons pas a retracer ici histoire du concile de Constance ; un article spécial lui sera consacré.
Dés 1411 dAilly s’était démis de V’évéché de Cambrai, et le pape Martin V le nomma son légat & Avignon, ou il resta jusqu’a sa mort, arrivée de 1419 & 1425; car on est incertain sur l’époque précise.
D’Ailly fut Pun des plus habiles théologiens de son temps. Ij était aussi habile astronome, assez du moins pour remarquer et prouver les défauts du calendrier Julien, et pour en assigner le reméde. Il proposa d’omettre un jour bissextile 4 chaque révolution de 130 ans : ce qui revient au méme pour le fond que la réforme grégorienne, que nous suivons aujourd’hui. Malheureusement, d’Ailly donna aussi dans quelques erreurs de |’astrologie. Du reste, son style est meiileur que celui des autres théologiens de son temps, et ses écrits, fous sérieux par leur objet, « sont (dit un historien) de temps en temps semés de quelques fleurs quwil prend soin de cueillir dans les bons modéles de Vantiquite. » Il fut constamment attaché a la secte des nominaux, et Ja sympathie que montra trés-formellement Jean Huss A la secte des réalistes ne fut peut-étre pas étrangére a Ja part active que d’Ailly prit la condamnation de cet hérétique. — On a conservé de d’Ailly un grand nombre d’ouvrages publiés, soit séparément , soit dans des recueils.
Aug. SAVAGNER.
AIMACOURIES, fete du Péloponnése, dans laquelle on fouettait des enfants jusqu’au sang sur le tombeau de Pélops. On ne voit pas dans histoire de Pélops ce qui avait pu engager les Péloponnésiens & lui rendre des honneurs si barbares,
AIMANTT. On donne ce nom a une espéce de mine de fer qui ala propriété d’attirer le fer, Pacier, le cobalt et le nickel. Presque toutes les mines de fer qui ne sont pas entiérement saturées d’oxygine jouissent de cette propriété.
On distingue deux sortes @aimants, les aimants naturels et les aimants artificiels.